Nous avons eu accès à des documents concernant la paroisse Saint-Sauveur. On y trouve entre autres le cahier du Centenaire : 1867-1967. L'un de ses articles raconte l'histoire de la Chapelle, qui se trouvait délimitée par les rues Signaï, Hermine et De Mazenod. L'auteur en est l'oblat Philéas Garneau (photo), membre en 1967 du personnel religieux de la paroisse. Voici comment il décrivait la Corderie en plus de la Chapelle :
"Pour qui a suivi l'intense vie paroissiale des
anciens jours chez nous, la chapelle de Notre-Da-
me-de-Lourdes apparaît comme un centre de fer-
veur mariale d'une rare puissance. Un vif courant
de piété s'y manifestait; les mois de Marie et du
Rosaire y groupaient de nombreux fidèles; les
Congréganistes et Tertiaires s'y réunissaient en
très grand nombre; on y vivait avec éclat les so-
lennités anniversaires des foyers ou des groupe-
ments ... Et toute la vie chrétienne s'épanouis-
sait chez nous sous la brillante sauvegarde de la
Vierge Immaculée.
La chapelle de Lourdes, où furent érigées les
deux premières Fraternités du Tiers-Ordre fran-
ciscain en notre ville, est située sur l'ancien fief
des Récollets à l'angle des rues Hermine et Sau-
vageau (aujourd'hui de Mazenod).
En 1876, le R.P. Flavien Durocher, o.m.i., pre-
mier curé de St-Sauveur, obtient de Madame la
Seigneuresse par l'entremise de son mari, le co-
lonel James Turnbull, le terrain nécessaire à l'é-
rection de la chapelle. Le terrain comprend aussi
une partie de « La Corderie» (en rouge), bâtie entre les rues
de Mazenod et Signaï et obstruant toutes les rues
transversales ; la bâtisse (1200 pieds de long par
29 de large) fut détruite au grand feu du 14 oc-
tobre 1866. Avant l'incendie, il fallait donc pour
aller à St-Sauveur passer par les rues Arago ou
St-Vallier. Cependant pour la commodité des pié-
tons, il y avait un escalier sur la rue Hermine pour
passer sur le toit de La Corderie qui couvrait tout
l'espace de la rue Arago à la rue Bagot.
Le Père Ferdinand Grenier, successeur du
Père Durocher, fit l'acquisition des autres terrains
sur les rues Signaï et Christophe-Colomb, afin
d'avoir tout le quadrilatère: «Hermine, Signaï,
Christophe-Colomb et de Mazenod », pour la cons-
truction de la chapelle. Le R.P. (Adolphe) Tortel, troisiè-
me curé, érigea la chapelle. De style renaissance,
construite en pierres, elle a 126 pieds de lon-
gueur, 60 de largeur et 50 de hauteur. Mgr le
Grand Vicaire Caseault présida à la bénédic-
tion de la pierre angulaire (19 octobre 1879) et
de l'édifice entier le 8 décembre 1880. Le Card.
Taschereau, en 1882, bénissait la cloche (317 li-
vres) et déclarait la chapelle lieu de réunions des
Tertiaires de tout Québec. Le clocher (180 pieds
du sol) sert de piédestal à une belle statue (18
pieds de haut) de la Vierge de Lourdes, bénite
le 5 novembre 1882 par le Card. Taschereau. De-
puis lors, la Vierge bénie, souveraine en ce lieu,
veille avec tendresse sur toute la population.
L'on paracheva l'intérieur de la chapelle en
1885. La représentation du rocher et de la Grotte
de Lourdes, qui servaient de cadre au maître-au-
tel, fut exécutée par M. Alcan, employé de Mon-
sieur Beullac. En 1914, sous le pastorat du R.P.
(Hormidas) Legault, on fit la restauration, décoration et
embellissement de tout l'intérieur: vitres et
châssis font place à de riches vitraux aux couleurs
prononcées et d'un fini délicat; les 2 grands ta-
bleaux représentant au sanctuaire les apparitions
de Pontmain et de la Salette furent retouchés; la
représentation du rocher et de la grotte font place
au magnifique maître-autel en imitation de marbre
et l'oeuvre de Messieurs Moisan et Jacques. Cette
imitation de marbre fut réalisée par un procédé
demeuré le secret des artistes. Sous l'arcade de
l'autel, une grotte abrite la brillante statue de
Lourdes tout illuminée de reflets aux couleurs
variées.
Au Codex, à la date du 8 septembre 1943:
« Ce soir, la statue de Notre-Dame, au sommet
du clocher de sa chapelle, est illuminée pour la
première fois : elle le sera désormais tous les
soirs de 7h. à 1 h. du matin: les paroissiens ont
souscrit $1,300.00 pour faire dorer et illuminer
la statue.» (...) "
Michel.
(Merci à nouveau à Simonne Dumont.)



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