Paroisse Notre-Dame-de-Grâce

Ce site est consacré à la paroisse Notre-Dame-de-Grâce,
qui a été créée en 1924 et
réintégrée à la paroisse-mère Saint-Sauveur en 1997,
dans la ville de Québec.




EXPOSITION PERMANENTE





Messages les plus récents

Pour lire les messages les plus récents, TOUJOURS VOIR APRÈS LA SECTION "Hommage à Simonne Tardif (Dumont)".

Table des matières

Pour atteindre la table des matières, veuillez cliquer ICI puis voir après la section "Hommage à Simonne Tardif (Dumont)".

Historique de NDG en résumé

Pour se rendre à l'historique succinct de NDG, veuillez cliquer ICI puis voir après la section "Hommage à Simonne Tardif (Dumont)".

Précisions

Les prêts qui me furent faits de nombreux documents me décidèrent à partager ces souvenirs avec la collectivité. Vos commentaires, souvenirs et suggestions sont les bienvenus, de même que vos corrections des erreurs ou omissions involontaires.

Notes :

Nous respectons le désir des individus de ne pas voir leur nom ou leur photo apparaître.

Pour lire les messages, toujours descendre après le "Hommage à Simonne Tardif (Dumont)".

La présentation est optimale en fonction de Windows XP, avec Firefox (Mozilla) comme navigateur et lorsque les fenêtres sont ouvertes à pleine largeur. À défaut de ces conditions, on risque de rencontrer des irrégularités.

On peut cliquer sur les photos pour les agrandir.

Les messages sont sujets à des mises à jour, sans autre avis.

Michel Gignac

Horaire de l'Exposition

À VISITER au
CENTRE COMMUNAUTAIRE ÉDOUARD-LAVERGNE,
390 Arago Ouest :

EXPOSITION permanente pour rappeler
la paroisse Notre-Dame-de-Grâce,
son curé fondateur et son église.

Elle peut être visitée surtout
le VENDREDI entre 9h et 21h,
le SAMEDI entre 9h et 15h,
(fermée le dimanche)

Pour ces jours et pour les AUTRES JOURS,
prière de s'entendre avec un préposé
(418-691-7190 ou 418-641-6252).

ENTRÉE GRATUITE

N.B. Liens vers les messages concernant l'Exposition :
inauguration
photos
crédits

Simonne Dumont (Tardif) 1920-2018

Simonne Dumont (Tardif) 1920-2018

Hommage à Simonne Tardif (Dumont), co-fondatrice du blogue et qui a écrit ce texte :

ÉLOGE DE L'ÉGLISE

Les cloches ont sonné pour la dernière fois dimanche le 29 juin 1997. Les portes de l'église Notre-Dame de Grâce dans Saint-Sauveur se sont fermées à jamais après une dernière messe solennelle dans l'église que remplissaient des résidents et d'anciens paroissiens heureux d'y revenir mais tristes de la voir fermer. La générosité de ces derniers avait permis de la conserver plusieurs années, permettant à la paroisse de célébrer son 70e anniversaire en 1994. Mais la baisse d'assistance aux offices avait fait diminuer les revenus, causant finalement la fermeture.

Depuis, des organismes ont essayé en vain de faire revivre ce temple merveilleux. Mais pendant ces années, la bâtisse s'est détériorée, ce qui fait que le Journal "Le Soleil" annonçait le 15 octobre 2008 : "L'église sera démolie d'ici Noël" pour faire place à des logements. Que de serrements de coeur pour ceux et celles qui y sont attachés !

Nous perdons donc définitivement notre belle église. Le curé-fondateur Édouard Lavergne en 1924 (voir photo), s'il voit son église débâtie, va certainement être très triste comme nous, les paroissiens. C'était un immeuble d'une grande qualité acoustique, classé édifice à "valeur patrimoniale élevée" par déclaration gouvernementale. Le glas a sonné mais je sais que toutes les personnes qui ont fréquenté ce temple en garderont de bons souvenirs.

L'église est maintenant démolie et, pour rappeler l'histoire de la paroisse, ce site "NDGquébec" se plaît à évoquer certains événements et certains aspects de la vie à NDG, à l'aide de photos, d'extraits de "La Bonne Nouvelle", le journal de la paroisse à ses débuts, etc. Les curés et vicaires dévoués, les constructeurs, les marguilliers, les bénévoles ne seront pas oubliés.

Simonne Dumont.
(Photo de l'église prise le jour de la fermeture.)

dimanche 30 septembre 2007

Histoire de Notre-Dame de Grâce, partie 3 : vers la construction de l'église.

Voici la dernière section de l'exposé de Denyse Légaré, qui avait expliqué auparavant comment le quartier Saint-Sauveur s'était développé pour en arriver à devoir morceler son territoire en paroisses. J'omets quelques phrases qui portaient surtout sur l'église une fois construite. Nous en parlerons sûrement lorsque nous atteindrons l'année 1926.
" Les premières discussions en vue de créer Notre-Dame de Grâce remontent en 1918, peu après le détachement de Sacré-Cœur de Jésus. On songe d'abord à la possibilité d'utiliser la chapelle Notre-Dame de Lourdes pour la nouvelle paroisse. Il n'y a pas d'espace vacant assez vaste pour construire un nouveau temple dans ce quartier presque totalement occupé par des maisons d'ouvriers et quelques marchands. C'était déjà aussi plein que ça l'est aujourd'hui ; il y avait des maisons partout. On n'avait pas vraiment d'espace sans sacrifier quelques maisons. L'archevêché trouve une solution et se porte acquéreur de l'unique grand terrain disponible dans ce parcellaire serré d'habitations. Symboliquement il achète la brasserie Fox Head, propriété de la National Breweries. (NDB : voir les deux messages de juin 2007.) Quelques bâtiments de la brasserie seront d'ailleurs récupérés par la paroisse pour servir de salle paroissiale et de théâtre. Certains d'entre vous doivent se souvenir du théâtre de Fred Ratté.
Le curé fondateur est Édouard-Valmore Lavergne. La paroisse lors de sa fondation (NDB : en 1924) rassemble 730 familles et quelque 4000 âmes. Ses limites sont le boulevard Langelier, les rues Demers, Hermine, Signaï, Colomb, Bayard, jusqu'au cap. Elle est placée sous la protection de Notre-Dame de Grâce en hommage aux pères oblats de Marie Immaculée desservant la paroisse-mère depuis sa fondation. La première messe est célébrée dans le soubassement de l'école de l'Immaculée-Conception, en attendant la construction de l'église.
De façon peu courante, la fabrique s'adresse, non pas à des professionnels du milieu, mais à des critiques en matière d'architecture religieuse contemporaine pour la construction de l'église. Le curé Lavergne, l'abbé Jean-Thomas Nadeau et le notaire Gérard Morisset oeuvraient ensemble au journal de l'Action catholique. Les deux prêtres étaient rédacteurs du journal, et Morisset publiait divers textes et dessins. Leurs plumes étaient virulentes, le curé Lavergne contre les multiples menaces de la vie urbaine, Morisset sur la tendance archéologique des architectes de l'époque qui, à son avis, copiaient les styles du passé.
L'abbé Nadeau et le notaire Morisset avaient travaillé ensemble à des églises temporaires, celles de Saint-Sacrement et Saint-Pascal-Baylon, Saint-Pascal de Maizerets aujourd'hui, qui ont été remplacées. C'était courant à l'époque de construire une église temporaire dans l'attente de budgets un petit peu plus importants pour construire une belle et grande église. Ce fut le cas dans d'autres paroisses, il y a eu Saint-Joseph, la paroisse Saint-Fidèle à Limoilou, la paroisse Saint-Dominique, la paroisse St.Patrick aussi, qui avait son église sur la Grande-Allée qui est détruite maintenant. À titre d'église temporaire, on construisait parfois un soubassement; simplement on se contentait de faire un premier étage de l'église et on allait construire par-dessus une église permanente. L'autre possibilité, c'était de construire une petite église assez modeste qui allait servir de salle paroissiale quand on aurait construit la plus grande église.
À Notre-Dame de Grâce, on souhaitait une solution définitive et immédiate. On voulait terminer l'église en un seul chantier. Pour l'abbé Nadeau et Gérard Morisset, l'occasion était unique. Il leur était en fait proposé de mettre en pratique et de formuler en un temple les théories qu'ils défendaient depuis plusieurs années. L'entreprise ne manquait pas de difficultés. Ils disposaient d'un terrain long et étroit, dominé par la falaise, inscrit dans une trame urbaine serrée, marqué par une forte dénivellation. La solution se devait d'être efficace et peu coûteuse pour ne pas imposer une dette trop lourde à la population ouvrière. Ce souci d'efficacité et d'économie des coûts a favorisé le recours à des solutions nouvelles et ingénieuses. Il fut par exemple proposé d'aménager le logement des prêtres sous l'église plutôt que de construire un presbytère détaché. L'église s'élève ainsi sur un soubassement imposant dans lequel il était également prévu d'installer des organismes communautaires comme la Caisse populaire et la Conférence Saint-Vincent de Paul. Un bâtiment existant est réaménagé en salle paroissiale, l'étage devant servir de cuisine, réfectoire et chambre pour le personnel féminin.
Morisset livre une œuvre complète à Notre-Dame de Grâce ; il dessine le maître-autel et le mobilier, les verrières et tous les ornements. Le 5 février 1925, Nadeau et Morisset déposent les plans devant les marguilliers de la paroisse. Ils sont publiés dans l'Action catholique : ils ont de bons contacts avec le journal. La bénédiction de la pierre angulaire a lieu le 21 juin. À ce moment, on s'affaire à creuser les fondations et on est en train de démolir la brasserie. Les travaux sont exécutés par des ouvriers membres des Syndicats catholiques.
Même fermée au culte, l'église Notre-Dame de Grâce demeure importante pour ses anciens paroissiens qui ont rejoint Saint-Sauveur, la paroisse fondatrice, et pour tous ceux qui s'intéressent à la conservation du patrimoine architectural et historique. Pour les fervents de l'architecture, Notre-Dame de Grâce constitue un véritable manifeste d'une volonté de renouveler l'architecture religieuse au Québec. La nécessité de réduire les coûts de construction a résulté en une économie des moyens et un renouveau formel. Ce mouvement a contribué à sensibiliser le clergé et à préparer, dirait-on, le terrain pour l'architecture de Dom Paul Bellot qui marquera la production architecturale du Québec à partir des années '30. Je partage avec vous cet amour, cette amitié pour l'église Notre-Dame de Grâce. Merci. "
Remerciement à Denyse Légaré. En illustration, un des plans originaux de Gérard Morisset pour la future église.
N.B. D'autres sites Internet faisaient un historique de St-Sauveur, mais ne sont plus disponibles, entre autres:
et le Comité des Citoyens et des Citoyennes du Quartier Saint-Sauveur (CCCSS)

lundi 24 septembre 2007

Les « miracles » de la grotte (suite).

Que peut-il être retenu de ces événements d’il y a 40 ans ? Voici quelques suggestions, surtout à la lumière du témoignage que la fillette rendait pour les quotidiens L’Action et le Journal de Québec, quelques jours après la fameuse fin de semaine mouvementée.

Sur l’une des illustrations, on pouvait voir que beaucoup de personnes espéraient une apparition de la Vierge pour le dimanche 17 septembre 1967. Un journaliste de l’Action, Guy Baillargeon, rapportait que, près de la statue, cinq ou six pèlerins de Saint-Michel-Archange (des « bérets blancs » de la secte laïque des pèlerins d’un monde meilleur) entonnaient des cantiques, récitaient des chapelets et vendaient leur journal « Vers demain » ; ils faisaient savoir qu’ils notaient un lien entre l’événement à survenir et les apparitions de Garabandal en Espagne à partir de 1961. Le curé de la paroisse, Gérard Lefebvre, avait été beaucoup plus prudent, s’abstenant de tout commentaire aux messes de ce dimanche-là. Mais à l’extérieur de l’église, il s’élevait contre certains individus qui ne se gênaient pas pour vendre des lampions et autres objets du culte aux abords des lieux, ce qu’il déclarait illégal car les terrains de la grotte appartenaient à la Fabrique et étaient donc une propriété privée. Le dimanche suivant, il avait livré un message en chaire, qui avait été transcrit dans la chronique « L’église et sa fonction pastorale » du quotidien. Je retiens ces phrases : « Sans nier le merveilleux, le surnaturel, n’allons pas voir du miraculeux partout. Les apparitions, les révélations, les faits miraculeux sont d’un domaine trop délicat pour pouvoir s’y engager sans réflexion. »

Dès le lundi, lendemain de la date annoncée pour l’apparition, Johanne Allison attestait n’avoir jamais vu la Vierge apparaître. Elle disait n’avoir aperçu, le vendredi, que la figure de sa mère décédée, mais que cette dernière ne lui avait pas demandé de revenir le dimanche, encore moins d’annoncer que la Vierge apparaîtrait cette journée-là. Elle avait raconté l’apparition de sa mère aux compagnes qui l’accompagnaient à la grotte. Quelques-unes d’entre elles avaient semé incorrectement la nouvelle en disant que la Vierge était apparue à la fillette et qu’elle allait réapparaître deux jours plus tard.

Le père de Johanne confiait aussi aux journalistes qu’il avait consenti à ce que sa fille retourne sur les lieux le dimanche, peu après midi, afin de satisfaire certaines personnes qui commençaient à être menaçantes et qui avaient afflué à son domicile au cours de la journée du samedi.

Johanne affirma aussi que la statue de la Vierge ne lui avait pas semblé avoir bougé. Mais comme la croyance avait été que la mère était apparue dans les bras de la statue, on avait propagé l’idée que sa position avait changé. Dans l’Action du lundi, le curé précédent, le chanoine Aurèle Ouellet, contredisait cette rumeur et rapportait qu’il voyait la statue dans la position qu’elle avait toujours eue. Il avait qualifié d’hystérie populaire ce qui se passait à la grotte.

Il reste la guérison de la dame d’une cinquantaine d’année, résidant sur la rue Saint-Cyrille Est (aujourd’hui René-Lévesque), qui avait perdu presque totalement l’usage de la parole. Elle confirmait à L’Action que ce phénomène lui était bel et bien arrivé le lundi soir à la grotte Notre-Dame de Lourdes dans Notre-Dame de Grâce.

On pourrait accumuler d’autres détails succulents, comme le fait que, le dimanche, des jeunes qui s’étaient massé sur la toiture de l’ancienne salle paroissiale auraient involontairement percé la toiture à plusieurs endroits ; d’autres se seraient infligé des contusions en tombant de la falaise. Un autre groupe de jeunes, qui interprétaient des chants irrespectueux, avaient été assaillis par des dizaines de personnes, ce qui nécessita l’intervention de la police. Mais pour terminer, je veux mettre en doute le nombre de 30000 curieux qui se seraient retrouvées en même temps à cet endroit ; c’est plutôt 3000 que j’ai rencontré comme donnée en relisant la presse de l’époque.

Il sera bon de traiter un peu de ce qu’est devenu aujourd’hui ce lieu controversé.

Michel.

lundi 17 septembre 2007

Une soi-disant apparition

Tel était le titre de la composition que j’avais écrite à l’école à l’automne de 1968. En secondaire 3 (10e année du cours classique) à Cardinal-Roy, l’enseignante de français nous avait demandé de raconter un événement qui nous avait marqués. Comme il y a 40 ans, soit le 15 septembre 1967, était lancée la rumeur d’une apparition de la Vierge, survenue ou anticipée, à la grotte Notre-Dame de Lourdes à côté de l’église Notre-Dame de Grâce, j’ai pensé transcrire ici (quelques fautes en moins) la « rédaction » (comme on disait à l’époque) à ce sujet.

« - Il paraît que la statue de la Sainte Vierge à la caisse populaire a changé de position.

Cette parole de mon père, dès sa rentrée à la maison, un vendredi soir de septembre, marqua le début d’une série de péripéties qui allaient rendre notre paroisse célèbre pour quelques semaines.

Mais les on-dit avaient fait dévier de la vérité les circonstances de cet événement qui s’était supposément produit à la grotte de Notre-Dame de Lourdes, sur la même rue. C’est surtout la curiosité qui m’a poussé à me rendre moi-même sur les lieux du phénomène. J’ai pu me rendre compte qu’un va-et-vient inhabituel régnait dans la rue et que le mystère avait envahi l’atmosphère. Les opinions qu’émettaient les personnes qui s’y étaient rassemblées variaient d’un individu à l’autre et se contredisaient quelques fois. Ainsi j’appris qu’une fillette de neuf ans, hypersensible et ayant de fortes capacités intellectuelles, du nom de Johanne Allison, s’était rendue à la grotte plus tôt pour prier. Elle avait vu dans les bras de la statue de la Sainte Vierge sa mère qui était morte depuis plus d’un an et cette dernière lui avait alors demandé de revenir le dimanche suivant, vers l’heure du midi. La petite s’était évanouie par la suite. La statue aurait même changé la position de ses mains et la direction de son regard. Ainsi naquit l’idée d’une apparition.

Il faut dire que, depuis quelques années, la petite grotte de Notre-Dame de Lourdes était abandonnée et devenue un endroit idéal pour les jeux des enfants. Cette grotte, creusée depuis plus de quarante ans à même le roc dans la falaise à la hauteur de la rue de Mazenod, n’a pas d’ornements excessifs. De la pierre blanche forme une sorte de voûte aux lignes brisées. Au fond deux statues personnifient Bernadette Soubirous agenouillée aux pieds de la Vierge. Un petit autel surmonté d’un crucifix se dresse un peu plus loin, derrière une clôture de fer forgé.

Mais ce soir, ce lieu de pèlerinage revêtait un caractère spécial. La seule lumière que réfléchissait sur lui l’astre de la nuit laissait voir un spectacle grandiose. Les arbres alignés de chaque côté de la grotte formaient un décor qui approchait celui d’une crèche de Noël. Cette image m’incitait à réfléchir sur les conséquences de cet événement s’il ne s’avérait pas qu’une simple « fumisterie ». D’autre part la nouvelle avait vite fait de se répandre dans la ville et la circulation s’était sensiblement amplifiée. Ainsi s’acheva cette première journée.

Le lendemain fut moins nourri en émotions, sauf qu’un afflux de gens de tout âge et de tout acabit envahit l’emplacement pendant toute la journée, augmentant considérablement la population de notre paroisse. Certaines personnes, encouragées par des pèlerins déjà convaincus de l’authenticité du fait surnaturel, faisaient monter de ferventes prières, tandis que d’autres, plus sceptiques, se contentaient de satisfaire leur curiosité.

Pendant la nuit du dimanche, des dizaines de fidèles sont allés jusqu’à dormir à l’extérieur, tout près de la grotte, afin de se réserver une place pour le lendemain. Ils n’ont pas eu tort car, un peu avant midi, c’est par milliers que les gens s’étaient massés du pied de la grotte jusqu’à deux coins de rue plus bas. Mais midi sonnait aux cloches de l’église et rien d’anormal ne s’était produit. On a même confondu une fillette accompagnée d’une adulte avec la jeune Johanne, tellement l’impatience avait atteint son paroxysme. Enfin la jeune fille si attendue fit son apparition, ayant réussi à se frayer un chemin à travers la foule toujours de plus en plus dense. Mais comme les gens la pressaient pour la toucher, elle fut ramenée chez elle peu de temps après.

Ainsi le fait surnaturel tant anticipé n’avait pas eu lieu. Mais quelques guérisons de personnes qui étaient allées prier ont été rapportées. Ainsi une femme partiellement privée de l’usage de la parole depuis quelques années aurait retrouvé sa voix normale. S’agissait-il de pures coïncidences (…) ? Moi-même j’ai lu dans un livre ouvert à la droite du site ces mots : « Je veux voir ici beaucoup de monde. » Avant la venue définitive du froid hivernal, de nombreuses délégations sont venues en effet rendre hommage à Marie.

Cette manifestation peut avoir été créée de toutes pièces par un petit groupe de plaisantins, mais elle a atterré plusieurs personnes qui sont tombées en extase ou qui ont été victimes de malaises dus à la trop grande expression de leurs émotions. »

Les images proviennent du quotidien L'Action du 18 septembre 1967. Sur l'une, on voit un paroissien qui s'était approché de la statue pour l'épousseter. Sur l'autre, une vue de la rue de Mazenod montre la grotte au loin. Dans un prochain message, je ferai quelques ajouts à la description de cette situation, de façon à essayer d’expliquer ce qui s’était probablement produit.

Michel.

dimanche 9 septembre 2007

Histoire de St-Sauveur et de NDG, partie 2 : de Boisseauville au morcellement des paroisses.

Dans la partie 1, nous avions interrompu la causerie de Denyse Légaré au moment où elle parlait du Domaine de Bas-Bijou du début des années 1800, limité par la falaise et les rues appelées aujourd’hui Saint-Vallier ouest, De Mazenod et Bayard, ce qui correspond en grosse partie à la future paroisse de Notre-Dame de Grâce. Voici la suite de son historique.
« Saint-Sauveur va connaître un développement accéléré au milieu du 19e siècle. En 1845, le faubourg Saint-Roch a atteint l’actuel boulevard Langelier. Le succès des chantiers navals, le commerce du bois et l’activité portuaire ont favorisé la croissance de la population. L’incendie du faubourg en 1845 va favoriser le développement de Saint-Sauveur. L’idée de construire à l’extérieur de la ville en séduit plusieurs. Pourquoi ? Parce qu’ils évitent des règlements municipaux en cours pour la prévention des incendies qui vont les obliger à construire en dur, éviter les maisons en bois, ainsi de suite. Et puis, peut-être que c’est non négligeable, ils ne sont pas assujettis aux taxes de la ville de Québec.
Les grands propriétaires vont en profiter pour lotir leur terre. Pierre Boisseau va créer Boisseauville (NDB : sur l’emplacement de Bas-Bijou. L'illustration montre la maison de Pierre Boisseau, sur la rue Boisseau). Les religieuses de l’Hôpital Général vont créer le faubourg Saint-Vallier. Les deux ensemble vont former ce qu’on va appeler le village de Saint-Sauveur. L’Hôtel-Dieu va également lotir sa propriété dans le prolongement des rues tracées pour Boisseauville, tandis que les Ursulines vont créer le village de Sainte-Angèle (NDB : une future paroisse s’appellera Sainte-Angèle de Saint-Malo) à l’ouest de la rue Montmagny sans poursuivre le tracé initial, de sorte que vous avez des rues à Saint-Sauveur comme Père-Grenier, comme la rue Boisseau qui ne vont pas au-delà de la rue Montmagny à cause de la découpe des parcelles par les Ursulines à ce moment-là. Tous les villages vont être réunis pour former la municipalité de « Banlieue Saint-Roch de Québec » en 1855. En 1872, c’est la municipalité de la « Paroisse Saint-Sauveur » qui obtient finalement sa charte municipale. Elle aura son hôtel de ville sept ans plus tard. Alors Saint-Sauveur, c’était une petite ville non loin de Québec.
Le 16 mai 1889, le malheur frappe la municipalité. Un incendie consume quelques 500 maisons, laissant 4000 à 5000 personnes sans abri. C’est le deuxième incendie qui affecte Saint-Sauveur depuis celui du 14 octobre 1866 ; celui-ci avait endommagé la première église du village. L’incendie relance le débat de l’annexion de Saint-Sauveur à Québec, qui sera entérinée par un référendum les 26 et 27 septembre en 1889. C’est la première fusion municipale de l’histoire de Québec. Les modalités de l’annexion c’est : procéder à l’installation d’un réseau de distribution d’eau pour vraiment combattre justement ces incendies dévastateurs, procéder au pavage des rues, établir un réseau de drainage, des trottoirs, faire des chaussées empierrées, avoir un poste de pompiers qui va être là contre les incendies, la police aussi, installer l’éclairage électrique dans les rues aussi. La rue Saint-Ours devient le boulevard Langelier et fait frontière entre le faubourg Saint-Roch et le quartier Saint-Sauveur. C’est une frontière qui est considérée comme un mur coupe-feu, parce que s’il y avait un incendie avec une déflagration, le feu ne passerait pas, soit de Saint-Sauveur à Saint-Roch, soit de Saint-Roch à Saint-Sauveur, à cause de la largeur du boulevard Langelier.
La population de Saint-Sauveur ira en s’accroissant pendant tout le 19e siècle. Les clochers vont se multiplier dans le quartier. On construit la première église de Saint-Sauveur en 1851; c’est alors une desserte de l’église Saint-Roch. La chapelle de la Congrégation des hommes, qui est aujourd’hui l’église Jacques-Cartier, est bâtie la même année par le même architecte, Michel Patry. Ensuite il y a l’église paroissiale après l’incendie qui est reconstruite et agrandie par l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy en 1866, et c’est l’année suivante que Saint-Sauveur va devenir paroisse. En 1879 on érige encore la Chapelle Notre-Dame de Lourdes à moins de 200 mètres de l’église paroissiale, entre les rues Hermine et Christophe-Colomb. On peut s’étonner aujourd’hui qu’il y ait des églises qui soient si rapprochées les unes des autres. Il faut penser qu’elles étaient très fréquentées et qu’il y avait de nombreuses communautés, associations de fidèles aussi : les Enfants de Marie, les Dames de Sainte-Famille et la Ligue du Sacré-Cœur qui avaient besoin de lieux de rassemblement pour écouter des sermons qui leur étaient plus spécialement destinés. Alors les églises ne fournissaient pas et on avait des chapelles pour différentes congrégations.
Au tournant du 20e siècle, la population atteint un point critique et c’est à regret que la paroisse-mère doit se résigner à morceler son territoire. En 1898, l’église Saint-Malo est construire pour servir ce secteur à l’ouest. Ensuite Sacré-Cœur de Jésus se détache en 1917, Notre-Dame de Grâce en 1924, puis Saint-Joseph en 1925. »
(une prochaine fois : la naissance de Notre-Dame de Grâce)
Remerciement à Denyse Légaré.
N.B. D’autres sites Internet faisaient un historique de St-Sauveur, mais ne sont plus disponibles, entre autres:
et le Comité des Citoyens et des Citoyennes du Quartier Saint-Sauveur (CCCSS)
http://www.cccqss.org/portrait/historique/por_historique_1.html

Michel.

samedi 1 septembre 2007

Des défilés à Notre-Dame de Grâce ?

Des défilés d’importance ont-il déjà passé sur le territoire de Notre-Dame de Grâce ? Évidemment il faut exclure ceux qui passaient sur le boulevard Charest, même si c’était tout près. Je sais qu’il y en a eu au moins un. J’ai souvenir d’une parade de la Fête du travail qui avait emprunté entre autres la rue Franklin en provenance du boulevard Langelier. Je ne peux la situer précisément dans le temps ; c’était vers la fin des années ’50 ou le début des années ’60. Rappelons que le lendemain de cette fête, c’était toujours la rentrée des classes, ce qui donnait une importance particulière à la fête. Je me souviens que des figurants sur des chars allégoriques lançaient, dans la foule longeant le trajet, des articles scolaires comme des crayons, effaces ou règles. Je pense même que c’étaient des pompiers ou des policiers qui remplissaient cette tâche.
 
J’ai pensé profiter de la fin de semaine de la Fête du travail pour revenir
sur le sujet de la Garde Sainte-Jeanne D’Arc qui représentait la paroisse dans les défilés.
Le cahier-souvenirs du 70e anniversaire de NDG avait consacré une page
à notre Garde. On précisait qu’elle avait été fondée le 26 janvier 1931 et
était associée à NDG à partir de l’année suivante. Au 20e
anniversaire de la Garde, le 6 mai 1951, des photos étaient prises. L’une
d’elle l’était devant la grotte de Notre-Dame de Lourdes.
 
Les gens qui occupaient les postes importants étaient :

Georges Clément, le président de la Garde ;
René Goulet, le commandant en second ;
Jules Bilodeau, le capitaine-adjudant,
et Alphonse Landry, le directeur.

 
Une autre photo montrait six membres de la Garde :
René Goulet, Alphonse Landry, Antonio Garneau, Edmond Turgeon, Georges Clément et Lucien Clément.
La même page avait inclus un emblème, probablement celui de notre garde.
 
Pour terminer, on ajoutait : « La Garde Ste-Jeanne D’Arc est heureuse d’offrir sa collaboration et ses félicitations à la section Notre-Dame de Grâce de la Société St-Jean-Baptiste. »

Michel.

dimanche 26 août 2007

Histoire de St-Sauveur et de NDG, partie 1 : le Bas-Bijou.

Depuis plusieurs semaines, je me demandais comment aborder l’histoire du secteur qui nous intéresse : l’ignorer ou la détailler ? Mais dans un document vidéo filmé lors de l’exposition sur l’église de NDG tenue au centre Édouard-Lavergne le 2 décembre 2001, une historienne de l’art Denyse Légaré expose un tel historique. J’ai pensé en faire la transcription écrite, qui servira de document pour amorcer l’histoire de NDG. Je vais me contenter d'ajouter des « Notes Du Bloggeur » (NDB) à l’occasion. Alors première partie : le Bas-Bijou. Voici comment Denyse Légaré commençait cette chronologie.
« Saint-Sauveur a pris naissance bien avant d’être ainsi nommé. Québec ne s’est pas construite au 17e siècle sur les hauteurs du Cap Diamant et à Place Royale uniquement. Très tôt les basses terres ont été conservées, mises en réserve pour des terres communales. Les premiers arrivés, c’est les missionnaires Récollets en 1615 qui se sont installées là où on trouve aujourd’hui l’Hôpital Général. Ils ont fait construire leur maison immédiatement et une chapelle qu’ils ont dédiée à Notre-Dame des Anges (NDB : une paroisse particulière au territoire de l’Hôpital Général fut créée, sans doute la plus petite de la ville : la paroisse Notre-Dame des Anges). À cette époque, Champlain se propose même d’installer sur ces terres la ville institutionnelle. Si ce projet avait été réalisé, Québec se serait appelé Ludovica, et qui sait où serait construit le château Frontenac!
En 1653, l’Hôtel-Dieu accorde une concession à Jean Lesueur qui prolonge les terres qu’il possède sur le coteau Sainte-Geneviève jusqu’à la rivière. Les limites est et ouest de la terre de cette concession-là correspondent aujourd’hui aux rues Durocher et Montmagny. Jean Lesueur (NDB : 1598-1668) est le premier prêtre séculier à venir en Nouvelle-France. On l’appelait Monsieur de Saint-Sauveur, parce qu’en France il était le curé de Saint-Sauveur de Thury-Harcourt (NDB : une commune) en Normandie, ce nom s’est par la suite étendu à toutes les terres qu’il possédait en basse-ville. (NDB : l'édifice précipal de cette commune de Thury-Harcourt est le château dont on voit la façade sur l'illustration jointe.)
En 1692, Monseigneur de Saint-Vallier propose aux Récollets, qui entre-temps avaient quitté Québec, étaient revenus et s’étaient installés dans la haute-ville, non loin du château Saint-Louis, d’acheter leur ancien couvent pour y fonder son Hôpital Général. L’hôpital est confié aux Sœurs Augustines qui se consacrent aux soins des pauvres, des vieillards et des invalides. Peu à peu, il y a d’autres bâtiments qui vont se construire autour de cet îlot-là, dont le moulin à vent pour moudre le blé, le moulin qu’on trouve toujours en place sur le boulevard Langelier. L’Hôpital Général constitue ainsi le premier noyau d’occupation des terres de la basse-ville dès le 17e siècle. Alors Saint-Sauveur, c’est aussi la naissance de la ville de Québec, ça n’appartient pas essentiellement à Place Royale.
Le temps passe. Au début du 19e siècle, le quartier que nous connaissons aujourd’hui est partagé entre quatre grands propriétaires terriens. Il y a l’ancien fief des Récollets, qui est devenu propriété des religieuses de l’Hôpital Général depuis 1693, qui est contenu entre la falaise et la rivière, et entre les rues Caron et De Mazenod. Il y a le domaine de Bas-Bijou, qui va de la falaise jusqu’à la rue Saint-Vallier et, d’est en ouest, est partagé entre la rue De Mazenod et la rue Bayard ; ça va être le futur Boisseauville. Il y a une bande de terre plus à l’ouest qui est comprise entre les rues Montmagny et Lafayette, qui appartient aux Ursulines. Et tout le reste de ce qui est le quartier Saint-Sauveur aujourd’hui, dans le prolongement des rues De Mazenod et Montmagny entre la rivière Saint-Charles et la rue Saint-Vallier, et entre Bayard et Montmagny jusqu’à la falaise, appartient encore à l’Hôtel-Dieu.
À Bas-Bijou on trouve quelques bâtiments de ferme. La partie habitée se situerait aujourd’hui aux environs de la rue Des Oblats. Le reste du domaine est reconnu pour ses marécages, à cause des eaux de la falaise qui inondent régulièrement les basses terres. Saint-Sauveur ne s’est pas encore urbanisé. Parmi les chemins praticables, on connaît le chemin de Lorette qui débouche sur le pont Scott : c’est la rue Saint-Vallier ; la rue Saint-Ours qui va devenir le boulevard Langelier, qui conduit à l’hôpital ; la côte Sauvageau, le seul lien direct dans cette partie-ci de la ville entre la basse et la haute-ville, et la rue Bayard qui marque la limite du domaine de Bas-Bijou. (à suivre)
Remerciement à Denyse Légaré.
N.B. D’autres sites Internet faisaient un historique de St-Sauveur, mais ne sont plus disponibles, entre autres:
et le Comité des Citoyens et des Citoyennes du Quartier Saint-Sauveur (CCCSS)
http://www.cccqss.org/portrait/historique/por_historique_1.html

lundi 20 août 2007

Une paroisse mise en scène (vidéo)


Cette semaine, j’ai eu le privilège de visionner des documents vidéo postérieurs à la fermeture de l’église NDG. En particulier, dans le cadre d’une démarche en vue de sa conservation, une activité théâtrale, divisée en saynètes, se tenait le 22 octobre 2000 évoquant les années d’Édouard Lavergne à titre de curé : « Une paroisse mise en scène ». J’ai pensé partager avec vous l’une d’elles qui semble reconstituer un prône du curé à une messe dominicale. Les prônes des curés de NDG sont conservés au presbytère de Saint-Sauveur et je ne serais pas surpris si le comédien Karl Poirier-Petersen utilisait ici les propos exacts du prêtre. Comme on y fait référence au théâtral paroissial de M. Fred Ratté, cette scène rappellerait les années 1930. L’atmosphère intense correspond bien à ce que racontaient les gens qui ont connu cette époque. Voici le lien (à durée et à téléchargements limités) :

http://www.savefile.com/files/988403

Merci à la Corporation Développement De Mazenod.

Michel.

lundi 13 août 2007

Le boulevard Charest.

Pour finir le survol des rues les plus au nord, je me devais d’aborder le boulevard Charest, même s’il ne fait partie de Notre-Dame de Grâce sur aucune de ses sections. En réalité, étant la rue parallèle à Hermine la plus proche au nord, Charest est à une rue près d’être sur le territoire de la paroisse ! Ce boulevard est incontournable pour la plupart des visiteurs de NDG car ils l’empruntent pour y accéder.


J’ai déjà réalisé qu’en l’empruntant vers l’ouest, le boulevard devient l’autoroute Charest (no. 440) puis l’autoroute Félix-Leclerc (no. 40), se baptise le boulevard Métropolitain sur l’île de Montréal et finalement la Transcanadienne en entrant en Ontario, pour traverser le Canada jusqu’à l’océan Pacifique en Colombie-Britannique, se numérotant surtout la route no.1. Rares sont les artères aussi longues ! Je ne pouvais l’ignorer.


Si Charest change de nom en se déplaçant spatialement, elle a changé de nom aussi en traversant le temps. Le site de toponymie de Québec étudie ces différentes dénominations, comme des Fossés (ou Desfossés), Bélair, Saint-Antoine et Morin. On indique que la rue des Fossés, dans le quartier Saint-Roch, est « déjà tracée en partie sur une carte de 1808 ». Le site ne le précise pas, mais dans la portion qui va au moins de Langelier à Aqueduc, la rue Charest s’appelait la rue Morin, car c’est ainsi que mes parents disaient qu’ils la désignaient autrefois.

Je laisse parler les typonomistes : « Il existe trois hypothèses sur l'origine de cette ancienne dénomination. On aurait peut-être voulu rendre hommage à Germain Morin, premier prêtre québécois, né à Québec le 15 janvier 1642 et ordonné le 29 septembre 1654 par Mgr de Laval. Selon la deuxième hypothèse, on aurait plutôt voulu honorer la mémoire de l'homme politique québécois Augustin-Norbert Morin (1803-1865), fondateur du journal La Minerve en 1826 (voir l’illustration). Enfin, il est possible que cette rue ait été nommée ainsi à cause de J.-Édouard Morin, échevin de Québec en 1889 et 1890, soit à l'époque où on a donné ce nom à la rue. »

Si on remarque que sur le boulevard Charest, les maisons que l’on voit du côté nord présentent leur mur arrière et offrent en réalité leur facade du côté de la rue Bagot, on en déduit que les habitations qui étaient du côté nord de Morin fut démolies pour permettre l’élargissement en un boulevard. D’où la rue et le boulevard Charest tirent-ils leur nom ? Il s’agit de Zéphirin Charest (1813-1876), curé de la paroisse de 1839 à 1876 et à qui Saint-Roch doit l'implantation de la plupart de ses institutions scolaires. « Les grands fléaux qui s'abattent sur Saint-Roch, tels les terribles incendies de 1845 et 1866, révéleront les qualités du curé Charest que ses contemporains compareront à saint Vincent de Paul. »


Enfin, les récents travaux sur le boulevard Charest, pour enlever le terre-plein qui séparait les deux voies opposées, en changent à nouveau la physionomie.


Michel.

lundi 6 août 2007

Fermeture de Notre-Dame de Grâce (vidéo)

Dans notre historique, nous n'en sommes même pas encore à la fondation de Notre-Dame de Grâce en 1924. Mais j'étais impatient de partager un vidéo à l'aide de la procédure que j'ai apprise la semaine dernière. L'un des événements importants disponibles de cette histoire était la fermeture de la paroisse en 1997, qui correspond à toute fin pratique à la dernière messe célébrée par le curé Jean-Guy Roberge, précisément le 29 juin. Vous pouvez télécharger ou visionner un court vidéo de ce moment ultime en suivant le lien suivant :

http://www.4shared.com/video/LZ5J9UNFba/TV_NDG_fermeture.html

Remerciements pour les vidéos à M. Gilles Sansfaçon et à la station de télévision TQS.

Michel.

vendredi 27 juillet 2007

La rue Demers.

Comme second choix de rue, j’opte pour une autre qui est située au nord de la paroisse : la rue Demers. Amorçant son parcours au boulevard Langelier, elle croise la rue Hermine et traverse le boulevard Charest comme cette dernière. On pourrait penser que cette petite section de rue du côté nord de Charest est plutôt le prolongement de la rue Signaï, car elle est située vis-à-vis de cette rue ; mais à cause de sa direction oblique, j’imagine qu’il était plus logique de lui garder le nom de Demers. Lorsqu’elle rejoint la rue Bagot dans Saint-Sauveur, Demers est prolongée par une ruelle à laquelle on a quand même attribué un nom. Au lieu de garder la dénomination de Demers, elle fut baptisée Sainte-Félixine vers 1891 ! Les toponymistes de Québec ne savent pas à qui réfère ce nom de Félixine ; ils émettent l’hypothèse que ce serait la forme féminisée de la rue Saint-Félix (aujourd'hui Monseigneur-Cazeau) dans Notre-Dame de Grâce qui termine son court parcours à la rue Demers. Ceci me laisse supposer que ces deux petits bouts de rue de Demers, entre Hermine (dans NDG) et Bagot (dans St-Sauveur) ont pu déjà s’appeler St-Félix ; la ruelle Ste-Félixine serait alors le prolongement naturel de St-Félix (au lieu de Demers, ou même de Signaï) !
Pour revenir à la rue Demers, j’ai trouvé deux origines différentes de ce nom de famille. La plus simple réfère à Monsieur L.-J. Demers, ancien échevin de la ville de Québec vers 1890. Mais comme le nom de la rue serait apparu vers 1858, il vaut peut-être mieux trouver une autre explication !
Les experts en toponymie de Québec optent plutôt pour l'abbé Jérôme Demers (1774-1853). Je vous laisse aller apprendre les détails de sa biographie :
Pour résumer, il « œuvre au Séminaire de Québec, de son ordination à sa mort » comme enseignant et supérieur (voir la photo qui en montre l'aile de la procure et le pavillon Jérôme-Demers, source : http://www.mcq.org, site du Musée de la Civilisation.) Il fut l’ « auteur du tout premier manuel de philosophie publié au Québec. (…) Architecte lui-même, il réalise les plans du Séminaire de Nicolet et de la cathédrale de Saint-Boniface, au Manitoba. ». Ce qui crée une incertitude pour cette explication, c’est que son prénom a servi à désigner la rue Jérôme dans la paroisse Jacques-Cartier ! Est-ce plausible que deux rues assez rapprochées tirent l’origine de leur nom du même individu ? Je vous laisse juger.
Quelle rue sera mon prochain casse-tête ?
Michel.