dimanche 22 juin 2014

La Saint-Jean-Baptiste de 1937 à NDG

Le curé Lavergne faisait un bilan mitigé de la fête de Saint-Jean-Baptiste de 1937. En voici quelques extraits:

"Vous vous attendez d'en entendre parler. Ça été surtout une fête extérieure. On a lancé des pétards. On a bu de la bière, etc. Nous avons eu une belle parade, de beaux chars allégoriques généralement bien conçus. Le nôtre représentait Notre Dame du Canada. Il a été très applaudi. (N.D.B. La photo du char allégorique de Notre-Dame-de-Grâce avait déjà été publiée, mais en petit format, il y a quelques années (cliquer ici pour avoir la liste des participantes).) Nos jeunesses organisées, gardes, patronages ont défilé nombreux, en bon ordre.


Quelques tableaux comportaient de bonnes leçons. Prière en famille, mois de Marie, etc. Que sont devenues ces pratiques...? Hélas! À cela s'est borné notre patriotisme. Dans les rangs, notre Section comptait à peine une centaine d'hommes et de jeunes gens. C'était la plus nombreuse.

Aux messes, c'était pitoyable, peu d'hommes, peu de communions. Je sais que ce n'est pas à notre paroisse seulement que ce reproche s'adresse. J'ai été prêcher en dehors de la paroisse; c'était une basse messe. Il y avait des femmes et des enfants, quelques hommes; les jeunes, je les ai vus sur les trottoirs, aux portes des restaurants. Ça n'était ni mieux ni pire qu'ici, mais c'était aussi désolant. Désolant, parce que nous ne méritons pas mieux et il n'apparaît pas que nous mériterons mieux de sitôt.

Notre patriotisme vaut ce que valent nos élections. Nous croyons que les élections, c'est le temps de faire de l'argent en pressurant les candidats au lieu d'en dépenser pour aider à un meilleur choix de députés. Nos élections sont un scandale par l'orgie de mensonges, de blasphèmes, d'alcool et des parjures qui nous méritent des gouvernements de farceurs, pour ne pas dire plus.

Notre patriotisme vaut-il mieux? On ne s'y dévoue pas parce qu'il n'y a pas une piastre au bout, un verre de bière et que l'on n'a pas d'amour Le Congrès de la langue française nous fournirait des preuves de cela si j'avais la permission de les énumérer. Mais ce serait trop déprimant. Fasse le ciel que, selon la parole de l'abbé Groulx, nous soyons enfin la génération des vivants."

Malgré que le triste constat que faisait le curé Lavergne semble s'appliquer aussi à notre période contemporaine, bonne Saint-Jean 2014 !

Michel.

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