mardi 15 août 2017

La Corderie et la Chapelle N.-D.-de-Lourdes décrites en 1967.

Nous avons eu accès à des documents concernant la paroisse Saint-Sauveur. On y trouve entre autres le cahier du Centenaire : 1867-1967. L'un de ses articles raconte l'histoire de la Chapelle, qui se trouvait délimitée par les rues Signaï, Hermine et De Mazenod. L'auteur en est l'oblat Philéas Garneau (photo), membre en 1967 du personnel religieux de la paroisse. Voici comment il décrivait la Corderie en plus de la Chapelle :








"Pour qui a suivi l'intense vie paroissiale des 
anciens jours chez nous, la chapelle de Notre-Da- 
me-de-Lourdes apparaît comme un centre de fer- 
veur mariale d'une rare puissance. Un vif courant 
de piété s'y manifestait; les mois de Marie et du 
Rosaire y groupaient de nombreux fidèles; les 
Congréganistes et Tertiaires s'y réunissaient en 
très grand nombre; on y vivait avec éclat les so- 
lennités anniversaires des foyers ou des groupe- 
ments ... Et toute la vie chrétienne s'épanouis- 
sait chez nous sous la brillante sauvegarde de la 
Vierge Immaculée. 

La chapelle de Lourdes, où furent érigées les 
deux premières Fraternités du Tiers-Ordre fran- 
ciscain en notre ville, est située sur l'ancien fief 
des Récollets à l'angle des rues Hermine et Sau- 
vageau (aujourd'hui de Mazenod).



En 1876, le R.P. Flavien Durocher, o.m.i., pre- 
mier curé de St-Sauveur, obtient de Madame la 
Seigneuresse par l'entremise de son mari, le co- 
lonel James Turnbull, le terrain nécessaire à l'é- 
rection de la chapelle. Le terrain comprend aussi 
une partie de « La Corderie» (en rouge), bâtie entre les rues 
de Mazenod et Signaï et obstruant toutes les rues 
transversales ; la bâtisse (1200 pieds de long par 
29 de large) fut détruite au grand feu du 14 oc- 
tobre 1866. Avant l'incendie, il fallait donc pour 
aller à St-Sauveur passer par les rues Arago ou 
St-Vallier. Cependant pour la commodité des pié- 
tons, il y avait un escalier sur la rue Hermine pour 
passer sur le toit de La Corderie qui couvrait tout 
l'espace de la rue Arago à la rue Bagot. 



Le Père Ferdinand Grenier, successeur du 
Père Durocher, fit l'acquisition des autres terrains 
sur les rues Signaï et Christophe-Colomb, afin 
d'avoir tout le quadrilatère: «Hermine, Signaï, 
Christophe-Colomb et de Mazenod », pour la cons- 
truction de la chapelle. Le R.P. (Adolphe) Tortel, troisiè- 
me curé, érigea la chapelle. De style renaissance, 
construite en pierres, elle a 126 pieds de lon- 
gueur, 60 de largeur et 50 de hauteur. Mgr le 
Grand Vicaire Caseault présida à la bénédic- 
tion de la pierre angulaire (19 octobre 1879) et 
de l'édifice entier le 8 décembre 1880. Le Card. 
Taschereau, en 1882, bénissait la cloche (317 li- 
vres) et déclarait la chapelle lieu de réunions des 
Tertiaires de tout Québec. Le clocher (180 pieds 
du sol) sert de piédestal à une belle statue (18 
pieds de haut) de la Vierge de Lourdes, bénite 
le 5 novembre 1882 par le Card. Taschereau. De- 
puis lors, la Vierge bénie, souveraine en ce lieu, 
veille avec tendresse sur toute la population.

L'on paracheva l'intérieur de la chapelle en 
1885. La représentation du rocher et de la Grotte 
de Lourdes, qui servaient de cadre au maître-au- 
tel, fut exécutée par M. Alcan, employé de Mon- 
sieur Beullac. En 1914, sous le pastorat du R.P. 
(Hormidas) Legault, on fit la restauration, décoration et 
embellissement de tout l'intérieur: vitres et 
châssis font place à de riches vitraux aux couleurs 
prononcées et d'un fini délicat; les 2 grands ta- 
bleaux représentant au sanctuaire les apparitions 
de Pontmain et de la Salette furent retouchés; la 
représentation du rocher et de la grotte font place 
au magnifique maître-autel en imitation de marbre 
et l'oeuvre de Messieurs Moisan et Jacques. Cette 
imitation de marbre fut réalisée par un procédé 
demeuré le secret des artistes. Sous l'arcade de 
l'autel, une grotte abrite la brillante statue de 
Lourdes tout illuminée de reflets aux couleurs 
variées. 




Au Codex, à la date du 8 septembre 1943: 
« Ce soir, la statue de Notre-Dame, au sommet 
du clocher de sa chapelle, est illuminée pour la 
première fois : elle le sera désormais tous les 
soirs de 7h. à 1 h. du matin: les paroissiens ont 
souscrit $1,300.00 pour faire dorer et illuminer 
la statue.» (...) "

La Chapelle Notre-Dame-de-Lourdes allait être démolie très peu de temps après les 100 ans de Saint-Sauveur, soit en 1968. Pour relire le texte d'Émilie Lapierre Pintal (dans Le Carillon) au sujet de la Corderie, cliquer ici.

Michel.
(Merci à nouveau à Simonne Dumont.)

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