Paroisse Notre-Dame-de-Grâce

Ce site est consacré à la paroisse Notre-Dame-de-Grâce,
qui a été créée en 1924 et
réintégrée à la paroisse-mère Saint-Sauveur en 1997,
dans la ville de Québec.




EXPOSITION PERMANENTE





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Table des matières

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Historique de NDG en résumé

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Précisions

Les prêts qui me furent faits de nombreux documents me décidèrent à partager ces souvenirs avec la collectivité. Vos commentaires, souvenirs et suggestions sont les bienvenus, de même que vos corrections des erreurs ou omissions involontaires.

Notes :

Nous respectons le désir des individus de ne pas voir leur nom ou leur photo apparaître.

Pour lire les messages, toujours descendre après le "Hommage à Simonne Tardif (Dumont)".

La présentation est optimale en fonction de Windows XP, avec Firefox (Mozilla) comme navigateur et lorsque les fenêtres sont ouvertes à pleine largeur. À défaut de ces conditions, on risque de rencontrer des irrégularités.

On peut cliquer sur les photos pour les agrandir.

Les messages sont sujets à des mises à jour, sans autre avis.

Michel Gignac

Horaire de l'Exposition

À VISITER au
CENTRE COMMUNAUTAIRE ÉDOUARD-LAVERGNE,
390 Arago Ouest :

EXPOSITION permanente pour rappeler
la paroisse Notre-Dame-de-Grâce,
son curé fondateur et son église.

Elle peut être visitée surtout
le VENDREDI entre 9h et 21h,
le SAMEDI entre 9h et 15h,
(fermée le dimanche)

Pour ces jours et pour les AUTRES JOURS,
prière de s'entendre avec un préposé
(418-691-7190 ou 418-641-6252).

ENTRÉE GRATUITE

N.B. Liens vers les messages concernant l'Exposition :
inauguration
photos
crédits

Simonne Dumont (Tardif) 1920-2018

Simonne Dumont (Tardif) 1920-2018

Hommage à Simonne Tardif (Dumont), co-fondatrice du blogue et qui a écrit ce texte :

ÉLOGE DE L'ÉGLISE

Les cloches ont sonné pour la dernière fois dimanche le 29 juin 1997. Les portes de l'église Notre-Dame de Grâce dans Saint-Sauveur se sont fermées à jamais après une dernière messe solennelle dans l'église que remplissaient des résidents et d'anciens paroissiens heureux d'y revenir mais tristes de la voir fermer. La générosité de ces derniers avait permis de la conserver plusieurs années, permettant à la paroisse de célébrer son 70e anniversaire en 1994. Mais la baisse d'assistance aux offices avait fait diminuer les revenus, causant finalement la fermeture.

Depuis, des organismes ont essayé en vain de faire revivre ce temple merveilleux. Mais pendant ces années, la bâtisse s'est détériorée, ce qui fait que le Journal "Le Soleil" annonçait le 15 octobre 2008 : "L'église sera démolie d'ici Noël" pour faire place à des logements. Que de serrements de coeur pour ceux et celles qui y sont attachés !

Nous perdons donc définitivement notre belle église. Le curé-fondateur Édouard Lavergne en 1924 (voir photo), s'il voit son église débâtie, va certainement être très triste comme nous, les paroissiens. C'était un immeuble d'une grande qualité acoustique, classé édifice à "valeur patrimoniale élevée" par déclaration gouvernementale. Le glas a sonné mais je sais que toutes les personnes qui ont fréquenté ce temple en garderont de bons souvenirs.

L'église est maintenant démolie et, pour rappeler l'histoire de la paroisse, ce site "NDGquébec" se plaît à évoquer certains événements et certains aspects de la vie à NDG, à l'aide de photos, d'extraits de "La Bonne Nouvelle", le journal de la paroisse à ses débuts, etc. Les curés et vicaires dévoués, les constructeurs, les marguilliers, les bénévoles ne seront pas oubliés.

Simonne Dumont.
(Photo de l'église prise le jour de la fermeture.)

dimanche 10 mars 2013

Un comité de citoyens dans Saint-Sauveur, ça ne date pas d'hier !

La Bonne Nouvelle du début de l'année 1935 révélait l'existence du "Comité des citoyens de Notre-Dame-de-Grâce", aussi appelé "Ligue des citoyens" de NDG. On y reproduisait deux lettres qu'il avait rédigées et envoyées.

L'une s'adressait au premier ministre Louis-Alexandre Taschereau. En voici l'intégrale :
Québec, 17 janvier 1935.
À L'Honorable Premier Ministre de la Province de Québec.

Honorable Monsieur,

J'ai l'honneur de vous transmettre une demande de la Ligue des Citoyens de Notre-Dame de Grâce. À la réunion du 11 janvier courant, la Ligue a pris connaissance que Monsieur le Président de la Commission des écoles catholiques s'est fait voter un salaire de $2,400. par année. Cette décision ne prendra force que si elle est approuvée par votre gouvernement.
La ligue me prie de porter à votre connaissance les faits suivants.
1° Les présidents qui ont précédé celui-ci et qui ont rendu des services aussi précieux que les siens ont toujours rempli cette charge gratuitement.
2° C'est la porte ouverte à un salaire pour chacun des commissaires. Si le président est payé, pourquoi pas ses collègues?
3° Des citoyens aussi honorables et aussi compétents que celui-ci, sinon plus, pourront avec autant de zèle et plus de désintéressement le remplacer, si seulement il veut nous donner le bénéfice de son départ.
4° Il ne paraît ni juste ni convenable que la Commission paie un salaire de $2,400. par année à son président lorsque, au nom d'économies nécessaires, elle coupe les salaires de tous ses employés et refuse de faire droit aux légitimes plaintes des instituteurs pères de famille, réduit les Frères, les Sœurs et les autres employés à des salaires de "meurt de faim" et supprime les allocations familiales et toutes les récompenses de fin d'année.

Aussi la Ligue des Citoyens vous prie-t-elle de ne pas donner suite à ce projet de salaire et elle tient à enregistrer une énergique opposition.

Au nom de la Ligue, je vous prie d'agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'assurance de notre respectueuse considération.

J.-B. Côté, Secrétaire,
xyz rue Arago.
La seconde lettre était destinée au Conseil municipal de Québec :
Québec, 12 janvier 1935

Monsieur le Maire, Messieurs les Échevins de la ville de Québec.

Messieurs,

L'assemblée du Comité des citoyens de Notre-Dame de Grâce me charge de vous faire parvenir la résolution qu'elle a adoptée à sa réunion du 11 janvier courant. L'assemblée prie le Conseil de vouloir bien inscrire, dans les amendements à la charte de la ville, un amendement par lequel toute personne résidant hors des limites de la ville et n'y payant pas déjà une taxe soit passible d'une taxe au montant et dans la forme que le Conseil jugera praticable.

Cette taxe aura un double résultat.
1° Créer des revenus à la ville.
2° Protéger les ouvriers résidant en ville contre ceux qui viennent y prendre leur place et ne paient rien pour l'administration publique.

Dans l'espoir que cette proposition sera prise en considération.
J'ai l'honneur de vous présenter les hommages du Comité des citoyens de Notre-Dame de Grâce,

J.-B. Côté, Secrétaire,
xyz rue Arago.
 Je trouve révélateur que ces réflexions ne soient pas étrangères à celles auxquelles se livre le Comité des citoyen-ne-s du quartier Saint-Sauveur en 2013 !

Le Comité de 1935 ne semble pas avoir connu une longue existence car c'est la seule mention que j'en ai trouvée.

Michel.
(Merci au Comité des Citoyens du Vieux-Québec et à la Ligue des Citoyens sur Facebook pour les logos.)

lundi 4 mars 2013

Après environ 10 ans, l'église de NDG acquérait ses bancs.

Au milieu de 1934, la paroisse NDG commença à organiser des activités pour financer l'achat de bancs.

Par exemple, le 25 juin, il y eut un euchre-bridge en plein air, au coin des rues Franklin et Durocher, organisé par Léda Parent (Lecours) et Auréa Leclerc (Lecours). Au-delà de 100 prix furent distribués, prix exposés chez J.-R. L'Heureux, rue Saint-Joseph. Il y en eut un autre le 16 juillet, organisé par Dolora? Renaud et Délia? Charest, en plein air sur la rue Châteauguay.

D'autre part il y eut à l'automne 1934, tous les mercredis soirs, des bingos (image) dans la Salle des oeuvres pour payer les bancs.

À la fin de 1934, la situation financière de la Fabrique ne lui permettant pas d'assumer de nouvelles obligations, un comité de la section locale de la Société Saint-Jean-Baptiste se chargea de commander des bancs, projet lancé par Ernest Giroux et continué par Albert Maheux. Le contrat fut donné à la compagnie québécoise "La Maison Onésime Chalifour", pour plus de 2000$. Ce ne serait pas un banc très riche, mais il cadrerait avec l'église et serait confortable.

Des euchres-bridges les 24 et 25 octobre à la salle Saint-Pierre furent organisés par un groupe de jeunes gens de la paroisse, sous les auspices de la Société. Au-delà de 1200 personnes participèrent à ces parties de cartes, la recette étant de 300$.


En mars 1935, on annonça  que, grâce au concours apporté entre autres par plusieurs dames et demoiselles et à la générosité des paroissiens, les bingos des vendredis, euchres et séances avaient  rapporté plus de 1300$. Il manquait encore environ 1100$.

Dans son rapport publié dans la Bonne Nouvelle au début d'avril, Gabriel Plante de la Société Saint-Jean-Baptiste annonça que les bancs seraient incessemment installés en permanence. On avait organisé dix à douze euchres-bridges et 24 soirées de bingo en plus d'avoir reçu plusieurs dons.

En novembre 1935, le Comité des bancs de la Société Saint-Jean-Baptiste, section Notre-Dame-de-Grâce, organisa un concours de popularité pour achever de payer les bancs.

L'objectif fut finalement atteint environ 10 ans après l'ouverture de l'église, soit au début de février 1936, alors qu'un grand banquet dans la salle du collège fut donné à l'occasion de la présentation de ces bancs qui étaient entièrement payés. Plus de 500 convives prirent place le 2 février autour des tables. Albert Maheux présida, ayant à ces côtés le maire de Québec Joseph-Ernest Grégoire, le docteur Philippe Hamel, Ernest Drolet (représentant de la Société St-Jean Baptiste), M. Lasnier (représentant de la section du Saint-Sacrement), Onésime Chalifour (fabricant des bancs), les vicaires, les marguilliers, etc. Adressèrent la parole à cette occasion : le président Maheux, le maire Grégoire, Philippe Hamel et Philémon Garneau (futur candidat à la mairie de Québec en 1947).

Les bancs dans l'église, c'était l'affaire de tout le monde car tout le monde allait en jouir. Alors le système de bancs libres fut conservé.

Michel.

dimanche 24 février 2013

Le 10e anniversaire de NDG (dernière partie) : Les autres discours

Nous terminons la description de la célébration du 10e anniversaire de NDG, le 4 novembre 1934, par les autres discours qui ont été prononcés lors du banquet.

L'abbé Jules Lockwell, qui fut le premier vicaire à N.-D. de Grâce, se fit le porte-parole des paroissiens de N.-D. de Grâce et celui de tous les membres du clergé de ce diocèse pour louer la vigueur apostolique du curé de la paroisse. "Je considère comme un grand honneur, dit-il, d'avoir été à l'école du Curé Lavergne." Et il ajouta: "Je souhaiterais que le diocèse de Québec eût dix autres prêtres comme M. Lavergne. Votre bon esprit, paroissiens de N.-D. de Grâce, a fait de votre paroisse un véritable oasis de foi, de courage, de travail, de charité, de justice et d'obéissance." Et se tournant vers M. Grégoire : "Nulle part ailleurs, M. le Maire, vous ne trouverez de meilleurs citoyens qu'à N.-Dame de Grâce."

Le docteur Philippe Hamel (voir le dessin), que le Curé avait présenté comme un champion des droits du peuple, un apôtre du bien commun et le pionnier de la lutte contre le trust de l'électricité, loua aussi le curé Lavergne. "C'est un coeur d'or, dit-il, un coeur d'apôtre. Vous connaissez sa grande charité et vous savez que c'est un courageux." Il dérida l'auditoire par de très amusantes histoires.

L'échevin Morin parla aussi dans le même sens ("le plus dévoué des pasteurs", dit-il) et il se dit heureux de constater combien parfaite est l'organisation de la paroisse de Notre-Dame de Grâce.

Le Père Choquette, représentant la paroisse de Saint-Sauveur, mère de la paroisse de Notre-Dame de Grâce, dit que la mère est fière de sa fille.

L'échevin Trépanier  fit, lui aussi, un peu d'histoire. Il décrivit ce que le quartier était avant la fondation de cette paroisse et ce qu'il est aujourd'hui, montrant le grand changement qui s'est opéré. "Par son organisation actuelle, dit-il, la sagesse Notre-Dame de Grâce parait beaucoup plus vieille que son âge."

Avant de clore la réunion, le curé Édouard-V. Lavergne reprit la parole pour attirer l'attention de son auditoire sur l'enquête qui allait commencer au Québec sur la question de l'électricité. "Si vous voulez être bien renseignés, lisez "L'Action Catholique." Et il rappela la mémoire des marguilliers disparus: Alfred Larose, Alphonse Paquet, Amédée Lapointe et Marcel Rochette. "Pour ces chers disparus ouvriers de la première heure et vos chers défunts, puisque nous sommes dans le mois des morts, nous allons dire trois Ave Maria."

Michel.
(Merci à Jean-Thomas Perron de l'Action catholique et à la Bonne Nouvelle, en 1934.)

samedi 16 février 2013

Yvan Gignac a été décoré de la médaille du jubilé de diamant de la reine

Le président de la Corporation des Loisirs de Notre-Dame-de-Grâce, Yvan Gignac, a reçu l'une des 30 médailles remises à des résident-e-s de la circonscription fédérale de Québec, médailles frappées à l'occasion du 60e anniversaire du couronnement de la reine Élizabeth II.

La députée de la circonscription, Annick Papillon, a procédé à cette remise, déclarant :
«C’est pour moi une occasion unique de rendre hommage à des femmes et des hommes qui, par leur talent, leurs valeurs, leur grande générosité et leur solidarité, ont contribué à notre société. Ces personnes sont des modèles inspirants et je tenais à le souligner et à les remercier pour leur apport exceptionnel à notre collectivité.»
Elle a tenu à souligner le travail de gens qui œuvrent dans des secteurs d’activité très variés comme les arts, la littérature, le bénévolat pour des causes humanitaires, le sauvetage maritime, l’histoire et le patrimoine de la ville de Québec, l’avancement des femmes, la recherche scientifique, l’entreprenariat, le sport, le service militaire, les relations interculturelles, sans oublier le rayonnement de Québec sur la scène internationale.

Toutes nos félicitations à Yvan partageant cet honneur, qui rejaillit sur NDG, avec des personnalités aussi prestigieuses que, par exemple, Daniel Gélinas, Jean Soulard, André-Philippe Côté, Michel Pigeon et Yvon Bussières !

Les informations sont tirées de l'article d'Isabelle Le Maléfan paru dans le Québec Express du 15 février et sur le site internet du journal :
http://www.lequebecexpress.com/Societe/2013-02-11/article-3174700/Annick-Papillon-a-procede-a-la-remise-des-medailles-du-jubile-de-diamant-de-la-reine qui n'est plus disponible.

Michel.

samedi 9 février 2013

Le 10e anniversaire de NDG (partie 5) : Le discours du maire Grégoire.

Un autre discours substantiel, au 10e anniversaire de NDG, fut celui du maire Joseph-Ernest Grégoire. Les articles dans la Bonne Nouvelle et dans l'Action catholique de la fin de 1934 permettent d'en connaître les grandes lignes.

Le maire Grégoire, qui était accompagné de son épouse, arriva au milieu de la soirée ; il avait été retenu dans sa paroisse par une réunion analogue. Il fut longuement applaudi et le curé Lavergne le présenta à l'auditoire comme l'ami du peuple, l'ami des ouvriers, l'ami des pauvres. Et pour appuyer cette triple désignation, l'abbé Lavergne donna lecture d'une partie du programme économique et social de M. Grégoire et d'un extrait de l'Encyclique "Quadragesimo Anno".

M. Grégoire se dit heureux de revenir à Notre-Dame de Grâce. Il félicita le curé et les paroissiens pour la situation enviable dans laquelle se trouve leur paroisse, en ces temps difficiles qu'ils traversaient.
"Vous faites honneur à toutes vos obligations et vous trouvez le moyen d'éteindre votre dette, dit M. Grégoire. Ce n'est pas facile d'éteindre une dette, par le temps qui court". Et, se tournant vers M. Lavergne, il dit: "J'aurais presque envie de vous inviter, avec vos marguilliers, à venir passer quelque temps à l'Hôtel-de-Ville !

Nous assistons ce soir, continua le Maire, à une belle fête de famille. Ce n'est pas d'aujourd'hui que les Canadiens-Français se groupent autour de leurs prêtres. C'est pour cela que nous avons survécu. Après la cession de la Nouvelle-France à l'Angleterre, le clergé fut le seul appui de la population et c'est autour du clocher que se reforma la vie canadienne. C'est par le clergé que notre peuple a pu conserver sa langue, ses traditions et sa foi. Continuez d'agir de la sorte et que tous nous fassions de même."
Après de nouvelles félicitations au curé et paroissiens de NDG, le Maire Grégoire aborda un autre sujet, qui avait été annoncé par l'abbé Lavergne quelques minutes auparavant, la question économique et sociale. Le Maire ne fit qu'énoncer certaines idées déjà connues, mais pas assez. Il se déclara, en conformité avec l'Encyclique "Quadragesimo anno", pour une meilleure répartition des richesses.
"Nos richesses naturelles, dit-il, nous ont été données par la Providence pour le bien de tout le monde, non pas seulement pour l'avantage de quelques-uns. Nos chutes d'eau, par exemple, devraient fournir à la population éclairage, chauffage et pouvoir à un prix accessible à tous. Actuellement, ce n'est pas ce qui se produit. On manque de charbon en bien des foyers et pourtant le charbon ne manque pas. Il y en a tellement que, dans les mines, on chôme parce qu'on ne peut pas vendre toute la production de ces mines. Et c'est la même chose pour le blé. L'on s'obstine à tenir les prix élevés pour s'assurer de gros dividendes, tandis que la main-d'œuvre chôme ou ne reçoit que des salaires de crève-faim.

De nos jours, les puissants, les grandes compagnies contrôlent tout. Les trusts achètent même les consciences. Lorsque viennent les élections, les puissants délient les cordons de leurs bourses, pour en faire sortir un peu d'argent. Mais c'est parce qu'ils savent bien que, après cette élection, et jusqu'à la prochaine, ils pourront en faire rentrer dix fois plus qu'il en est sorti. J'espère que l'on finira par comprendre ces choses. Des élections vont venir ; alors on vous trouvera du travail. En attendant, vous n'en avez pas.

Lorsque le Pape parlait d'un partage plus équitable des richesses, il parlait pour tous les peuples de la terre. La situation actuelle n'a pas toujours existé. Le temps n'est pas encore très loin où l'on voyait des ouvriers propriétaires de leurs logis et des cultivateurs ayant des terres non hypothéquées. En ces dernières années surtout, notre pays a été inondé de gens qui ont râflé toutes les économies en vendant des obligations qui ne valaient pas le papier sur lequel elles étaient imprimées. C'est ce mauvais capitalisme que nous dénonçons ; c'est contre lui que nous luttons et que nous lutterons sans cesse. Il faut à tout prix que cesse le pillage du domaine national au profit de quelques-uns.L'accaparement de tous les biens par des millionnaires qui tiennent l'argent immobile, n'en jouissent que pour leur bien-être, ne peut pas durer. Rien ne le légitime. Qu'ont-ils besoin d'avoir tant d'argent, quand autour d'eux sévit la misère ?
Et le Maire continua en faisant allusion à la situation actuelle de la ville.
"Les circonstances sont difficiles, dit-il. Il nous faut combattre un régime qui a la vie dure. Mais je crois que nous en viendrons à bout. De plus en plus il y a des hommes qui suiventde près ce qui se passe, et c'est ce qu'il faut. Il ne faut pas avoir peur de regarder ce qui se passe à l'Hôtel-de-Ville. Si on fait bien, approuvez-nous ; si on fait mal, blâmez qui de droit. Des hommes courageux, dit encore M. Grégoire, il en faut. Qu'ils restent debout et "les autres" reculeront."
Le Maire fit ici un bel éloge du Dr Philippe Hamel, un de ces hommes, trop peu nombreux, qui se dépensent sans compter pour améliorer la situation de vie de leurs compatriotes, qui font preuve d'une grande générosité.
"Par ce qui a été dit précédemment, ajouta M. Grégoire en terminant, je constate que la paroisse de Notre-Dame de Grâce donne un bel exemple de générosité. Je voudrais que les autres paroisses fussent au courant de tout ce que vous faites ici. Nous le leur dirons un jour."
(bientôt, le reste des discours)
Michel.

dimanche 3 février 2013

Le 10e anniversaire de NDG (partie 4) : Le discours du curé Lavergne.

 
 

Après la lecture des lettres reçues, le Curé Lavergne a prononcé la partie principale de son discours. Nous n'avons pas le texte intégral mais, en rassemblant les rapports rédigés dans la Bonne Nouvelle et dans l'Action catholique de la fin de 1934, nous pouvons avoir une bonne idée de son contenu :

Le Curé a souligné que l'union la plus complète régnait. Chacun a mis l'épaule à la roue, tout le monde a fait sa quote-part, et ce, tous les jours de l'année. C'est ce qui a permis la réalisation de l'oeuvre qui a été accomplie. Et pour donner une preuve de cette collaboration de tous, en une paroisse où les moyens de la plupart furent toujours modestes, et souvent moins, le curé a donné aussi quelques chiffres pour les recettes en 10 ans :

56,783$ location des places de banc (il n'y avait pas de vente annuelle)
2,110$ mariages, baptêmes et cloches
6,961$ grand'messes
19,487$ sépultures, services anniversaires
28,246$ quêtes hebdomadaires à l'église
18,233$ luminaires
54,114$ salle paroissiale, dons
94,882$ la part de Dieu (faite à domicile par les Enfants de Marie)
13,735$ divers

175,000$ emprunts faits

Parlant des dépenses en 10 ans, il ajouta ces chiffres :

48,031$ salaires
9,952$ cierges, hosties, vin de messe (232,000 communions en 1933)
19,582$ chauffage et éclairage
10,684$ assurances et taxes d'eau
18,666$ frais d'entretien
12,288$ grandes réparations
185,707 constructions
12,142$ ornements, vases sacrés
5,877$ cloches, orgue
7,784$ divers

82,864$ intérêts sur les emprunts

196,072$ dette initiale
47,122$ remboursement
donc:
147,950$ dette actuelle
"Si les paroissiens ne sont pas riches, la paroisse est à l'aise; elle fait face à toutes ses obligations. Les œuvres paroissiales, contrairement aux paroissiens, n'ont pas souffert de la crise, grâce à la générosité de tous."
Il eut des paroles spéciales de remerciements à l'adresse des personnes et groupements paroissiaux qui ont préparé et rendu possible cette démonstration: le comité paroissial, la section locale de la Société Saint-Jean-Baptiste, les Dames de la Sainte-Famille, les Enfants de Marie, les vicaires de N.-D. de Grâce, Bouillé, Blais et Lanouette et l'abbé Guillaume Deschênes, qui secondaient leur curé.

Le curé remercia aussi toutes les personnes qui, au cours des dix années, ont contribué d'une façon ou d'une autre à l'organisation paroissiale, collaborant ainsi au succès que l'on constatait.

Il remercia aussi toutes les personnes qui avaient répondu à son invitation et celles qui, ayant été invitées, ont écrit pour s'excuser de ne pouvoir accepter et offrant au Curé et aux paroissiens de N.-D.-de-Grâce leurs félicitations et leurs meilleurs vœux, ajoutant le nom du père Eugène Guérin, curé de Saint-Sauveur, qui s'est fait représenter par le Père Choquette.

En terminant, l'abbé Lavergne rendit grâce à Dieu pour tout ce qui a été fait depuis dix ans :
"Tout n'est pas fini. Il nous faut maintenant accentuer le mouvement, celui de la piété surtout. C'est votre piété qui continuera à maintenir cet esprit de foi, cette générosité, cette collaboration dont sont nées les œuvres, qui font votre joie et l'admiration de vos amis."
(à venir, les autres discours)
Michel

dimanche 27 janvier 2013

Le 10e anniversaire de NDG (partie 3) : les lettres reçues.

Pendant le banquet du 10e anniversaire de Notre-Dame-de-Grâce, en soirée, le curé Lavergne fut le premier à prendre la parole pour faire lecture de la correspondance reçue exprimant des souhaits à cette occasion. Voici intégralement comment la Bonne Nouvelle avait décrit cette portion de la cérémonie.

"Le soir, banquet, dans la grande salle du Collège, que la Commission des écoles catholiques a voulu prêter aux paroissiens pour cette circonstance. Autour des tables que la charité et le dévouement avaient bien garnies, près de six cents convives. Et il y eut des discours.

D'abord M. le Curé, qui présidait le banquet, donna lecture des lettres reçus. Il renouvela la lecture du court billet que Son Éminence le Cardinal Villeneuve avait eu la bienveillance de lui adresser. Le matin, à la messe, l'assistance l'avait écouté debout, par respect pour l'éminente dignité et la haute autorité de celui de qui il venait. Le soir ce fut la même chose :
"Bénédiction spéciale vœux et félicitations aux paroissiens et au curé et vicaires de N-Dame de Grâce à l'occasion du 10e anniversaire de la fondation de la paroisse.
Cardinal J-M. Rodrigue VILLENEUVE, a.m.i., Archevêque de Québec.
À ces témoignages si précieux et qui excite en notre reconnaissance, il faut ajouter celui-ci de Mgr Laflamme, P.A., Curé de Notre-Dame de Québec. Aux premiers jours de notre paroisse. Mgr Laflamme avait daigné nous honorer de sa bienveillance, en assistant à la bénédiction de notre église et en nous versant une très généreuse contribution :
Québec, 2 novembre 1934.
M. l'abbé Éd.-V. Lavergne, Curé de Notre-Dame de Grâce, Québec.
Cher M. le Curé, 
Je vous remercie cordialement de votre aimable invitation. J'eusse été heureux d'assister aux fêtes destinées à commémorer le dixième anniversaire de la fondation de Notre-Dame de Grâce; mais des devoirs importants me retiendront au poste le dimanche 4 novembre. Je veux pourtant m'unir d'esprit et de cœur aux paroissiens et à leur dévoué Curé pour remercier Dieu des bienfaits qu'Il a accordés au cours de ces dix années. 
Dix ans, ce n'est pas très long dans l'existence d'une paroisse. Mais c'est une période très importante, quand il s'agit des dix premières années. C'est la période de la construction des édifices religieux, de l'organisation paroissiale, de la création des œuvres qui en assureront la vie et la fécondité. 
Notre-Dame de Grâce est aujourd'hui une paroisse bien organisée. Permettez-moi d'en féliciter le pasteur et ses ouailles qui ont travaillé d'un commun accord au progrès et à la prospérité de leur jeune mais bien vivante paroisse. 
Je prierai Dieu avec vous qu'Il continue de répandre ses bénédictions sur Notre-Dame de Grâce, sur le digne pasteur et ses dévoués auxiliaires, ainsi que sur tous les paroissiens. 
Veuillez me croire, cher M. le Curé, votre humble confrère in Xto. 
Eug.-Ch. Laflamme, Ptre.
Et l'Évêque de Valleyfield, qui nous a toujours honorés de son amitié, nous a écrit la lettre suivante, si cordiale et si aimable :
M. l'abbé É.-V. LAVERGNE, ptre.
Curé de Notre-Dame de Grâce Québec.

Cher Monsieur le curé,

J'apprends à l'instant que vous vous préparez à célébrer, dimanche, comme il convient, le 10è anniversaire de la fondation de "N.-D. de Grâce". Cet événèmént me touche bien au fond du coeur, car il me rappelle ce qu'éprouva, à l'automne de 1924, le jeune Évêque de Titopolis, quand il fut délégué par S. Ém. le Card. Bégin pour l'inauguration de sa chapelle temporaire où naquit votre si ardente et si sympathique paroisse.

Je voudrais être au milieu de vous autres pour revivre ces instants inoubliables et tant d'autres qui les ont suivis.

Retenu moi-même par la construction de ma Cathédrale je dois me priver de ce plaisir. Cependant je ne veux pas être tout à fait absent. Permettez donc, cher curé, au dernier survivant des trois Évêques qui se sont penchés sur votre berceau, de s'unir à vouS tous dans l'Action de grâce, et de féliciter curé et paroissiens du beau travail accompli chez vous pendant cette dernière décade.

Je fais des voeux pour que les belles oeuvres déjà opérées soient suivies de beaucoup d'autres, pour que les paroissiens de Notre-Dame conservent toujours leur bon esprit, leur générosité envers leur chère église et envers les pauvres pour que leur piété sincère continue de les soutenir pour les temps d'épreuve que nous traversons tous.

Je m'unis de tout coeur à votre vénéré Cardinal pour demander au bon Dieu de bénir tous mes bons amis de Notre-Dame de Grâce et leur intrépide curé.

Ad multos annos!
Votre bien sincère en N.S.

J. ALFRED LANGLOIS, Év. Vall.
Le Curé de St-Jean-Baptiste, cette belle paroisse qui nous domine sur les hauteurs du cap, a écrit au secrétaire du Comité d'organisation :
Québec, 2 novembre 1934.
Monsieur J.-R. Matte.
209, Arago, Québec. 
Mon cher Monsieur,  
Veuillez m'excuser si je n'assiste point aux fêtes du dixième anniversaire de la fondation de Notre-Dame de Grâce.
Je suis pris par la grippe et ne pourrai pas sortir d'ici à quelques jours. Je vous remercie de m'avoir adressé au nom de votre Comité votre aimable invitation. Je vous souhaite des fêtes parfaitement conformes à votre désir et je vous prie de m'excuser.  
Votre tout dévoué en N.-S. 
J.E. Laberge, Ptre.
Parmi les anciens vicaires, Messieurs les abbés (Napoléon) Tanguay et (Arthur) Lévesque se sont souvenus de la générosité des paroissiens à leur départ. Ils ont écrit des lettres d'excuse, et M. Lévesque a même eu la bonté d'y joindre une offrande pour les œuvres paroissiales.

Un excellent Jésuite, que notre Curé a le bonheur de compter parmi ses amis, lui a écrit:

Sault-au-Récollet, 6 nov. 34. 
Il faut saluer chapeau bas et féliciter de leurs œuvres magnifiques les bons ouvriers du Seigneur, même aprês dix ans seulement de dévouement intense. 
Telles noces dites de fer-blanc revêtent déjà parfois couleur encore plus précieuse, celle de l'or. J'envie ceux qui ont pu vous honorer de leur présence et contribuer au grand succès de la fête. À pareille distance, je m'unis au moins à vos actions de grâces et j'implore sur vous, sur votre exemple, sur vos œuvres si belles et toute votre paroisse, l'abondance des bénédictions du ciel. 
Que Dieu vous garde santé et vous accorde longue vie, en vue de sa gloire et du plus grand bien des âmes qui vous sont si chères. "Prospere procede et regna!" Avec respect et religieux dévouement, 
Votre humble serviteur en J.-C. 
J.A. Plamondon, a.j.
De l'Honorable M. Dupré. dans un télégramme :
Ottawa Ont. 1:18 P.M. Nov. 3 1934 
M. l'abbé Éd.-V. Lavergne, Curé de Notre-Dame de Grâce, Québec. 
J'ai bien reçu l'invitation du secrétaire du Comité, M. J.-R. Matte pour assister à la messe et au banquet à l'occasion du dixième anniversaire de la fondation de la paroisse. J'ai espéré jusqu'à la dernière minute pouvoir accepter votre si aimable invitation; malheureusement je suis retenu ici à Ottawa par affaires extrêment importantes et urgentes. Je serai donc privé de l'honneur et du plaisir d'être parmi vous. Veuillez me permettre de vous présenter ainsi qu'à tous vos paroissiens avec mes chaleureuses félicitations l'expression de mes meilleurs souhaits pour l'avenir. Que de progrès accomplis chez vous depuis dix ans; puissiez-vous continuer au grand avantage et à l'honneur des fidèles paroissiens de Notre-Dame de Grâce et de leur digne Curé. 
Maurice Dupré.
De l'Honorable Ministre des Travaux publics :
Québec, 2 novembre 1934.

M. l'abbé Éd.-V. Lavergne, Curé de Notre-Dame de Grâce, Québec,

Mon cher ami,

J'ai bien reçu ton aimable invitation d'assister, dimanche prochain, à huit heures et demie du soir, au banquet qui sera donné à l'occasion du dixième anniversaire de fondation de ta paroisse. 
Il m'aurait fait plaisir de prendre part à cette fête, mais je dois, malheureusement, m'absenter dimanche matin pour ne revenir à Québec que lundi. Je ne pourrai donc te rencontrer ce jour-là. 
Je te prie d'accepter mes sincères remerciements et de croire à mon entier dévouement. 
J.-N. (Joseph-Napoléon) Francœur.
De M. Oscar Drouin, ancien élève du Curé :
Québec, 2 novembre 1934.
Monsieur J-R. Matte, Secrétaire du Comité, Banquet et Messe, Notre-Dame de Grâce, 209, rue Arago, Québec.

Cher Monsieur,

J'accuse réception de votre invitation m'invitant, ainsi que Madame Drouin, à assister à un banquet dimanche prochain, le 4 novembre, à l'occasion du dixième anniversaire de la fondation de la paroisse.

Je vous remercie beaucoup pour cet envoi et vous voudrez bien remercier les membres du Comité pour moi. J'y serai présent avec plaisir, à moins que je sois forcé de partir pour Montréal demain, ce qui pourrait arriver à un moment donné. Mais si je suis à Québec, je m'accorderai ce plaisir.

Votre tout dévoué, 
Oscar Drouin

De notre architecte : 
Cap-Santé, le 31 oct. 1934 
Cher M. Lavergne, 
Je m'associe de tout cœur à la commémoration de la fondation de votre belle paroisse, et je vous remercie de l'invitation que vous me faites d'assister à la messe et au banquet qui auront lieu à cette occasion. 
Je ne pourrai pas, je le crains, assister à la célébration du 10e anniversaire de Notre-Dame de Grâce, car mon père est si malade que je m'attends qu'il ne verra pas la fin de la semaine... 
Toutefois, soyez assuré que le 4 novembre je n'oublierai pas ce petit coin de Québec, auquel je suis resté attaché intimement. 
Je vous prie, M. le Curé, de croire à mes respectueux sentiments, 
Gérard Morisset, 1, rue Turnbull, Québec."
Michel.

dimanche 20 janvier 2013

Le 10e anniversaire de NDG (partie 2) : la messe solennelle


Après avoir bénéficié de la totalité de la une de l'Action Catholique, la veille du 10e anniversaire, la paroisse NDG a vu ses cérémonies décrites, le lendemain, en détails en page 3 du même quotidien. Le grand titre était "Grandes fêtes religieuses et paroissiales Notre-Dame de Grâce" et le sous-titre "Mémorable fête de famille".

Cet article de Jean-Thomas Perron du 5 novembre 1934 avait comme résumé:
"Brillante célébration du 10ème anniversaire de la paroisse. - Messe solennelle célébrée par M. l'abbé G. Dechêne et sermon par M. l'abbé Jules Lockwell. - Grand banquet le soir. - M. le curé É.-V. Lavergne insiste sur l'union qui règne au sein de sa paroisse et passe en revue les magnifiques progrès réalisés au cours de cette première décade. - Les oeuvres paroissiales n'ont pas souffert de la crise. - M. le curé rend hommage à la générosité et à la bonne volonté de ses paroissiens. - Discours du maire, des échevins Morin et Trépanier, du R.P. Choquette, de l'abbé Lockwell et du Dr. Philippe Hamel."
Suivons aussi la description que "La Bonne Nouvelle" fit de cette mémorable journée.
"Ce fut une belle journée. D'abord la messe solennelle, qui a appelé aux pieds des autels une foule reconnaissante. Elle remplissait toute l'église. Aux messes précédentes, même à celle-ci qui était tardive (10h.45), nous avons distribué des centaines de communion.

À l'Autel, M. l'abbé Guillaume Dechesnes, professeur de philosophie au Séminaire de Québec. Enfant de la paroisse, c'est lui qui, il y a dix ans, chantait la première messe paroissiale dans le soubassement du Couvent, et celle de la bénédiction de l'église, l'année suivante. Les services qu'il a rendus à la paroisse en toutes circonstances ne se comptent plus."
Il était assisté à l'autel du père Arthur? Normand, de Saint-Sauveur, et de l'abbé Lactance Blais, vicaire.
"À l'orgue, la Chorale sous la direction de M. Moïse Fradet. Lui aussi était là au début de la paroisse. Malgré la maladie et les épreuves, son dévouement s'est maintenu avec un courage inlassable. Ses chantres savent l'apprécier. Était là aussi la Petite maîtrise, ceux que nous appelons les "Petits chanteurs en toge" à cause qu'ils portent, par-dessus leur costume aux couleurs de la Vierge, une toge taillée dans le style des professeurs de l'université. Maintenant, c'est le Frère Eugène qui en a la direction. Longtemps le Frère Anselme se dévoua à la former. À certains moments quelques-uns atteignirent presque la célébrité en chantant à la radio, soit au bénéfice des pauvres, soit pour le compte de la Cie "Pony Brand". Tous ceux du début sont partis, quelques-uns sont passés à la chorale des hommes. L'organiste actuelle Mlle (Marie-Anna) Hamel a remplacé Mlle Bernadette Lavergne, devenue Mme Aurélius Blouin.

Et nous avons eu une belle messe bien choisie et bien chantée. En chaire, M. l'abbé Jules Lockwell, aujourd'hui curé de Donnacona. Ce fut le premier vicaire. Il a connu les débuts de la paroisse. Il sait les sacrifices qu'il faut jeter dans les assises d'une œuvre, pour en assurer la vie, et il ne les a pas menagés. Il a été l'homme de toutes les organisations, pénibles, difficiles, qui réclament non seulement du dévouement mais du savoir-faire. Il nous a donné l'un de ses meilleurs sermons, plein de cœur et de doctrine." 
Il félicita les paroissiens pour la générosité constante dont ils ont fait preuve et qui a assuré la parfaite organisation paroissiale dont ils jouissaient après dix ans.

Se joignirent à cette célébration : le maire Joseph-Ernest Grégoire, les échevins Trépanier et Morin, le Dr. Philippe Hamel, Albert Maheux (président de la section locale de la Société Saint-Jean-Baptiste), F.-X. Jobin, Benoît Morin et Georges Parent (paroissiens).

(à venir : le banquet)
Michel.
(merci à Bibliothèque et Archives Nationales du Québec)

dimanche 13 janvier 2013

Le 10e anniversaire de NDG à la une de l'Action Catholique.

Le samedi, 3 novembre 1934, la veille du 10e anniversaire de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce, le quotidien L'Action Catholique consacrait toute sa première page à cet événement !  Avec comme titre : "10e anniversaire de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce, à Québec, 1924-1934", la page montrait des photos du curé Édouard-V. Lavergne, des vicaires Paul Bouillé, Adrien Lanouette et Lactance Blais, et des marguilliers Ernest Giroux, Benoist Morin et Omer Barbeau.

La page 1 était ornée aussi de photos du Couvent NDG (des Soeurs de Saint-François-d'Assise), du Collège NDG (des Frères des écoles chrétiennes), de l'église de NDG, de son maître-autel et de la Grotte Notre-Dame-de-Lourdes.

Voici le texte qui accompagnait les photos et qui continuait dans une autre page (incluant les erreurs; pour les dates exactes, on consultera l'historique succinct de NDG ici) :
"La vieille cité de Champlain compte actuellement 22 paroisses. La plus ancienne est Notre-Dame-de-Québec, dont la fondation remonte à 1621. La plus jeune est celle du Saint-Esprit, fondée en 1930. Les autres paroisses furent fondées au dates suivantes : Saint-Roch en 1829, Saint-Sauveur en 1843, Saint-Patrice en 1856, Notre-Dame-de-la-Garde en 1877, Saint-Jean-Baptiste en 1886, Stadacona en 1884, Limoilou en 1896, Saint-Malo en 1898, Notre-Dame-du-Chemin en 1900, Jacques-Cartier en 1901, Saint-François-d'Assise en 1914, Sacré-Coeur-de-Jésus en 1917, Saint-Coeur-de-Marie en 1918, le Très-Saint-Sacrement en 1921, Saint-Pascal (Maizerets) en 1923, Notre-Dame-de-Grâce en 1924, Saint-Dominique en 1925, Saint-Joseph en 1925, Saint-Fidèle en 1927 et celle des Saints-Martyrs (Belvédère) en 1928.

Nous voulons parler aujourd'hui de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce qui célébrera demain le 10e anniversaire de sa fondation. À cette occasion, il y aura une messe solennelle à 10 heures 45. Le sermon de circonstance sera donné par M. l'abbé Jules Lockwell, curé de Donnacona, qui fut le premier collaborateur (comme vicaire) du curé-fondateur de cette paroisse, M. l'abbé Éd.-V. Lavergne.

Le soir, à 8 heures 30, aura lieu à salle de l'école des Frères, avec la permission du président de la Commission scolaire, un grand banquet qui réunira un grand nombre de paroissiens. Son Honneur le maire Grégoire sera présent avec plusieurs de ses collègues de l'Hôtel-de-Ville. On compte aussi sur la présence de plusieurs autres personnages, notamment une couple de ministres.

À l'occasion de cet anniversaire, on nous permettra de donner quelques dates, de signaler quelques événements importants qui se sont déroulés en cette paroisse dont les annales, malgré leur jeunesse, sont déjà chargées.

L'érection canonique de la paroissse Notre-Dame-de-Grâce fut faite le 9 octobre 1924, par un décret de S. Ém. le cardinal Bégin. Le lendemain, M. l'abbé Éd.-V. Lavergne, alors rédacteur à l'Action Catholique, était nommé curé fondateur. M. l'abbé Jules Lockwell, vicaire au Sacré-Coeur-de-Jésus, était nommé vicaire à N.-D.-de-Grâce.

Le premier office paroissial eut lieu le 1er novembre, dans la salle de l'École paroissiale de l'Immaculée-Conception. La bénédiction de la première cloche eut lieu le 14 novembre par S. Exc. Mgr A. Langlois. Cette cloche reçut les noms suivants: Marie-Nazaire-Eugène-Alfred-Édouard-Jules.

Au début de 1925, la paroisse se composait de 702 familles, soit 3492 âmes.

L'élection des premiers marguilliers eut lieu le 25 janvier 1925. Furent élus: marguilliers du ban : MM. Stanislas Gagnon, Alphonse Paquet et Théodule Roberge; anciens marguilliers: MM. Wilfrid Charest, Alfred Pichet, Marcel Rochete et Alfred Larose.

En mars 1925 commencèrent les travaux de construction de l'église, d'après les plans préparés par M. l'abbé Jean-Thomas Nadeau et M. le notaire Gérard Morisset. La bénédiction de la pierre angulaire eut lieu le 21 juin; elle fut présidée par S. Ém. le cardinal Bégin.

Le 8 décembre 1925, fondation de la Maîtrise de N.-D.-de-Grâce.

Le 2 mai 1926, bénédiction de l'église, par S. Exc. Mgr A. Langlois.

Le 14 mars 1927, arrivée des cloches.

Le 6 septembre, ouverture de l'école St-Tharcisius.

Le 16 octobre 1928, première messe pour les malades et les infirmes.

Le 15 août 1929, bénédiction de la Grotte de N.-D.-de-Lourdes par S. Exc. Mgr Omer Plante.

Le 1er septembre 1931, bénédiction de l'école paroissiale des garçons, par S. Exc. Mgr Omer Plante.

Le 3 avril 1932, noces d'argent sacerdotales de M. l'abbé Lavergne, curé.

Le 24 juin 1933, célébration de la fête nationale, avec la présence de Lord et Lady Bessborough, du cardinal Villeneuve et du Délégué apostolique.

Ces notes sont extraites de la "Bonne Nouvelle" dont le premier numéro fut distribué le 25 octobre 1924."
Dans les prochaines semaines, nous vivrons comme si nous y étions la cérémonie du 10e anniversaire, décrite elle aussi dans l'Action catholique et dans la Bonne Nouvelle.

Michel.
(Félicitations à Bibliothèque et Archives Nationales du Québec qui rendent disponibles sur leur site internet plusieurs revues et journaux, incluant L'Action Catholique.)

dimanche 6 janvier 2013

La pauvreté : un problème constant à NDG en 1934.

Tout au long de l'année 1934, la pauvreté à NDG a été une préoccupation. Voici quelques aspects de ce problème qu'on pouvait retrouver dans La Bonne Nouvelle.

Les taudis.

Il y avait dans la rue Joliette, dans la rue Colbert et un peu partout à travers la paroisse des logements que le Bureau de santé pouvait considérer comme inhabitables. Une amélioration de la situation pouvait être espérée si ce Bureau de santé voulait collaborer avec le programme du Maire Grégoire. Un inspecteur des taudis a déjà été très dévoué. Il l'était considéré trop par certains propriétaires à qui ça ne faisait pas l'affaire. On l'a supprimé, ou du moins paralysé.

Les prix des places aux messes.

À toutes les messes, chacun devait normalement payer sa place 10 cents, ou encore des billets étaient en vente à trois pour 25 cents. Afin que les pauvres n'aient aucun prétexte de manquer la messe, ces billets pour les chaises leur étaient donnés à la demande, en sorte qu'ils n'aient pas la gêne de n'avoir rien à présenter quand passait le collecteur. Ainsi dans l'église, il n'y avait plus ni riches, ni pauvres, mais des paroissiens unis dans la charité: les riches donnaient un peu plus afin de suppléer à ce qui manquait du côté des pauvres.

Des enfants s'absentaient de l'école à cause de la pauvreté.

Dans une causerie à la station de radio CHRC, au printemps de 1934, le curé Lavergne s'indignait du dénuement dans lequel vivaient des enfants de la paroisse :
"Ainsi dans ma paroisse, j'ai près de soixante enfants, probablement plus, qui ne vont pas à l'école parce qu'ils sont nu-pieds. J'ai des familles où l'on ne prend qu'un repas par jour. On se lève tard, pour manger moins en dormant plus, parfois sans paillasse et sans lit, sur un amoncellement de chiffon. Presque chaque jour des femmes viennent demander du secours, des lettres de recommandation, etc. J'ai déjà chaussé et habillé deux douzaines de petits garçons et de petites filles; mes ressources ne peuvent suffire. L'autre jour, un pauvre homme de mes paroissiens que je croyais à l'aise rôdait devant le presbytère. Il s'est décidé à dire: "J'ai perdu ma position depuis six mois: nous avons mangé nos dernières économies avant hier. Je suis sorti pour demander du secours. Mais je n'ai pas pu, j'avais trop honte. Je n'ai jamais mendié. Hier, on n'a pas mangé. Ma femme et mes enfants sont restés couchés. À matin, j'ai été réveillé par les plus jeunes qui pleuraient et demandaient à manger. Ça m'a décidé à venir vous voir, mais si vous n'aviez pas commencé, j'étais pour partir comme ça." "
 
Rappelons que le Curé sollicita les auditeurs pour donner à l'ouvroir le linge qui encombrait les garde-robe, les tiroirs et les commodes et qu'il disposait d'une auto, au service des pauvres. "Appelez 8980", demandait-t-il (voir l'image).

Le 6e anniversaire de la crise économique.

Dans la causerie du 6 novembre 1934, le curé analysait la situation qui perdurait depuis quelques années :
"Depuis six ans bientôt que dure cette interminable et désastreuse crise. Quoiqu'en disent les optimistes, il n'apparaît pas que la situation s'améliore. Si quelqu'un en doute, qu'il vienne et nous le conduirons dans les familles jadis à l'aise, aujourd'hui à la veille d'être jetées sur le pavé. Nous lui montrerons des enfants mal vêtus, à la figure échignée, aux membres décharnés, chez qui tout annonce le manque d'une alimentation convenable et suffisante, et qui ont connu des jours meilleurs. Voici la sixième fois que l'hiver vient. Ayons la loyauté de l'admettre: le mal achève de ronger les économies de ceux qui, en prévision de l'avenir, avaient sagement accumulé le fruit de leurs restrictions et de leurs sacrifices."
C'étaient 6 années sur les 10 ans d'existence de NDG qu'il ne fallait cependant pas s'empêcher de fêter (à venir ! ).

Michel.