Au moment où l'église Notre-Dame-de-Grâce accueillait, en juin 1997, le premier Colloque international sur l'avenir des biens d'église, l'annonce de la fermeture de l'église et de la paroisse venait de retentir. Ce colloque fut convoqué par le maire de Québec, Jean-Paul L'Allier. À cette occasion, l'Ordre des architectes de Québec publiait un numéro de la Revue d'architecture (ARQ) (image). Luc Noppen et Lucie K. Morisset (photo) y avaient rédigé entre autres un article intitulé "Monument en péril : l'église de Notre-Dame-de-Grâce". En voici quelques extraits :"La décision est tombée, prévue mais néanmoins brutale: l'église de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce fermera ses portes le 30 juin prochain. Dans la foulée de plusieurs annonces de même nature, partout au Québec, et devant le fait que bien d'autres églises seront fermées avant que ne s'amorcent les célébrations de l'Année sainte à Rome, il ne s'agit au départ que d'une mauvaise nouvelle pour un petit nombre de paroissiens d'un des quartiers les plus démunis de Québec. Plusieurs se confortent cependant à l'idée que la restructuration des paroisses dans les villes-centres permettra, pour un certain temps du moins, de garder ouvertes quelques églises historiques situées dans des paroisses voisines, plus anciennes. Et puis, une fois fermée, l'église Notre-Dame-de-Grâce pourrait aisément être démolie pour permettre la construction de logements; des promoteurs sont d'ailleurs déjà à l'œuvre, dans ce secteur que favorise une aide municipale.
La disparition de l'église Notre-Dame-de-Grâce serait une perte considérable pour le Québec tout entier. Ce petit monument, né dans des circonstances difficiles, a aussi une histoire bien particulière. Mais surtout, ses concepteurs l'ont établi comme un manifeste architectural. L'objet se voulait nouveau et contestataire; il discourt sur l'état de l'architecture dans les années 1920 et incarne une volonté de changement. Dense d'un point de vue sémantique - chose déjà peu commune au Québec - le bâtiment est aussi exceptionnel ; il ravit tous ceux qui se livrent à l'exercice de sa découverte.
(...)
À l'heure actuelle, le bâtiment requiert des travaux de quelque 200000 $ ; l'entretien annuel représente une dépense de l'ordre de 30000 $. C'est peu pour un monument de cette qualité et de cette importance dans notre histoire de l'architecture.
Le comité Édouard-Valmore Lavergne a été créé pour tenter de sauver le monument; il s'agit d'asseoir sa notoriété, de lui trouver une forme de reconnaissance qui assurerait une protection légale (municipale, provinciale ou fédérale) et enfin de préparer un plan stratégique en vue d'assurer sa conservation avec l'aide de nouveaux partenaires."
Dans le rapport "Le plan d'affaires de Développement de Mazenod" adopté en juin 2000, on trouvait l'historique du début de la mobilisation pour la sauvegarde de l'église NDG. On y apprenait qu'au cours de l'année 1998, les organismes locataires de l'église (les Ateliers Entr'Actes (image) et le Service d'Intégration au Travail l'Espoir ou SITE) créèrent, avec l'appui de citoyens du quartier et de différents partenaires, un comité voué à la réhabilitation de l'église. Ils entreprirent une série de démarches pour sensibiliser la population et les décideurs à la nécessité de réhabiliter la bâtisse et de lui donner une nouvelle vocation.
À suivre : les actions de 1999.
Michel.
(merci au photographe Paul Laliberté)



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