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Historique de NDG en résumé
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Précisions
Les prêts qui me furent faits de nombreux documents me décidèrent à partager ces souvenirs avec la collectivité. Vos commentaires, souvenirs et suggestions sont les bienvenus, de même que vos corrections des erreurs ou omissions involontaires.
Notes :
Nous respectons le désir des individus de ne pas voir leur nom ou leur photo apparaître.
Pour lire les messages, toujours descendre après le "Hommage à Simonne Tardif (Dumont)".
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On peut cliquer sur les photos pour les agrandir.
Les messages sont sujets à des mises à jour, sans autre avis.
Michel Gignac
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Michel Gignac
Horaire de l'Exposition
À VISITER au
CENTRE COMMUNAUTAIRE ÉDOUARD-LAVERGNE,
390 Arago Ouest :
EXPOSITION permanente pour rappeler
la paroisse Notre-Dame-de-Grâce,
son curé fondateur et son église.
Elle peut être visitée surtout
le VENDREDI entre 9h et 21h,
le SAMEDI entre 9h et 15h,
(fermée le dimanche)
Pour ces jours et pour les AUTRES JOURS,
prière de s'entendre avec un préposé
(418-691-7190 ou 418-641-6252).
ENTRÉE GRATUITE
N.B. Liens vers les messages concernant l'Exposition :
inauguration
photos
crédits
CENTRE COMMUNAUTAIRE ÉDOUARD-LAVERGNE,
390 Arago Ouest :
EXPOSITION permanente pour rappeler
la paroisse Notre-Dame-de-Grâce,
son curé fondateur et son église.
Elle peut être visitée surtout
le VENDREDI entre 9h et 21h,
le SAMEDI entre 9h et 15h,
(fermée le dimanche)
Pour ces jours et pour les AUTRES JOURS,
prière de s'entendre avec un préposé
(418-691-7190 ou 418-641-6252).
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photos
crédits
Simonne Dumont (Tardif) 1920-2018
Hommage à Simonne Tardif (Dumont), co-fondatrice du blogue et qui a écrit ce texte :
ÉLOGE DE L'ÉGLISE
Les cloches ont sonné pour la dernière fois dimanche le 29 juin 1997. Les portes de l'église Notre-Dame de Grâce dans Saint-Sauveur se sont fermées à jamais après une dernière messe solennelle dans l'église que remplissaient des résidents et d'anciens paroissiens heureux d'y revenir mais tristes de la voir fermer. La générosité de ces derniers avait permis de la conserver plusieurs années, permettant à la paroisse de célébrer son 70e anniversaire en 1994. Mais la baisse d'assistance aux offices avait fait diminuer les revenus, causant finalement la fermeture.
Depuis, des organismes ont essayé en vain de faire revivre ce temple merveilleux. Mais pendant ces années, la bâtisse s'est détériorée, ce qui fait que le Journal "Le Soleil" annonçait le 15 octobre 2008 : "L'église sera démolie d'ici Noël" pour faire place à des logements. Que de serrements de coeur pour ceux et celles qui y sont attachés !

Nous perdons donc définitivement notre belle église. Le curé-fondateur Édouard Lavergne en 1924 (voir photo), s'il voit son église débâtie, va certainement être très triste comme nous, les paroissiens. C'était un immeuble d'une grande qualité acoustique, classé édifice à "valeur patrimoniale élevée" par déclaration gouvernementale. Le glas a sonné mais je sais que toutes les personnes qui ont fréquenté ce temple en garderont de bons souvenirs.
L'église est maintenant démolie et, pour rappeler l'histoire de la paroisse, ce site "NDGquébec" se plaît à évoquer certains événements et certains aspects de la vie à NDG, à l'aide de photos, d'extraits de "La Bonne Nouvelle", le journal de la paroisse à ses débuts, etc. Les curés et vicaires dévoués, les constructeurs, les marguilliers, les bénévoles ne seront pas oubliés.
Simonne Dumont.
(Photo de l'église prise le jour de la fermeture.)
Depuis, des organismes ont essayé en vain de faire revivre ce temple merveilleux. Mais pendant ces années, la bâtisse s'est détériorée, ce qui fait que le Journal "Le Soleil" annonçait le 15 octobre 2008 : "L'église sera démolie d'ici Noël" pour faire place à des logements. Que de serrements de coeur pour ceux et celles qui y sont attachés !

Nous perdons donc définitivement notre belle église. Le curé-fondateur Édouard Lavergne en 1924 (voir photo), s'il voit son église débâtie, va certainement être très triste comme nous, les paroissiens. C'était un immeuble d'une grande qualité acoustique, classé édifice à "valeur patrimoniale élevée" par déclaration gouvernementale. Le glas a sonné mais je sais que toutes les personnes qui ont fréquenté ce temple en garderont de bons souvenirs.L'église est maintenant démolie et, pour rappeler l'histoire de la paroisse, ce site "NDGquébec" se plaît à évoquer certains événements et certains aspects de la vie à NDG, à l'aide de photos, d'extraits de "La Bonne Nouvelle", le journal de la paroisse à ses débuts, etc. Les curés et vicaires dévoués, les constructeurs, les marguilliers, les bénévoles ne seront pas oubliés.
Simonne Dumont.
(Photo de l'église prise le jour de la fermeture.)
mardi 28 mai 2013
Le curé Lavergne racontait une anecdote concernant la partisanerie politique.
Après l'élection fédérale d'octobre 1935, gagnée par Mackenzie King et le Parti Libéral, le curé Édouard-V. Lavergne de Notre-Dame-de-Grâce eut, dans la Bonne Nouvelle, une réaction plutôt laconique et il préféra raconter une anecdote expliquant ses comportements face à la partisanerie. Voici ses propos, à peine modifiés :
"Lors de l'élection fédérale, le 14 octobre dernier, avant les conseils généraux sur l'honnêteté des élections, j'ai dit à mes paroissiens, la veille du scrutin : "Votez demain d'un côté ou de l'autre, ça m'est absolument indifférent, pour cette raison très simple que l'un et l'autre parti ne sont que les deux bras d'un même corps, monstrueux et gigantesque que, chez les puissances d'argent, on appelle la Haute Finance, que Pie XI a dénoncé sous le titre de dictature économique et que nous connaissons mieux sous le nom honni des "trusts"." Parce que j'ai dit ça et qu'on ne pouvait pas me dire que j'étais bleu, tout de suite on m'a rangé dans le parti "Stevenniste", auquel je n'avais jamais pensé.
Et le soir de l'élection, une "picasse" quelconque m'appelait au téléphone vers minuit pour me dire: "Un vote pour King, c'est un vote pour Taschereau. Vive Taschereau!" Taschereau ou un autre, que m'importe si le même esclavage doit peser sur les intelligences et sur toute notre armature économique! Quand même je dirais que je ne suis inféodé à aucun parti par intérêt personnel, je perdrais mon temps. On ne me croira pas.
(J'éprouve) une certaine humiliation et comme un frisson de colère au fanatisme étroit, stupide qui a gâté les premières années de ma jeunesse. En ce temps-là, nous n'avions pour nous renseigner que deux journaux. Au service des bleus (Conservateurs): "Le Courrier du Canada". Au service des rouges (Libéraux): "L'Électeur".

Dans ma famille "L'Électeur" seul trouvait place. Autant que je puis me rappeler, je n'en vois pas d'autre étalé sur la table où nous venions de prendre le repas du soir. Mon père recevait et lisait "La Vérité" mais je n'étais pas à l'âge de m'y intéresser, c'était à mes yeux un journal trop savant; d'ailleurs il ne venait qu'une fois par semaine. Mais tous les soirs, je lisais sans y manquer "L'ÉLECTEUR", presque avec plus de ferveur que si c'eût été la parole de l'Évangile: je m'en imprégnais profondément. Et le soir encore, mes leçons apprises, mes devoirs finis, je m'assoyais près du poêle et j'écoutais ma mère qui, d'une belle voix musicale, un peu chantante mais chaude, rendait à mon père assis en face et immobile le service que ses yeux fatigués lui refusaient. Et j'avais plaisir à entendre de nouveau ce que je venais presque de lire.
Autant que je puis me rappeler, toute ma famille, à tous les degrés, était rouge. Dans le passé, mon père élevé à la même enseigne avait mené des campagnes électorales. En récompense, le parti l'avait nommé régistrateur du comté. On dit qu'il jouissait d'une voix puissante et que son éloquence populaire avait le don de convaincre et de soulever un véritable enthousiasme qui, à la différence des enthousiasmes d'aujourd'hui, n'était pas payé.
Il y avait aussi les amis "rouges" imperméables qui fréquentaient notre maison. Je me rappelle y avoir vu Sir François-Xavier Lemieux qui venait avec toute sa famille passer les vacances dans une grande maison près du Pont de la rivière du sud. Presque chaque jour, je le voyais en conversation avec mon père. Je n'aurais pas pu dire s'il était député, ni en quel comté; mais je savais par "L'Électeur" qu'il était un des "as" du parti. Je me souviens que je le regardais avec une sorte de crainte révérentielle. Sa figure ravagée par la petite vérole, son épaisse chevelure grisonnante, sa haute et svelte stature évoquaient en mon imagination l'idée d'un dieu puissant. D'autres bons rouges glorifiés aussi par "L'Électeur" venaient chez nous. Je me rappelle Charles Langelier et son frère François.
Un jour, qui m'a laissé des impressions qui sont longues à effacer, nous eûmes la visite de l'Honorable Honoré Mercier, premier Ministre de la Province, chef du parti libéral. Ce fut un grand jour. Je me rappelle qu'on avait mis le pavillon comme pour la visite de l'Évêque et la Procession du Saint Sacrement. Il y eut un grand festin qui sentait bon dans toute la maison. Relégué à la cuisine avec mes frères, je m'efforçais de regarder par la porte entr'ouverte pour voir manger ceux que "L'Électeur" appelait les grandes figures du parti, et que je croyais sincèrement les seuls grands hommes du pays.
À force de le lire dans "L'Électeur" et de l'entendre dire, une conviction avait poussé en mon esprit des racines profondes que je n'ai jamais pu détruire complètement. C'est que les rouges avaient pour eux tout le bon sens, toute l'intelligence, tout le patriotisme, toute la vertu, et que les autres, les bleus, n'étaient que de malheureux rachitiques, une sorte de sous-produit de la race qui circulaient en liberté parce que l'asile de Beauport ne pouvait les recevoir tous et que quelques-uns devraient partir bientôt pour les travaux forcés en exil.
Mais un jour, devant mes yeux prêts à pleurer, tout cet échafaudage de grandeurs et de surhomme croula. C'était en 1896. Mon père torturé par un cancer se mourait. Déjà il avait été administré. Le 27 décembre était un dimanche. À la grand'messe, le vieux Curé lut d'une voix un peu chevrotante une lettre de l'évêque Mgr Bégin, qui condamnait "L'Électeur". Au retour de la messe, encore tout ému, ne sachant à qui donner raison, hésitant entre le journal, que j'avais fréquenté tous les jours de ma jeunesse, et l'évêque que je n'avais pas vu souvent, j'allai au lit de mon père et lui communiquai la nouvelle. Il me regarda avec des yeux que la fièvre ne parvenait pas à allumer et me dit dans un souffle. "Ça n'est pas trop tôt!" Je restai stupéfait. Ainsi donc mon père avait évolué: il n'avait plus la même admiration, mais il n'en avait rien dit.
J'avais dix-sept ans. À partir de ce moment, je travaillai par cette porte ouverte à fuir le fanatisme partisan qui était en train de me crétiniser sans que je m'en doute, comme il en a crétinisé tant d'autres qui ne sont pas guéris et ne guériront jamais, hélas! Je commençai à croire que les rouges n'avaient pas tout le bon sens, ni tout le patriotisme, ni toute la vertu. Laurier, la grande idole d'alors, me parut moins grande : sa statue chancelait devant mes yeux.
On comprend à lire ces souvenirs pourquoi dès le début j'ai donné une fervente adhésion à un journal libre comme "L'Action Catholique". On comprend aussi que j'éprouve une sorte d'impatience à me voir classer dans un parti ou dans l'autre. Parce que je ne suis pas rouge à lécher toutes les verrues du parti, il faudrait que je sois bleu ?
Ce qui m'afflige, et parfois ce qui m'irrite, c'est de voir tant de braves gens toujours au même point où j'étais à dix-sept ans. Dans ce temps-là, nous avions au moins pour excuse de n'avoir pas d'autre source de renseignements que "L'Électeur". Eux ont passé de "L'Électeur" au "Soleil" et ils y sont restés. Ils n'ont pu monter jusqu'à "L'Action Catholique" et apprendre à respirer l'air de la liberté. Et comme si "Le Soleil" et "L'Événement" ne pouvaient suffire à achever leur abrutissement, les grands hommes du parti ont inventé "La Bataille", un des journaux les plus voyoux que l'on puisse imaginer.
Plaignons sincèrement ceux qui sont toujours à croire des écrivailleurs aussi faux que lâches qui n'osent même pas mettre leurs noms au bas de leurs mensonges et de leurs injures. C'est en vain que l'on essaie de démontrer la fourberie, la couardise du "Soleil", de "L'Événement" et des autres, ces malheureux n'entendent rien : ils ne veulent ou ne peuvent rien comprendre.
É.-V. L., ptre."
"Lors de l'élection fédérale, le 14 octobre dernier, avant les conseils généraux sur l'honnêteté des élections, j'ai dit à mes paroissiens, la veille du scrutin : "Votez demain d'un côté ou de l'autre, ça m'est absolument indifférent, pour cette raison très simple que l'un et l'autre parti ne sont que les deux bras d'un même corps, monstrueux et gigantesque que, chez les puissances d'argent, on appelle la Haute Finance, que Pie XI a dénoncé sous le titre de dictature économique et que nous connaissons mieux sous le nom honni des "trusts"." Parce que j'ai dit ça et qu'on ne pouvait pas me dire que j'étais bleu, tout de suite on m'a rangé dans le parti "Stevenniste", auquel je n'avais jamais pensé.
Et le soir de l'élection, une "picasse" quelconque m'appelait au téléphone vers minuit pour me dire: "Un vote pour King, c'est un vote pour Taschereau. Vive Taschereau!" Taschereau ou un autre, que m'importe si le même esclavage doit peser sur les intelligences et sur toute notre armature économique! Quand même je dirais que je ne suis inféodé à aucun parti par intérêt personnel, je perdrais mon temps. On ne me croira pas.
(J'éprouve) une certaine humiliation et comme un frisson de colère au fanatisme étroit, stupide qui a gâté les premières années de ma jeunesse. En ce temps-là, nous n'avions pour nous renseigner que deux journaux. Au service des bleus (Conservateurs): "Le Courrier du Canada". Au service des rouges (Libéraux): "L'Électeur".

Dans ma famille "L'Électeur" seul trouvait place. Autant que je puis me rappeler, je n'en vois pas d'autre étalé sur la table où nous venions de prendre le repas du soir. Mon père recevait et lisait "La Vérité" mais je n'étais pas à l'âge de m'y intéresser, c'était à mes yeux un journal trop savant; d'ailleurs il ne venait qu'une fois par semaine. Mais tous les soirs, je lisais sans y manquer "L'ÉLECTEUR", presque avec plus de ferveur que si c'eût été la parole de l'Évangile: je m'en imprégnais profondément. Et le soir encore, mes leçons apprises, mes devoirs finis, je m'assoyais près du poêle et j'écoutais ma mère qui, d'une belle voix musicale, un peu chantante mais chaude, rendait à mon père assis en face et immobile le service que ses yeux fatigués lui refusaient. Et j'avais plaisir à entendre de nouveau ce que je venais presque de lire.
Autant que je puis me rappeler, toute ma famille, à tous les degrés, était rouge. Dans le passé, mon père élevé à la même enseigne avait mené des campagnes électorales. En récompense, le parti l'avait nommé régistrateur du comté. On dit qu'il jouissait d'une voix puissante et que son éloquence populaire avait le don de convaincre et de soulever un véritable enthousiasme qui, à la différence des enthousiasmes d'aujourd'hui, n'était pas payé.
Il y avait aussi les amis "rouges" imperméables qui fréquentaient notre maison. Je me rappelle y avoir vu Sir François-Xavier Lemieux qui venait avec toute sa famille passer les vacances dans une grande maison près du Pont de la rivière du sud. Presque chaque jour, je le voyais en conversation avec mon père. Je n'aurais pas pu dire s'il était député, ni en quel comté; mais je savais par "L'Électeur" qu'il était un des "as" du parti. Je me souviens que je le regardais avec une sorte de crainte révérentielle. Sa figure ravagée par la petite vérole, son épaisse chevelure grisonnante, sa haute et svelte stature évoquaient en mon imagination l'idée d'un dieu puissant. D'autres bons rouges glorifiés aussi par "L'Électeur" venaient chez nous. Je me rappelle Charles Langelier et son frère François.
Un jour, qui m'a laissé des impressions qui sont longues à effacer, nous eûmes la visite de l'Honorable Honoré Mercier, premier Ministre de la Province, chef du parti libéral. Ce fut un grand jour. Je me rappelle qu'on avait mis le pavillon comme pour la visite de l'Évêque et la Procession du Saint Sacrement. Il y eut un grand festin qui sentait bon dans toute la maison. Relégué à la cuisine avec mes frères, je m'efforçais de regarder par la porte entr'ouverte pour voir manger ceux que "L'Électeur" appelait les grandes figures du parti, et que je croyais sincèrement les seuls grands hommes du pays.
À force de le lire dans "L'Électeur" et de l'entendre dire, une conviction avait poussé en mon esprit des racines profondes que je n'ai jamais pu détruire complètement. C'est que les rouges avaient pour eux tout le bon sens, toute l'intelligence, tout le patriotisme, toute la vertu, et que les autres, les bleus, n'étaient que de malheureux rachitiques, une sorte de sous-produit de la race qui circulaient en liberté parce que l'asile de Beauport ne pouvait les recevoir tous et que quelques-uns devraient partir bientôt pour les travaux forcés en exil.
Mais un jour, devant mes yeux prêts à pleurer, tout cet échafaudage de grandeurs et de surhomme croula. C'était en 1896. Mon père torturé par un cancer se mourait. Déjà il avait été administré. Le 27 décembre était un dimanche. À la grand'messe, le vieux Curé lut d'une voix un peu chevrotante une lettre de l'évêque Mgr Bégin, qui condamnait "L'Électeur". Au retour de la messe, encore tout ému, ne sachant à qui donner raison, hésitant entre le journal, que j'avais fréquenté tous les jours de ma jeunesse, et l'évêque que je n'avais pas vu souvent, j'allai au lit de mon père et lui communiquai la nouvelle. Il me regarda avec des yeux que la fièvre ne parvenait pas à allumer et me dit dans un souffle. "Ça n'est pas trop tôt!" Je restai stupéfait. Ainsi donc mon père avait évolué: il n'avait plus la même admiration, mais il n'en avait rien dit.
J'avais dix-sept ans. À partir de ce moment, je travaillai par cette porte ouverte à fuir le fanatisme partisan qui était en train de me crétiniser sans que je m'en doute, comme il en a crétinisé tant d'autres qui ne sont pas guéris et ne guériront jamais, hélas! Je commençai à croire que les rouges n'avaient pas tout le bon sens, ni tout le patriotisme, ni toute la vertu. Laurier, la grande idole d'alors, me parut moins grande : sa statue chancelait devant mes yeux.
On comprend à lire ces souvenirs pourquoi dès le début j'ai donné une fervente adhésion à un journal libre comme "L'Action Catholique". On comprend aussi que j'éprouve une sorte d'impatience à me voir classer dans un parti ou dans l'autre. Parce que je ne suis pas rouge à lécher toutes les verrues du parti, il faudrait que je sois bleu ?
Ce qui m'afflige, et parfois ce qui m'irrite, c'est de voir tant de braves gens toujours au même point où j'étais à dix-sept ans. Dans ce temps-là, nous avions au moins pour excuse de n'avoir pas d'autre source de renseignements que "L'Électeur". Eux ont passé de "L'Électeur" au "Soleil" et ils y sont restés. Ils n'ont pu monter jusqu'à "L'Action Catholique" et apprendre à respirer l'air de la liberté. Et comme si "Le Soleil" et "L'Événement" ne pouvaient suffire à achever leur abrutissement, les grands hommes du parti ont inventé "La Bataille", un des journaux les plus voyoux que l'on puisse imaginer.
Plaignons sincèrement ceux qui sont toujours à croire des écrivailleurs aussi faux que lâches qui n'osent même pas mettre leurs noms au bas de leurs mensonges et de leurs injures. C'est en vain que l'on essaie de démontrer la fourberie, la couardise du "Soleil", de "L'Événement" et des autres, ces malheureux n'entendent rien : ils ne veulent ou ne peuvent rien comprendre.
É.-V. L., ptre."
mardi 21 mai 2013
Le curé Lavergne donne des conseils sur l'élection fédérale de 1935.
Les années 1935 et 1936 ont été mouvementées sur le plan politique, avec des élections fédérale, provinciales (deux fois) et municipale. Nous pourrons prendre connaissance de déclarations au sujet de ces différents scrutins faites par le curé Édouard-V. Lavergne de Notre-Dame-de-Grâce, qui fut jugé controversé quant à ses prises de position politiques.
En guise de préparation à cette vague et comme tentative pour assainir les pratiques démocratiques qui avaient été bafouées pendant les mois et les années précédentes, une "Ligue de moralité publique" (L.M.P.) fut créée, à la demande faite le 26 juillet 1935 par le cardinal Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve pour se "liguer contre la honteuse corruption des moeurs électorales et la vénalité des votes qui se pratique au mépris des règles fondamentales de la conscience." Comme témoignage public de cette volonté, il fut demandé de signer, au presbytère de NDG, des engagements parmi lesquels on trouvait :
- Assurer et respecter dans chaque électeur la liberté absolue de son vote et ne pas essayer de l'influencer par des moyens malhonnêtes.
- Empêcher comme de "graves attentats à la justice" les calomnies, médisances et révélations indiscrètes des choses qui tiennent à la vie privée, contre les candidats ou les voteurs.
- Dénoncer et empêcher comme une "infame trahison contre le bien public" et comme une faute grave contre la dignité humaine toute tentative d'acheter les votes avec de l'argent, des promesses, de l'alcool, des parjures, etc.
L'élection canadienne fut la première à survenir, le 14 octobre 1935. Le curé Lavergne donna ses impressions dans une Bonne Nouvelle du début d'octobre, dont voici quelques extraits.

"Présentement, j'avoue que je serais fort embarrassé de donner un avis, j'aurais de la peine à le soutenir avec des arguments irréfutables, tant il y a de part et d'autres du pour et du contre. Jusqu'à date, dans notre comté (Québec-Ouest), deux hommes sont en opposition. M. Maurice Dupré (photo de gauche) reste fidèle à M. R.-B. (Richard-Bedford) Bennett (du Parti conservateur). M. Charles (Eugène) Parent (avocat) le combat sous l'étendard libéral de M. (Mackenzie) King. Il n'y a pas encore de candidat Stevenniste (du Parti de la reconstruction, dirigé par M. Henry Herbert Stevens (photo de droite) ). S'il en vient un, lequel des trois faudra-t-il élire?
M. Bennett et M. King ont tous les deux pour les appuyer les intérêts de la haute finance. Quoiqu'il en dise, je ne crois pas que M. Stevens puisse s'en passer; les élections coûtent trop cher: elles ne peuvent se faire sans argent. Malgré la souscription populaire qu'il a lancée, il n'aura pas le temps de ramasser tous les fonds nécessaires. À ce point de vue l'"Action Nationale Libérale" qui tente la même expérience (au provincial) est en meilleure position. Il sera intéressant de suivre sa réaction sur l'électorat honnête.
Quoiqu'il en soit je crois que, dans notre comté ou ailleurs, la meilleure tactique sera de choisir le candidat qui, par son passé, par la dignité de sa vie privée, par sa formation intellectuelle, offrira le plus de garantie. À moins que les deux candidats en présence soient de valeur égale, je ne crois pas qu'il faille trop s'embarrasser du nom des chefs: leur politique en pratique ne sera pas très différente. Le passé est là pour nous le dire. Quant à l'ombre de (Wilfrid) Laurier ou de (John A.) Macdonald, laissons-les dormir en paix."À venir : sa réaction aux résultats de l'élection.
Michel.
mardi 14 mai 2013
Quelques décès récents.


Un ancien marguillier de Notre-Dame-de-Grâce, M. Fernand Fiset, est décédé le 26 avril. Je lui ai rendu hommage dans son livre d'invités en soulignant qu'il restera dans la mémoire des gens de NDG, qui se souviendront de ses bonnes oeuvres.
Probablement la personne originaire du territoire de NDG ayant eu la plus grande longévité, Marguerite Rochette est décédée le 4 mai à l'âge de 109 ans. Pour relire un message la concernant, cliquer ici.
Merci à Simonne Dumont pour avoir eu connaissance de ces nouvelles et pour nous en avoir informés.
Michel.
mardi 7 mai 2013
Participation du Pape à la Messe des malades de mai 1935 célébrée par le Cardinal Villeneuve.
La Messe des malades du 31 mai 1935, fête patronale de Notre-Dame-de-Grâce, fut particulièrement grandiose. Le Pape Pie XI, comme en 1932, répondit avant cette messe au télégramme que le Cardinal Villeneuve lui avait fait parvenir afin de solliciter sa bénédiction apostolique. Le message du Pape, transmis par le Cardinal Eugenio Pacelli (le futur Pape Pie XII), fut le câblogramme suivant :
"CITÉ VATICANE
Cardinal Archevêque, Québec,
Agréant hommage, prières et souffrances, malades Notre-Dame de Grâce, Saint-Père les offre à son tour à Dieu pour la pacification du monde et bénit tous présents.
Card. PACELLI."Ce message fut lu par le curé Lavergne lors de son message de bienvenue au Cardinal Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve qui fit l'honneur à la paroisse de venir dire la Messe, assisté par les abbés Guillaume Dechesne (du Séminaire) et Israël Laroche (curé de Saint-Joseph).
Le journal La Bonne Nouvelle a décrit la cérémonie. Voici un résumé de cette description :
Trois cents malades ont assisté à leur messe, dont quatorze ont dû se faire transporter dans leur lit. D'autres reposaient sur des chaises roulantes ou sur des fauteuils spéciaux. Les autres, en très grande majorité trop pauvres pour venir à leurs frais, avaient été amenés par des automobilistes qui s'étaient prêtés à cette tâche onéreuse.
Assisté par le sacristain Georges Parent, l'abbé Paul Bouillé, directeur de cette cérémonie, recevait les premiers malades (photo) que transportèrent les ambulances de Lépine, Moisan, Bouchard, Jalbert et Cloutier. Cinq garde-malades de l'Hôpital du Saint-Sacrement, les gardes Rousseau, Poisson, Richard, Bolduc et Bernier se tinrent constamment près des lits pour surveiller les malades. L'abbé Emmanuel Bourque dirigea les cérémonies et Armand Corriveau agit comme camérier.
Au chœur se trouvaient les abbés Édouard-V. Lavergne, Albert Derôme, de l'Hôpital Général, Paul Bouillé, Adrien Lanouette, Lactance Blais, N.-P. Proulx, et les pères Pomerleau, o.m.i. et Bédard, d.p.b.(?). La chorale, sous la direction du frère Eugène, a exécuté plusieurs cantiques appropriés à la circonstance. Mlle Marie-Anna Hamel accompagnait à l'orgue. La Garde Jeanne-d'Arc et les membres du Comité paroissial ont assuré le service d'ordre.
Après la messe, le Cardinal Villeneuve bénit les malades qui gisaient dans les lits, posant l'ostensoir sur chaque front. L'abbé Blais bénit ensuite les autres malades de la même manière. Le Cardinal adressa aussi la parole aux malades.
Enfin l'auto d'Adélard Boivin (photo) attendait le Cardinal pour le reconduire à l'évêché.
Après la cérémonie des malades, en reconnaissance de son câblogramme, le curé Lavergne adressa au Pape une lettre que le Cardinal Villeneuve voulut bien lui transmettre. Il y rappelait que, depuis sept ans, deux fois par année, en mai et en octobre (en la Fête du Rosaire) sa paroisse NDG réunissait ainsi les malades de toute la ville. Le Pape avait demandé aux malades du monde entier de consacrer le jour de la Pentecôte à la prière pour les Missions et les Missionnaires.
Michel.
(Les photos sont dues à Clara Blackburn.)
mardi 30 avril 2013
Fin de la double année jubilaire en 1935.
En avril 1935 prenait fin ce qui était appelé le "Jubilé de la rédemption". Il s'agissait de deux années commencées à Pâques 1933 (le 2 avril) pour souligner le 1900e anniversaire des événements du Vendredi Saint et de Pâques survenus supposément en l'an 33.
Des "Années saintes" avaient lieu habituellement tous les 25 ans (1875, 1900, 1925, etc.). Mais des années exceptionnelles pouvaient aussi être décrétées, comme ce fut le cas pour ce "Jubilé du salut" en 1933-1934. Mais la commémoration fut tellement importante qu'elle fut prolongée pour l'année supplémentaire 1934-1935. La célébration culmina et se clôtura le 28 avril 1935, tant au niveau international que local.
En effet, deux cardinaux, Monseigneur Francis Bourne d'Angleterre (qui allait décéder peu après) et le cardinal Jean Verdier, archevêque de Paris, eurent l'idée de conclure le Jubilé par un triduum à la grotte de Lourdes pendant trois jours et trois nuits. L'évêque de Lourdes, Mgr Pierre-Marie Gerlier, soumit cette idée au Pape Pie XI qui l'accepta.
À Lourdes, des messes furent donc célébrées sans interruption pendant ces trois journées. 250,000 pèlerins accoururent de tous les parties du monde. Le cardinal Eugenio Pacelli, futur pape Pie XII, fut délégué par le Vatican (dont il était le secrétaire) pour clore les réjouissances le 28 avril. On le voit au centre de la photo suivante. Il est entouré de 5 cardinaux, 70 évêques et archevêques, de prêtres, de moines, de militaires ainsi que de laïques.
Il en fut de même à Québec, avec une succession de messes à l'église Notre-Dame-des-Victoires, de jeudi midi à dimanche midi. Le curé Lavergne s'y rendit célébrer sa messe le samedi à 8 h 30. La Chorale des petites filles de NDG assura le chant.
À Notre-Dame-de-Grâce, le Saint Sacrement fut exposé à partir du jeudi 15 h. jusqu'au samedi soir, puis depuis la messe dominicale de 10 h 45 jusqu'à 15 h. C'est le vicaire Adrien Lanouette qui prêcha l'Heure sainte finale du 28 avril 1935.
On peut noter que le Jubilé suivant eut lieu en 1983. Celui de 2033 pourrait être grandiose, afin de marquer le 2000e anniversaire des événements datant d'environ 20 siècles plus tôt.
Michel.
mardi 23 avril 2013
Congrès de la J.O.C.(F.) à Montréal en 1935
C'est par une messe solennelle dite par Monseigneur Conrad Chaumont, vicaire général du diocèse de Montréal, que le premier Congrès général de la J.O.C. s'est ouvert le 14 juillet 1935, en l'église Notre-Dame. On voit le groupe des 4000 délégués au congrès représentant les 6000 membres de la J.O.C., sections masculines et féminines (cliquer sur la photo pour l'agrandir).
On aperçoit à l'avant les aumôniers des cinquante sections. Outre Mgr Chaumont, le père Henri Roy, l'aumônier général et le fondateur de la J.O.C. en Amérique du Nord, et Roméo Neveu, supérieur général de Saint-Sulpice, absents de la photographie, on remarquait parmi les aumôniers et les membres du clergé :
le père Rodolphe Pomerleau, aumônier diocésain de la J.O.C. à Québec,
le curé Édouard-V. Lavergne, de NDG, Québec,
Léo Blais, de Winnipeg,
l'abbé Brodeur, de Manchester,
l'abbé Jean Berthiaume, d'Ottawa,
le père Ildefonse,
le père Armand Groulx,
le père Émile Legault (futur animateur de télévision), assistant-aumônier général de la J.O.C.,
Étienne Blanchard et Oscar Rolland, prêtres de Saint-Sulpice,
le père Diomède Thériault, vicaire à Sainte-Hélène,
l'abbé Ludovic Martineau, de Lachine,
l'abbé J. Brochu, de Saint-Roch,
l'abbé Nelson Roberge, du Séminaire de Québec,
l'abbé Lefebvre, de Saint-Arsène,
le père Lionel Scheffer, de Hull,
l'abbé R. Bériault, d'Ottawa
et nombre d'autres.
La direction locale de la J.O.C. à Notre-Dame-de-Grâce est photographiée ci-dessus :
Michel.
(les photos sont tirées de La Bonne Nouvelle)
On aperçoit à l'avant les aumôniers des cinquante sections. Outre Mgr Chaumont, le père Henri Roy, l'aumônier général et le fondateur de la J.O.C. en Amérique du Nord, et Roméo Neveu, supérieur général de Saint-Sulpice, absents de la photographie, on remarquait parmi les aumôniers et les membres du clergé :
le père Rodolphe Pomerleau, aumônier diocésain de la J.O.C. à Québec,
le curé Édouard-V. Lavergne, de NDG, Québec,
Léo Blais, de Winnipeg,
l'abbé Brodeur, de Manchester,
l'abbé Jean Berthiaume, d'Ottawa,
le père Ildefonse,
le père Armand Groulx,
le père Émile Legault (futur animateur de télévision), assistant-aumônier général de la J.O.C.,
Étienne Blanchard et Oscar Rolland, prêtres de Saint-Sulpice,
le père Diomède Thériault, vicaire à Sainte-Hélène,
l'abbé Ludovic Martineau, de Lachine,
l'abbé J. Brochu, de Saint-Roch,
l'abbé Nelson Roberge, du Séminaire de Québec,
l'abbé Lefebvre, de Saint-Arsène,
le père Lionel Scheffer, de Hull,
l'abbé R. Bériault, d'Ottawa
et nombre d'autres.
Gabriel PLANTE, président,
Jacques LACHANCE, secrétaire,
Augustin FISET, trésorier.
(les photos sont tirées de La Bonne Nouvelle)
mardi 16 avril 2013
Fondation de la J.O.C. de NDG en 1935.
En mars 1935, un groupe de jeune gens de Notre-Dame-de-Grâce venait de se former, sous la direction de leur aumônier le Curé Lavergne. Affiliés à la Société Saint-Vincent-de-Paul de la paroisse, ils allaient avoir pour mission de soulager les pauvres, de visiter les personnes âgées, les malades, les "déshérités de la fortune", donnant à tous un bon conseil, un mot d'encouragement. Ils étaient sous le patronage de Notre Dame de Liesse. Ils avaient comme président Gabriel Plante et comme trésorier Josaphat Plante.

Le soin des pauvres ne serait qu'un service dans une plus vaste Organisation connue sous le nom de J.O.C. (la Jeunesse Ouvrière Catholique). La section de Notre-Dame-de-Grâce était la première section de jeunes gens établie à Québec. Elle comprenait vingt membres. Seul le Cercle d'étude fonctionnait ; il travaille à la formation des militants.
La conférence, bien que naissante, était déjà au travail. Ses membres secouraient depuis sa fondation sept familles de personnes âgées que la Conférence des hommes leur avait confiées. Le président et le trésorier visitèrent toutes les familles de la conférence afin de les connaître. Ils reçurent dans les familles des marques de reconnaissance. Elles étaient très contentes de voir des jeunes gens s'occuper d'eux.
Le secrétaire J.-S. Ouellet fit dans La Bonne Nouvelle le rapport des activités de la conférence N.-D.-de-Liesse qui eut sa première réunion officielle le 1er ou le 8 mars 1935. Les invités étaient J.-C.(ou J.-G.) Magnan, président général des conférences Saint-Vincent-de-Paul, W. Cantin, président du Conseil particulier de Saint-Sauveur, et Ernest Giroux, président de la Conférence paroissiale. Le Curé et messieurs Magnan et Giroux adressèrent la parole. Chaque vendredi soir, après la séance de la Conférence, il y avait la réunion de la J.O.C.
La J.O.C., parfois appelée la J.O.C.M. (Jeunesse Ouvrière Catholique Masculine) et la J.O.C.F. (La Jeunesse Ouvrière Catholique Féminine) étaient toutes deux des sociétés de jeunes travailleurs et ouvrières nées de besoins divers. La J. O. C. (F.) groupait déjà des centaines de milliers de jeunes travailleurs en tous les pays catholiques comme: Belgique, France, Hollande, Suisse, Espagne, Canada, Colombie. Entre eux ils se formaient, ils s'entraînaient, ils se soutenaient. Ensemble ils organisaient des services d'assistance et de protection mutuelle. Ils publiaient leurs journaux qu'ils répandaient à des milliers d'exemplaires.
Leurs buts étaient :
- Sauver jeunes gens et jeunes filles obligés de travailler en dehors du foyer pour gagner leur vie.
- Leur assurer, en coopération avec les syndicats ouvriers, de meilleures conditions de travail, au point de vue salaire, hygiène physique et morale.
- Poursuivre dans tous les milieux ouvriers des enquêtes qui les mettront plus en mesure d'aider; en s'appuyant sur des situations de faits.
- Enfin, mieux s'instruire de leur religion pour l'aimer mieux, la pratiquer mieux.
Ce qu'il y avait de significatif dans ces groupements était que la mission n'était pas confiée à des éducateurs ou réformateurs venant du dehors, mais qu'elle était remplie directement par les jeunes travailleurs.
La J.O.C.F. avait un petit comité qui se rassemblait chaque mercredi à un petit local au 12 rue Colbert (ancien numéro). Chaque lundi soir le local était ouvert à toutes et une petite soirée récréative était toujours organisée (par exemple: chants, musique, parties de cartes, patin à roulettes, etc.). Lucia Villeneuve, la présidente, invitait les jeunes ouvrières à se joindre à elles.
Les membres de la J.O.C. firent dans la paroisse une première enquête mensuelle, organisée par l'A.C.J.C. (l'Action Catholique de la Jeunesse Canadienne-française) afin de savoir la situation exacte des jeunes gens dans la province. L'enquête est une méthode pratique à la portée des jeunes ouvriers.
Les Jocistes assistèrent à une conférence à la salle des promotions de l'Université Laval. L'A.C.J.C. y donna le rapport de l'enquête sur les jeunes ouvriers. Le résultat de cette enquête montrait la situation déplorable où sont la plupart des jeunes gens. Le Ministre du travail, Charles-Joseph Arcand, qui parla ensuite, ne put dire ce qu'il ferait pour répondre aux demandes des jeunes et soulager leur angoisse.
La J.O.C. allait s'occuper de conduire des enquêtes sur d'autres questions.
Par décision de l'Archevêque de Québec, le Père R. Pomerleau, O.M.I., fut nommé aumônier-directeur de la J.O.C. diocésaine, laquelle ferait partie de la fédération diocésaine des œuvres de jeunesse. Le Père Pomerleau prononça une conférence à NDG le 24 mai durant laquelle il précisa que le Père Joseph Cardyn, fondateur de la J.O.C., lança son mouvement en 1924 après 10 ans d'étude.
Un Congrès était annoncé pour le 14 juillet 1935 à Montréal. Un chant du Congrès avait été composé, dont le refrain était :
"Debout, la jeunesse ouvrière,
Réajustons insignes et bérêts,
Bien groupés autour de nos bannières,
Debout! C'est le Congrès."
Michel.
mardi 9 avril 2013
Précisions sur plusieurs commerces et enseignantes
Voici quelques détails précisés par Alain Verret concernant des commerces situés dans NDG.
Les écuries sur la rue Christophe-Colomb ouest entre Durocher et Victoria : d'ailleurs je me souviens du gigantesque incendie qui les a détruites vers 1969 en pleine nuit, c'était un peu la panique dans le voisinage. C'est de cet endroit que tous les matins partaient les calèches en direction de la haute-ville, les chevaux étaient attelés et ensuite empruntaient Christophe-Colomb vers l'ouest jusqu'à Durocher et de là vers le sud jusqu'à Châteauguay, ensuite direction est jusqu'à Langelier. C'est suite à l'incendie que les écuries ont été relocalisées face au cimetière Saint-Charles.
Également sur Christophe-Colomb proche des écuries mais de l'autre côté de la rue, il y avait une étable avec vache et poules jusque vers 70 ou 71, c'était chez Monsieur Rochon. Pas besoin de vous dire qu'avec les écuries, Sylvain et frères et l'étable de M. Rochon, les rats étaient légion dans le quartier !
Trois commerces sur Christophe-Colomb, l'épicerie chez Bouchard au coin Durocher, un joyau du genre avec ses glacières en bois et son tiroir-caisse également en bois, le lavomat au coin Durocher de l'autre côté, là où les gens allaient faire sécher leur linge en hiver et, au coin Victoria, il y avait un vendeur de bonbons à la cent, M. (Rosaire) Chartré si ma mémoire est bonne.
Sur Châteauguay face à madame Jobin (la laine) il y avait le local des Scavengers (un groupe de motards non criminalisés qui faisaient également de la peinture automobile); encore là je me souviens du terrible incendie.
Monsieur Verret nous transmet aussi les noms de plusieurs de ses enseignantes, au Couvent et au Collège :
"J'ai fait mes 3 premières années de primaire au couvent NDG.
Mes 3 enseignantes :
1 Hélène Falardeau (comme je suis né en 62, je présume que c'était fin années 60)
2 Mlle Beaumont (n'est pas dans la liste) (photo de ce groupe)
3 Mme Lise Boily (elle apparaît dans la liste du collège mais pas du couvent) (N.D.B. la photo suivante est celle de la classe de Lise Boily des 5e et 6e années en 1975-1976 au Collège. René Castonguay faisait partie de cette classe ; on lui doit cette photo, pour laquelle nous le remercions.)
Ensuite 4-5-6 au collège :
4 Denise Côté
5 Soeur Saint-Claude (Marguerite Lambert) elle enseignait au collège et non au couvent au début des années 70
6 Soeur Saint-Claude (Marguerite Lambert) oui, deux années de suite, 5 et 6.
Merci à nouveau à Alain Verret pour ses souvenirs. Les données sur les commerces et les enseignant-e-s ont été ou seront bientôt mises à jour.
Jean-Paul Castonguay a réagi au message sur les Loisirs :
"Je me souviens très bien de Jean Verret... Il a été de la première équipe de jeunes à vouloir nous aider pour les Loisirs avec la famille des Laroche et plusieurs autres jeunes. Est-il décédé? Quel beau souvenir…"
Alain Verret précise que son frère Jean est à la retraite et réside à Forestville sur la Côte Nord.
Michel.
Les écuries sur la rue Christophe-Colomb ouest entre Durocher et Victoria : d'ailleurs je me souviens du gigantesque incendie qui les a détruites vers 1969 en pleine nuit, c'était un peu la panique dans le voisinage. C'est de cet endroit que tous les matins partaient les calèches en direction de la haute-ville, les chevaux étaient attelés et ensuite empruntaient Christophe-Colomb vers l'ouest jusqu'à Durocher et de là vers le sud jusqu'à Châteauguay, ensuite direction est jusqu'à Langelier. C'est suite à l'incendie que les écuries ont été relocalisées face au cimetière Saint-Charles.
Également sur Christophe-Colomb proche des écuries mais de l'autre côté de la rue, il y avait une étable avec vache et poules jusque vers 70 ou 71, c'était chez Monsieur Rochon. Pas besoin de vous dire qu'avec les écuries, Sylvain et frères et l'étable de M. Rochon, les rats étaient légion dans le quartier !
Trois commerces sur Christophe-Colomb, l'épicerie chez Bouchard au coin Durocher, un joyau du genre avec ses glacières en bois et son tiroir-caisse également en bois, le lavomat au coin Durocher de l'autre côté, là où les gens allaient faire sécher leur linge en hiver et, au coin Victoria, il y avait un vendeur de bonbons à la cent, M. (Rosaire) Chartré si ma mémoire est bonne.
Sur Châteauguay face à madame Jobin (la laine) il y avait le local des Scavengers (un groupe de motards non criminalisés qui faisaient également de la peinture automobile); encore là je me souviens du terrible incendie.
Monsieur Verret nous transmet aussi les noms de plusieurs de ses enseignantes, au Couvent et au Collège :
"J'ai fait mes 3 premières années de primaire au couvent NDG.
Mes 3 enseignantes :
1 Hélène Falardeau (comme je suis né en 62, je présume que c'était fin années 60)
2 Mlle Beaumont (n'est pas dans la liste) (photo de ce groupe)
3 Mme Lise Boily (elle apparaît dans la liste du collège mais pas du couvent) (N.D.B. la photo suivante est celle de la classe de Lise Boily des 5e et 6e années en 1975-1976 au Collège. René Castonguay faisait partie de cette classe ; on lui doit cette photo, pour laquelle nous le remercions.)
Ensuite 4-5-6 au collège :
4 Denise Côté
5 Soeur Saint-Claude (Marguerite Lambert) elle enseignait au collège et non au couvent au début des années 70
6 Soeur Saint-Claude (Marguerite Lambert) oui, deux années de suite, 5 et 6.
Merci à nouveau à Alain Verret pour ses souvenirs. Les données sur les commerces et les enseignant-e-s ont été ou seront bientôt mises à jour.
Jean-Paul Castonguay a réagi au message sur les Loisirs :
"Je me souviens très bien de Jean Verret... Il a été de la première équipe de jeunes à vouloir nous aider pour les Loisirs avec la famille des Laroche et plusieurs autres jeunes. Est-il décédé? Quel beau souvenir…"
Alain Verret précise que son frère Jean est à la retraite et réside à Forestville sur la Côte Nord.
Michel.
mardi 2 avril 2013
Partage de souvenirs par Alain Verret.
Un ancien paroissien, Alain Verret, a fait parvenir des informations concernant Notre-Dame-de-Grâce.
Ses parents se nommaient Gérard Verret (fils de Blanche Gignac) et Madeleine Légaré, tous deux natifs de la paroisse Sacré-Coeur mais s'installant à NDG à leur mariage. Les frères d'Alain se prénomment Jean, Pierre et Gaston.
Les renseignements fournis par Alain Verret concernent les Loisirs, les écoles et les commerces. Certains seront ajoutés aux messages déjà publiés. Voici comment Monsieur Verret se rappelle les loisirs à NDG :

Revoir entre autres les messages :
http://ndgquebec.blogspot.ca/2007/07/la-corporation-des-loisirs.html
et
http://ndgquebec.blogspot.ca/2009/02/la-premiere-reunion-de-la-corporation.html
Merci, Alain, pour ces souvenirs et pour ceux qui suivront !
Michel.
Ses parents se nommaient Gérard Verret (fils de Blanche Gignac) et Madeleine Légaré, tous deux natifs de la paroisse Sacré-Coeur mais s'installant à NDG à leur mariage. Les frères d'Alain se prénomment Jean, Pierre et Gaston.
Les renseignements fournis par Alain Verret concernent les Loisirs, les écoles et les commerces. Certains seront ajoutés aux messages déjà publiés. Voici comment Monsieur Verret se rappelle les loisirs à NDG :
"À propos des loisirs organisés et inter-paroissiaux, j'ai joué dans une ligue de gouret de salon (ringuette) en 1972; d'ailleurs je vous envoie deux photos, une de la plaque commémorative que j'ai conservée soulignant notre victoire dans le tournoi inter paroissial et une de l'équipe (cliquer pour agrandir). J'ai inscrit les noms dont je me souvenais mais il m'en manque. Gilles Abel était notre coach."
"Jean Verret qui est inscrit sur la liste de la réunion des loisirs de 1962, c'est mon frère aîné et je crois qu'il est à l'origine du flambeau emblème des loisirs, mais cela serait à confirmer."
Revoir entre autres les messages :
http://ndgquebec.blogspot.ca/2007/07/la-corporation-des-loisirs.html
et
http://ndgquebec.blogspot.ca/2009/02/la-premiere-reunion-de-la-corporation.html
Merci, Alain, pour ces souvenirs et pour ceux qui suivront !
Michel.
mardi 26 mars 2013
Nouvelles d'hier et d'aujourd'hui.
Nous avons appris le décès à Rougemont, le 6 janvier 2013, de l'abbé André Letarte (photo), cistercien, un religieux natif de la paroisse NDG. Ses funérailles eurent lieu le 11 janvier, l'homélie étant prononcée par Dom Vladimir. Dom André Letarte s'était établi entre autres à l’Abbaye Notre Dame de Nazareth, à Rougemont, au monastère bénédictin de la Pierre qui Vire, en France, et à l'Abbaye de la Maigrauge, en Suisse, où il était aumônier. (Merci à Simonne Dumont, qui a découvert cette triste nouvelle, et au Père Raphaël pour les informations.)
-o-o-o-o-o-
Il n'y avait pas de référence à la fête de Pâques dans la Bonne Nouvelle de 1935, si ce n'est que pour souligner que la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), naissante dans NDG, avait fait la quête du dimanche à l'arrière de l'église. Elle ramassa 36$ au profit des pauvres (sept familles de vieillards) dont elle avait décidé de prendre charge. Bientôt nous donnerons davantage d'informations sur ce comité paroissial.
-o-o-o-o-o-
Le printemps étant, par le passé, souvent synonyme de processions, l'un des cantiques les plus populaires à ces occasions, comme on le sait déjà, était "Notre Dame du Canada" (cliquer ici pour relire le message à ce sujet). On pourra écouter en permanence ce chant qui est en quelque sorte le cantique officiel de la paroisse NDG. Il suffira de cliquer sur le lien qui est placé dans la colonne de droite de notre site. Bonne écoute !
Joyeuses Pâques !
Michel.
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