
Sur l'estrade qui fut dressée sur le chantier de l'église deux jours auparavant pour la fête du Sacré Coeur, la Pierre fut déposée. Cette Pierre donnée par le marguillier Théodule Roberge sortait de ses ateliers.
Trois voitures attelées, la première de quatre chevaux, les deux autres de deux, allèrent chercher le Cardinal. Dans la voiture du cardinal se trouvaient le curé Lavergne, le secrétaire de l'évêché Monsieur Chouinard et le marguillier en charge, Alphonse Paquet (qui venait de remplacer Stanislas Gagnon). Dans les deux autres voitures avaient pris place les autres marguilliers : Marcel Rochette, Théodule Roberge, Alfred Larose, Wilfrid Charest, Alfred Pichette et Honoré Gignac nouvellement élu (voir la note). À eux s'étaient joints l'abbé Jean-Thomas Nadeau, l'architecte des plans d'église, et Albert Maheux, le président du comité paroissial.
Toutes les confréries et congrégations paroissiales se groupèrent sur la rue Franklin, entre Signaï et de Mazenod, pour aller elles aussi à la rencontre du Cardinal au Boulevard Langelier. La compagnie des zouaves du Sacré-Coeur et les cadets de Saint-Damase les accompagnèrent.
Le Cardinal vêtu de son manteau rouge arriva devant l'estrade au son des clairons et des tambours. Le curé lui adressa un bref compliment et lui présenta la paroisse. "La Pierre que vous allez bénir, Éminence, (...) sera placée au dessus de la grande porte centrale. (...) Le peuple n'est peut-être pas très riche mais (...) chaque semaine il donne pour cette nouvelle église une somme moyenne d'à peu près 400$."
Après le curé, Monsieur Paquet lut une adresse au cardinal. Le sermon de circonstance fut prononcé par l'abbé A. Pépin, professeur au séminaire de Sherbrooke. Il expliqua le symbolisme de la Pierre : "l'image de Jésus, qui est la base, le roc sur lequel l'Église est édifiée ; au cours des siècles, toutes les fureurs n'ont pas réussi à la détruire."
Le cardinal Bégin dit ensuite quelques mots. Dans sa longue carrière, il avait vu plus de 80 nouvelles paroisses prendre leur place à côté des anciennes et plus de 200 nouvelles églises ont surgi du sol. Il procéda ensuite à la bénédiction de la Pierre angulaire, assisté du curé et de l'abbé Nadeau. À ce moment, la foule chantait des cantiques au Sacré Coeur. (Au premier plan sur la photo, de gauche à droite, le curé Lavergne, le cardinal Bégin et les abbés Chouinard, Nadeau et Lockwell.)Après la cérémonie du cardinal, la foule fut admise à monter sur l'estrade pour frapper la pierre, déposer une obole et baiser l'anneau du cardinal. Des insignes-souvenirs de cette fête furent vendus. Ce fut tout un "Magical Mystery Tour" !

Note : Je pense comprendre maintenant pourquoi, dans le cahier du 25e anniversaire de NDG, une photo de mon grand-père Honoré Gignac devenu vieillard avait été utilisée. Il avait été élu à une occasion spéciale pour combler le départ du marguillier Stanislas Gagnon et il n'avait probablement pas été photographié comme lors d'une séance élective régulière. Je joins donc une photo d'Honoré Gignac datant approximativement de l'époque où il fut marguillier. (Merci à Liliane Gignac.)
Michel.
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