Paroisse Notre-Dame-de-Grâce

Ce site est consacré à la paroisse Notre-Dame-de-Grâce,
qui a été créée en 1924 et
réintégrée à la paroisse-mère Saint-Sauveur en 1997,
dans la ville de Québec.




EXPOSITION PERMANENTE





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Table des matières

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Historique de NDG en résumé

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Précisions

Les prêts qui me furent faits de nombreux documents me décidèrent à partager ces souvenirs avec la collectivité. Vos commentaires, souvenirs et suggestions sont les bienvenus, de même que vos corrections des erreurs ou omissions involontaires.

Notes :

Nous respectons le désir des individus de ne pas voir leur nom ou leur photo apparaître.

Pour lire les messages, toujours descendre après le "Hommage à Simonne Tardif (Dumont)".

La présentation est optimale en fonction de Windows XP, avec Firefox (Mozilla) comme navigateur et lorsque les fenêtres sont ouvertes à pleine largeur. À défaut de ces conditions, on risque de rencontrer des irrégularités.

On peut cliquer sur les photos pour les agrandir.

Les messages sont sujets à des mises à jour, sans autre avis.

Michel Gignac

Horaire de l'Exposition

À VISITER au
CENTRE COMMUNAUTAIRE ÉDOUARD-LAVERGNE,
390 Arago Ouest :

EXPOSITION permanente pour rappeler
la paroisse Notre-Dame-de-Grâce,
son curé fondateur et son église.

Elle peut être visitée surtout
le VENDREDI entre 9h et 21h,
le SAMEDI entre 9h et 15h,
(fermée le dimanche)

Pour ces jours et pour les AUTRES JOURS,
prière de s'entendre avec un préposé
(418-691-7190 ou 418-641-6252).

ENTRÉE GRATUITE

N.B. Liens vers les messages concernant l'Exposition :
inauguration
photos
crédits

Simonne Dumont (Tardif) 1920-2018

Simonne Dumont (Tardif) 1920-2018

Hommage à Simonne Tardif (Dumont), co-fondatrice du blogue et qui a écrit ce texte :

ÉLOGE DE L'ÉGLISE

Les cloches ont sonné pour la dernière fois dimanche le 29 juin 1997. Les portes de l'église Notre-Dame de Grâce dans Saint-Sauveur se sont fermées à jamais après une dernière messe solennelle dans l'église que remplissaient des résidents et d'anciens paroissiens heureux d'y revenir mais tristes de la voir fermer. La générosité de ces derniers avait permis de la conserver plusieurs années, permettant à la paroisse de célébrer son 70e anniversaire en 1994. Mais la baisse d'assistance aux offices avait fait diminuer les revenus, causant finalement la fermeture.

Depuis, des organismes ont essayé en vain de faire revivre ce temple merveilleux. Mais pendant ces années, la bâtisse s'est détériorée, ce qui fait que le Journal "Le Soleil" annonçait le 15 octobre 2008 : "L'église sera démolie d'ici Noël" pour faire place à des logements. Que de serrements de coeur pour ceux et celles qui y sont attachés !

Nous perdons donc définitivement notre belle église. Le curé-fondateur Édouard Lavergne en 1924 (voir photo), s'il voit son église débâtie, va certainement être très triste comme nous, les paroissiens. C'était un immeuble d'une grande qualité acoustique, classé édifice à "valeur patrimoniale élevée" par déclaration gouvernementale. Le glas a sonné mais je sais que toutes les personnes qui ont fréquenté ce temple en garderont de bons souvenirs.

L'église est maintenant démolie et, pour rappeler l'histoire de la paroisse, ce site "NDGquébec" se plaît à évoquer certains événements et certains aspects de la vie à NDG, à l'aide de photos, d'extraits de "La Bonne Nouvelle", le journal de la paroisse à ses débuts, etc. Les curés et vicaires dévoués, les constructeurs, les marguilliers, les bénévoles ne seront pas oubliés.

Simonne Dumont.
(Photo de l'église prise le jour de la fermeture.)

mardi 3 août 2010

Sermon du curé Lavergne concernant l'élection de 1935 (COMPLET)

Après un essai infructueux auprès de la Bibliothèque Nationale du Québec, qui semble avoir perdu le texte du sermon du curé Lavergne concernant l'élection de 1935, je remercie Maude Routier qui avait inclus ce discours dans son essai biographique de 1998 "Édouard-Valmore Lavergne". Le texte complet du sermon peut donc être publié ici et il remplace un message précédent qui avait reproduit une version incomplète du discours :

J'ai reçu quelques demandes afin de publier le sermon du curé Édouard Lavergne prononcé à l'église Notre-Dame-de-Grâce, à la veille de l'élection provinciale de 1935. Il semble que ce soit un discours célèbre et révélateur de l'époque. La date était le 17 novembre 1935, huit jours avant le scrutin qui devait décider du sort du gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau. Le curé Lavergne disait, comme sermon en l'église Notre-Dame-de-Grâce :

"Mes frères,

Je vous ai promis dimanche dernier que je vous dirais aujourd'hui comment voter. Je vais tenir ma parole. Il y a parmi vous des émissaires du Sanhédrin qui viennent comme les Pharisiens allaient vers Notre-Seigneur pour me surprendre dans mes paroles. Ne vous fatiguez pas avec vos crayons et vos calepins. Si vous en voulez, je vous fournirai moi-même des copies de ce que je vais dire. Ce que je n'ai pas peur de dire ici dans la chaire de vérité, près du Tabernacle où réside Jésus, la vérité et la vie, il ne m'en coûte nullement de le mettre par écrit sous ma signature. Ce n'est pas ma coutume d'avoir peur de dire ce que je crois mon devoir de dire, quelques conséquences ennuyeuses il puisse m'en arriver. Mes paroissiens le savent. Les étrangers puisque vous êtes venus, nombreux vous allez l'apprendre.

Ce que je vais dire, je le lis. C'est écrit.

Comment voter ?

Si vous me suivez bien avec un esprit sincère et libre, vous comprendrez et je n'aurai pas besoin d'ajouter :

Pour qui voter ?


Votez comme des hommes libres.

D'abord je vous demande de voter comme des hommes libres et non pas comme des esclaves à la chaîne qui suivent sans savoir où on les mène. Inconscients, abrutis, ils s'en vont traînant leurs chaînes sans chercher le moyen de s'en libérer.

C'est à ce degré d'abêtissement, de soumission animale que l'esprit de parti a réduit un trop grand nombre d'électeurs catholiques, Canadiens-Français, et auquel il voudrait abaisser tous les autres.

"L'esprit de parti, déclare son Éminence le Cardinal Villeneuve, n'est autre qu'une passion et un affaiblissement de l'esprit." Aussi, n'est-il jamais permis de penser, d'agir ni de voter consciemment sous son influence exclusive.

Or, c'est à cet esprit de parti aveugle, stupide et souvent coupable que vous appellent depuis des semaines des orateurs à gage, des journaux qui comme "Le Soleil" coûtent à la Province 500 mille piastres par année et "L'Événement" quelque chose comme 20 mille piastres. Ces journaux sont payés pour vous tromper au bénéfice de leurs maîtres et ils n'y manquent pas.

Ils mentent.

Ils vous bernent.

Ils se moquent de vous sans relâche avec une impudence que votre apathie à les remettre en place rend audacieuse.

Ils sont l'un des mille moyens employés pour vous entretenir dans l'esprit de parti pour vous attacher à cette sottise, à ce péché de voter sous l'influence exclusive de l'esprit de parti. Car à cette besogne tout leur sert. Ils en retirent tant de profits.

Et parce que, en ces dernières semaines, justement effrayés des malheurs économiques qui nous accablent et menacent de s'aggraver, des hommes venus des deux partis ont rompu leurs liens et, librement face au public, se sont donné la main pour lutter ensemble et libérer la Province des chaînes que lui font porter les puissances d'argent accoquinées dans de multiples directorats avec les puissances politiques rouges, l'esprit de parti crie à la trahison. Et sous sa férule tous ses esclaves, à partir des modestes employés jusqu'aux substituts du Procureur Général, hurlent en choeur.

À les entendre, il faudrait croire que trahir son Dieu et son pays, c'est bagatelle, que le grand crime, le crime unique, impardonnable, c'est abandonner le parti, pour mieux servir Dieu et la Patrie; il faudrait presque croire que, pour rester fidèle à l'esprit de parti, il est ordonné de manquer à tous ses devoirs envers Dieu et la Patrie.

Depuis longtemps pour ancrer profondément cette idée dans vos esprits, jusqu'au fond de vos âmes ils ont tout employé.

Que dis-je ?

C'est pour cela qu'"ils" ont imposé silence à vos prêtres. "Ils" vous ont laissé croire que notre sacerdoce nous enlevait nos droits de citoyens, qu'il tuait en nous le coeur du patriote et que, devant les entreprises qui menacent notre vie nationale, économique et religieuse, nous n'avions pas d'autre chose à faire que de nous renfermer dans le silence de nos sacristies.

"Ils" ont voulu nous empêcher de vous dire ce qu'il aurait fallu dire dans le passé pour que cet esprit de parti ne vous domine pas, et "ils" voudraient que nous ne disions pas ce qu'il faut dire aujourd'hui pour le tuer. Sachant, selon la parole de Jésus-Christ, que la "Vérité vous rendra libre", "ils" ont organisé le régime des octrois pour y enfouir notre parole. Ainsi vos chefs, d'ordinaire et dans l'ensemble, les plus désintéressés, les mieux en mesure de vous éclairer, "ils" ont tâché de leur imposer silence.

Un journal anglais et protestant le signalait, l'autre jour, en ces termes :
"Le clergé compose la classe la plus intelligente, la plus honnête et la moins préjugée de la population. Ses fonctions le mettent plus que tout autre groupe en mesure de constater les ruines et les souffrances semées par l'exploitation. Sa culture intellectuelle et son esprit de discernement ne lui laissent aucun doute sur les vrais causes du désarroi dans lequel se débat la classe pauvre. Nous n'avons pas à juger les motifs qui dictent son silence en matière d'intérêt public. Mais nous regrettons sincèrement cette situation et nous condamnons les efforts faits par des puissances extérieures pour maintenir à tout prix, par menace même, la consigne du silence. Que l'avocat sorte de son bureau, le notaire de son étude, l'agriculteur des ses granges, l'instituteur de sa classe et qu'ils s'occupent de la chose publique - oui, mais "le prêtre à la sacristie!" Il pourrait faire trop de mal aux puissances de l'argent. Qu'il prêche aux exploités la résignation et, aux exploiteurs sourds, qu'il rappelle la justice... et encore qu'il surveille ses termes ! Sinon..."
Qui a dit cela?... Un prêtre?...

Non... c'est "Le Moniteur" ("The Instructor" en anglais) dont le Dr. W.L. Goodwin est le rédacteur en chef, et M. L. Even, assistant-rédacteur.

Combien en est-il, mes frères, parmi vous qui ont crié chaque fois que j'ai essayé d'éclairer certains problèmes nationaux ou ouvriers, à la lumière des enseignements de l'Église : "Mais qu'il se mêle donc de ses affaires!"

Vous les entendrez bientôt sur le perron redire le même cri qui ne règle rien, et ne peut détruire la vérité de mon enseignement. Où ont-ils pris la connaissance de ce qui est de mes affaires et de ce qui ne l'est pas?

Qui le leur a enseigné?

Toujours le même stupide esprit de parti qui leur refuse le droit d'écouter, de se renseigner et même de réfléchir... mais les fanatise, les crétinise.

"Ils ne veulent pas que le Pape dise:
"Qu'aucun membre du clergé ne s'imagine que pareille action est étrangère au ministère sacerdotal sous prétexte qu'elle s'exerce sur le terrain économique; car c'est précisément sur ce terrain que le salut des âmes est en péril."
Combien de fois j'ai parlé avec cette pénible conviction que mes paroles n'apporteraient pas la lumière à ces pauvres aveugles et n'auraient pas d'autres résultats que de libérer ma conscience en me coûtant peut-être des amitiés précieuses, en m'attirant des ennuis considérables!

Mes frères, si nous avez quelque fierté humaine, si vous voulez voter comme des hommes libres, mettez de côté les chaînes et les bandeaux que le parti impose à vos volontés et à vos intelligences.

Prenez la peine d'user de votre jugement que vous aurez renseigné à bonnes sources non pas aux fontaines empoisonnées de l'esprit, comme "Le Soleil" et "L'Événement" et certains discours d'avocat zélé à payer les chaînes dont le Maître les a chargés.

Un homme intelligent doit s'informer des motifs qui commandent son action et celle des autres. Un homme libre ne se détermine pas à agir par passion, mais par un acte de volonté que son intelligence a éclairée, qu'elle détermine et qu'elle guide dans le développement de l'action, jusqu'au but à atteindre. Aujourd'hui, il y a pour agir avec intelligence et liberté des raisons non seulement de fierté humaine, mais d'ordre patriotique.

C'est pourquoi j'ajoute:


Votez en patriotes.

De grâce, laissez donc dormir en paix dans leurs tombes les mânes de Laurier, de Mercier et des autres. Les temps sont changés et ont apporté des devoirs différents que ceux auxquels ils ont soumis leur conscience. Si vous voulez prendre exemple sur eux, que ce ne soit pas pour vous porter à l'aide des répugnants fantoches couverts de leurs manteaux, mais pour vous inspirer des motifs nobles, désintéressés, patriotiques qui ont pu les animer.

De grâce, laissez aussi de côté les élections fédérales. Il ne s'agit pas ici du Gouvernement d'Ottawa dont le compte est réglé, mais du régime qui nous écrase à Québec dont il faut régler le compte.

Comme le remarquait très justement "L'Action Catholique" d'hier soir, il n'y a pas ici de questions de langue, ni de relations impériales, ni d'armement, ni de part d'influence.

Toute la controverse est sur le terrain économique et il ne faut pas permettre qu'on l'en sorte.

Il ne s'agit pas de savoir si les bleus ou les rouges vont l'emporter, mais si nous allons continuer à subir le joug matérialiste des puissances de l'argent.

Il s'agit de savoir si la Province de Québec va continuer à se priver et à priver ses vieillards des bienfaits de la pension de vieillesse auxquelles s'opposent des compagnies d'assurance dont est directeur un chef du Gouvernement.

Il s'agit de savoir si notre race va continuer à végéter dans la pauvreté, parce que le régime profite des trusts qui nous pressurent et nous volent au bas mot un milliard par année.

Il s'agit de décider, par des élections honnêtes, si le chantage et toutes les formes et tous les procédés de la corruption électorale vont rester dans nos moeurs, vont continuer à souiller et à déshonorer notre vie nationale, et à pousser notre bon peuple hors de la voie que le Bon Dieu lui a tracée pour atteindre la haute mission de ses destinées providentielles.

Le régime étale avec une orgueilleuse complaisance la liste de ses octrois aux institutions religieuses, collèges, hospices, hôpitaux.

Soit! Mais il ne devrait pas ignorer que ce sont là des services qui relèvent des gouvernements au point de vue financier et, plutôt que de leur jeter sans cesse à la face les sommes qui ne paient pas le tiers de ce que coûtent ces services, il devrait remercier les religieux et religieuses dont le dévouement surnaturel soulage le budget de ces charges dispendieuses.

En second lieu, ces octrois, mais c'est vous, c'est tout le monde, ce sont les taxes innombrables, dont nous sommes chargés, qui les paient. Et depuis 5 ans notre dette publique a monté de cinquante millions. Avec l'argent des autres il est facile d'être généreux mais il n'y a pas de quoi à tant se vanter et à parodier les paroles saintes pour crier: "Nos adversaires ont la Foi, nous avons les oeuvres."

Enfin il est bon que vous sachiez ceci. Ces fameux octrois sont une arme trop souvent utilisée pour essayer de faire chanter les communautés qui en bénéficient.

Dans une institution que je ne puis nommer, mais je sais ce dont je parle, on a forcé les supérieurs à se priver d'un excellent professeur parce qu'il n'était pas à genoux devant le régime.

Dans un collège les supérieurs ont refusé de laisser signer par leurs élèves les engagements de la Ligue de Moralité Publique de crainte que cela déplaise au régime et nuise aux octrois.

Dans une autre maison on a menacé de refuser certains avantages pour l'organisation médicale si les supérieurs ne congédiaient pas l'un des meilleurs chirurgiens ou si lui-même ne se taisait pas.

Enfin, hier encore, le Chef du Régime lui-même signifiait par téléphone au Recteur de l'Université Laval que cette institution en porterait les conséquences si tel prêtre ne supprimait pas la conférence qu'il doit prononcer à la radio, cet après-midi pour l'Heure Catholique. Il est impossible de donner des noms, mais les faits sont réels.

Voilà, mes frères, des faits et des considérations suffisantes à attirer vos réflexions, voilà des méthodes de chantage, un système d'oppression dont la conscience publique souffre, contre lesquels elle se révolte.

C'est pourquoi je vous dis, votez lundi non seulement en homme libre, conscient de sa dignité, non seulement en patriote qui veut le bien de sa race, l'honneur et la postérité de son pays, mais votez en bons chrétiens.


Votez en bons chrétiens.

Nos retraites paroissiales viennent de finir. On y a éloquemment rappelé les obligations de votre baptême. On vous a dit et démontré que dans tous ses actes le chrétien doit se rappeler qu'il est fils adoptif de Dieu, qu'il doit chercher et vouloir la gloire de son Père, que là est le but principal de sa vie et de son élévation surnaturelle.
Son Éminence Benoît XV (photo) écrivait: «c'est sur le terrain économique que le salut des âmes est en péril.»

Or tout le terrain économique s'effondre, nos populations s'y enfoncent dans une misère et une oisiveté sordides. Après 1931, nous avions espéré que, revenu au pouvoir, le régime allait entreprendre quelque chose pour sortir de leur oisiveté forcée dans laquelle croupissent nos hommes et nos jeunes gens, mais il n'a rien fait que de maintenir les trusts et d'assurer leurs développements.

Ne sentez-vous pas que toutes ces masses étreintes par la misère, travaillées par le désespoir, glissent rapidement vers le communisme qui gagne dans les profondeurs sociales? Ne sentez-vous pas qu'en cette occurrence les âmes courent sur le terrain économique le très grave danger de se perdre?

Nous tous qui sommes membres au corps mystique de Jésus-Christ, frères par la Foi plus encore que par le sang, nous n'avons pas le droit de rester indifférents à ces détresses matérielles d'où naissent les détresses morales, le péril des âmes.

Les pères de famille surtout devraient voter non pas en pensant au parti qu'ils ont peut-être trop fidèlement et trop aveuglément suivi dans le passé, mais à l'avenir temporel et spiritue1 de leurs jeunes gens. Ne vous laissez pas distraire, je vous en prie, de cette question principale par des intérêts secondaires, mesquins, égoïstes, par des préoccupations de vengeance personnelle à satisfaire contre tel ou tel candidat, par l'appât de quelques piastres, même moins, peut-être, à ramasser dans le bourbier électoral rouge comme prix de votre vote.

Regardez plus haut!

Dans la présente lutte, il saute aux yeux que l'avenir de nos jeunes est en jeu. Ils en ont la secrète intuition. Et nous qui disparaîtrons bientôt nous devons en tenir compte.

Il y a présentement dans notre Province 90,000 jeunes gens qui ne travaillent pas. L'an prochain à la sortie des écoles et des collèges, si rien ne change, leur nombre dépassera les cent mille.

Or, depuis six ans que dure cette désastreuse crise provoquée par les manigances des financiers véreux et des grosses compagnies, voulez-vous me dire ce que l'on a fait pour nos jeunes gens?

Au mois de mai dernier, après une enquête menée au milieu de notre jeunesse de Québec seulement, en face des constatations humiliantes et douloureuses qu'elle révéla, le Cercle Caseault de L'Université Laval organisa une assemblée dans les salles de l'Université. Le Ministre du travail y fut invité. On lui présenta les résultats de cette enquête. Nous voulions savoir ce que lui et son Gouvernement entendaient faire pour venir en aide à notre jeunesse pour ouvrir un avenir moins sombre à ces forçats de l'oisiveté.

Le Ministre ne nous a rien dit. Il a récité des banalités.

Son Gouvernement n'a rien fait.

Et la société plus ou moins responsable de cet état de choses a continué à se désintéresser du malheureux sort de notre jeunesse. Elle l'a abandonnée à elle-même, aux crochets des parents, aux tentations de la voirie. Et lorsque ces malheureux jeunes gens, aux prises avec la misère, succombaient à quelques tentations de vols, la société s'occupait de les loger, de les vêtir, de les nourrir et de les corriger à coups de fouet dans les prisons de l'État.

Des centaines de jeunes gens croupissent dans nos prisons pour le vol de quelques paquets de cigarettes, tandis que les magnats des trusts, condamnés par trois tribunaux, se remboursent à même le public de leurs frais et amendes. Ils continuent de nous voler... et le régime n'a pas renoncé à les protéger.

Des petits laitiers sont poursuivis vingt-quatre fois pour avoir vendu le lait pendant vingt-quatre jours consécutifs quelques sous meilleur marché que le prix fixé par le trust, mais les maîtres des trusts pour avoir volé le public n'ont pas d'autre châtiment que la liberté... de continuer. Leurs directeurs ne siègent-ils pas aux conseils des mêmes sociétés que les administrateurs de la justice?

Voilà, mes frères, des situations anormales qui doivent cesser, des crimes contre vous et vos enfants que vous avez le devoir de châtier, de faire cesser.

Songez-vous à ce qu'ils deviennent au point de vue religieux!

Un jésuite le Père Dugré a écrit ces trop justes paroles:
"Si l'amour ne trouve pas son aboutissement national dans la création d'un foyer, il a bien des chances de tourner à l'immoralité sous toutes ses formes, tant chez la jeune fil1e que chez le jeune homme; et ainsi ce qui aurait dû être, selon les desseins de Dieu, une force et une beauté devient, par la négligence des hommes, une déchéance, une laideur, un déshonneur."
Or, qui niera que présentement, à cause de leur oisiveté forcée, à cause de leurs salaires de famine, un nombre toujours plus grand de jeunes gens sont presque acculés à cet état d'avilissement?

Qui niera qu'un très grand nombre n'y soient pas déjà descendus?

Si nous ne voulons pas que le mal s'aggrave, qu'il s'étende sur deux générations et devienne presque totalement irréparable, il est grand temps que lundi nous donnions des votes libres, des votes de patriotes, des votes de chrétiens: la dignité humaine, l'avenir de nos jeunes gens, notre conscience le réclament.

Si vous m'avez suivi et compris, je n'ai pas besoin d'insister pour vous exhorter à exercer votre droit de suffrage, comme le demande Son Éminence le Cardinal Villeneuve, et vous savez à qui le donner.

Ai-je besoin maintenant de vous mettre en garde "contre la honteuse corruption électorale et la vénalité des votes qui se pratiquent au mépris des règles fondamentales de la conscience" que notre Cardinal a dénoncés dans sa lettre sur le devoir électoral qui a fait le tour du pays?

Ai-je besoin de vous rappeler 1a sainteté du serment, l'outrage très grave que le parjure fait à Dieu?

Ai-je besoin de vous dénoncer l'usage des liqueurs alcooliques par lesquelles les cabaleurs achèvent le travail d'abrutissement commencé par des journaux comme "Le Soleil", "L'Événement" et "La Bataille", qui se disputent la palme de la canaillerie?

Ai-je besoin de flétrir cette organisation d'apaches, qu'on appelle les "télégraphes" et qui votent à la place des morts et des absents en usurpant leurs noms; c'est ça que l'on appelle la machine électorale du régime?

Ces crimes, la loi civile autant que la loi morale les condamnent. Il y a lieu d'espérer que, cette année, ceux qui seront pris recevront le châtiment prévu par la loi.

Vous n'avez pas oublié les orgies électorales qui ont obligé le Gouvernement à voter le Bill Dillon pour légitimer sur le parquet de l'Assemblée Législative la présence des voleurs d'élection, et absoudre par un texte de loi de la corruption la plus odieuse et des vols les plus effrontés. Tout cela est opposé à la morale chrétienne et recevra son châtiment si la conscience publique est encore capable de réactions.


Je termine.

J'ai cru de mon devoir de vous dire ces choses. Il ne me paraît pas sage ni conforme à mes obligations que, chargé de vos âmes, je laisse les bagoulards de Comités électoraux ou les orateurs stipendiés de la radio former vos consciences pour l'accomplissement de vos devoirs civiques. J'en ai le droit et le devoir autant que de diriger vos consciences dans le domaine religieux. Car, entre vos devoirs d'électeurs et vos devoirs de chrétiens, il n'y a pas de cloison étanche, il n'y a pas d'abîmes. Des rapports de très intimes dépendances les rattachent les uns les autres.

En vous disant ces choses, en vous indiquant dans quel sens vous devez voter, je sais à quelles injures je m'expose; je connais ce dont "Ils" sont capables, mais la satisfaction d'accomplir un devoir vaut bien quelques injures: d'ailleurs elles me plaisent mieux que leurs compliments et me sont plus honorables.

Vous savez maintenant comment voter, et vous savez aussi ce que vous devez demander dans vos prières.

Le jour du vote, je demande aux bons chrétiens parmi vous d'assister à la messe et de faire la Sainte Communion.

D'ici là, toute la semaine, ceux qui le peuvent pourquoi ne viendrez-vous pas à la messe et le soir au chant des Litanies et au Salut du S. Sacrement?

À tous je demande d'offrir au Sacré-Coeur vos travaux, vos prières pour obtenir le pardon des péchés qui se commettent pendant les élections et la délivrance de notre patrie.

Une dernière remarque:

Le lendemain du vote, si le même régime doit durer au bénéfice des mêmes cyniques exploiteurs, au détriment de toute la race et de la patrie, je dispense les farceurs ineptes de venir mettre un crêpe à ma porte comme en 1931 où je n'avais même pas pris la peine d'aller voter. Je le mettrai moi-même, et d'autres citoyens honnêtes en garniront aussi leurs portes pour signifier que, dans la Province de Québec, la fierté nationale est morte, que la liberté agonise et que la nation est en deuil.

Prions Dieu que, dans sa miséricorde, il prenne pitié de nous et nous préserve d'une telle calamité.

Daigne la Vierge, Notre-Dame de recouvrance, nous rendre la foi courageuse de nos pères; Notre-Dame des Victoires, nous assurer le triomphe contre les éléments mauvais qui combattent notre vie nationale et religieuse.

Ainsi soit-il."


Le jour du scrutin, les Libéraux de Louis-Alexandre Taschereau (photo) étaient reportés au pouvoir. Le premier ministre répliqua au curé Lavergne. Mais en mai 1936, les audiences du Comité des comptes publics vérifièrent les comptes de l'État et Maurice Duplessis mit à jour des scandales au gouvernement. En juin, Taschereau démissionna et fut remplacé par Adélard Godbout. En août 1936, un scrutin précipité porta au pouvoir l'Union Nationale de Maurice Duplessis.

Michel.
(Un résumé du sermon peut encore être lu en cliquant ici. Merci à la famille Lavergne pour la photo du curé Lavergne.)

dimanche 25 juillet 2010

La fête de Sainte Anne, le 26 juillet

Dès 1927, la "Bonne Nouvelle" publiait une page complète pour inviter la population de la paroisse à participer au pèlerinage à Sainte-Anne de Beaupré qui allait avoir lieu le 11 septembre (voir l'image). Mais la fête de Sainte Anne proprement dite, le 26 juillet, était aussi célébrée. Voici quelques lignes du compte-rendu des cérémonies du mois de Sainte Anne en 1927 :

"Pendant son mois, après la prière du soir, on récite les litanies de Sainte Anne, son autel est illuminé et on fait vénérer la relique de la sainte. La neuvaine préparatoire à sa fête fut prêchée par des prêtres de la cure. Des miracles récents sont venus confirmer cette prédication.

Le jour de la fête, une grand' messe solennelle fut chantée à 1 heures par M. le Curé assisté de diacre et sous-diacre. Le soir le sermon fut suivi de la bénédiction du Saint Sacrement et de la vénération de la relique de Sainte Anne."

J'ai trouvé une autre invitation à un pèlerinage, cette fois-ci pour la veille de la fête de Sainte Anne en 1937 (voir l'illustration).

Michel.

mercredi 21 juillet 2010

Photo des zélatrices de la Sainte-Enfance (1925-1926)

La "Bonne Nouvelle" publiait en 1927 cette photo des zélatrices de la Ste-Enfance en 1925-1926 dans les écoles de Notre-Dame-de-Grâce. Il était précisé que :
"Durant l'année 1926-27, les enfants de Notre-Dame de Grâce sous la direction des Sœurs de St. François d'Assise ont donné $171.52, pour la Ste-Enfance. Cela les classe 5e sur la liste de toutes les offrandes."
On sait que l'Oeuvre de la Sainte-Enfance persistait encore dans les écoles dans les années '60 et peut-être davantage.

Michel.

mardi 13 juillet 2010

Une maternelle au Couvent de NDG

René Castonguay partage des souvenirs de son année de maternelle au Couvent de Notre-Dame-De-Grâce. C'était en 1969.
"Il y avait ce qu’on appelle aujourd’hui une éducatrice. Son nom était Monique Simard. Je me souviens même de son fils qui s’était cassé le bras et qui était venu passer la matinée avec nous à nous lire les histoires. Je me souviens du jeu de poches et d’anneaux que j’aimais bien."
La maternelle, un "niveau" qu'on avait négligé. Merci à René de l'avoir ramené à notre mémoire.

Michel.
(Il ne faut pas se laisser tromper : la photo d'une maternelle à Notre-Dame-de-Grâces n'en est pas une de Québec, mais plutôt de Coulon en France ! )

mardi 6 juillet 2010

La paroisse NDG en 1927 demandait un nouveau Collège.

Lundi le 6 juin 1927, les paroissiens de Notre-Dame de Grâce montaient près de 300 à l'Hôtel de ville, où les membres de la Commission Scolaire les avaient reçus. Ils ne demandaient pas une école luxueuse comme celle de Saint-Dominique avec d'immenses pilastres dont la tête en pierre sculpté coûtait dans les $150. à l'époque. Ils voulaient seulement pour l'école de l'air dans les classes, des escaliers et des sauvetages convenables. L'intervention du curé Lavergne en cette affaire avait aussi pour but de le dégager de sa responsabilité, si la Commission Scolaire refusait d'agir.

Le Bureau d'Hygiène et l'Inspecteur du Gouvernement, Samuel Desrochers, avaient auparavant condamné les deux édifices, celui de la rue Arago, numéro 318, et celui de la rue Durocher, numéro 205, qui servaient d'école pour les garçons. Monsieur Desrochers s'était chargé de la réponse dans une mise au point publiée dans les journaux. Il écrivait que ces écoles étaient infiniment plus dangereuses que le "Laurier Palace" à Montréal où des personnes avaient péri suite à une panique, et qu'il croyait qu'il était bon que les parents des élèves qui les fréquentaient soient mis au courant de cette situation.

Cette double condamnation, le curé Lavergne l'avait prévue et il en avait averti la Commission Scolaire par une lettre en date du 4 mars.

En avril, une requête pour être présentée à la Commission scolaire pour la construction d'une école avait été signée en quelques heures de six cents noms de pères de famille. C'était presque l'unanimité. On ne pouvait pas convenablement fermer les classes et renvoyer les enfants à Saint-Sauveur. Dans la cambuse de la rue Arago, il y avait 137 garçons répartis en quatre classes, dans celle de la rue Durocher, 197 pour six classes, ce qui faisait 337 inscrits. De l'école de Saint-Sauveur il n'en était venu que 85. La pétition se lisait :

"Nous soussignés, pères de famille résidant dans la paroisse de Notre-Dame de Grâce,
Considérant
que les édifices utilisés comme classes pour les petits garçons sont dangereux et insalubres ;
qu'ils ont été, à cause de cela, condamnés par le Bureau d'Hygiène et par l'Inspecteur du Gouvernement ;
Préoccupés, comme c'est notre devoir, de la vie et de la santé de nos enfants,
nous sollicitons instamment la construction d'une école qui réponde aux nécessités de notre quartier."
Lors de la rencontre du 6 juin afin d'obtenir la construction d'une nouvelle école, l'organisateur de ces écoles temporaires, M. Verret, s'est senti intimidé. Mais M. Picard, le Président de la Commission Scolaire, a bien noté que le but des parents était d'affirmer devant l'opinion publique de façon impressionnante l'urgente nécessité de construire une école pour les garçons de la paroisse.

Voici comment les parents ont argumenté, comme rapporté dans la Bonne Nouvelle. Les deux cambuses où les enfants s'entassaient étaient malsaines et dangereuses. C'était un temporaire néfaste qui avait duré déjà trop longtemps. Elles existaient depuis cinq ou six ans.

Ce que l'on avait fait depuis le début des plaintes des paroissiens ne remédiait à rien au point de vue hygiène. Les classes restaient trop basses, trop petites, mal ventilées et encombrées. Les cabinets d'aisances étaient dans les classes et ne possèdaient aucun moyen de ventilation. Il en résultait que les odeurs se répandaient dans les classes au grand détriment des élèves et des professeurs, condamnés à respirer des gaz fétides pendant des heures de temps. Les désinfectants qu'on y avait mis ne faisaient que mêler les odeurs. Une classe où s'entassent collés les uns sur les autres vingt ou trente enfants n'est pas la même chose qu'une pièce où se tiennent deux ou trois personnes où l'on peut ouvrir facilement. Il ne fallait pas s'étonner que les enfants ainsi empoisonnés soient incapables de tout effort intellectuel et que leurs progrès malgré le dévouement des maîtres se réduisent à peu près à rien.

Au point de vue sécurité, ce que l'on avait fait était nul ou à peu près : ce que l'on prétendait faire ne ferait qu'ajouter aux inutiles dépenses déjà faites sur ces cambuses. Les paroissiens se plaignaient des portes de sortie. Encore quelques jours auparavant, sur la rue Arago, il n'y avait qu'une seule porte de sortie mesurant trente pouces et ouvrant à l'intérieur, au pied d'un escalier étroit servant à trois étages, et le seul dans la bâtisse. Depuis on l'avait changée. La seule porte de sortie, qui donnait sur la rue Durocher, ouvrait aussi à l'intérieur, frappait le pied d'un escalier très raide de 33 marches et fermait au verrou. Une autre porte qui ouvrait sur la rue Franklin fournissait une issue à peu près convenable pour une partie très restreinte de l'école. À part cela, toutes les autres s'ouvraient sur l'intérieur, en tout 13 portes. Toutes les portes de classes s'ouvraient à l'intérieur. Et les escaliers restaient étroits et dangereux parce qu'ils étaient à marches d'angle. Aucun de ces édifices n'était fourni d'escalier de sauvetage. Ceux que l'on appellait ainsi étaient en bois à l'extérieur.

La Commission refusait de bâtir une école avant 1929. C'est-à-dire que durant deux ans encore les enfants seraient condamnés à s'empoisonner dans les classes d'alors et demeureraient exposés à périr en cas d'accident.

La Commission disait: "Nous ne pouvons pas sans augmenter la taxe." C'était bien l'argument le plus impressionnant sur l'opinion publique pour l'amener à laisser durer un état de choses qui aurait dû cesser depuis longtemps, qui n'aurait jamais dû exister. Était-il plus onéreux de payer des taxes que d'avoir des enfants malades et de payer des médecins ? Comme question de fait, les enfants qui fréquentaient ces bâtisses étaient très souvent malades et prédisposés à prendre toute épidémie qui passe, comme la scarlatine.

M. Verret avait fini par admettre qu'elles n'étaient pas légales, pas bien mais pas aussi mal que le curé Lavergne le disait, au nom des paroissiens de NDG. En conclusion de l'entrevue, M. Picard avait demandé de trouver une solution à ce problème: "Où placer les enfants pendant la construction ?"

En résumé, il était prouvé que l'école était malsaine et dangereuse. La Commission l'admettait, elle le savait depuis longtemps. Mais la Commission se déclarait impuissante à remédier au mal avant deux ans. Ça allait être un malheur pour les enfants.
On sait que la construction du nouveau Collège ne se termina finalement qu'en 1931 (voir la photo).

Michel.

lundi 28 juin 2010

Le Défi des escaliers : NDG met les participants à l'épreuve

Dimanche le 27 juin se tenait le second Défi des escaliers. Il fallait être matinal pour assister à cette compétition, qui comportait des étapes dans Notre-Dame-de-Grâce. Que ce soit le "Défi" de 10 km ou le "Super Défi" de 17 km, les concurrents devaient monter l'escalier de la rue Victoria, descendre la "passerelle Lucien Borne" aussi appelée la promenade du côteau Sainte-Geneviève et, à partir de la grotte Notre-Dame de Lourdes, monter l'escalier de la rue Colbert.

Pour connaître les résultats, consulter le site de l'activité :

http://www.marathonquebec.com/sites/defi-html/resultats.html

Michel.
(La photo dans l'escalier de la rue Victoria date du premier Défi, en 2009, et celle d'un gagnant provient du site de Québec-Hebdo qu'il faut remercier.)

mardi 22 juin 2010

La St-Jean de 1927 : pour la première fois fixée au 24 juin

En 1927, la Saint-Jean-Baptiste ne se fêta pas un jour quelconque entre le 1er juin et le 1er juillet, comme les années précédentes, mais le 24 juin. Tous les peuples avaient une fête nationale à une date fixée mais, pour le Canada Français, c'était au gré de tout chacun.

Dans le journal La Bonne Nouvelle, il fut demandé d'avoir une pensée pour les Canadiens-Français épars ou groupés dans les États-Unis ou dans l'Ouest. "Les uns sont exposés à perdre la foi en s'anglicisant; les autres souffrent persécution, une persécution que l'on ne peut pas raconter, parce qu'elle est d'un genre insoupçonné dans notre Province."

À l'occasion de la Fête Nationale qui arrivait un vendredi, jour habituel pour "faire maigre", une dispense spéciale fut accordée pour pouvoir "faire gras" dans tous les paroisses de la ville de Québec seulement.

La veille de la fête de la St-Jean, les membres du Comité paroissial qui peuvaient disposer de quelques heures de loisirs prêtaient leur concours pour la décoration des chars allégoriques, en se rendant à cette fin chez M. Elzéar Dion.

Le jour même du 24, un détachement de paroissiens prit part à la grande procession dans la partie haute de la ville. La Bonne Nouvelle rapportait :
"Notre-Dame-de-Grâce avait ses chars allégoriques: Frontenac dans son attitude fière, disant aux anglais qu'il saurait répondre à leurs bravades par la bouche de ses canons; les petits Cadets N.-D.-de-Grâce dans leur gentil costume, la Maîtrise St-Louis de Gonzague avec bérets et toges firent bonne figure. Tous les nôtres étaient fiers d'appartenir à Notre-Dame-de-Grâce. Il paraît même que tout le monde était content de cette manifestation patriotique. Le fait est à noter, c'est si rare!!!"
Bonne Saint-Jean !
Michel.
(L'image d'une "procession" de la Saint-Jean-Baptiste n'a pas de lien direct avec le défilé de 1927. Voir le commentaire ci-bas pour visionner des extraits du défilé de la St-Jean de 1927 à Montréal.)

mardi 15 juin 2010

Personnel enseignant du Collège, 7e et dernière partie : 1961-1978?

Juste à temps pour la fin des classes, voici la fin de la compilation des membres du personnel enseignant du Collège Notre-Dame-de-Grâce ! Pour consulter la liste des directeurs, cliquer ici.

1961-1964 :

Frère Athanase (Adrien Côté) directeur 1961-1963
Frère Félix (Joseph-Irénée Gilbert) directeur 1963-1964

Frère Pamphile (Roméo Nadeau) directeur-adjoint 1960-1962
Frère Alcide (Louis Falardeau) directeur-adjoint 1962-1964

Hortense Turcotte (infirmière) (entre autres 1947-64)
Frère Joseph (Lucien Poitras) 1931-33 et 1961-63
Frère Raoul (Oscar Cyr) 1949-64
Frère Octave (Cyr) 1954-64
Colette Toussaint 1954-63
Frère Gustave 1955-64
Frère Marc 1955-62
Gérard Racine (entre autres 1955-65)
Aline Tremblay 1956-60
Rolland Dumais 1957-58 et et 1961-63
Maurice Mercier 1957-62
Jeannine Lavertu 1957-63
Claude Béland (entre autres 1957-1964)
Frère Alain 1959-63 (travaux manuels)
Pierre Mercier (entre autres 1959-60 et 1962-64)
William Bellemare 1960-62 (anglais)
Huguette Laperrière 1960-63 (voir aussi le Couvent)
Frère Odilon (Lucien Veilleux) 1961
Micheline Mercier (entre autres 1961-68)
Monsieur G. Bourget 1961-63 (orientation)
Léon Landry 1961-62
Jean Blanchet 1961-62
Monsieur C. Bernier 1961-62
Monsieur S. Tarczali 1961-62 (éducation physique)
Robert Blais 1961-63
Monsieur R. Lafrenière 1961-62 (anglais)
Mlle H. Drolet 1961-62 (anglais)
Mlle J. Gagnon 1961-62
Dorothée Gosselin 1961-62
Mlle A. Bourret (entre autres 1961-64)
Mlle H. Tremblay 1961-62
Frère Eugène (Marcel Ménard) 1962
Jules-A. Morin 1962-63
Rémi Tétreault 1962-63 (anglais)
Alexandre Prévost 1962-64
André Saint-Hilaire 1962-63 (anglais)
Denis Lemelin 1962-63
Benoît Roy 1962-63
Marc Depeyre (entre autres 1962-64) éducation physique
Lucille Labbé (entre autres 1962-64)
Mme S. Prieur (entre autres 1962-64) infirmière
Jean-Paul Labbé 1963-64 (orienteur)
Paul-Eugène Lachance 1963-64 (anglais)
Paul-Émile Lachance 1963-64
Léon Ouellet 1963-64
Henri Morin 1963-64
Fidèle Lévesque 1963-64
Jacques Sirois 1963-64 (anglais)
Mme G. Chamberland 1963-64 (anglais)
André Arcand (entre autres 1963-64)
Jacques Thiboutot (entre autres 1963-64)
Charles Proulx (entre autres 1963-64)
Jean Robitaille (entre autres 1963-64) travaux manuels
Monsieur L. Labrecque (entre autres 1963-64)
Frère Martin (René Tremblay) 1963-67?

1964-1978

C'est la période de direction laïque. L'École supérieure du Collège NDG est maintenant fermée et il ne reste que le cours primaire.

Edmond Gagnon, directeur 1964-1966
Égide Bérubé, directeur-adjoint 1965-1966 et directeur 1966-1968 et
1973-1978
J.-Albert Mercier, directeur 1968-1973

Yvon Picard, directeur-adjoint entre autres 1967-1968
Mlle Filteau, secrétaire entre autres 1971-1972

Gérard Racine (entre autres 1955-65)
Micheline Mercier (entre autres 1961-68)
Frère Martin (René Tremblay) 1963-67?
Aline Gingras (entre autres 1964-65)
Louise Boucher (entre autres 1965-66)
Nicole Dionne (entre autres 1966-67)
Gaston Bérubé (entre autres 1967-68)
Michel Lacroix (entre autres 1967-68)
Gaston Bernier (entre autres 1967-68)
Paul-Henri Lessard (entre autres 1967-69)
Maxime Bergeron (entre autres 1967-68)
André Veilleux (entre autres 1967-68)
Jacqueline Laperrière (entre autres 1967-68)
Clément Delisle (entre autres 1967-68)
Marguerite Lambert (soeur Saint-Claude) (début des années 70)
Denise Côté (début des années 70)
Jean-Guy Bérubé (1974 à 1978)
Lise Boily (entre autres 1973-76)

Lors de la fermeture du Couvent de NDG vers 1974, des enseignantes de cette institution ont sans doute transféré au Collège.

Le Collège a fermé en 1978.

N.B. Sur une inscription au-dessus de la porte d'entrée du Centre Communautaire, on lit actuellement :
"Collège Notre-Dame de Grâce, 1916-1982"
Mais 1982 est peut-être l'année où le bâtiment est devenu le "Centre communautaire Édouard-Lavergne".

Photos de nouveaux membres du personnel (non-directeurs) :














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Gaston Bérubé


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Clément Delisle
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Lise Boily


Voir les "commentaires" pour lire des points de vue sur divers enseignants.

Vos photos et vos souvenirs sont encore attendus concernant principalement les noms et photos d'enseignants laïcs. Merci à Pierre et René Castonguay pour avoir partagé des noms (et photo) d'enseignants pour la période laïque.

Remerciement
général à Louis-Marie Côté, archiviste des Frères des Écoles Chrétiennes, pour les informations sur le personnel enseignant religieux.

Bonnes vacances à tout ce personnel enseignant de NDG (Couvent et Collège) des années 1910 aux années 1970, ainsi qu'à leurs élèves (encore vivants évidemment) !

Michel.