Paroisse Notre-Dame-de-Grâce

Ce site est consacré à la paroisse Notre-Dame-de-Grâce,
qui a été créée en 1924 et
réintégrée à la paroisse-mère Saint-Sauveur en 1997,
dans la ville de Québec.




EXPOSITION PERMANENTE





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Table des matières

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Historique de NDG en résumé

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Précisions

Les prêts qui me furent faits de nombreux documents me décidèrent à partager ces souvenirs avec la collectivité. Vos commentaires, souvenirs et suggestions sont les bienvenus, de même que vos corrections des erreurs ou omissions involontaires.

Notes :

Nous respectons le désir des individus de ne pas voir leur nom ou leur photo apparaître.

Pour lire les messages, toujours descendre après le "Hommage à Simonne Tardif (Dumont)".

La présentation est optimale en fonction de Windows XP, avec Firefox (Mozilla) comme navigateur et lorsque les fenêtres sont ouvertes à pleine largeur. À défaut de ces conditions, on risque de rencontrer des irrégularités.

On peut cliquer sur les photos pour les agrandir.

Les messages sont sujets à des mises à jour, sans autre avis.

Michel Gignac

Horaire de l'Exposition

À VISITER au
CENTRE COMMUNAUTAIRE ÉDOUARD-LAVERGNE,
390 Arago Ouest :

EXPOSITION permanente pour rappeler
la paroisse Notre-Dame-de-Grâce,
son curé fondateur et son église.

Elle peut être visitée surtout
le VENDREDI entre 9h et 21h,
le SAMEDI entre 9h et 15h,
(fermée le dimanche)

Pour ces jours et pour les AUTRES JOURS,
prière de s'entendre avec un préposé
(418-691-7190 ou 418-641-6252).

ENTRÉE GRATUITE

N.B. Liens vers les messages concernant l'Exposition :
inauguration
photos
crédits

Simonne Dumont (Tardif) 1920-2018

Simonne Dumont (Tardif) 1920-2018

Hommage à Simonne Tardif (Dumont), co-fondatrice du blogue et qui a écrit ce texte :

ÉLOGE DE L'ÉGLISE

Les cloches ont sonné pour la dernière fois dimanche le 29 juin 1997. Les portes de l'église Notre-Dame de Grâce dans Saint-Sauveur se sont fermées à jamais après une dernière messe solennelle dans l'église que remplissaient des résidents et d'anciens paroissiens heureux d'y revenir mais tristes de la voir fermer. La générosité de ces derniers avait permis de la conserver plusieurs années, permettant à la paroisse de célébrer son 70e anniversaire en 1994. Mais la baisse d'assistance aux offices avait fait diminuer les revenus, causant finalement la fermeture.

Depuis, des organismes ont essayé en vain de faire revivre ce temple merveilleux. Mais pendant ces années, la bâtisse s'est détériorée, ce qui fait que le Journal "Le Soleil" annonçait le 15 octobre 2008 : "L'église sera démolie d'ici Noël" pour faire place à des logements. Que de serrements de coeur pour ceux et celles qui y sont attachés !

Nous perdons donc définitivement notre belle église. Le curé-fondateur Édouard Lavergne en 1924 (voir photo), s'il voit son église débâtie, va certainement être très triste comme nous, les paroissiens. C'était un immeuble d'une grande qualité acoustique, classé édifice à "valeur patrimoniale élevée" par déclaration gouvernementale. Le glas a sonné mais je sais que toutes les personnes qui ont fréquenté ce temple en garderont de bons souvenirs.

L'église est maintenant démolie et, pour rappeler l'histoire de la paroisse, ce site "NDGquébec" se plaît à évoquer certains événements et certains aspects de la vie à NDG, à l'aide de photos, d'extraits de "La Bonne Nouvelle", le journal de la paroisse à ses débuts, etc. Les curés et vicaires dévoués, les constructeurs, les marguilliers, les bénévoles ne seront pas oubliés.

Simonne Dumont.
(Photo de l'église prise le jour de la fermeture.)

mardi 11 juin 2013

Anciennes appellations des rues de NDG (en 1894)

En observant une ancienne carte de la ville de Québec, datant de 1894, j'ai constaté que plusieurs rues du territoire de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce avaient porté d'autres noms. Comme certains d'entre eux ne se trouvent pas dans la liste des anciens toponymes, sur le site internet de la ville de Québec, je pense qu'il est intéressant d'en faire la nomenclature ici. Voici cette carte recadrée pour mieux montrer l'emplacement de NDG :



Il y a des rues qui avaient 2 et même 3 appellations différentes. Dans ce cas, dans la liste suivante, le premier nom est celui de la section à l'ouest de la rue Bayard (hors NDG) et les autres, ceux à l'est. (Nous déborderons un peu du territoire de NDG.)

Arago : Saint-Michel, Arago
Franklin : Sainte-Augustine, Franklin
Châteauguay : Saint-Philippe, Hamel et (à l'est de de Mazenod) Ovide
Christophe-Colomb : Saint-Georges, Colomb
Kirouac : Saint-Flavien, Jacques-Cartier
Hermine : Saint-André, Hermine
Demers : Demers
Charest ou Morin : Saint-Jérôme, Metcalf (et à l'est de Langelier : les rues Saint-Antoine, Belair? et Des Fossés seront utilisées)

rues dirigées selon l'axe Sud-Nord :

Langelier : Saint-Ours
Monseigneur-Cazeau ou Saint-Félix : Saint-Félix
Signaï : Signaï
de Mazenod : Sauvageau
Victoria : Victoria
Durocher : Albert
Bayard : Bayard

Les petites rues près de la falaise ne semblaient pas avoir encore de noms.

Les côtes pour accéder à la Haute-Ville étaient moins nombreuses, car la Côte Salaberry n'était pas encore construite (pas plus que la Côte Franklin). Il n'y avait que la Côte de l'Aqueduc, la Côte Sauvageau et, plus loin, la Côte d'Abraham.

Parmi les grandes voies, la rue Saint-Vallier était le prolongement de la route de Lorette. La rue Montmagny s'appelait Saint-Joseph (plusieurs rues pouvaient porter le même nom ! ). Marie-de-l'Incarnation s'appelait Saint-André elle aussi, qui conduisait au nord de Saint-Vallier à de petites rues perpendiculaires qui n'existent plus aujourd'hui.

Au nord-est, la rue D'Argenson s'appelait la rue Parent (à ne pas confondre avec l'Avenue Parent qui n'existait pas encore).

Bizarrement, l'église Saint-Sauveur n'est pas identifiée sur la carte, contrairement à celle de Saint-Roch (hors de la portion illustrée ici).

Voici l'adresse pour accéder à la carte complète :

http://www.mapnall.com/fr/map/Carte-g%C3%A9ographique-Qu%C3%A9bec%20(ville)_23545.html

Michel.

mardi 4 juin 2013

Commentaires du Curé Lavergne sur l'élection provinciale de 1935 (autres que son sermon).


L'élection fédérale de 1935 était à peine chose du passé quand le Québec se retrouva en campagne électorale provinciale. La situation était très différente de celle de l'élection de 1931. En plus des deux formations principales, le Parti libéral et le Parti conservateur, un nouveau parti était en lice : l'Action Libérale Nationale (ALN). Pour mieux comprendre le contexte et les conséquences, voici des informations tirées du site "Wikipédia" :

"L'Action libérale nationale était un parti politique du Québec, fondé en 1934 par des membres dissidents du Parti libéral du Québec et dirigé par Paul Gouin (à droite sur la photo de 1935). Ses membres les plus connus étaient Philippe Hamel, Oscar Drouin et Ernest Grégoire, maire de Québec. Hamel était un dentiste éminent de Québec, convaincu de la nécessité de nationaliser les compagnies hydro-électriques de la province, et Drouin, un ancien député libéral déçu de la politique conservatrice du premier ministre Taschereau. 
L'ALN s'allia avec le Parti conservateur du Québec de Maurice Duplessis (à gauche sur la photo) à la veille des élections de 1935, les deux partis se partageant les circonscriptions électorales pour ne pas créer d'affrontement entre les candidats des deux partis. 
(Le Parti libéral de Louis-Alexandre Taschereau fut reporté au pouvoir avec 48 élus, mais il subit une perte de 31 circonscriptions). L'ALN fit élire 25 députés sur 52 candidats, obtenant 30 % des votes, et les conservateurs 16 députés sur 34 candidats (récoltant 18% des voix). Bien que l'ALN eût davantage de députés, c'est Duplessis qui prit la tête de la nouvelle alliance.
À la suite de conflits avec Duplessis, Gouin lui retira son appui quelques mois avant les élections de 1936. Cependant, 20 des députés de l'ALN se joignirent aux conservateurs pour fonder l'Union nationale que Duplessis conduisit à la victoire aux élections de 1936."
Dans un tel contexte où l'idéologie du curé Édouard-V. Lavergne, curé de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce, s'approchait de celle de deux candidats de l'ALN, Philippe Hamel et Ernest Grégoire, il n'est pas surprenant qu'il se soit abstenu de favoriser les deux vieux partis pour se ranger plutôt du côté de la nouvelle formation politique.

Le journal de NDG, La Bonne Nouvelle, du 11 novembre 1935 faisait une large place à cette élection. Entre autres, elle rapportait les propos d'Ernest Grégoire tenu lors d'une causerie radiodiffusée trois jours plus tôt où il affirmait :
"J'ai déjà dit pourquoi je suis entré dans cette lutte. Il est aujourd'hui évident que tenter de mettre de l'ordre à l'Hôtel-de-ville sans supprimer le désordre au Parlement, c'est peine perdue.
Ce que je veux, c'est la libération de nos municipalités du joug provincial: je veux la restauration de l'autonomie municipale, que le régime Taschereau n'a pas cessé de miner depuis quinze ans. Je veux pour les municipalités le droit d'administrer et d'utiliser leurs propres revenus que, par toutes sortes de manœuvres, le régime Taschereau ne cesse de s'approprier à son bénéfice."
Ailleurs dans cette Bonne Nouvelle, le curé Lavergne expliqua les raisons de son appui au candidat de l'ALN Ernest Grégoire, maire de Québec, en réponse à une lettre anonyme qu'il avait reçue. Voici quelques brides de son argumentation :
"Pourquoi je me montre en faveur du maire Grégoire ? 
D'autres se posent peut-être la question sans l'écrire. Réponse facile à qui veut réfléchir. Voici la mienne. Depuis 1914 je vis dans Québec. En réalité, je ne m'en suis guère éloigné depuis 25 ans. J'ai vu les maires se succéder à l'Hôtel-de-ville sans jamais m'intéresser ni à leurs luttes, ni à leur passage. L'un ou l'autre m'était indifférent. À chaque élection, le peuple s'amusait à changer l'équipe, mais le même régime durait et, dans la coulisse, les mêmes profiteurs tiraient les ficelles des nouveaux pantins. Nous étions résignés à ce jeu dont nos taxes payaient les frais. À l'arrivée du maire Grégoire les honnêtes gens se prirent à espérer et la canaille eut des frissons de crainte. Le nouveau maire affirmait sa volonté de mettre fin à un grabuge ruineux qui avait endetté la ville presque jusqu'à la banqueroute. Il proclamait la nécessité d'une sévère économie et d'une organisation qui protègerait d'une façon spéciale les ouvriers, les faibles et les indigents contre l'exploitation et l'oppression des trusts, en particulier du trust de l'électricité. Il voulait selon cette parole de Pie XI "que l'État entoure de soins et d'une sollicitude particulière les travailleurs qui appartiennent à la classe des pauvres." 
Malheureusement, par une inconséquence assez fréquente de l'électorat, trop d'échevins de l'ancien régime revinrent à l'Hôtel-de-ville, où leur travail a surtout consisté à paralyser en très grande partie les efforts du maire. De concert avec les journaux serviteurs des trusts, "Le Soleil" et "L'Événement", ils n'ont rien négligé pour rejeter sur ses épaules tout l'odieux des mesures dont ils sont les vrais responsables, mesures qui doivent réparer leurs bévues passées pour employer un mot charitable. 
Il se peut que le peuple méconnaisse le travail et les efforts de ce citoyen entré à l'Hôtel-de-ville avec l'unique souci de le servir. Il est possible qu'aux prochaines élections l'électorat trompé et excité par d'habiles meneurs lui retire son appui. Cela ne prouvera qu'une chose: c'est qu'il est bien difficile d'installer une administration honnête et de libérer le peuple de ses chaînes dans une ville ou dans un pays, quand Hérode et Pilate, d'accord avec le Sanhédrin - lisez le Parlement - se donnent la main dans l'ombre pour organiser "la ruine du juste" et maintenir malgré tout "des états de choses qui exaspèrent les esprits des masses" (Pie XI). 
Au maire comme à tous les hommes publics, dans l'Hôtel-de-ville ou dans les Parlements, je ne demande aucune faveur personnelle, rien ni pour moi, ni pour mes amis, mais de tous j'exige qu'ils travaillent à établir une économie qui "assure aux ouvriers le respect des droits sacrés qu'ils tiennent de leur dignité d'hommes et de chrétiens" (Pie XI). À tous, ministres, députés, maire et échevins, je demande des lois qui "protégent les travailleurs, leur santé, leurs forces, leur famille, leur logement, l'atelier, les salaires, l'assurance contre les risques du travail, en un mot tout ce qui regarde la condition des ouvriers, des femmes spécialement et des enfants" (Pie XI). 
(Il concluait :)
"Mais c'est assez! Je crois avoir suffisamment démontré que j'ai raison de donner mon appui au Maire Grégoire contre les sales individus qui veulent le salir de leurs calomnies, et que je n'ai pas manqué à la charité en donnant une fessée au Docteur Eudore Parent (échevin). En résumé, je lui adresse cet avertissement d'un grand historien catholique aux ennemis du catholicisme : "Vous vous rendez infâme par vos actes et j'acheverai de vous couvrir de honte par mes écrits"."
C'est lors de cette campagne électorale que le curé Lavergne prononça aussi son célèbre sermon, "Votez comme des hommes libres", dont il était question ici (cliquer) et qui causa la réaction du premier ministre Taschereau (cliquer ici).

Dans La Bonne Nouvelle subséquente, le scrutin ayant été tenu le 25 novembre 1935 et ayant conduit à la situation plutôt instable d'une mince majorité de 7 députés, le curé Lavergne se contenta d'écrire :
"Nos lecteurs s'attendent peut-être à des commentaires sur les dernières élections. Ne vaut-il pas mieux laisser descendre en nos cœurs et s'étendre partout la grande paix et la grande joie qui jaillissent des fêtes de Noël ?"
Pour l'ALN dans la région de Québec furent élus : Philippe Hamel dans Québec-Centre, Oscar Drouin (réélu pour le nouveau parti) dans Québec-Est et Joseph-Ernest Grégoire dans Montmagny. Chez les Conservateurs, Pierre Bertrand fut élu dans Saint-Sauveur. Pour les Libéraux, les seuls élus furent Charles Delagrave dans Québec-Ouest et Frank Byrne dans Québec-Comté.

Michel.

mardi 28 mai 2013

Le curé Lavergne racontait une anecdote concernant la partisanerie politique.

Après l'élection fédérale d'octobre 1935, gagnée par Mackenzie King et le Parti Libéral, le curé Édouard-V. Lavergne de Notre-Dame-de-Grâce eut, dans la Bonne Nouvelle, une réaction plutôt laconique et il préféra raconter une anecdote expliquant ses comportements face à la partisanerie. Voici ses propos, à peine modifiés :

"Lors de l'élection fédérale, le 14 octobre dernier, avant les conseils généraux sur l'honnêteté des élections, j'ai dit à mes paroissiens, la veille du scrutin : "Votez demain d'un côté ou de l'autre, ça m'est absolument indifférent, pour cette raison très simple que l'un et l'autre parti ne sont que les deux bras d'un même corps, monstrueux et gigantesque que, chez les puissances d'argent, on appelle la Haute Finance, que Pie XI a dénoncé sous le titre de dictature économique et que nous connaissons mieux sous le nom honni des "trusts"." Parce que j'ai dit ça et qu'on ne pouvait pas me dire que j'étais bleu, tout de suite on m'a rangé dans le parti "Stevenniste", auquel je n'avais jamais pensé.

Et le soir de l'élection, une "picasse" quelconque m'appelait au téléphone vers minuit pour me dire: "Un vote pour King, c'est un vote pour Taschereau. Vive Taschereau!" Taschereau ou un autre, que m'importe si le même esclavage doit peser sur les intelligences et sur toute notre armature économique! Quand même je dirais que je ne suis inféodé à aucun parti par intérêt personnel, je perdrais mon temps. On ne me croira pas.

(J'éprouve) une certaine humiliation et comme un frisson de colère au fanatisme étroit, stupide qui a gâté les premières années de ma jeunesse. En ce temps-là, nous n'avions pour nous renseigner que deux journaux. Au service des bleus (Conservateurs): "Le Courrier du Canada". Au service des rouges (Libéraux): "L'Électeur".



Dans ma famille "L'Électeur" seul trouvait place. Autant que je puis me rappeler, je n'en vois pas d'autre étalé sur la table où nous venions de prendre le repas du soir. Mon père recevait et lisait "La Vérité" mais je n'étais pas à l'âge de m'y intéresser, c'était à mes yeux un journal trop savant; d'ailleurs il ne venait qu'une fois par semaine. Mais tous les soirs, je lisais sans y manquer "L'ÉLECTEUR", presque avec plus de ferveur que si c'eût été la parole de l'Évangile: je m'en imprégnais profondément. Et le soir encore, mes leçons apprises, mes devoirs finis, je m'assoyais près du poêle et j'écoutais ma mère qui, d'une belle voix musicale, un peu chantante mais chaude, rendait à mon père assis en face et immobile le service que ses yeux fatigués lui refusaient. Et j'avais plaisir à entendre de nouveau ce que je venais presque de lire.

Autant que je puis me rappeler, toute ma famille, à tous les degrés, était rouge. Dans le passé, mon père élevé à la même enseigne avait mené des campagnes électorales. En récompense, le parti l'avait nommé régistrateur du comté. On dit qu'il jouissait d'une voix puissante et que son éloquence populaire avait le don de convaincre et de soulever un véritable enthousiasme qui, à la différence des enthousiasmes d'aujourd'hui, n'était pas payé.

Il y avait aussi les amis "rouges" imperméables qui fréquentaient notre maison. Je me rappelle y avoir vu Sir François-Xavier Lemieux qui venait avec toute sa famille passer les vacances dans une grande maison près du Pont de la rivière du sud. Presque chaque jour, je le voyais en conversation avec mon père. Je n'aurais pas pu dire s'il était député, ni en quel comté; mais je savais par "L'Électeur" qu'il était un des "as" du parti. Je me souviens que je le regardais avec une sorte de crainte révérentielle. Sa figure ravagée par la petite vérole, son épaisse chevelure grisonnante, sa haute et svelte stature évoquaient en mon imagination l'idée d'un dieu puissant. D'autres bons rouges glorifiés aussi par "L'Électeur" venaient chez nous. Je me rappelle Charles Langelier et son frère François.

Un jour, qui m'a laissé des impressions qui sont longues à effacer, nous eûmes la visite de l'Honorable Honoré Mercier, premier Ministre de la Province, chef du parti libéral. Ce fut un grand jour. Je me rappelle qu'on avait mis le pavillon comme pour la visite de l'Évêque et la Procession du Saint Sacrement. Il y eut un grand festin qui sentait bon dans toute la maison. Relégué à la cuisine avec mes frères, je m'efforçais de regarder par la porte entr'ouverte pour voir manger ceux que "L'Électeur" appelait les grandes figures du parti, et que je croyais sincèrement les seuls grands hommes du pays.

À force de le lire dans "L'Électeur" et de l'entendre dire, une conviction avait poussé en mon esprit des racines profondes que je n'ai jamais pu détruire complètement. C'est que les rouges avaient pour eux tout le bon sens, toute l'intelligence, tout le patriotisme, toute la vertu, et que les autres, les bleus, n'étaient que de malheureux rachitiques, une sorte de sous-produit de la race qui circulaient en liberté parce que l'asile de Beauport ne pouvait les recevoir tous et que quelques-uns devraient partir bientôt pour les travaux forcés en exil.

Mais un jour, devant mes yeux prêts à pleurer, tout cet échafaudage de grandeurs et de surhomme croula. C'était en 1896. Mon père torturé par un cancer se mourait. Déjà il avait été administré. Le 27 décembre était un dimanche. À la grand'messe, le vieux Curé lut d'une voix un peu chevrotante une lettre de l'évêque Mgr Bégin, qui condamnait "L'Électeur". Au retour de la messe, encore tout ému, ne sachant à qui donner raison, hésitant entre le journal, que j'avais fréquenté tous les jours de ma jeunesse, et l'évêque que je n'avais pas vu souvent, j'allai au lit de mon père et lui communiquai la nouvelle. Il me regarda avec des yeux que la fièvre ne parvenait pas à allumer et me dit dans un souffle. "Ça n'est pas trop tôt!" Je restai stupéfait. Ainsi donc mon père avait évolué: il n'avait plus la même admiration, mais il n'en avait rien dit.

J'avais dix-sept ans. À partir de ce moment, je travaillai par cette porte ouverte à fuir le fanatisme partisan qui était en train de me crétiniser sans que je m'en doute, comme il en a crétinisé tant d'autres qui ne sont pas guéris et ne guériront jamais, hélas! Je commençai à croire que les rouges n'avaient pas tout le bon sens, ni tout le patriotisme, ni toute la vertu. Laurier, la grande idole d'alors, me parut moins grande : sa statue chancelait devant mes yeux.

On comprend à lire ces souvenirs pourquoi dès le début j'ai donné une fervente adhésion à un journal libre comme "L'Action Catholique". On comprend aussi que j'éprouve une sorte d'impatience à me voir classer dans un parti ou dans l'autre. Parce que je ne suis pas rouge à lécher toutes les verrues du parti, il faudrait que je sois bleu ?

Ce qui m'afflige, et parfois ce qui m'irrite, c'est de voir tant de braves gens toujours au même point où j'étais à dix-sept ans. Dans ce temps-là, nous avions au moins pour excuse de n'avoir pas d'autre source de renseignements que "L'Électeur". Eux ont passé de "L'Électeur" au "Soleil" et ils y sont restés. Ils n'ont pu monter jusqu'à "L'Action Catholique" et apprendre à respirer l'air de la liberté. Et comme si "Le Soleil" et "L'Événement" ne pouvaient suffire à achever leur abrutissement, les grands hommes du parti ont inventé "La Bataille", un des journaux les plus voyoux que l'on puisse imaginer.

Plaignons sincèrement ceux qui sont toujours à croire des écrivailleurs aussi faux que lâches qui n'osent même pas mettre leurs noms au bas de leurs mensonges et de leurs injures. C'est en vain que l'on essaie de démontrer la fourberie, la couardise du "Soleil", de "L'Événement" et des autres, ces malheureux n'entendent rien : ils ne veulent ou ne peuvent rien comprendre.

É.-V. L., ptre."

mardi 21 mai 2013

Le curé Lavergne donne des conseils sur l'élection fédérale de 1935.


Les années 1935 et 1936 ont été mouvementées sur le plan politique, avec des élections fédérale, provinciales (deux fois) et municipale. Nous pourrons prendre connaissance de déclarations au sujet de ces différents scrutins faites par le curé Édouard-V. Lavergne de Notre-Dame-de-Grâce, qui fut jugé controversé quant à ses prises de position politiques.

En guise de préparation à cette vague et comme tentative pour assainir les pratiques démocratiques qui avaient été bafouées pendant les mois et les années précédentes, une "Ligue de moralité publique" (L.M.P.) fut créée, à la demande faite le 26 juillet 1935 par le cardinal Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve pour se "liguer contre la honteuse corruption des moeurs électorales et la vénalité des votes qui se pratique au mépris des règles fondamentales de la conscience." Comme témoignage public de cette volonté, il fut demandé de signer, au presbytère de NDG, des engagements parmi lesquels on trouvait :

- Assurer et respecter dans chaque électeur la liberté absolue de son vote et ne pas essayer de l'influencer par des moyens malhonnêtes.
- Empêcher comme de "graves attentats à la justice" les calomnies, médisances et révélations indiscrètes des choses qui tiennent à la vie privée, contre les candidats ou les voteurs.
- Dénoncer et empêcher comme une "infame trahison contre le bien public" et comme une faute grave contre la dignité humaine toute tentative d'acheter les votes avec de l'argent, des promesses, de l'alcool, des parjures, etc.

L'élection canadienne fut la première à survenir, le 14 octobre 1935. Le curé Lavergne donna ses impressions dans une Bonne Nouvelle du début d'octobre, dont voici quelques extraits.


"Présentement, j'avoue que je serais fort embarrassé de donner un avis, j'aurais de la peine à le soutenir avec des arguments irréfutables, tant il y a de part et d'autres du pour et du contre. Jusqu'à date, dans notre comté (Québec-Ouest), deux hommes sont en opposition. M. Maurice Dupré (photo de gauche) reste fidèle à M. R.-B. (Richard-Bedford) Bennett (du Parti conservateur). M. Charles (Eugène) Parent (avocat) le combat sous l'étendard libéral de M. (Mackenzie) King. Il n'y a pas encore de candidat Stevenniste (du Parti de la reconstruction, dirigé par M. Henry Herbert Stevens (photo de droite) ). S'il en vient un, lequel des  trois faudra-t-il élire? 
M. Bennett et M. King ont tous les deux pour les appuyer les intérêts de la haute finance. Quoiqu'il en dise, je ne crois pas que M. Stevens puisse s'en passer; les élections coûtent trop cher: elles ne peuvent se faire sans argent. Malgré la souscription populaire qu'il a lancée, il n'aura pas le temps de ramasser tous les fonds nécessaires. À ce point de vue l'"Action Nationale Libérale" qui tente la même expérience (au provincial) est en meilleure position. Il sera intéressant de suivre sa réaction sur l'électorat honnête. 
Quoiqu'il en soit je crois que, dans notre comté ou ailleurs, la meilleure tactique sera de choisir le candidat qui, par son passé, par la dignité de sa vie privée, par sa formation intellectuelle, offrira le plus de garantie. À moins que les deux candidats en présence soient de valeur égale, je ne crois pas qu'il faille trop s'embarrasser du nom des chefs: leur politique en pratique ne sera pas très différente. Le passé est là pour nous le dire. Quant à l'ombre de (Wilfrid) Laurier ou de (John A.) Macdonald, laissons-les dormir en paix."
À venir : sa réaction aux résultats de l'élection.
Michel.

mardi 14 mai 2013

Quelques décès récents.





Un ancien marguillier de Notre-Dame-de-Grâce, M. Fernand Fiset, est décédé le 26 avril. Je lui ai rendu hommage dans son livre d'invités en soulignant qu'il restera dans la mémoire des gens de NDG, qui se souviendront de ses bonnes oeuvres.

Probablement la personne originaire du territoire de NDG ayant eu la plus grande longévité, Marguerite Rochette est décédée le 4 mai à l'âge de 109 ans. Pour relire un message la concernant, cliquer ici.

Enfin, en complément du décès en janvier de Dom André Letarte, natif de NDG, des informations nous ont été transmises par le Père Raphaël. Ces détails ont été ajoutés dans le message (cliquer ici) où nous rapportions cet événement.

Merci à Simonne Dumont pour avoir eu connaissance de ces nouvelles et pour nous en avoir informés.
Michel.



mardi 7 mai 2013

Participation du Pape à la Messe des malades de mai 1935 célébrée par le Cardinal Villeneuve.


La Messe des malades du 31 mai 1935, fête patronale de Notre-Dame-de-Grâce, fut particulièrement grandiose. Le Pape Pie XI, comme en 1932, répondit avant cette messe au télégramme que le Cardinal Villeneuve lui avait fait parvenir afin de solliciter sa bénédiction apostolique. Le message du Pape, transmis par le Cardinal Eugenio Pacelli (le futur Pape Pie XII), fut le câblogramme suivant :
"CITÉ VATICANE 
Cardinal Archevêque, Québec, 
Agréant hommage, prières et souffrances, malades Notre-Dame de Grâce, Saint-Père les offre à son tour à Dieu pour la pacification du monde et bénit tous présents. 
Card. PACELLI."
Ce message fut lu par le curé Lavergne lors de son message de bienvenue au Cardinal Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve qui fit l'honneur à la paroisse de venir dire la Messe, assisté par les abbés Guillaume Dechesne (du Séminaire) et Israël Laroche (curé de Saint-Joseph).

Le journal La Bonne Nouvelle a décrit la cérémonie. Voici un résumé de cette description :

Trois cents malades ont assisté à leur messe, dont quatorze ont dû se faire transporter dans leur lit. D'autres reposaient sur des chaises roulantes ou sur des fauteuils spéciaux. Les autres, en très grande majorité trop pauvres pour venir à leurs frais, avaient été amenés par des automobilistes qui s'étaient prêtés à cette tâche onéreuse.

Assisté par le sacristain Georges Parent, l'abbé Paul Bouillé, directeur de cette cérémonie, recevait les premiers malades (photo) que transportèrent les ambulances de Lépine, Moisan, Bouchard, Jalbert et Cloutier. Cinq garde-malades de l'Hôpital du Saint-Sacrement, les gardes Rousseau, Poisson, Richard, Bolduc et Bernier se tinrent constamment près des lits pour surveiller les malades. L'abbé Emmanuel Bourque dirigea les cérémonies et Armand Corriveau agit comme camérier.

Au chœur se trouvaient les abbés Édouard-V. Lavergne, Albert Derôme, de l'Hôpital Général, Paul Bouillé, Adrien Lanouette, Lactance Blais, N.-P. Proulx, et les pères Pomerleau, o.m.i. et Bédard, d.p.b.(?). La chorale, sous la direction du frère Eugène, a exécuté plusieurs cantiques appropriés à la circonstance. Mlle Marie-Anna Hamel accompagnait à l'orgue. La Garde Jeanne-d'Arc et les membres du Comité paroissial ont assuré le service d'ordre.

Après la messe, le Cardinal Villeneuve bénit les malades qui gisaient dans les lits, posant l'ostensoir sur chaque front. L'abbé Blais bénit ensuite les autres malades de la même manière. Le Cardinal adressa aussi la parole aux malades.

Enfin l'auto d'Adélard Boivin (photo) attendait le Cardinal pour le reconduire à l'évêché.


Après la cérémonie des malades, en reconnaissance de son câblogramme, le curé Lavergne adressa au Pape une lettre que le Cardinal Villeneuve voulut bien lui transmettre. Il y rappelait que, depuis sept ans, deux fois par année, en mai et en octobre (en la Fête du Rosaire) sa paroisse NDG réunissait ainsi les malades de toute la ville. Le Pape avait demandé aux malades du monde entier de consacrer le jour de la Pentecôte à la prière pour les Missions et les Missionnaires.

Michel.
(Les photos sont dues à Clara Blackburn.)

mardi 30 avril 2013

Fin de la double année jubilaire en 1935.


En avril 1935 prenait fin ce qui était appelé le "Jubilé de la rédemption". Il s'agissait de deux années commencées à Pâques 1933 (le 2 avril) pour souligner le 1900e anniversaire des événements du Vendredi Saint et de Pâques survenus supposément en l'an 33.

Des "Années saintes" avaient lieu habituellement tous les 25 ans (1875, 1900, 1925, etc.). Mais des années exceptionnelles pouvaient aussi être décrétées, comme ce fut le cas pour ce "Jubilé du salut" en 1933-1934. Mais la commémoration fut tellement importante qu'elle fut prolongée pour l'année supplémentaire 1934-1935. La célébration culmina et se clôtura le 28 avril 1935, tant au niveau international que local.

En effet, deux cardinaux, Monseigneur Francis Bourne d'Angleterre (qui allait décéder peu après) et le cardinal Jean Verdier, archevêque de Paris, eurent l'idée de conclure le Jubilé par un triduum à la grotte de Lourdes pendant trois jours et trois nuits. L'évêque de Lourdes, Mgr Pierre-Marie Gerlier, soumit cette idée au Pape Pie XI qui l'accepta.

À Lourdes, des messes furent donc célébrées sans interruption pendant ces trois journées. 250,000 pèlerins accoururent de tous les parties du monde. Le cardinal Eugenio Pacelli, futur pape Pie XII, fut délégué par le Vatican (dont il était le secrétaire) pour clore les réjouissances le 28 avril. On le voit au centre de la photo suivante. Il est entouré de 5 cardinaux, 70 évêques et archevêques, de prêtres, de moines, de militaires ainsi que de laïques.
Il en fut de même à Québec, avec une succession de messes à l'église Notre-Dame-des-Victoires, de jeudi midi à dimanche midi. Le curé Lavergne s'y rendit célébrer sa messe le samedi à 8 h 30. La Chorale des petites filles de NDG assura le chant.

À Notre-Dame-de-Grâce, le Saint Sacrement fut exposé à partir du jeudi 15 h. jusqu'au samedi soir, puis depuis la messe dominicale de 10 h 45 jusqu'à 15 h. C'est le vicaire Adrien Lanouette qui prêcha l'Heure sainte finale du 28 avril 1935.

On peut noter que le Jubilé suivant eut lieu en 1983. Celui de 2033 pourrait être grandiose, afin de marquer le 2000e anniversaire des événements datant d'environ 20 siècles plus tôt.

Michel.

mardi 23 avril 2013

Congrès de la J.O.C.(F.) à Montréal en 1935

C'est par une messe solennelle dite par Monseigneur Conrad Chaumont, vicaire général du diocèse de Montréal, que le premier Congrès général de la J.O.C. s'est ouvert le 14 juillet 1935, en l'église Notre-Dame. On voit le groupe des 4000 délégués au congrès représentant les 6000 membres de la J.O.C., sections masculines et féminines (cliquer sur la photo pour l'agrandir).
On aperçoit à l'avant les aumôniers des cinquante sections. Outre Mgr Chaumont, le père Henri Roy, l'aumônier général et le fondateur de la J.O.C. en Amérique du Nord, et Roméo Neveu, supérieur général de Saint-Sulpice, absents de la photographie, on remarquait parmi les aumôniers et les membres du clergé :

le père Rodolphe Pomerleau, aumônier diocésain de la J.O.C. à Québec,
le curé Édouard-V. Lavergne, de NDG, Québec, 
Léo Blais, de Winnipeg,
l'abbé Brodeur, de Manchester,
l'abbé Jean Berthiaume, d'Ottawa,
le père Ildefonse,
le père Armand Groulx,
le père Émile Legault (futur animateur de télévision), assistant-aumônier général de la J.O.C.,
Étienne Blanchard et Oscar Rolland, prêtres de Saint-Sulpice,
le père Diomède Thériault, vicaire à Sainte-Hélène,
l'abbé Ludovic Martineau, de Lachine,
l'abbé J. Brochu, de Saint-Roch,
l'abbé Nelson Roberge, du Séminaire de Québec,
l'abbé Lefebvre, de Saint-Arsène,
le père Lionel Scheffer, de Hull,
l'abbé R. Bériault, d'Ottawa
et nombre d'autres.

La direction locale de la J.O.C. à Notre-Dame-de-Grâce est photographiée ci-dessus :
Gabriel PLANTE, président,
Jacques LACHANCE, secrétaire,
Augustin FISET, trésorier.

Michel.
(les photos sont tirées de La Bonne Nouvelle)

mardi 16 avril 2013

Fondation de la J.O.C. de NDG en 1935.


En mars 1935, un groupe de jeune gens de Notre-Dame-de-Grâce venait de se former, sous la direction de leur aumônier le Curé Lavergne. Affiliés à la Société Saint-Vincent-de-Paul de la paroisse, ils allaient avoir pour mission de soulager les pauvres, de visiter les personnes âgées, les malades, les "déshérités de la fortune", donnant à tous un bon conseil, un mot d'encouragement. Ils étaient sous le patronage de Notre Dame de Liesse. Ils avaient comme président Gabriel Plante et comme trésorier Josaphat Plante.

Le soin des pauvres ne serait qu'un service dans une plus vaste Organisation connue sous le nom de J.O.C. (la Jeunesse Ouvrière Catholique). La section de Notre-Dame-de-Grâce était la première section de jeunes gens établie à Québec. Elle comprenait vingt membres. Seul le Cercle d'étude fonctionnait ; il travaille à la formation des militants.

La conférence, bien que naissante, était déjà au travail. Ses membres secouraient depuis sa fondation sept familles de personnes âgées que la Conférence des hommes leur avait confiées. Le président et le trésorier visitèrent toutes les familles de la conférence afin de les connaître. Ils reçurent dans les familles des marques de reconnaissance. Elles étaient très contentes de voir des jeunes gens s'occuper d'eux.

Le secrétaire J.-S. Ouellet fit dans La Bonne Nouvelle le rapport des activités de la conférence N.-D.-de-Liesse qui eut sa première réunion officielle le 1er ou le 8 mars 1935. Les invités étaient J.-C.(ou J.-G.) Magnan, président général des conférences Saint-Vincent-de-Paul, W. Cantin, président du Conseil particulier de Saint-Sauveur, et Ernest Giroux, président de la Conférence paroissiale. Le Curé et messieurs Magnan et Giroux adressèrent la parole. Chaque vendredi soir, après la séance de la Conférence, il y avait la réunion de la J.O.C.

La J.O.C., parfois appelée la J.O.C.M. (Jeunesse Ouvrière Catholique Masculine) et la J.O.C.F. (La Jeunesse Ouvrière Catholique Féminine) étaient toutes deux des sociétés de jeunes travailleurs et ouvrières nées de besoins divers. La J. O. C. (F.) groupait déjà des centaines de milliers de jeunes travailleurs en tous les pays catholiques comme: Belgique, France, Hollande, Suisse, Espagne, Canada, Colombie. Entre eux ils se formaient, ils s'entraînaient, ils se soutenaient. Ensemble ils organisaient des services d'assistance et de protection mutuelle. Ils publiaient leurs journaux qu'ils répandaient à des milliers d'exemplaires.

Leurs buts étaient :
- Sauver jeunes gens et jeunes filles obligés de travailler en dehors du foyer pour gagner leur vie.
- Leur assurer, en coopération avec les syndicats ouvriers, de meilleures conditions de travail, au point de vue salaire, hygiène physique et morale.
- Poursuivre dans tous les milieux ouvriers des enquêtes qui les mettront plus en mesure d'aider; en s'appuyant sur des situations de faits.
- Enfin, mieux s'instruire de leur religion pour l'aimer mieux, la pratiquer mieux.

Ce qu'il y avait de significatif dans ces groupements était que la mission n'était pas confiée à des éducateurs ou réformateurs venant du dehors, mais qu'elle était remplie directement par les jeunes travailleurs.

La J.O.C.F. avait un petit comité qui se rassemblait chaque mercredi à un petit local au 12 rue Colbert (ancien numéro). Chaque lundi soir le local était ouvert à toutes et une petite soirée récréative était toujours organisée (par exemple: chants, musique, parties de cartes, patin à roulettes, etc.). Lucia Villeneuve, la présidente, invitait les jeunes ouvrières à se joindre à elles.

Les membres de la J.O.C. firent dans la paroisse une première enquête mensuelle, organisée par l'A.C.J.C. (l'Action Catholique de la Jeunesse Canadienne-française) afin de savoir la situation exacte des jeunes gens dans la province. L'enquête est une méthode pratique à la portée des jeunes ouvriers.

Les Jocistes assistèrent à une conférence à la salle des promotions de l'Université Laval. L'A.C.J.C. y donna le rapport de l'enquête sur les jeunes ouvriers. Le résultat de cette enquête montrait la situation déplorable où sont la plupart des jeunes gens. Le Ministre du travail, Charles-Joseph Arcand, qui parla ensuite, ne put dire ce qu'il ferait pour répondre aux demandes des jeunes et soulager leur angoisse.

La J.O.C. allait s'occuper de conduire des enquêtes sur d'autres questions.

Par décision de l'Archevêque de Québec, le Père R. Pomerleau, O.M.I., fut nommé aumônier-directeur de la J.O.C. diocésaine, laquelle ferait partie de la fédération diocésaine des œuvres de jeunesse. Le Père Pomerleau prononça une conférence à NDG le 24 mai durant laquelle il précisa que le Père Joseph Cardyn, fondateur de la J.O.C., lança son mouvement en 1924 après 10 ans d'étude.

Un Congrès était annoncé pour le 14 juillet 1935 à Montréal. Un chant du Congrès avait été composé, dont le refrain était :

"Debout, la jeunesse ouvrière, 
Réajustons insignes et bérêts, 
Bien groupés autour de nos bannières, 
Debout! C'est le Congrès."

À venir: des nouvelles de ce Congrès.
Michel.

mardi 9 avril 2013

Précisions sur plusieurs commerces et enseignantes

Voici quelques détails précisés par Alain Verret concernant des commerces situés dans NDG.

Les écuries sur la rue Christophe-Colomb ouest entre Durocher et Victoria : d'ailleurs je me souviens du gigantesque incendie qui les a détruites vers 1969 en pleine nuit, c'était un peu la panique dans le voisinage. C'est de cet endroit que tous les matins partaient les calèches en direction de la haute-ville, les chevaux étaient attelés et ensuite empruntaient Christophe-Colomb vers l'ouest jusqu'à Durocher et de là vers le sud jusqu'à Châteauguay, ensuite direction est jusqu'à Langelier. C'est suite à l'incendie que les écuries ont été relocalisées face au cimetière Saint-Charles.

Également sur Christophe-Colomb proche des écuries mais de l'autre côté de la rue, il y avait une étable avec vache et poules jusque vers 70 ou 71, c'était chez Monsieur Rochon. Pas besoin de vous dire qu'avec les écuries, Sylvain et frères et l'étable de M. Rochon, les rats étaient légion dans le quartier !

Trois commerces sur Christophe-Colomb, l'épicerie chez Bouchard au coin Durocher, un joyau du genre avec ses glacières en bois et son tiroir-caisse également en bois, le lavomat au coin Durocher de l'autre côté, là où les gens allaient faire sécher leur linge en hiver et, au coin Victoria, il y avait un vendeur de bonbons à la cent, M. (Rosaire) Chartré si ma mémoire est bonne.

Sur Châteauguay face à madame Jobin (la laine) il y avait le local des Scavengers (un groupe de motards non criminalisés qui faisaient également de la peinture automobile); encore là je me souviens du terrible incendie.

Monsieur Verret nous transmet aussi les noms de plusieurs de ses enseignantes, au Couvent et au Collège :

"J'ai fait mes 3 premières années de primaire au couvent NDG.
Mes 3 enseignantes :
1 Hélène Falardeau (comme je suis né en 62, je présume que c'était fin années 60)
2 Mlle Beaumont (n'est pas dans la liste) (photo de ce groupe)


3 Mme Lise Boily (elle apparaît dans la liste du collège mais pas du couvent) (N.D.B. la photo suivante est celle de la classe de Lise Boily des 5e et 6e années en 1975-1976 au Collège. René Castonguay faisait partie de cette classe ; on lui doit cette photo, pour laquelle nous le remercions.)

Ensuite 4-5-6 au collège :
4 Denise Côté
5 Soeur Saint-Claude (Marguerite Lambert) elle enseignait au collège et non au couvent au début des années 70
6 Soeur Saint-Claude (Marguerite Lambert) oui, deux années de suite, 5 et 6.

Merci à nouveau à Alain Verret pour ses souvenirs. Les données sur les commerces et les enseignant-e-s ont été ou seront bientôt mises à jour.

Jean-Paul Castonguay a réagi au message sur les Loisirs :
"Je me souviens très bien de Jean Verret... Il a été de la première équipe de jeunes à vouloir nous aider pour les Loisirs avec la famille des Laroche et plusieurs autres jeunes. Est-il décédé? Quel beau souvenir…"

Alain Verret précise que son frère Jean est à la retraite et réside à Forestville sur la Côte Nord.


Michel.