Paroisse Notre-Dame-de-Grâce

Ce site est consacré à la paroisse Notre-Dame-de-Grâce,
qui a été créée en 1924 et
réintégrée à la paroisse-mère Saint-Sauveur en 1997,
dans la ville de Québec.




EXPOSITION PERMANENTE





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Table des matières

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Historique de NDG en résumé

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Précisions

Les prêts qui me furent faits de nombreux documents me décidèrent à partager ces souvenirs avec la collectivité. Vos commentaires, souvenirs et suggestions sont les bienvenus, de même que vos corrections des erreurs ou omissions involontaires.

Notes :

Nous respectons le désir des individus de ne pas voir leur nom ou leur photo apparaître.

Pour lire les messages, toujours descendre après le "Hommage à Simonne Tardif (Dumont)".

La présentation est optimale en fonction de Windows XP, avec Firefox (Mozilla) comme navigateur et lorsque les fenêtres sont ouvertes à pleine largeur. À défaut de ces conditions, on risque de rencontrer des irrégularités.

On peut cliquer sur les photos pour les agrandir.

Les messages sont sujets à des mises à jour, sans autre avis.

Michel Gignac

Horaire de l'Exposition

À VISITER au
CENTRE COMMUNAUTAIRE ÉDOUARD-LAVERGNE,
390 Arago Ouest :

EXPOSITION permanente pour rappeler
la paroisse Notre-Dame-de-Grâce,
son curé fondateur et son église.

Elle peut être visitée surtout
le VENDREDI entre 9h et 21h,
le SAMEDI entre 9h et 15h,
(fermée le dimanche)

Pour ces jours et pour les AUTRES JOURS,
prière de s'entendre avec un préposé
(418-691-7190 ou 418-641-6252).

ENTRÉE GRATUITE

N.B. Liens vers les messages concernant l'Exposition :
inauguration
photos
crédits

Simonne Dumont (Tardif) 1920-2018

Simonne Dumont (Tardif) 1920-2018

Hommage à Simonne Tardif (Dumont), co-fondatrice du blogue et qui a écrit ce texte :

ÉLOGE DE L'ÉGLISE

Les cloches ont sonné pour la dernière fois dimanche le 29 juin 1997. Les portes de l'église Notre-Dame de Grâce dans Saint-Sauveur se sont fermées à jamais après une dernière messe solennelle dans l'église que remplissaient des résidents et d'anciens paroissiens heureux d'y revenir mais tristes de la voir fermer. La générosité de ces derniers avait permis de la conserver plusieurs années, permettant à la paroisse de célébrer son 70e anniversaire en 1994. Mais la baisse d'assistance aux offices avait fait diminuer les revenus, causant finalement la fermeture.

Depuis, des organismes ont essayé en vain de faire revivre ce temple merveilleux. Mais pendant ces années, la bâtisse s'est détériorée, ce qui fait que le Journal "Le Soleil" annonçait le 15 octobre 2008 : "L'église sera démolie d'ici Noël" pour faire place à des logements. Que de serrements de coeur pour ceux et celles qui y sont attachés !

Nous perdons donc définitivement notre belle église. Le curé-fondateur Édouard Lavergne en 1924 (voir photo), s'il voit son église débâtie, va certainement être très triste comme nous, les paroissiens. C'était un immeuble d'une grande qualité acoustique, classé édifice à "valeur patrimoniale élevée" par déclaration gouvernementale. Le glas a sonné mais je sais que toutes les personnes qui ont fréquenté ce temple en garderont de bons souvenirs.

L'église est maintenant démolie et, pour rappeler l'histoire de la paroisse, ce site "NDGquébec" se plaît à évoquer certains événements et certains aspects de la vie à NDG, à l'aide de photos, d'extraits de "La Bonne Nouvelle", le journal de la paroisse à ses débuts, etc. Les curés et vicaires dévoués, les constructeurs, les marguilliers, les bénévoles ne seront pas oubliés.

Simonne Dumont.
(Photo de l'église prise le jour de la fermeture.)

dimanche 6 octobre 2013

La vente du Couvent NDG s'ajoutait à plusieurs autres écoles primaires à vendre.

À la suite du message sur les mésaventures d'édifices de Notre-Dame-de-Grâce, des documents ont été retrouvés, qui précisent davantage le sort qui fut réservé au Couvent de NDG (photos). Le quotidien "Le Soleil", sous la plume du journaliste Damien Gagnon, situe ceci dans le contexte de plusieurs autres édifices qui étaient à vendre par la Commission scolaire au début de 1979 :

André Forgues, le président de la CECQ (Commission des écoles catholiques de Québec), lors d'une assemblée du Conseil des commisssaires le 29 janvier, déplorait l'attitude de la Société d'habitation du Québec (SHQ) qui, le 18 mars 1978, acceptait d'acquérir le Couvent NDG  pour une somme de 65000$. Cependant, la SHQ était toujours à la recherche d'un notaire pour avaliser la transaction entre les deux parties. Les pourparlers duraient depuis février 1976, à la suite de la fermeture de l'école en 1974.

La CECQ devait voir à l'entretien de l'édifice, les frais s'élevant à 15000$ dont les 2/3 étaient versés par la SHQ. Cette dernière voulait démolir la bâtisse (ce qu'elle fit en 1979) pour y construire des habitations à loyer modique (HLM) (vers 1980).

Lors de la même réunion, la CECQ annonçait qu'elle avait à vendre d'autres écoles primaires et deux résidences qui servaient à loger des enseignants religieux. La plupart des écoles étaient alors louées. La résidence et l'école Saint-Fidèle l'était au cégep de Limoilou ; l'école Notre-Dame-de-la-Paix l'était à l'Institut de marine ; la Nouvelle Maisonnée l'était au cégep F.-X.-Garneau et au Barreau ; enfin l'école Saint-Luc était louée aux Scouts.

Les écoles Saint-Charles, Saint-Esprit et Saints-Martyrs devaient être libérées en juin. Dans le cas de cette dernière, qui possédait aussi une résidence, elle logeait le COFI (Centre d'orientation et de formation des immigrants). Pour ce qui est de l'école Sainte-Claire de Limoilou, elle faisait l'objet de pourparlers avec le Patro Roc-Amadour.

La baisse de la clientèle scolaire avait obligé, au cours des années précédentes, la fermeture et la vente d'une bonne demi-douzaine d'écoles. Pour sa part, l'école Maria-Goretti était cédée au Ministère des travaux publics pour la somme de un dollar.

Pour revenir au Couvent NDG, un notaire fut finalement trouvé et une transaction de 75000$ fut complétée le 7 février 1979 avec la SHQ.

Michel
(les photos sont l'oeuvre de Roland Marcoux du Soleil)

dimanche 29 septembre 2013

Mésaventures et sort de quelques-uns de nos édifices.

Il y a plusieurs sujets concernant lesquels nous avons assez peu d'informations. C'est notamment le cas du sort plus ou moins heureux qui a été réservé à certains des édifices de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce. Abordons-en quelques-uns.

Le Couvent de NDG avait été ébranlé le 4 mars 1971 lorsqu'une violente tempête de neige avait fait partir son toit. On sait que le Couvent a fermé en 1974 ou 1975. Il fut démoli en 1979. Le Bureau des greffes et des archives de la ville de Québec indique qu'un permis de construction d'un HLM à cet emplacement a été accordé en 1980. (Pour plus de détails, voir :
http://ndgquebec.blogspot.ca/2013/10/la-vente-du-couvent-ndg-sajoutait.html)





Quant au Collège de NDG, qui avait débuté son existence en 1916, il a connu un sort moins triste. On mit fin à l'enseignement en 1978. Une plaque au dessus de la porte d'entrée porte les dates 1916-1982. Les archives de la Commission scolaire révèlent que le collège a été vendu à la ville de Québec en 1983 ou 1984 pour le transformer en Centre communautaire Édouard-V. Lavergne. 

L'église de NDG a été victime d'au moins deux incidents. Le 15 septembre 1977, un incendie délogeait de nuit les religieuses de Saint-François-d'Assise du presbytère, le feu s'attaquant à la salle à dîner des prêtres. Au début des années 90, le curé en fonction étant André Ferland, une inondation détériorait le sous-sol de l'église, dont la Salle des oeuvres. Par le dévouement de marguillières, l'eau avait pu être pompée, grâce à Réjean Gignac.

Adjacente à l'église, la Salle paroissiale a connu dans les années 80 un effondrement à cause du poids de la neige. Le prêtre en charge de la paroisse était alors Jean-Marie Pépin. La salle dut être refaite, sous la supervision de Constant Langlais et Lucien Drolet. 











La chapelle Notre-Dame-de-Lourdes, bien que ne faisant pas partie de NDG mais souvent associée à cette paroisse, avait été construite en 1879 et elle fut démolie en 1968. Quand l'Orphelinat de Saint-Sauveur, qui était adjacent, subit le même sort, le quadrilatère fut et est encore occupé par le Foyer Notre-Dame-de-Lourdes (CHSLD), construit en 1971-1972

 Pour ce qui est de la Caisse populaire, après avoir logé dans le presbytère, elle occupa son propre emplacement au coin des rues Franklin et De Mazenod à partir de mai 1947. La Caisse de NDG fera bientôt l'objet d'un historique.

Merci à Simonne Dumont d'avoir partagé le fruit de ses recherches, pas toujours faciles.
Michel.

dimanche 22 septembre 2013

Causerie du curé Lavergne sur Samuel de Champlain.


La Bonne Nouvelle de juillet 1937 incluait l'une des dernières transcriptions d'une causerie du curé Édouard-V. Lavergne. C'était celle du 3 juillet à la radio de Radio-Canada, qui portait sur Samuel de Champlain. En voici quelques extraits :

"Mesdames,
Messieurs,

Mardi le 29 juin dans l'édifice du Colisée à une séance du 2ème Congrès de la langue française, M. l'abbé (Lionel) Groulx prononçait un discours d'une haute portée nationale tout plein d'enseignements puisés aux sources de notre histoire, prêchant l'énergie nationale, la fierté nationale, la survivance nationale. Ce fut un véritable lavage de toutes les théories et sornettes dont on a berné notre jeunesse, endormi notre âge mur, et dont on voudrait encore continuer d'empoisonner la jeune génération qui monte et qui, ne voulant pas vivre dans l'insignifiance et dans la honte de la démission, entend bien ne pas laisser imposer de bornes à l'essor de notre culture, à l'élan de nos aspirations françaises. Et parce que M. Groulx l'a dit crânement avec des phrases qui sonnaient comme une fanfare de ralliement pour de nouvelles et glorieuses chevauchées vers notre destin national, nous ne lui avons pas menagé les applaudissements et les ovations.

Or de ce discours, véritable synthèse d'une doctrine nationale, virile et stimulante, je détache le passage suivant:
"Après 1760, au lendemain du traité de Paris, nos pères s'étant comptés n'eurent pas de peine à se reconnaître pour le peuple le plus infime de la terre et apparemment le plus inorganique. Mais leur propre histoire, sur leur propre terre, leur avait laissé dans l'esprit une image grandiose d'exaltante fierté."
Et l'orateur pose ces questions:
"Avons-nous gardé quelques-uns des stimulants qui, autrefois, ont soutenu nos pères dans leurs épreuves et leur pauvreté, leur ont permis de rester fiers ? Et par exemple, de notre grand passé, de la chanson du geste des conquérants de l'Amérique, quel souvenir, quelle image subsiste en nos mémoires ? La vérité crue, c'est que notre petit peuple qui aurait tant besoin d'être stimulé par le prestige de ses grandeurs historiques n'en sait rien. Lui, héritier de cette histoire, demandez-lui de nommer un seul des conquérants fameux du continent américain. Il ne le pourra pas."
Or, c'est pour aider à combler cette lacune soulignée par l'abbé Groulx que sont nées, en ces derniers temps, nos Sociétés d'histoire régionale. C'est pour y remédier que, l'hiver dernier par exemple, notre société Saint-Jean-Baptiste a demandé à ce grand historien national une série de cours sur Champlain le Père de la Nouvelle-France. Dans le même but, la Société d'Histoire régionale de Québec célèbre ce soir le 329e anniversaire de la fondation de Québec.

Elle veut rappeler que, le 30 juin 1608, le Don-de-Dieu parti de France le 17 avril précédent abordait à la falaise de Québec, dont Champlain a écrit: "Il ne se peut trouver d'endroit plus commode ni mieux situé que la pointe de "Québec", ainsi appelé par les Sauvages." Dès leur descente à terre, sans tarder, trente ouvriers et artisans se mirent résolument à entamer la forêt, à creuser des caves et des fossés pour les prochaines habitations. La tradition rapporte qu'on y planta une croix. Telles furent les premiers jours de Québec et les premiers travaux de son établissement.

Et la Société d'histoire m'a prié ce soir d'évoquer devant vous quelques traits saillants dans la vie du fondateur Samuel de Champlain. N'en voulez pas à la Société d'un tel choix ; après le Congrès, la liste des bons orateurs a paru épuisée. Et l'on a escompté que j'aurais la faiblesse d'accepter cette tâche et la témérité de venir à la radio avec quelques notes réunies à la hâte. Vous n'espérez pas que je peux en ces quelques minutes vous retracer en son entier une telle vie : l'entreprise serait aussi folle que chimérique. Quelques faits pour montrer l'homme et surtout l'apôtre, quelques pensées pour notre méditation. Ce sera tout.

D'abord qu'était Samuel de Champlain ? Navigateur de métier, français de race, catholique de religion, apôtre de coeur. Né au port de Brouage en Saintonge en 1567, dès le bas âge il s'affectionna à l'art de la navigation, à l'amour de l'océan. Avant de fonder Québec, il avait parcouru plusieurs mers et accompli déjà trois voyages en Amérique pour le compte d'abord de M. (Aymard) de Chattes; lors de la fondation de Québec, un quatrième pour M. (Pierre Du Gua) de Monts. Ces deux hommes ne voyaient dans l'entreprise qu'un caractère commercial. Leur ambition ne paraît pas avoir dépassé cet idéal : tirer le plus grand profit de la traite des pelletries avec les Sauvages.

Pour M. de Champlain au contraire, la traite n'était qu'un moyen, il visait plus loin, plus haut. On en trouvera l'affirmation dans ses écrits ; c'est en 1603 que Champlain entra en scène et mit un terme à la série d'échecs et de tâtonnements que M. l'abbé Groulx a si lumineusement exposés en ses cours de l'hiver dernier au Palais Montcalm à Québec. Maintenant grâce à son esprit d'apostolat, Champlain ne permettra plus que la cour et la ville, que l'État et l'Église oublient cette terre et ces hommes dont l'Atlantique les sépare. Il a servi dans les armées en face de celui qui allait devenir le roi Henri IV ; désormais, service de l'église et service du roi ne font qu'un, et c'est sur mer et c'est outre mer que Champlain s'en acquittera.

Les océans lui sont familiers il a navigué vers les Indes occidentales et vers le Mexique. Il s'est rendu compte, deux cent cinquante ans avant (Ferdinand de) Lesseps, que de ce qui s'appelle l'Amérique on pourrait faire deux grandes îles en perçant l'isthme de Panama: le grand découvreur comme le grand vivant a le don de l'hypothèse, et ses voyages sont l'expérience qui la vérifie. Il songe à présent à trouver, par le Canada, la route de la Chine.

Esprit toujours précis, au service d'une âme toujours ardente, Champlain laisse assez d'essor à ses rêves pour ne jamais cesser de voir grand et les tient assez en bride pour garder le contact avec le réel. "L'idéaliste en lui, écrit Georges Goyau, oriente le réalisateur et le réalisateur surveille l'idéaliste" ; et son rare génie d'organisation s'accommode à toutes les tâches. Durant l'été de 1603, il reconnaît Québec, Trois-Rivières et l'île qui s'appellera Montréal.

Les difficu1tés ne manquèrent pas. Il y eu la chute de Québec aux mains des (frères) Kirks, qui semblait consommer la ruine de cette colonie naissante. En 1629, trois ans plus tard, des négociations diplomatiques avec l'Angleterre rendaient le Canada et l'Acadie à la France. Alors s'ouvrit pour ces deux terres une histoire d'héroïsme et de splendeurs. Champlain, tenace, allait et venait sur l'Océan parlant de la France aux Sauvages et des Sauvages à la France. Enfin quatre franciscains munis d'une somme convenable vinrent avec lui pour l'accomplissement de son beau programme.

Après le traité de Saint-Germain(-en-Laye), Champlain revenait à Québec avec le titre de gouverneur. Au commencement du mois d'octobre 1635, il fut frappé de paralysie. Le 25 décembre suivant, ayant dit au Père Lejeune ses péchés, il mourut. Telle est la courte esquisse que, ce soir mesdames et messieurs, j'ai l'honneur de vous offrir et le regret de ne pas l'avoir dessinée en un plus brillant coloris.

Maintenant la statue de Champlain se dresse sur les hauteurs de Québec, à quelques pas du Château Frontenac, rendez-vous de toutes nos sommités sociales, témoin silencieux de plus d'une conspiration, où des capitalistes véreux s'accoquinent aux politiciens pour nous réduire en servitude. Dans le discours qu'il a donné l'hiver dernier, M. l'abbé Groulx a raconté les luttes de Champlain contre les puissances d'argent, leur cupidité et leur égoïsme qui entravaient son oeuvre. Alors devant le fort, la lutte paraissait non seulement implacable et cruelle, mais vouée à la défaite. Le courage et la foi de Champlain, son patriotisme, ont triomphé. Courage et espoir, peuple canadien-français ! Si nous le voulons, nous aussi nous vaincrons cette dictature économique qui nous opprime et dont Pie XI a dit qu'elle est dure, cruelle, implacable, exaspérante. Courage, les chaînes qui veulent nous asservir, nous les briserons !

En cet anniversaire de Québec au lendemain de ce Congrès où nos frères de la dispersion sont venus nous dire en mâles accents leur irrédentisme, leur volonté de vivre la vie française, selon la formule du Cardinal Villeneuve ce sera une ressaisie d'elle-même que notre race continuera d'opérer."

Édouard-V. Lavergne.

Michel.

dimanche 15 septembre 2013

Les rues des explorateurs : Colomb, Jolliet et Franklin

Trois noms de rues dans Notre-Dame-de-Grâce qui n'ont pas besoin d'une longue présentation : ceux des explorateurs Christophe-Colomb, (Louis) Jolliet et (John) Franklin.

Succédant parallèlement à la rue Kirouac, si on se dirige vers le sud, la rue Christophe-Colomb s'appelait simplement la rue Colomb à son ouverture en 1844. C'est en 1937 qu'elle adopta le nom complet de l'explorateur.

Cristoforo Colombo, tel que nommé en italien, est né à Gênes en 1451. C'est pour le compte de l'Espagne que, comme navigateur, il est le premier être humain à traverser l'océan Atlantique en 1492 et est ainsi considéré comme le découvreur de l'Amérique. Peu après ses quatre voyages transatlantiques étalés sur une dizaine d'années, il décède en 1506. Une portion de la rue, hors-NDG, s'est aussi appelée rue Saint-Georges, du nom du martyre chrétien du quatrième siècle.




Après la rue Châteauguay, toujours en montant en direction du sud, on croise la rue Franklin, qui faudrait normalement prononcer à l'anglaise puisqu'elle est nommée en l'honneur de l'explorateur britannique John Franklin (1786-1847).

Franklin a exploré les côtes arctiques du Canada. C'est lors de sa dernière expédition, à la recherche du passage du Nord-Ouest, qu'il périt en compagnie du reste de l'équipage. Le bout de rue entre le boulevard Langelier et la rue Signaï s'était auparavant appelé la rue Saint-Théophile, en l'honneur d'un autre martyre mort au 4e siècle. Une section hors-NDG s'est aussi appelée la rue Saint-Augustin, possiblement en hommage à l'évêque père de l'église latine ayant vécu aux 4e et 5e siècles.



Après avoir franchi la rue Arago, la rue la plus au sud entre Victoria et Durocher est la rue Jolliet, nom emprunté à l'explorateur Louis Jolliet, 1645-1700 (qu'il ne faut pas confondre avec Barthélemy Joliette (1768-1850), fondateur de la ville du même nom).

Louis Jolliet, né près de Québec, est considéré comme le découvreur du fleuve Mississippi, qu'il visita avec le père Jacques Marquette. Quelques années avant son décès à Québec, il explora la côte du Labrador. Ce bout de rue (Jolliet) s'appelait la ruelle Saint-Roch avant 1890, en souvenir du saint légendaire français du 14e siècle.

En plus d'explorateurs, la ville de Québec aimait nommer ses rues aussi du nom d'astronomes, mais ce sera pour une autre fois !

Michel.
(Merci à la section toponymie du site internet de la ville de Québec.)






Michel.

dimanche 8 septembre 2013

Le nom de la rue Kirouac a un lien avec le Frère Marie-Victorin.

Décidément, le sujet de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce ne cesse de me réserver des surprises !  Mon étonnement de cette semaine concerne la rue Kirouac, qui est plus au sud que les rues Hermine et Demers, déjà traitées.

La rue Kirouac possède ce nom depuis 1890. Elle fait référence à François Kirouac (1826-1896) (photo), maire de l'ancienne municipalité de Saint-Sauveur de 1870 à 1883 ainsi qu'en 1888 et 1889. C'est donc lui qui prépara l'annexion de Saint-Sauveur à Québec en 1889. Descendant d’une famille bretonne, il fonda l'entreprise F. Kirouac et Fils, commerce de grossiste dans le domaine des farines et des grains. Consacré "Chevalier", il fut échevin de la ville de Québec, président de l’Union Saint-Joseph, directeur du chemin de fer de la Rive-Nord, vice-président de la Société des Prêts et Placements. Pendant plus de quarante ans il fut un membre engagé de la Société Saint-Vincent-de-Paul.

Il épousa (Marie-)Julie Hamel en 1848. Vers 1890, les Kirouac déménagèrent à Saint-Sauveur et habitèrent une belle maison de briques rouges, richement meublée, rue Saint-Vallier.

L'un de ses fils, Cyrille Kirouac, devint rapidement un des citoyens les plus en vue de son quartier. Cyrille hérita du commerce de son père, qu'il administra avec son frère Napoléon.

L'un des fils de Cyrille fut Conrad Kirouac (photo)
, qui fréquenta l'école des Frères des Écoles chrétiennes dans le quartier Saint-Sauveur, puis l'Académie Commerciale de Québec. En 1901, il fit son entrée chez les Frères des Écoles chrétiennes et prit comme nom nul autre que celui de Frère Marie-Victorin. Cette célèbre personnalité fut, on le sait, le fondateur et le directeur de l'Institut botanique de Montréal en 1922, et le fondateur du Jardin botanique de Montréal en 1931. Il fonda en 1923 la Société canadienne des sciences naturelles et la diriga jusqu'en 1940. Auteur de beaucoup d'ouvrages, on lui doit notamment celui sur la botanique du Québec : "La Flore laurentienne".

La rue Kirouac s'était appelée auparavant la rue Jacques-Cartier et la rue Saint-Flavien. Jacques Cartier (1491-1557) n'a pas besoin d'une longue présentation. Il suffit de rappeler que, natif de Saint-Malo, cet explorateur français fut surnommé le « découvreur du Canada ». Quant à Saint-Flavien, ce nom de rue provient de Flavien Durocher (1800-1876), curé-fondateur de Saint-Sauveur ; nous y reviendrons quand il sera question de la rue Durocher.

Conclusion : quand on voit une plaque de la rue Kirouac, on peut penser à François Kirouac mais aussi à son petit-fils Conrad qui, après avoir étudié tout près de NDG, devint le fameux Frère Marie-Victorin !

Michel.
(Merci au site http://www.archiv.umontreal.ca/ de l'Université de Montréal pour les photos.)

samedi 31 août 2013

Une nouvelle édition du livre sur NDG, à Saint-Sauveur en fête

Émilie Pintal (Lapierre), des Éditions Zëme, nous informe de la réimpression du livre de Dale Gilbert portant principalement sur la paroisse Notre-Dame-de-Grâce :
" Les Éditions Zemë seront à nouveau de la fête lors de l'édition 2013 de «St-Sauveur en fête» samedi prochain dès 12h! Venez vous procurer De cloches et de voix et rencontrer l'auteur Dale Gilbert. Nous vous offrirons également pour l'occasion d'acheter une superbe collection de cartes postales tirées de l'ouvrage et illustrant l'histoire de l'église et de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce, ainsi que celle du quartier Saint-Sauveur. 
Au plaisir de vous y croiser ce samedi! "
C'est samedi le 31 août sur la rue Saint-Vallier ouest, dans le secteur du Centre Durocher. Voici l'exemple (la grotte Notre-Dame-de-Lourdes) de l'une des cartes postales qui seront disponibles au kiosque des éditions :

Pour informations supplémentaires, se rendre au site :

Michel.

samedi 24 août 2013

Quelques mariages marquants, dont la douzaine d'unions simultanées en 1940

Continuant à compléter les sujets non encore traités, voici quelques mariages célébrés à Notre-Dame-de-Grâce :

Le curé Gérard Lefebvre révélait en 1974 que le premier mariage à NDG s'était déroulé le 3 janvier 1925, entre Joseph-Siméon Lepage dit Boulanger et Marie-Philomène-Alma Mercier, et avait été présidé par le curé Édouard-V. Lavergne lui-même.

Le 6 juin 1937, Valère Marcoux, maître-chantre, épousait Berthe Roberge. L'événement avait mérité une photo dans la Bonne Nouvelle.

La cérémonie la plus spectaculaire a sans doute eu lieu le 15 juillet 1940, c'est-à-dire dans le contexte de la deuxième guerre mondiale. Douze couples unissaient leur destinée (photo) :



Joseph-Albert Asselin et Marie-Diana-Irène Laperrière. 
Wilfrid Boucher et Marie-Marguerite-Jeanne Saint-Pierre.
Ludger Langlois et Marguerite-Thérèse Ringuette.
Victor-René? Guérard et Gemma Turcotte.
Gabriel Chamberland et Berthe Tessier.
Maurice Gosselin et Yvette Simard.
Wilfrid Pelletier et Georgette Lee.
Gaston Brown et Magella Carrier.
Jacques Lachance et Fernande Paradis.
Lauréat Matte et Cécile Fortier.
Jean-Baptiste Ouellet et Marie-Blanche Boutet.
Joseph-Th.-Albert Godin et Marie-Adrienne Boutet.

Michel

vendredi 16 août 2013

Les vicaires et leurs années de vicariat à NDG.

La liste des vicaires de Notre-Dame-de-Grâce déjà publiée comportait assez peu de dates. À l'aide d'informations provenant des revues "La Bonne Nouvelle" et "Le Flambeau", voici davantage de précisions sur leurs années de vicariat. On constatera que la plupart des dates sont approximatives, mais elles donnent quand même une idée sur leur situation temporelle.

Jules Lockwell 24-26
Arthur Ferland 25-27
Joseph Lévesque 26 (séjour écourté)
Arthur Lévesque 26-27
Eudore Bourbeau 27-31
J.-A. Bissonnette 27-29?
Paul Bouillé vers 26-36
Napoléon Tanguay 29-31
Gabriel Létourneau ? 31
Lactance Blais 31-35
Adrien Lanouette 33-38?
Eddy Rousseau 35-38?
Wellie Brulotte 38?-40?
Wilfrid Latulippe 38?
Antonio Guay 38?-41
J.-Léo? Plante 38?-40?
Gérard Gosselin 41?-45?
Georges Laberge 41?
J.-Albert Bélanger 41?-45?
J.-Noël Blanchet 43?-45?
Noël Simard 45?-46?
Joseph Rochette 45?-47?
André Cliche 46?-47?
Cyrille Duchesneau vers 49
Ernest Robitaille 45?-49?
Roland Godin 49?-51?
Jean-Baptiste Mathieu 51?-53?
Laurent Lacoursière vers 52?
Maurice Paquet vers 52?
Léon-Philippe Dancause vers 52?
Richard Richard 53-61
Jacques Dorval ?-63
Guy Dubois 61
Philippe Poulin 61-67
Victor Beaulé 63-66
Louis-Hébert Quirion 66-67
François Germain 67-72
Émilien Marois 72
Richard Turcotte 72-77
Jean-Luc Laflamme 77-81
Jean-Marie Pépin 81-88
Marcel Plamondon 88?-90

Les trois vicaires précédents furent des administrateurs économes, en absence de curé.

Voici les photos des vicaires des 25 premières années de la paroisse :


Pour voir les photos des vicaires qui leur ont succédé, on peut se rendre à cette page, où les années ont été mises à jour :

http://ndgquebec.blogspot.com/2008/11/les-vicaires-et-les-autres-prtres.html

Michel.

mercredi 7 août 2013

Décès de J.-Moïse Fradet en 1935


Jeudi le 31 janvier 1935 eurent lieu les funérailles de Joseph-Moïse Fradet, décédé le lundi précédent. 

Voici quelques extraits du texte paru dans la Bonne Nouvelle :
"Cette mort a été une surprise. Bien que malade depuis longtemps et sujet à des évanouissements, même à des paralysies partielles, il ne paraissait pas gravement atteint. Une maladie mortelle cheminait dans ses veines et rongeait sa vie. Entouré de médecins qui le déclaraient atteint seulement de maladie nerveuse, nul ne le croyait sérieusement malade et, bien loin de faire écho à ses doléances, chacun s'acharnait à lui répéter qu'il s'en faisait accroire.  
C'était un grand cœur tout en dévouement et en générosité. Jamais il ne refusait un service qu'on lui demandait, même si cela devait lui coûter un sacrifice. Doué d'une voix remarquablement harmonieuse et chaude au registre très étendue, maître-chantre à notre paroisse depuis dix ans, il n'était pas de ceux que l'on voit sortir de leur repos seulement quand il y a une piastre à gagner. Il chantait au besoin tous les soirs de l'année, au Salut du Saint Sacrement, aux Heures Saintes, serviteur à l'ancienne manière qui mettait son cœur dans son travail. 
Employé au Palais de justice, il s'était gagné l'affection et l'estime des avocats et de ses compagnons par sa bienveillance et son empressement à rendre service à tous, toujours avec la même politesse et la même cordialité.  
Aussi y avait-il foule à ses funérailles. Au chœur de l'orgue, les meilleurs chantres de la ville sont accourus lui apporter l'hommage de leur voix. Nos paroissiens ont rempli l'église, témoignage de sympathique reconnaissance. Près du catafalque se tenaient les Scouts compagnons de son fils Alexandre. Des Congréganistes étaient au prie-Dieu. Dans le sanctuaire, le père Maillard des Pères du Sacré-Cœur, le curé Lavergne, l'abbé Janvier Lachance, l'abbé Adrien Bernier(?), le vicaire Adrien Lanouette et bien d'autres. L'abbé (Jos-John) Hunt, curé de Saint-Jean de l'Isle-d'Orléans, a chanté le service.   
Monsieur Fradet laisse une veuve et dix enfants (dans le deuil)."

 La photo précédente a été prise au mariage d'une fille de Moïse Fradet, Armande, avec Jacques Gagnon, le 15 juillet 1950. Merci à Thérèse Fradet pour cette photo de mariage de sa soeur.

Michel.

jeudi 1 août 2013

Le tramway passait par Notre-Dame-de-Grâce

Le site internet "Histoire et société" rappelle l'époque des tramways électriques à Québec, qui s'étendit de 1897 à 1948. Le premier circuit entré en fonction circulait dans le quartier Saint-Sauveur, en partie sur le territoire de Notre-Dame-de-Grâce. En effet, à partir de la gare de tramways sur la rue Marie-de-l'Incarnation, au bout de la rue Hermine, les chars parcouraient cette dernière rue jusqu'à ce qu'ils rencontrent la rue Demers, segment qui appartenait à NDG.

La photo montre justement un tramway sur Hermine qui se dirige vers la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes pour rejoindre ensuite la rue Demers.

Notre collaboratrice Simonne Dumont a partagé avec nous ses souvenirs du parcours emprunté par les tramways à la Basse-Ville : après Demers, ils descendaient le boulevard Langelier puis s'engageaient dans la rue Notre-Dame-des-Anges (située entre Saint-Joseph Est et Des Fossés (Charest) et parallèle à elles). Au bout, ils montaient brièvement la rue de la Couronne pour tourner sur Des Fossés (Charest), rue qui se transforme en Saint-Paul. Après avoir atteint Dalhousie, c'était le retour vers l'ouest qui se faisait principalement par Saint-Vallier Est puis Ouest.

Simonne Dumont nous permet aussi de publier la photo suivante d'une carte postale, qu'elle conserve précieusement, envoyée en 1913, montrant le spectaculaire "char observatoire" (ou tramway d'observation) :



Le parcours ci-haut a été confirmé par Jérôme Bégin des Archives de la ville de Québec, qui nous a fourni gracieusement une carte des circuits des tramways de Québec.

La ligne du tramway de la Basse-Ville fut la dernière à être encore en fonction, avant la disparition de ce moyen de transport public en 1948.

Alain Verret nous a précisé que son grand-père Roméo Verret, qui était chauffeur de tramway sur cette ligne de la Basse-Ville, est décédé à 39 ans écrasé par son tramway suite à un accident. Merci d'avoir partagé sa photo.

Michel.
(le site internet mentionné est :
http://histoiresociete.blogspot.ca/2009/10/le-tramway-electrique-de-quebec-1897.html )