Paroisse Notre-Dame-de-Grâce

Ce site est consacré à la paroisse Notre-Dame-de-Grâce,
qui a été créée en 1924 et
réintégrée à la paroisse-mère Saint-Sauveur en 1997,
dans la ville de Québec.




EXPOSITION PERMANENTE





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Table des matières

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Historique de NDG en résumé

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Précisions

Les prêts qui me furent faits de nombreux documents me décidèrent à partager ces souvenirs avec la collectivité. Vos commentaires, souvenirs et suggestions sont les bienvenus, de même que vos corrections des erreurs ou omissions involontaires.

Notes :

Nous respectons le désir des individus de ne pas voir leur nom ou leur photo apparaître.

Pour lire les messages, toujours descendre après le "Hommage à Simonne Tardif (Dumont)".

La présentation est optimale en fonction de Windows XP, avec Firefox (Mozilla) comme navigateur et lorsque les fenêtres sont ouvertes à pleine largeur. À défaut de ces conditions, on risque de rencontrer des irrégularités.

On peut cliquer sur les photos pour les agrandir.

Les messages sont sujets à des mises à jour, sans autre avis.

Michel Gignac

Horaire de l'Exposition

À VISITER au
CENTRE COMMUNAUTAIRE ÉDOUARD-LAVERGNE,
390 Arago Ouest :

EXPOSITION permanente pour rappeler
la paroisse Notre-Dame-de-Grâce,
son curé fondateur et son église.

Elle peut être visitée surtout
le VENDREDI entre 9h et 21h,
le SAMEDI entre 9h et 15h,
(fermée le dimanche)

Pour ces jours et pour les AUTRES JOURS,
prière de s'entendre avec un préposé
(418-691-7190 ou 418-641-6252).

ENTRÉE GRATUITE

N.B. Liens vers les messages concernant l'Exposition :
inauguration
photos
crédits

Simonne Dumont (Tardif) 1920-2018

Simonne Dumont (Tardif) 1920-2018

Hommage à Simonne Tardif (Dumont), co-fondatrice du blogue et qui a écrit ce texte :

ÉLOGE DE L'ÉGLISE

Les cloches ont sonné pour la dernière fois dimanche le 29 juin 1997. Les portes de l'église Notre-Dame de Grâce dans Saint-Sauveur se sont fermées à jamais après une dernière messe solennelle dans l'église que remplissaient des résidents et d'anciens paroissiens heureux d'y revenir mais tristes de la voir fermer. La générosité de ces derniers avait permis de la conserver plusieurs années, permettant à la paroisse de célébrer son 70e anniversaire en 1994. Mais la baisse d'assistance aux offices avait fait diminuer les revenus, causant finalement la fermeture.

Depuis, des organismes ont essayé en vain de faire revivre ce temple merveilleux. Mais pendant ces années, la bâtisse s'est détériorée, ce qui fait que le Journal "Le Soleil" annonçait le 15 octobre 2008 : "L'église sera démolie d'ici Noël" pour faire place à des logements. Que de serrements de coeur pour ceux et celles qui y sont attachés !

Nous perdons donc définitivement notre belle église. Le curé-fondateur Édouard Lavergne en 1924 (voir photo), s'il voit son église débâtie, va certainement être très triste comme nous, les paroissiens. C'était un immeuble d'une grande qualité acoustique, classé édifice à "valeur patrimoniale élevée" par déclaration gouvernementale. Le glas a sonné mais je sais que toutes les personnes qui ont fréquenté ce temple en garderont de bons souvenirs.

L'église est maintenant démolie et, pour rappeler l'histoire de la paroisse, ce site "NDGquébec" se plaît à évoquer certains événements et certains aspects de la vie à NDG, à l'aide de photos, d'extraits de "La Bonne Nouvelle", le journal de la paroisse à ses débuts, etc. Les curés et vicaires dévoués, les constructeurs, les marguilliers, les bénévoles ne seront pas oubliés.

Simonne Dumont.
(Photo de l'église prise le jour de la fermeture.)

dimanche 4 mars 2012

Un monument de l'Agonie dans le parc de la grotte

Dans le parc Notre-Dame-de-Lourdes, une statue est venue s'ajouter à la grotte en 1932. En effet le 11 septembre, le cardinal J.-M.-Rodrigue Villeneuve est venu bénir la station de l'Agonie. Je ne peux donner beaucoup de détails sur cette cérémonie car la Bonne Nouvelle du retour après les vacances d'été de 1932 est manquant dans le précieux lot qui nous a été remis par Daniel Therrien. Mais Lionel Roberge a, en 1949, écrit un court paragraphe à ce sujet. Voici ce qu'on peut ajouter :

L'abbé Pierre Gravel donna le sermon, en présence des invités parmi lesquels se trouvaient Maurice Dupré, solliciteur général et député du comté, le maire de Québec Henri-Edgar Lavigueur de même que ses échevins. Chaque année à la Fête-Dieu, un reposoir était dressé à cet autel de l'agonie.

Michel.

dimanche 26 février 2012

Message personnel du Pape pour la paroisse NDG en 1932

La Messe des malades du 11 octobre 1932 à NDG connut l'honneur de la réception d'un message personnel du Pape. À cette occasion, 150 malades sont venus de différentes paroisses.

Pour cette cérémonie, tous les bancs de la nef centrale avaient été enlevés. Des places avaient été réservées pour les malades qui devaient venir à la messe, transportés dans leurs lits grâce aux ambulanciers de la ville. Les autres avaient des fauteuils. Six garde-malades de l'Hôpital du Saint-Sacrement se tenaient constamment près des lits pour surveiller les patients. Il s'agissait de Germaine Poliquin, Germaine Julien, Bernadette Chalifour, Gilberte Demers, T. Guité et Lorette Bolduc. La messe fut célébrée par le Chanoine Joseph? Vaillancourt, de l'Archevêché.


À l'Évangile, lecture fut faite d'un message du Pape Pie XI adressé à la paroisse NDG par câblogramme (sorte de télégramme) par les mots de son secrétaire le Cardinal Eugenio Pacelli (futur Pape Pie XII) et par l'intermédiaire de Mgr Villeneuve. Voici ce texte au style télégraphique :
"Oct. 11, 1932
Citta del Vaticano

Archevêque Villeneuve
Québec,

Très sensible aux hommages du curé Notre-Dame-de-Grâce, des prières et souffrances offertes à ses intentions par les malades de cette ville, Saint-Père implore sur tous effusion des faveurs célestes et envoie bénédiction apostolique.

Cardinal PACELLI."
Le sermon fut donnée par l'abbé Guillaume Deschênes, du Séminaire de Québec. La communion fut distribuée à chacun à sa place respective. La messe fut suivie de la bénédiction du Saint-Sacrement. Pendant les cérémonies, les Petits chanteurs en toge, dirigés par le Frère Anselme, exécutèrent plusieurs cantiques appropriés.

Dehors, le service d'ordre à l'arrivée et au départ des ambulances fut fait par la Garde d'honneur Jeanne-d'Arc sous la direction du vicaire Paul Bouillé.


Michel.

dimanche 19 février 2012

Une double ordination en 1932, à NDG.

Comme événement annuel à NDG, une double ordination eut lieu dimanche le 8 mai 1932. Les abbés Cyrille Duchesneau (photo de gauche) et Valmore Lépine (photo de droite) furent ordonnés par Monseigneur Langlois, évêque de Valleyfield. L'abbé Duchesneau allait, dans la décennie suivante, devenir vicaire à NDG puis curé du Lac-Frontière.

Le sermon fut prononcé par l'abbé Adolphe Laberge. L'évêque fut assisté de Mgr Élias Roy comme prêtre assistant et des abbés Lionel Bernard et Louis Lévesque comme diacre et sous-diacre. L'abbé Pilon de Valleyfield dirigea les cérémonies. L'abbé Étienne Cloutier et le Chanoine Saint-Germain de Nicolet assistaient les nouveaux lévites.

Au premier rang dans la nef on remarquait: M. et Mme Eugène Duchesneau, parents du nouvel ordonné; ses sœurs Mmes Léger Drolet, Lauréat O'Hern, Odilon Laflamme, Mlles Lucienne et Marguerite Duchesneau; ses oncles Maxime et Joseph Duchesneau; ses tantes Mmes Omer Côté et François Beaulieu; les parents de l'abbé Lépine et ses sœurs, Mme A. Fortier Désilets et Mlle Jeanne Lépine.

Au chœur: le curé Lavergne, les abbés C.-E. Saint-Germain, Albert Goulet, Maurice Roy, Aurèle Ouellet, J. Denis, Adolphe Laberge curé des Saints-Martyrs, Paul Bouillé, Lactance Blais, Léger Létourneau, Gérard Marchand, et les pères Laperrière et Parent.

Le lendemain, l'abbé Lépine dit sa première messe à Lévis au Couvent du Précieux-Sang, et l'abbé Duchesneau, à l'Ancienne-Lorette où le curé Lavergne prononça le sermon et où une partie de la chorale de NDG se chargea d'exécuter quelques chants.

Michel.

vendredi 17 février 2012

Les avis de décès dans les médias nous apprennent celui de Jean-Marie Tendland, ancien marguillier de Notre-Dame-de-Grâce élu en 1978. Il était également actif entre autres dans le secteur des Loisirs de la paroisse.

Son service aura lieu samedi le 18 février à 14:00, à l'église de Saint-Malo (275 Marie-de-l'Incarnation). Un registre à sa mémoire pouvait être signé au site :

http://www.lepinecloutier.com/avis-de-deces/list?letter=t
qui n'est plus disponible.

Il était l'époux de Lucille Chouinard (Tendland), également ancienne marguillière de NDG.

Michel.

dimanche 12 février 2012

Enfants de choeur de 1932

Nous avons la rare chance d'avoir accès en même temps aux noms des enfants de choeur de 1932 à NDG, et à leurs photos ! (Cliquer sur les images pour les agrandir, ou les enregistrer dans votre ordinateur.)

1 Jacques Lachance
2 André Lachance
3 Fernand Fortier
4 Henri Gagnon
5 René Gagnon
6 Jean-Louis Gagnon
7 Paul-René Côté
8 Lucien Côté
9 Jean-Marie Gignac
10 Raymond Dion
11 André Dion
12 Laurent Dion
13 Adolphe Voyer
14 Jean Voyer
15 Raymond Savard
16 Gérard Gamache
17 Gérard Leclerc
18 Joseph Bérubé
19 Guy Larose
20 Paul-Henri Dinel
21 Paul-Émile Plante
22 Paul-Émile Simard
23 Paul-Émile Tremblay
24 Louis-Aimé Demers
25 Claude Lelièvre
26 Albert Giguère
27 Paul-Émile Leclerc
28 Adélard Huot
29 Charles-Henri Lemelin
30 Adrien Laplante
31 Paul-Émile Gamache
32 Roger Gamache
33 Rosaire Boissonneault
34 Yvon Boissonneault
35 Paul-Albert Parent

36 Rosaire Parent
37 Eugène Cloutier
38 Roland Cloutier
39 Louis-Marie Saint-Pierre
40 Arthur Saint-Pierre
41 Roland Verret
42 Marcel Royer
43 Lucien Deschamps
44 Albert Deschamps
45 Émilien Cardinal
46 Henri Cardinal
47 Joseph Gamache
48 Napoléon Gamache
49 Albéric Langlais
50 Henri-Georges Leclerc
51 Roger Côté
52 Eugène Morency
53 Gilbert Lavoie
54 Robert Émond
55 Paul-Émile Bélanger
56 Alphonse Bilodeau
57 Ernest Langlais
58 Marius Gagnon
59 Bruno Gignac
60 Josephat Ménard
61 Honorius Plante
62 Benoît Langlois
63 Léopold Dessureault
64 Claude Champagne
65 Paul Morissette
66 Oscar Lacasse
67 Camille Miller
68 Alfred Roy
69 Roger Roy
70 Paul-Henri Gauthier
71 Charles-Émile Blais
72 Fernand Blais

Je pensais qu'ils étaient payés pour chaque messe servie, mais il est indiqué que chacun devait payer 2$ par année.

Michel.

dimanche 5 février 2012

NDG devenait un régulier à la radio de CHRC

Au printemps de 1932, la paroisse Notre-Dame-de-Grâce renouvelait son expérience de contribution à la station de radio CHRC de janvier 1930 et devenait en quelque sorte un participant régulier à ce média.

Mardi le 5 avril 1932, le curé Lavergne y donnait une causerie au sujet de la pauvreté et le chômage. Il la terminait par cette demande d'aide :
"Ah! je vous prie, ne vous gênez pas de nous envoyer de tout. Des aliments, des secours en argent seront reçus avec reconnaissance. En ville, j'ai une auto à vos dispositions; téléphonez 8980. Merci, Mesdames et Messieurs, de votre bonne attention."
La semaine suivante, soit le 12 avril, il était accompagné par la Maîtrise des enfants et par la Chorale paroissiale. Comme illustration, en voici quelques éléments du programme :

Choeur des soldats (de l'opéra Faust, de Charles Gounod) par la Maîtrise;
Sancta Maria (de Jean-Baptiste Faure) par Gabriel Plante;
Les Martyrs aux arènes, par Monsieur Delisle;
Discours du Curé Lavergne;
Chantez voix bénies (de Charles Gounod) par la Chorale et la Maîtrise;
Viatique (de Cécile Chaminade) par J.-Moïse Fradet (directeur de la Chorale);
Notre-Dame-du-Canada, par Charles-Henri Cantin, soliste.

La photo montre les solistes de la Maîtrise, qui étaient :

Charles-Eugène Moisan, Paul-Émile Fournier, Lucien Fortier, Gérard Lachance, Charles-Henri Cantin, Ludovic Dumont, Alexandre Lapointe, L. Villeneuve, C. Lachance, Roger Cantin (il manque un nom).

Pour une troisième semaine de suite, NDG se faisait entendre sur les ondes jeudi le 21 avril, par l'entremise du Curé Lavergne qui fit porter sa causerie sur la Messe des malades qui allait avoir lieu le 31 mai suivant, célébrée par Mgr Villeneuve, et sur son historique. Il rappela qu'à une occasion "le Cardinal Rouleau chanta une grande messe, mais l'expérience a démontré que c'était trop fatiguant pour plusieurs malades: maintenant c'est une messe basse que l'on dit." Il souligna que la Confrérie des malades de NDG comptait près de 1000 membres.

Mais d'abord, il remercia les auditeurs pour leur générosité, suite à son appel du 5 avril :
"Grâce à cette merveilleuse et inépuisable charité, il a été possible depuis quinze jours d'assurer la nourriture et le chauffage dans une trentaine de familles; de meubler en partie ou presque totalement les foyers auxquels manquaient soit des lits, des chaises, des tables ou des ustensiles de cuisine; nous avons distribué près de 60 à 80 vêtements de toutes sortes. Encore tout ému des merveilles de charité dont j'ai été le témoin depuis ces quinze jours, je ne puis aborder la causerie de ce soir, sans adresser à travers l'espace, par les ondes commodes du poste C.H.R.C., à tous les généreux donateurs d'argent, de vêtements ou meubles, à tous les auxiliaires, charretiers, distributeurs, couturières ou autres, qui ont rendu efficace mon appel de l'autre soir, un chaleureux merci."
La causerie fut agrémentée par le cantique Credo, de Jean-Baptiste Faure, interprété par J.-Moïse Fradet (au piano: Bernadette Lavergne).

Michel.

samedi 28 janvier 2012

Jubilé d'argent du Curé Lavergne, partie 3 (autres hommages)

Toute la semaine qui précéda le 3 avril 1932, date du 25e anniversaire de sacerdoce du Curé Lavergne, des lettres venues des quatre coins du pays et même des États-Unis, dont des télégrammes adressés de partout - même d'outre-mer - ont chanté en termes bien élogieux les talents et le mérite du jubilaire. Par exemple, L'Association Canado-Américaine a fait parvenir à M. Lavergne une très généreuse souscription, en hommage « pour le prêtre qui s'est tenu à nos côtés, nous a encouragés, soutenus, fortifiés, éclairés, aux heures de misère que nous avons traversées. Voyez-y aussi le tribut de notre admiration à l'apôtre de la survivance française en Amérique. »
« Je me rappelle, dit un curé, avoir un jour entendu le regretté cardinal Bégin appeler M. Lavergne "son bras droit dans le diocèse". J'ai vu votre curé à l'œuvre comme missionnaire diocésain. Pendant 15 ans, sa parole éloquente et enflammée a retenti à travers le Canada et jusqu'aux États-Unis... Nous lui devons un remarquable volume: SUR LES REMPARTS que Henri Bourassa "a salué comme le plus beau livre du siècle". »
Le lendemain des cérémonies du jubilé d'argent, dans les écoles, il y eut présentation d'adresse et vœux. Chez les Frères et chez les Sœurs, les enfants donnèrent deux programmes différents.

En particulier, au couvent dans l'après-midi de ce 4 avril 1932, la présence du Curé de Thetford-les-Mines, l'abbé Gédéon Sauvageau, donna un éclat spécial à la fête. M. Sauvageau dans une courte allocution résuma la carrière du jubilaire. Les professeurs laïques de l'école et du couvent attendaient le curé avec une bourse très généreuse et une adresse où ils se dirent certains que cette obole soulagerait quelque détresse.

Une semaine plus tard, dimanche le 10 avril 1932, les membres du Comité Paroissial, l'Orchestre, le Cercle dramatique, avec toutes leurs familles, se sont réunirent à la salle paroissiale pour offrir, dans une fête de famille, leurs hommages au Curé à l'occasion de son 25e anniversaire. Le chroniqueur a raconté :
"Ils avaient tenté de tenir la chose secrète; mais la mèche ayant été éventée, ils ont manœuvré de telle sorte que le Curé a cru, en se rendant à la salle, s'en aller prendre part à une fête organisée pour fêter M. l'abbé Paul Bouillé, directeur de la salle paroissiale. Aussi est-il reste paralysé d'émotion en constatant que, après huit jours, c'était encore lui l'objet de la fête. Si bien qu'il n'a pas pu trouver un mot de remerciement pour l'adresse et la belle croix d'argent solide qu'on lui présentait. Les auteurs du tour riaient aux larmes de cet embarras où ils s'étaient plu à mettre leur pauvre curé. C'était un droit que celui-ci leur a reconnu, jurant tout de même qu'on ne le reprendrait plus."
La soirée s'est continuée par une amusante comédie interprétée par le Cercle dramatique. De plus, chacun y alla de sa chanson ou d'un instrument de musique approprié à son talent. Et le tout se termina par un léger goûter. "Le Curé espère que maintenant les fêtes sont finies jusqu'aux noces d'or et que la vie va reprendre son cours normal !"

Dans la Bonne Nouvelle du 16 avril, le curé Lavergne à nouveau remercia cordialement pour les belles fêtes organisées à l'occasion de ses 25 ans de sacerdoce :
"Une fois de plus, notre paroisse a démontré son dévouement et son habileté à conduire une entreprise à un très grand succès. Nos invités sont partis enthousiasmés, criant très haut leur admiration."
Michel
(la photo montre l'église lors d'une cérémonie de ce 3 avril 1932, laissant apparaître à la chaire à gauche la silhouette du vicaire Paul Bouillé)

samedi 21 janvier 2012

Jubilé d'argent du Curé Lavergne, partie 2 (cérémonie du soir)

En plus de la messe du jubilé d'argent, le 3 avril 1932, le soir de la même journée eut lieu à 19 h. une autre cérémonie en présence de Mgr Villeneuve (photo). À ses côtés se tenaient les abbés Guillaume Deschênes du Séminaire et Albert Binet, aumônier des Servantes du Saint Sacrement à Saint-Pascal. Les deux vicaires Paul Bouillé et Lactance Blais occupaient avec le jubilaire Édouard-V. Lavergne les stalles en face du trône de l'Archevêque.

Voici une liste incomplète des assistants :

Au chœur:
Monseigneur J.-E. Laberge, curé de Saint-Jean-Baptiste; Mgr L. Boulanger, curé de Sacré-Cœur; l'abbé A. Gauthier, curé de Giffard; l'abbé Israël Laroche, curé de St-Joseph; l'abbé Horace Gagnon, curé de Belvédère; l'abbé Adolphe Laberge, curé des Saints-Martyrs; le Père Lelièvre; l'abbé Ouvrard, aumônier de l'Hôpital Général; les abbés Jules Lockwell et Arthur Ferland, missionnaires diocésains; l'abbé Albert Binet, aumônier; l'abbé Arthur Lévesque, vicaire à Belvédère; l'abbé Guillaume Deschênes, professeur au Petit Séminaire de Québec; l'abbé Pierre Gravel, vicaire à Saint-Alphonse de Thetford; l'abbé Léger Létourneau, de l'Action Catholique; l'abbé Paul Bernier, de l' Archevêqué; l'abbé Bouillé, vicaire; le Frère Lafrenière; le Frère Paulin du Noviciat de Sainte-Foy; le Frère Émile, directeur du Juvénat.

Parmi les invités d'honneur:
M. et Mme Philippe Lavergne; Mme Tardif; M. et Mme J.-O. Gagnon, cousins du curé Lavergne; le Dr Philippe Hamel; C.-J. Magnan; M. et Mme Rodolphe Deblois ; M. l'échevin et Mme Joseph Boutet; Jules Savard; Henri Latouche; M. et Mme Georges Parent; M. et Mme F.-X. Jobin; le Dr Jules Dorion; MM. et Mmes Ernest Giroux; Théophile Maheux; Honoré Gignac; Amédée Lapointe; Adélard Minguy; Théodule Roberge; Alfred Pichette; Albert Maheux; Elzéar Dion, Stanislas Gagnon et M. Joseph Masson.

Amédée Lapointe, marguiller en charge, présenta les hommages des paroissiens au curé. En lien avec les accusations des journaux comme L'Événement et Le Soleil, il affirma entre autres:
"En un temps où certaines fausses rumeurs semblent nous faire croire que l'on veut vous enlever à notre affection, nous nous en sentons incapables."
Après la lecture de l'adresse, deux enfants, majestueusement vêtus, Auxilia Gaulin et Jean-Marie Gignac, s'avancèrent et offrirent une bourse au jubilaire.

Le curé monta en chaire. Après avoir rendu hommage à Mgr Villeneuve, il s'adressa à ceux et celles qui sont ses fidèles depuis sept ans. "Ces sept années sont les plus heureuses de ma vie", avoua-t-il. Il précisa que la bourse qu'ils lui ont offerte servira entre autres à contribuer à la Société Saint-Vincent de Paul, qui accuse un déficit de $1,200., et au journal "L'Action Catholique" qui est aux prises avec des difficultés financières. Il se dit un peu gêné des "éloges que vous avez mises dans votre adresse, que vous avez entendu ce matin en cette chaire, et qu'une amitié trop généreuse est allée répéter à la radio."

Puis il rendit hommage à quelques figures rencontrées pendant ses 25 années :
Au Séminaire de Québec, l'illustre Mgr Olivier-Elzéar Mathieu (devenu archevêque de Régina)(photo). Au Collège de Lévis, un prêtre modeste, l'abbé Irénée Lecours. Dans sa paroisse, un curé vaillant, l'abbé Odilon Marois. À la tête du diocèse, Mgr Paul-Eugène Roy. Dans sa famille, sa mère ; "mon père était mort depuis 12 ans, quand j'ai été ordonné prêtre ; sa mère, c'est d'elle que l'on tient le meilleur de soi-même." Et parmi les autres disparus, deux curés dont il fut le vicaire; l'un à l'Ancienne-Lorette, le chanoine Faucher, et Mgr Gosselin "dont on a dit que sa sainteté n'eût pas été complète s'il ne m'avait pas enduré deux ans !" Enfin deux paroissiens que la mort a pris, Alphonse Paquet et Alfred Larose, deux marguilliers du début, ajoutant Marcel Rochette qu'une maladie douloureuse retenait chez lui.

Monseigneur Villeneuve fut le dernier à prendre la parole, puis il donna la bénédiction épiscopale.

La cérémonie se termina par le Salut du Saint Sacrement auquel officia le Jubilaire, accompagné des abbés Ouvrard et Gauthier. À l'orgue on exécuta un programme artistique.

Pendant cette célébration, les chorales exécutèrent le programme suivant:
Chantez voix bénies, de Charles Gounod;
O Salutaris, à 3 voix;
Panis Angelicus, soliste: Gabriel Plante
Ave Maria, soliste: J.-Moïse Fradet
Tantum ergo, à 4 voix, de Minard
Magnificat, en faux-bourdon

À l'issue de cette cérémonie, l'évêque visita les comités des diverses organisations paroissiales. Faisons une mention spéciale: Tout au cours de l'hiver, les chômeurs de NDG eurent à leur disposition un endroit particulier où ils pouvaient se réunir chaque jour. Un des chômeurs, M. Latulippe, présenta une adresse à Mgr Villeneuve et il exprima sa reconnaissance au curé Lavergne pour la générosité avec laquelle il les avait suivis.

(partie 3 à venir)
Michel.

dimanche 15 janvier 2012

La messe du jubilé d’argent du Curé Lavergne.

Les 25 ans de vie sacerdotale du Curé Édouard-Valmore Lavergne ont été célébrées principalement le 3 avril 1932. Le quotidien « L’Action catholique » écrivait le lendemain: « D'inoubliables et édifiantes cérémonies se sont déroulées hier à Notre-Dame-de-Grâce ».

Un rédacteur anonyme de la Bonne Nouvelle du 16 avril a fait revivre presque mot par mot ces célébrations. Il résumait d’abord:
« Le présence de trois évêques, d'éminents prélats, d'un clergé nombreux et distingué, de laïques représentant toutes les classes de la société, était une preuve non équivoque de la haute estime, de la grande admiration que l'on témoigne au vaillant et courageux curé de Notre-Dame-de-Grâce. ».
Voici maintenant un résumé de ses transcriptions.

La célébration du jubilé débuta à 10 h 30 par une grand'messe célébrée par M. Lavergne assisté de l'abbé Jules Lockwell comme diacre et de l'abbé Arthur Ferland comme sous-diacre, les deux premiers vicaires de NDG. Mgr J.-A. Langlois, évêque de Valleyfield, assistait au trône, accompagné des abbés Arthur Lévesque, ancien vicaire, et Lactance Blais. Mgr Omer Plante assistait également, accompagné des abbés Oscar Genest et Adolphe Laberge. Avaient pris place au chœur : Mgr Adjutor Faucher, curé de Jacques-Cartier, le Père J. Pelletier du presbytère de Saint-Sauveur, l'abbé Alfred Côté, aumônier des Syndicats Catholiques, l'abbé Rosaire Veilleux, vicaire à la Basilique, l'abbé Paul Gariépy, vicaire à Saint-Joachim, l'abbé Léger Létourneau de l'Action Catholique, l'abbé Paul Bouillé, les Frères Cléophas, directeur, Joseph, Marc, Raymond, Ludger, du Collège de N.-D.-de-Grâce; Lucien, Edmond, Léon et Daniel de la maison-mère de Sainte-Foy. Parmi la nombreuse assistance on remarquait: Talma Lavergne, gérant de la Banque Canadienne Nationale de Sainte-Anne-de-Beaupré; Réal Lavergne, avocat de Québec, frères du jubilaire; sa sœur Bernadette Lavergne, organiste; son neveu Paul-Henri Lavergne; ses nièces Marie-Paule, Olivia, Jeanne et Éliane Lavergne; ses cousin-e-s: M. et Mme J.-E. Lavergne; Mme Tardif. Deux membres de la famille étaient absents, Daniel Lavergne, employé au Département de la Marine à Ottawa et Sœur Sainte Marie Éliza chez les Dames de la Congrégation N.-D.-de-Montréal. Signalons aussi la présence du docteur Jules Dorion, directeur de l'Action Catholique; l'échevin et Mme Rodolphe Deblois; Onésime Girard; M. et Mme Charles-Henri Gagnon ; M. et Mme Amédée Lapointe, etc...

L'église était magnifiquement décorée. Une belle chaîne d'argent encerclait l'église et des blasons argentés portant le nombre 25 se balançaient au milieu de rubans et de fleurs aux couleurs variées. Bernadette Lavergne touchait l'orgue. J.-Moïse Fradet dirigeait la Chorale et le Frère Anselme la Maîtrise des Petits Chanteurs en toge. L'orchestre complétait l'orgue et aidait une messe harmonisée par Omer Létourneau (Kyrie, Gloria et Sanctus).

À l'entrée du jubilaire retentit la Marche pontificale de Gounod. Après l'Évangile, l'abbé Bouillé (futur curé de Saint-Malo) monta en chaire. C'est lui qui fut l'organisateur de ces fêtes. M. Bouillé eut des paroles délicates à l'égard du jubilaire et présenta l'Abbé Pierre Gravel (photo), vicaire à Thetford-les-Mines et futur curé à Boischatel, qui prononça le sermon à titre de fils spirituel d'Édouard Lavergne, un ancien vicaire de Saint-Roch. Il louangea ce dernier comme étant l'âpôtre des syndicats catholiques et aussi l'apôtre de la presse catholique, l'orateur patriote canadien-français que toute l'Amérique du Nord a souvent entendu et applaudi.

Il y eut les chants: Credo en grégorien, O Cor amoris victima par la Chorale des hommes, Agnus Dei de Simon? de Poix et Regina Coeli de Jean-Baptiste Labat. Après la messe, J.-Moïse Fradet entonna le cantique Notre Dame du Canada.

À suivre pour les autres cérémonies.
Michel.

dimanche 8 janvier 2012

Le curé Lavergne, un "indigné" ?

Nous venons de quitter une année où la personnalité de 2011 élue fut le "manifestant", l'"indigné". En survolant La Bonne Nouvelle du 23 janvier 1932, je me suis dit que, s'il avait vécu en 2011, le curé Lavergne aurait probablement été du nombre des indignés manifestant contre le système économique et financier.

En voici quelques extraits :
"Au cours d'une délégation ouvrière dont le rapport a paru dans L'Action Catholique du 30 décembre dernier, l'Honorable M. Taschereau aurait dit, "que les prêtres ne devraient pas monter en chaire pour décrier le capital", qu'il était lui-même à étudier l'encyclique "Rerum Novarum" et que le capital est nécessaire au travail. L'Honorable Premier Ministre a encore été victime d'une distraction. Ne lui en déplaise, et sans manquer de respect à l'autorité qu'il représente, je peux bien le mettre au défi de nommer un seul prêtre qui soit monté en chaire pour décrier le capital. Il y a des prêtres qui montent en chaire, non pour décrier le capital, mais pour dénoncer les abus du capitalisme.

Or, je confesse que j'ai commis ce crime énorme, en commentant l'encyclique "Quadragesimo Anno" Ce qui aggrave mon crime aux yeux des "esprits" qui se croient pondérés parce qu'ils sont lourds de sottises et vides des enseignements de l'Église, c'est que je n'en éprouve aucun repentir et que j'ai le ferme propos de recommencer à chaque occasion dans la mesure où je le jugerai utile et bon. Si, à cause de cela L'Événement me trouve incurable et me classe parmi les "suppôts de la révolution" (14 janvier 1932), je me consolerai en songeant que le Pape, ni personne de ceux qui défendent le petit peuple, ne sont mieux traités.

Je comprends que cela déplaise aux malheureux dont Le Soleil et L'Événement bourrent les crânes: leur ignorance les excuse. Ce ne sont pas des raisons qui peuvent m'empêcher de me porter à la défense de la vérité, au secours des humbles et des petits dans la mesure de mes moyens et de mes forces. Au contraire. Car il y a là, non une question de goût, mais une affaire de conscience si impérieuse que je suis prêt à lui sacrifier mon repos et à tenir tête à tous les canards lâchement et surnoisement lancés contre ma pauvre personne.

Non, je ne puis pas ne rien dire."
Nous avions vu que l'abbé Lavergne avait auparavant été accusé, par certains journaux, de "bolchévisme". Maintenant on le traitait de "suppôt de la révolution". En février 1932, il dut écrire à Olivar Asselin (photo), journaliste célèbre du journal "Le Canada" afin de rectifier une dénonciation fausse faite par un "espion" qui assistait à tous les prônes et sermons du curé et qui prenait des notes pour quitter après le sermon. Il n'a pas reçu de réponse de M. Asselin. Peu après, L'Événement alla encore plus loin en l'accusant de "saboter la propriété privée".

Le contexte explosif s'apaisa un peu quand, en mars, le curé Lavergne célébra le 25e anniversaire de son sacerdoce, dont il sera question bientôt.

Michel.