Paroisse Notre-Dame-de-Grâce

Ce site est consacré à la paroisse Notre-Dame-de-Grâce,
qui a été créée en 1924 et
réintégrée à la paroisse-mère Saint-Sauveur en 1997,
dans la ville de Québec.




EXPOSITION PERMANENTE





Horaire de l'Exposition

À VISITER au
CENTRE COMMUNAUTAIRE ÉDOUARD-LAVERGNE,
390 Arago Ouest :

EXPOSITION permanente pour rappeler
la paroisse Notre-Dame-de-Grâce,
son curé fondateur et son église.

Elle peut être visitée surtout
le VENDREDI entre 10h et 21h,
le SAMEDI entre 10h et 15h,
(fermée le dimanche)

Pour ces jours et pour les AUTRES JOURS,
prière de s'entendre avec un préposé
(418-691-7190).

ENTRÉE GRATUITE

N.B. Liens vers les messages concernant l'Exposition :
inauguration
photos
crédits

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Table des matières

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Historique de NDG en résumé

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Précisions

Les prêts qui me furent faits de nombreux documents me décidèrent à partager ces souvenirs avec la collectivité. Vos commentaires, souvenirs et suggestions sont les bienvenus, de même que vos corrections des erreurs ou omissions involontaires.

Notes :

Nous respectons le désir des individus de ne pas voir leur nom ou leur photo apparaître.

Pour lire les messages, toujours descendre après le "Courrier à l'honneur".

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On peut cliquer sur les photos pour les agrandir.

Les messages sont sujets à des mises à jour, sans autre avis.

Michel Gignac

Éloge de l'église

Les cloches ont sonné pour la dernière fois dimanche le 29 juin 1997. Les portes de l'église Notre-Dame de Grâce dans Saint-Sauveur se sont fermées à jamais après une dernière messe solennelle dans l'église que remplissaient des résidents et d'anciens paroissiens heureux d'y revenir mais tristes de la voir fermer. La générosité de ces derniers avait permis de la conserver plusieurs années, permettant à la paroisse de célébrer son 70e anniversaire en 1994. Mais la baisse d'assistance aux offices avait fait diminuer les revenus, causant finalement la fermeture.

Depuis, des organismes ont essayé en vain de faire revivre ce temple merveilleux. Mais pendant ces années, la bâtisse s'est détériorée, ce qui fait que le Journal "Le Soleil" annonçait le 15 octobre 2008 : "L'église sera démolie d'ici Noël" pour faire place à des logements. Que de serrements de coeur pour ceux et celles qui y sont attachés !

Nous perdons donc définitivement notre belle église. Le curé-fondateur Édouard Lavergne en 1924 (voir photo), s'il voit son église débâtie, va certainement être très triste comme nous, les paroissiens. C'était un immeuble d'une grande qualité acoustique, classé édifice à "valeur patrimoniale élevée" par déclaration gouvernementale. Le glas a sonné mais je sais que toutes les personnes qui ont fréquenté ce temple en garderont de bons souvenirs.

L'église est maintenant démolie et, pour rappeler l'histoire de la paroisse, ce site "NDGquébec" se plaît à évoquer certains événements et certains aspects de la vie à NDG, à l'aide de photos, d'extraits de "La Bonne Nouvelle", le journal de la paroisse à ses débuts, etc. Les curés et vicaires dévoués, les constructeurs, les marguilliers, les bénévoles ne seront pas oubliés.

Simonne Dumont.
(Photo de l'église prise le jour de la fermeture.)

Courrier à l'honneur


Monsieur l'abbé Benoît Allaire, qui a célébré sa première messe à l'église de NDG le 4 juin 1950, année où il avait été ordonné prêtre, nous transmet ce message :

"C'est malheureux que la belle église de Notre-Dame de Grâce soit démolie. Mes respectueuses salutations."


samedi 28 janvier 2012

Jubilé d'argent du Curé Lavergne, partie 3 (autres hommages)

Toute la semaine qui précéda le 3 avril 1932, date du 25e anniversaire de sacerdoce du Curé Lavergne, des lettres venues des quatre coins du pays et même des États-Unis, dont des télégrammes adressés de partout - même d'outre-mer - ont chanté en termes bien élogieux les talents et le mérite du jubilaire. Par exemple, L'Association Canado-Américaine a fait parvenir à M. Lavergne une très généreuse souscription, en hommage « pour le prêtre qui s'est tenu à nos côtés, nous a encouragés, soutenus, fortifiés, éclairés, aux heures de misère que nous avons traversées. Voyez-y aussi le tribut de notre admiration à l'apôtre de la survivance française en Amérique. »
« Je me rappelle, dit un curé, avoir un jour entendu le regretté cardinal Bégin appeler M. Lavergne "son bras droit dans le diocèse". J'ai vu votre curé à l'œuvre comme missionnaire diocésain. Pendant 15 ans, sa parole éloquente et enflammée a retenti à travers le Canada et jusqu'aux États-Unis... Nous lui devons un remarquable volume: SUR LES REMPARTS que Henri Bourassa "a salué comme le plus beau livre du siècle". »
Le lendemain des cérémonies du jubilé d'argent, dans les écoles, il y eut présentation d'adresse et vœux. Chez les Frères et chez les Sœurs, les enfants donnèrent deux programmes différents.

En particulier, au couvent dans l'après-midi de ce 4 avril 1932, la présence du Curé de Thetford-les-Mines, l'abbé Gédéon Sauvageau, donna un éclat spécial à la fête. M. Sauvageau dans une courte allocution résuma la carrière du jubilaire. Les professeurs laïques de l'école et du couvent attendaient le curé avec une bourse très généreuse et une adresse où ils se dirent certains que cette obole soulagerait quelque détresse.

Une semaine plus tard, dimanche le 10 avril 1932, les membres du Comité Paroissial, l'Orchestre, le Cercle dramatique, avec toutes leurs familles, se sont réunirent à la salle paroissiale pour offrir, dans une fête de famille, leurs hommages au Curé à l'occasion de son 25e anniversaire. Le chroniqueur a raconté :
"Ils avaient tenté de tenir la chose secrète; mais la mèche ayant été éventée, ils ont manœuvré de telle sorte que le Curé a cru, en se rendant à la salle, s'en aller prendre part à une fête organisée pour fêter M. l'abbé Paul Bouillé, directeur de la salle paroissiale. Aussi est-il reste paralysé d'émotion en constatant que, après huit jours, c'était encore lui l'objet de la fête. Si bien qu'il n'a pas pu trouver un mot de remerciement pour l'adresse et la belle croix d'argent solide qu'on lui présentait. Les auteurs du tour riaient aux larmes de cet embarras où ils s'étaient plu à mettre leur pauvre curé. C'était un droit que celui-ci leur a reconnu, jurant tout de même qu'on ne le reprendrait plus."
La soirée s'est continuée par une amusante comédie interprétée par le Cercle dramatique. De plus, chacun y alla de sa chanson ou d'un instrument de musique approprié à son talent. Et le tout se termina par un léger goûter. "Le Curé espère que maintenant les fêtes sont finies jusqu'aux noces d'or et que la vie va reprendre son cours normal !"

Dans la Bonne Nouvelle du 16 avril, le curé Lavergne à nouveau remercia cordialement pour les belles fêtes organisées à l'occasion de ses 25 ans de sacerdoce :
"Une fois de plus, notre paroisse a démontré son dévouement et son habileté à conduire une entreprise à un très grand succès. Nos invités sont partis enthousiasmés, criant très haut leur admiration."
Michel
(la photo montre l'église lors d'une cérémonie de ce 3 avril 1932, laissant apparaître à la chaire à gauche la silhouette du vicaire Paul Bouillé)

samedi 21 janvier 2012

Jubilé d'argent du Curé Lavergne, partie 2 (cérémonie du soir)

En plus de la messe du jubilé d'argent, le 3 avril 1932, le soir de la même journée eut lieu à 19 h. une autre cérémonie en présence de Mgr Villeneuve (photo). À ses côtés se tenaient les abbés Guillaume Deschênes du Séminaire et Albert Binet, aumônier des Servantes du Saint Sacrement à Saint-Pascal. Les deux vicaires Paul Bouillé et Lactance Blais occupaient avec le jubilaire Édouard-V. Lavergne les stalles en face du trône de l'Archevêque.

Voici une liste incomplète des assistants :

Au chœur:
Monseigneur J.-E. Laberge, curé de Saint-Jean-Baptiste; Mgr L. Boulanger, curé de Sacré-Cœur; l'abbé A. Gauthier, curé de Giffard; l'abbé Israël Laroche, curé de St-Joseph; l'abbé Horace Gagnon, curé de Belvédère; l'abbé Adolphe Laberge, curé des Saints-Martyrs; le Père Lelièvre; l'abbé Ouvrard, aumônier de l'Hôpital Général; les abbés Jules Lockwell et Arthur Ferland, missionnaires diocésains; l'abbé Albert Binet, aumônier; l'abbé Arthur Lévesque, vicaire à Belvédère; l'abbé Guillaume Deschênes, professeur au Petit Séminaire de Québec; l'abbé Pierre Gravel, vicaire à Saint-Alphonse de Thetford; l'abbé Léger Létourneau, de l'Action Catholique; l'abbé Paul Bernier, de l' Archevêqué; l'abbé Bouillé, vicaire; le Frère Lafrenière; le Frère Paulin du Noviciat de Sainte-Foy; le Frère Émile, directeur du Juvénat.

Parmi les invités d'honneur:
M. et Mme Philippe Lavergne; Mme Tardif; M. et Mme J.-O. Gagnon, cousins du curé Lavergne; le Dr Philippe Hamel; C.-J. Magnan; M. et Mme Rodolphe Deblois ; M. l'échevin et Mme Joseph Boutet; Jules Savard; Henri Latouche; M. et Mme Georges Parent; M. et Mme F.-X. Jobin; le Dr Jules Dorion; MM. et Mmes Ernest Giroux; Théophile Maheux; Honoré Gignac; Amédée Lapointe; Adélard Minguy; Théodule Roberge; Alfred Pichette; Albert Maheux; Elzéar Dion, Stanislas Gagnon et M. Joseph Masson.

Amédée Lapointe, marguiller en charge, présenta les hommages des paroissiens au curé. En lien avec les accusations des journaux comme L'Événement et Le Soleil, il affirma entre autres:
"En un temps où certaines fausses rumeurs semblent nous faire croire que l'on veut vous enlever à notre affection, nous nous en sentons incapables."
Après la lecture de l'adresse, deux enfants, majestueusement vêtus, Auxilia Gaulin et Jean-Marie Gignac, s'avancèrent et offrirent une bourse au jubilaire.

Le curé monta en chaire. Après avoir rendu hommage à Mgr Villeneuve, il s'adressa à ceux et celles qui sont ses fidèles depuis sept ans. "Ces sept années sont les plus heureuses de ma vie", avoua-t-il. Il précisa que la bourse qu'ils lui ont offerte servira entre autres à contribuer à la Société Saint-Vincent de Paul, qui accuse un déficit de $1,200., et au journal "L'Action Catholique" qui est aux prises avec des difficultés financières. Il se dit un peu gêné des "éloges que vous avez mises dans votre adresse, que vous avez entendu ce matin en cette chaire, et qu'une amitié trop généreuse est allée répéter à la radio."

Puis il rendit hommage à quelques figures rencontrées pendant ses 25 années :
Au Séminaire de Québec, l'illustre Mgr Olivier-Elzéar Mathieu (devenu archevêque de Régina)(photo). Au Collège de Lévis, un prêtre modeste, l'abbé Irénée Lecours. Dans sa paroisse, un curé vaillant, l'abbé Odilon Marois. À la tête du diocèse, Mgr Paul-Eugène Roy. Dans sa famille, sa mère ; "mon père était mort depuis 12 ans, quand j'ai été ordonné prêtre ; sa mère, c'est d'elle que l'on tient le meilleur de soi-même." Et parmi les autres disparus, deux curés dont il fut le vicaire; l'un à l'Ancienne-Lorette, le chanoine Faucher, et Mgr Gosselin "dont on a dit que sa sainteté n'eût pas été complète s'il ne m'avait pas enduré deux ans !" Enfin deux paroissiens que la mort a pris, Alphonse Paquet et Alfred Larose, deux marguilliers du début, ajoutant Marcel Rochette qu'une maladie douloureuse retenait chez lui.

Monseigneur Villeneuve fut le dernier à prendre la parole, puis il donna la bénédiction épiscopale.

La cérémonie se termina par le Salut du Saint Sacrement auquel officia le Jubilaire, accompagné des abbés Ouvrard et Gauthier. À l'orgue on exécuta un programme artistique.

Pendant cette célébration, les chorales exécutèrent le programme suivant:
Chantez voix bénies, de Charles Gounod;
O Salutaris, à 3 voix;
Panis Angelicus, soliste: Gabriel Plante
Ave Maria, soliste: J.-Moïse Fradet
Tantum ergo, à 4 voix, de Minard
Magnificat, en faux-bourdon

À l'issue de cette cérémonie, l'évêque visita les comités des diverses organisations paroissiales. Faisons une mention spéciale: Tout au cours de l'hiver, les chômeurs de NDG eurent à leur disposition un endroit particulier où ils pouvaient se réunir chaque jour. Un des chômeurs, M. Latulippe, présenta une adresse à Mgr Villeneuve et il exprima sa reconnaissance au curé Lavergne pour la générosité avec laquelle il les avait suivis.

(partie 3 à venir)
Michel.

dimanche 15 janvier 2012

La messe du jubilé d’argent du Curé Lavergne.

Les 25 ans de vie sacerdotale du Curé Édouard-Valmore Lavergne ont été célébrées principalement le 3 avril 1932. Le quotidien « L’Action catholique » écrivait le lendemain: « D'inoubliables et édifiantes cérémonies se sont déroulées hier à Notre-Dame-de-Grâce ».

Un rédacteur anonyme de la Bonne Nouvelle du 16 avril a fait revivre presque mot par mot ces célébrations. Il résumait d’abord:
« Le présence de trois évêques, d'éminents prélats, d'un clergé nombreux et distingué, de laïques représentant toutes les classes de la société, était une preuve non équivoque de la haute estime, de la grande admiration que l'on témoigne au vaillant et courageux curé de Notre-Dame-de-Grâce. ».
Voici maintenant un résumé de ses transcriptions.

La célébration du jubilé débuta à 10 h 30 par une grand'messe célébrée par M. Lavergne assisté de l'abbé Jules Lockwell comme diacre et de l'abbé Arthur Ferland comme sous-diacre, les deux premiers vicaires de NDG. Mgr J.-A. Langlois, évêque de Valleyfield, assistait au trône, accompagné des abbés Arthur Lévesque, ancien vicaire, et Lactance Blais. Mgr Omer Plante assistait également, accompagné des abbés Oscar Genest et Adolphe Laberge. Avaient pris place au chœur : Mgr Adjutor Faucher, curé de Jacques-Cartier, le Père J. Pelletier du presbytère de Saint-Sauveur, l'abbé Alfred Côté, aumônier des Syndicats Catholiques, l'abbé Rosaire Veilleux, vicaire à la Basilique, l'abbé Paul Gariépy, vicaire à Saint-Joachim, l'abbé Léger Létourneau de l'Action Catholique, l'abbé Paul Bouillé, les Frères Cléophas, directeur, Joseph, Marc, Raymond, Ludger, du Collège de N.-D.-de-Grâce; Lucien, Edmond, Léon et Daniel de la maison-mère de Sainte-Foy. Parmi la nombreuse assistance on remarquait: Talma Lavergne, gérant de la Banque Canadienne Nationale de Sainte-Anne-de-Beaupré; Réal Lavergne, avocat de Québec, frères du jubilaire; sa sœur Bernadette Lavergne, organiste; son neveu Paul-Henri Lavergne; ses nièces Marie-Paule, Olivia, Jeanne et Éliane Lavergne; ses cousin-e-s: M. et Mme J.-E. Lavergne; Mme Tardif. Deux membres de la famille étaient absents, Daniel Lavergne, employé au Département de la Marine à Ottawa et Sœur Sainte Marie Éliza chez les Dames de la Congrégation N.-D.-de-Montréal. Signalons aussi la présence du docteur Jules Dorion, directeur de l'Action Catholique; l'échevin et Mme Rodolphe Deblois; Onésime Girard; M. et Mme Charles-Henri Gagnon ; M. et Mme Amédée Lapointe, etc...

L'église était magnifiquement décorée. Une belle chaîne d'argent encerclait l'église et des blasons argentés portant le nombre 25 se balançaient au milieu de rubans et de fleurs aux couleurs variées. Bernadette Lavergne touchait l'orgue. J.-Moïse Fradet dirigeait la Chorale et le Frère Anselme la Maîtrise des Petits Chanteurs en toge. L'orchestre complétait l'orgue et aidait une messe harmonisée par Omer Létourneau (Kyrie, Gloria et Sanctus).

À l'entrée du jubilaire retentit la Marche pontificale de Gounod. Après l'Évangile, l'abbé Bouillé (futur curé de Saint-Malo) monta en chaire. C'est lui qui fut l'organisateur de ces fêtes. M. Bouillé eut des paroles délicates à l'égard du jubilaire et présenta l'Abbé Pierre Gravel (photo), vicaire à Thetford-les-Mines et futur curé à Boischatel, qui prononça le sermon à titre de fils spirituel d'Édouard Lavergne, un ancien vicaire de Saint-Roch. Il louangea ce dernier comme étant l'âpôtre des syndicats catholiques et aussi l'apôtre de la presse catholique, l'orateur patriote canadien-français que toute l'Amérique du Nord a souvent entendu et applaudi.

Il y eut les chants: Credo en grégorien, O Cor amoris victima par la Chorale des hommes, Agnus Dei de Simon? de Poix et Regina Coeli de Jean-Baptiste Labat. Après la messe, J.-Moïse Fradet entonna le cantique Notre Dame du Canada.

À suivre pour les autres cérémonies.
Michel.

dimanche 8 janvier 2012

Le curé Lavergne, un "indigné" ?

Nous venons de quitter une année où la personnalité de 2011 élue fut le "manifestant", l'"indigné". En survolant La Bonne Nouvelle du 23 janvier 1932, je me suis dit que, s'il avait vécu en 2011, le curé Lavergne aurait probablement été du nombre des indignés manifestant contre le système économique et financier.

En voici quelques extraits :
"Au cours d'une délégation ouvrière dont le rapport a paru dans L'Action Catholique du 30 décembre dernier, l'Honorable M. Taschereau aurait dit, "que les prêtres ne devraient pas monter en chaire pour décrier le capital", qu'il était lui-même à étudier l'encyclique "Rerum Novarum" et que le capital est nécessaire au travail. L'Honorable Premier Ministre a encore été victime d'une distraction. Ne lui en déplaise, et sans manquer de respect à l'autorité qu'il représente, je peux bien le mettre au défi de nommer un seul prêtre qui soit monté en chaire pour décrier le capital. Il y a des prêtres qui montent en chaire, non pour décrier le capital, mais pour dénoncer les abus du capitalisme.

Or, je confesse que j'ai commis ce crime énorme, en commentant l'encyclique "Quadragesimo Anno" Ce qui aggrave mon crime aux yeux des "esprits" qui se croient pondérés parce qu'ils sont lourds de sottises et vides des enseignements de l'Église, c'est que je n'en éprouve aucun repentir et que j'ai le ferme propos de recommencer à chaque occasion dans la mesure où je le jugerai utile et bon. Si, à cause de cela L'Événement me trouve incurable et me classe parmi les "suppôts de la révolution" (14 janvier 1932), je me consolerai en songeant que le Pape, ni personne de ceux qui défendent le petit peuple, ne sont mieux traités.

Je comprends que cela déplaise aux malheureux dont Le Soleil et L'Événement bourrent les crânes: leur ignorance les excuse. Ce ne sont pas des raisons qui peuvent m'empêcher de me porter à la défense de la vérité, au secours des humbles et des petits dans la mesure de mes moyens et de mes forces. Au contraire. Car il y a là, non une question de goût, mais une affaire de conscience si impérieuse que je suis prêt à lui sacrifier mon repos et à tenir tête à tous les canards lâchement et surnoisement lancés contre ma pauvre personne.

Non, je ne puis pas ne rien dire."
Nous avions vu que l'abbé Lavergne avait auparavant été accusé, par certains journaux, de "bolchévisme". Maintenant on le traitait de "suppôt de la révolution". En février 1932, il dut écrire à Olivar Asselin (photo), journaliste célèbre du journal "Le Canada" afin de rectifier une dénonciation fausse faite par un "espion" qui assistait à tous les prônes et sermons du curé et qui prenait des notes pour quitter après le sermon. Il n'a pas reçu de réponse de M. Asselin. Peu après, L'Événement alla encore plus loin en l'accusant de "saboter la propriété privée".

Le contexte explosif s'apaisa un peu quand, en mars, le curé Lavergne célébra le 25e anniversaire de son sacerdoce, dont il sera question bientôt.

Michel.

samedi 31 décembre 2011

Le temps des Fêtes 1966-1967

Le temps des Fêtes 1966-1967 a été assez spécial à Notre-Dame-de-Grâce. À l'automne, des travaux avaient été effectuées afin de moderniser l'église. En remplacement, pendant plusieurs semaines, il avait fallu assister aux cérémonies dans la chapelle du Couvent NDG, dont l'entrée était sur la rue Signaï (photo). On retrouvait un peu la même situation que la paroisse avait connue au début entre 1924 et 1926, la chapelle de cette école ayant été utilisée avant l'ouverture de l'église.
Aux messes de Noël 1966, ce fut l'ouverture officielle de l'église rénovée. L'intérieur de cette dernière m'a paru plus clair, grâce à davantage de surfaces blanches. Et je me souviens qu'au Jour de l'an 1967 à la grand-messe, les deux nouveaux marguilliers, Rosaire Giguère et mon oncle Jean-Marie Gignac, prononçaient les serments de leurs fonctions ; ils avaient été élus quelques semaines plus tôt, dans la salle du Couvent. Ils pouvaient maintenant effectuer leur première quête à la sortie de l'église.












Quelques souvenirs donc d'il y a 45 ans pour me donner l'occasion de vous souhaiter une bonne et belle année 2012 !

Michel.

samedi 24 décembre 2011

Un avant-goût de la messe de minuit de 1974.

L'occasion ne peut être meilleure de donner un avant-goût de la messe de minuit de 1974. Pierre Robert nous avait informés qu'il possédait un enregistrement de cette cérémonie. À l'occasion de Noël, en voici un premier extrait audio, qui est le cantique "Un Enfant nous est né" par la Chorale paroissiale de NDG.

http://www.4shared.com/mp3/9UrX0O89/Chorale_paroissiale_NDG_-_03_U.html

Le soliste est Marcel Robert, le père de Pierre. À la prochaine occasion, je donnerai quelques détails sur les circonstances entourant cette enregistrement.

Il faut réaliser que cette célébration était la messe de Noël du 50e anniversaire de la paroisse, événement qui avait été fêté deux mois auparavant, puisque Notre-Dame-de-Grâce a été fondé en 1924.

Un gros merci à Pierre pour ce partage et, à nouveau, joyeux Noël !

Michel.

dimanche 18 décembre 2011

Messe de Noël 1931, avec entre autres Omer Létourneau

Il y a quelques semaines, nous avons souligné la participation du chantre Émile Larochelle aux cérémonies de NDG. Il était le beau-frère du compositeur et organiste Omer Létourneau ; ce dernier fut en évidence lors de la messe de minuit de 1931 à NDG. Après avoir détaillé le programme de chant des messes de Noël, nous fournirons quelques données biographiques concernant Omer Létourneau.


PROGRAMME DE CHANTS :

MESSE DE MINUIT

Directeur de la Chorale : J.-Moïse Fradet
Directeur de la Maîtrise : Frère Anselme

- Minuit Chrétiens, par Gabriel Plante et un chœur à 4 voix
- Messe d'Omer Létourneau, incluant le Graduel (faux-bourdon) et l'Offertoire avec accompagnement de violon par J. Chartier
- Adeste Fideles (à 4 voix) avec solo par Charles-Henri Cantin
- Agnus Dei (à 3 voix) de Simon? de Poix, avec solo par A. Hamel
- Puer Natus, avec solo par Gérard Lachance
- Jésus Enfant (à 4 voix)


MESSE DE L'AURORE

- Cantiques de Gustave? Gagnon (à 4 voix) par la Chorale et la Maîtrise, incluant :
- Ça Bergers, avec solo par Gérard Pelletier
- Jésus de Nazareth, avec solo par Émilien Dion
- Il est né le divin enfant, avec solo par Lucien Fortier et Charles-Henri Cantin
- Les anges dans nos campagnes, avec solo par Jos. Lajeunesse
- Dans cette étable, avec solo par Pierre Cardinal
- Dans le silence de la nuit, avec solo par Lucien Fortier
- Cher Enfant qui viens de naître, avec solo par Roméo L'Heureux
- Nouvelle Agréable, avec solo par Wilfrid Drouin

À l'orgue, Bernadette Lavergne
Accompagnement de violon et de violoncelles


MESSE DU JOUR

Même programme qu'à minuit.


À VÊPRES

- Vêpres de Noël
- Magnificat (faux-bourdon)
- Alma (à 4 voix) par la Chorale et la Maîtrise


Au SALUT

- O Salutaris (à 3 voix)
- Ave Maria, avec solo par J.-Moïse Fradet
- Adeste fideles (à 4 voix)
- Puer Natus
- Tantum ergo (à 2 voix)
- Jésus Enfant.


Quelques notes au sujet d'OMER LÉTOURNEAU (1891-1983) :

En 1907, Omer Létourneau (photo) devint organiste à la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes. En 1913, il se fixa à Paris et travailla l'orgue avec Louis Vierne. Il revint à Québec en 1914, devenant l'année suivante organiste à Saint-Sauveur. Il collabora aux récitals d'Arthur LeBlanc, Paul Dufault, Théodore Botrel et surtout du violoniste Edwin Bélanger qui devint son gendre et avec qui il présenta en 1935 une série de quelque 125 sonates à la station radiophonique CHRC. Il fit de l'enseignement à domicile, à l'Université Laval (1925-34), etc. En 1934, il fit l'acquisition de la Maison de musique Gauvin & Courchesne dont il avait été l'un des fondateurs ; devenue la Procure générale de musique, cette maison a été la principale boutique de musique de l'époque, celle où s'approvisionnaient toutes les institutions et les musiciens professionnels de Québec. La pianiste Clotilde Coulombe, soeur de son épouse, fut la première titulaire du Prix d'Europe.

(source : Juliette Bourassa-Trépanier, dans "L'Encyclopédie de la musique au Canada", à la suggestion de Simonne Dumont)

Parmi les nombreuses compositions d'Omer Létourneau, outre ses Messes, on trouve "Le vieux moulin", qui figure dans le recueil de "La Bonne Chanson". La pianiste Janine Lachance fut l'une de ses élèves.

On peut entendre un enregistrement de la composition de Noël d'Omer Létourneau, "Noël joyeux Noël" interprétée par Paul Trépanier (accompagné par Janine Lachance) en cliquant ici.

Michel

N.B. D'autres documents reliés à Noël sont prévus pour bientôt, mais je profite du présent message pour souhaiter à tous nos collaborateurs et lecteurs un très JOYEUX NOËL !

dimanche 11 décembre 2011

En vidéo, la Chorale de NDG à Noël 1994

Plusieurs documents concernant la fête de Noël ont été obtenus dernièrement. Alors aussi bien commencer maintenant à en partager avec NDGquébec !

Un document vidéo montre la Chorale paroissiale de NDG chantant des cantiques et des parties de la messe de Noël de 22h00 du 24 décembre 1994. Il s'agissait donc d'une messe de Noël du 70e anniversaire de la paroisse.

Les pièces chantées avaient les titres approximatifs :

Aujourd'hui un Sauveur nous est né
Adeste fideles
Sanctus
Il est vivant, c'est Noël
Agneau de Dieu
Jésus enfant
Il est né cet enfant divin

La directrice de la chorale était Soeur Marie-Berthe Gagnon (photo).

Les membres de la chorale étaient :

Soeur Hermance Lord
Claire St-Hilaire-Valis
Marcel Dussault
Janine Dionne
Yvette Parent
Michel Parent
André Goulet
Gérald Ménard

Paul-Henri Plante était à l'orgue.

Production : Normand Blondeau
Co-production : Doris Girard
Technique : Guy Jimy Valis
Sonorisation Normand
Merci à Simonne Dumont

On peut en visionner un extrait : "Adeste fideles" avec Marcel Dussault comme soliste, en cliquant sur le lien suivant :

http://www.4shared.com/video/9Fo7isit/Chorale_de_NDG_-_Adeste_fidele.html

D'autres cantiques pourront être ajoutés au site dans les prochaines semaines ou années, entre autres si vous avez des demandes spéciales pour l'un ou l'autre de ces chants.

À l'occasion du temps de Noël, Jean-Paul Castonguay offre ses souhaits de joyeuses Fêtes aux lecteurs de NDGquébec. Au nom de ces derniers, je lui souhaite à lui aussi un joyeux Noël et une bonne année, débordante de santé !

Michel.

dimanche 4 décembre 2011

Nouvelles photos d'enseignants du Collège de NDG

Grâce aux nouveaux Flambeaux du Collège NDG obtenus cette année, les noms et/ou les photos de quelques autres enseignants pourront être ajoutés aux messages déjà publiés.

1947-1949, période où le Frère Herman fut directeur (consulter le message ici) :

Frère Barthélémy (Roger Lemay) (1937-38 et 1948-50) école supérieure
Frère Bernard (1947-49)
Frère Cyrille (Jules Paquin) (1948-49) école supérieure (correction de l'orthographe de son nom)
Frère Gervais (1947-49) école supérieure
Frère Hermas (1948-49) sciences
Frère Raymond (1948-50) école supérieure

1949-1954, période où le Frère Maurèle fut directeur (consulter le message ici) :

Clément Paré (1949-51) dessin
Frère Alexis (Robert Bérubé) (1944-50) préfet du cours supérieur
Frère Anselme (Léonidas Boulet) (1926-33 et 1946-52) préfet du cours primaire et inspecteur
Frère Barthélémy (Roger Lemay) (1937-38 et 1948-50) école supérieure
Frère Flavien (1950-51)
Frère Guy (1950-51)
Frère Liguori (Paul Duchesne)(1949-52) sciences
Frère Louis (Louis-Jacques Bellemare) (1940-59) français
Frère Patrice (1950-57)
Frère Raymond (1948-50) école supérieure
Frère Roméo (1949-55) école supérieure
R. Gauvin (1950-51)
Roland Roy (1949-55)











Frère Flavien
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Frère Hermas




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Michel.
(Merci à nouveau à Louis-Marie Côté, archiviste des Frères des Écoles Chrétiennes.)

dimanche 27 novembre 2011

La Saint-Jean de 1931 dans la controverse.

À ce temps-ci de l'année, l'esprit n'est pas tellement à la fête de la Saint-Jean mais il faut souligner le caractère un peu spécial qu'a revêtu cette fête en 1931, avant de quitter cette année.

La Bonne Nouvelle du 20 juin fut un numéro spécial, commandité par plusieurs commerces, indiquant le programme des activités, mais aussi où le curé Lavergne exprima en détails sa réserve envers la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB).

Albert Maheux, le président de la section NDG de la SSJB, y adressait une invitation à participer aux diverses célébrations (voir l'image). Le programme était le suivant :

Dimanche soir le 21 juin, grande assemblée patriotique à la grotte de N.-D.-de-Lourdes, après les vêpres.

Lundi et mardi soir, sermon, salut, confession.

Mardi, à 23 h. heure sainte, à minuit communion.

Mercredi le 24 juin, messe solennelle. Le Père Lelièvre, le directeur des retraites fermées à Jésus-Ouvrier, était du nombre des orateurs.

Un hommage fut rendu aux deux gagnants du concours d'histoire du Canada tenu dans la paroisse, Madeleine Pouliot (100%)(voir la photo) chez les femmes, et Raymond Sylvain (fils du paroissien du même nom) chez les hommes. La section locale de la Saint-Jean-Baptiste, par tradition annuelle, leur remit des médailles.

La Saint-Jean survenait dans un contexte particulier, puisque le Cardinal Raymond-Marie Rouleau était décédé plus tôt dans le mois. Ce n'est qu'en décembre 1931 que le nouvel évêque de Québec, Mgr J.-M.-Rodrigue Villeneuve, fut désigné.

Un autre cachet spécial, lui aussi plutôt triste, était donné par la situation de la langue française au Canada. De manière générale, dans toutes les provinces et sous tous les régimes, les minorités francophones étaient persécutées. Même au Québec, près des frontières de l'Ontario, des Québécois se faisaient angliciser. Mais le curé Lavergne était déçu de constater que la SSJB n'exigeait pas d'enquête à ce sujet, convaincu que la raison de cette mollesse était la tutelle exercée par le gouvernement sur la Société.

Plus récemment, c'est en Saskatchewan que la répression était la plus forte. Le gouvernement du premier ministre conservateur James T. Anderson avait mis en vigueur des lois contre la langue française, en retirant aux Francophones le droit à des écoles séparées. La SSJB avait, après hésitation, fini par accepter de tenir une souscription pour venir en aide aux persécutés de la Saskatchewan. Le curé Lavergne avait insisté pour que tous ses paroissiens deviennent membres et financent la section NDG de la SSJB, qui parvint à présenter au Comité général un chèque de 100$.

Les quotidiens "Le Soleil" et "L'Événement" avaient encore rapporté faussement des propos du curé Lavergne supposément hostiles à la SSJB et aux Chevaliers de Colomb. En réalité, le curé avait annoncé que, tout en restant membre de la Société et aumônier de la Section N.-D.-de-Grâce, il cesserait de se présenter aux réunions du Conseil général, ce en quoi il ne faisait qu'imiter la conduite des autres curés de Québec. Il avait auparavant proposé :

- qu'aucun fonctionnaire, soit de l'Hôtel de ville, soit du gouvernement provincial, soit du gouvernement fédéral, député ou autre, ne puisse avoir une charge dans la Société ni dans les sections, et

- qu'aucun membre d'une société de nationalité étrangère comme les Chevaliers de Colomb ou les Clubs neutres tels que les Rotary, les Kiwanis ou autres ne puisse devenir officiers de la Société Saint-Jean-Baptiste.

Concernant cette société des "Knights of Colombus", membre de la SSJB, il l'avait félicité d'avoir organisé à Québec de belles souscriptions à l'Université Laval, à l'Hôpital Laval et à L'Hôpital du Saint-Sacrement mais il déplorait que ces activités aillent à son crédit et non pas à celui de la SSJB.

Quant aux fonctionnaires, il leur reprochait d'intervenir en assemblée en faveur de démarches "polies" auprès des gouvernements, démarches qui se répètent sans efficacité depuis 1925, concluant ainsi à un parti pris inspiré par la crainte d'embarrasser ces gouvernements.

En résumé, le curé affirmait que "notre Société Saint-Jean-Baptiste n'est plus la société nationale. En d'autres termes: elle ne représente plus les aspirations et les ambitions" des Francophones et des Québécois. Il exprima le souhait qu'elle se remette en marche vers son idéal. "Quant à la Section Notre-Dame-de-Grâce et à la présence de ses officiers dans votre Conseil, en ma qualité d'aumônier, je réserve ma décision: la question est à l'étude."

Peut-être à suivre en 1932 !
Michel.