mardi 21 mai 2013

Le curé Lavergne donne des conseils sur l'élection fédérale de 1935.


Les années 1935 et 1936 ont été mouvementées sur le plan politique, avec des élections fédérale, provinciales (deux fois) et municipale. Nous pourrons prendre connaissance de déclarations au sujet de ces différents scrutins faites par le curé Édouard-V. Lavergne de Notre-Dame-de-Grâce, qui fut jugé controversé quant à ses prises de position politiques.

En guise de préparation à cette vague et comme tentative pour assainir les pratiques démocratiques qui avaient été bafouées pendant les mois et les années précédentes, une "Ligue de moralité publique" (L.M.P.) fut créée, à la demande faite le 26 juillet 1935 par le cardinal Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve pour se "liguer contre la honteuse corruption des moeurs électorales et la vénalité des votes qui se pratique au mépris des règles fondamentales de la conscience." Comme témoignage public de cette volonté, il fut demandé de signer, au presbytère de NDG, des engagements parmi lesquels on trouvait :

- Assurer et respecter dans chaque électeur la liberté absolue de son vote et ne pas essayer de l'influencer par des moyens malhonnêtes.
- Empêcher comme de "graves attentats à la justice" les calomnies, médisances et révélations indiscrètes des choses qui tiennent à la vie privée, contre les candidats ou les voteurs.
- Dénoncer et empêcher comme une "infame trahison contre le bien public" et comme une faute grave contre la dignité humaine toute tentative d'acheter les votes avec de l'argent, des promesses, de l'alcool, des parjures, etc.

L'élection canadienne fut la première à survenir, le 14 octobre 1935. Le curé Lavergne donna ses impressions dans une Bonne Nouvelle du début d'octobre, dont voici quelques extraits.


"Présentement, j'avoue que je serais fort embarrassé de donner un avis, j'aurais de la peine à le soutenir avec des arguments irréfutables, tant il y a de part et d'autres du pour et du contre. Jusqu'à date, dans notre comté (Québec-Ouest), deux hommes sont en opposition. M. Maurice Dupré (photo de gauche) reste fidèle à M. R.-B. (Richard-Bedford) Bennett (du Parti conservateur). M. Charles (Eugène) Parent (avocat) le combat sous l'étendard libéral de M. (Mackenzie) King. Il n'y a pas encore de candidat Stevenniste (du Parti de la reconstruction, dirigé par M. Henry Herbert Stevens (photo de droite) ). S'il en vient un, lequel des  trois faudra-t-il élire? 
M. Bennett et M. King ont tous les deux pour les appuyer les intérêts de la haute finance. Quoiqu'il en dise, je ne crois pas que M. Stevens puisse s'en passer; les élections coûtent trop cher: elles ne peuvent se faire sans argent. Malgré la souscription populaire qu'il a lancée, il n'aura pas le temps de ramasser tous les fonds nécessaires. À ce point de vue l'"Action Nationale Libérale" qui tente la même expérience (au provincial) est en meilleure position. Il sera intéressant de suivre sa réaction sur l'électorat honnête. 
Quoiqu'il en soit je crois que, dans notre comté ou ailleurs, la meilleure tactique sera de choisir le candidat qui, par son passé, par la dignité de sa vie privée, par sa formation intellectuelle, offrira le plus de garantie. À moins que les deux candidats en présence soient de valeur égale, je ne crois pas qu'il faille trop s'embarrasser du nom des chefs: leur politique en pratique ne sera pas très différente. Le passé est là pour nous le dire. Quant à l'ombre de (Wilfrid) Laurier ou de (John A.) Macdonald, laissons-les dormir en paix."
À venir : sa réaction aux résultats de l'élection.
Michel.

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