Nous avons vu récemment qu'en 1973 le Couvent de Notre-Dame-de-Grâce fut obligé de mettre fin à sa fonction d'enseignement. En 1974, il fut acheté par la Ville de Québec et les Soeurs de Saint-François-d'Assise qui y demeuraient encore durent se reloger à Sillery. L'auteur Lise Jacob poursuit son historique (paru en 2004) de la présence des religieuses à NDG :
Sœur Marie-Berthe Gagnon (photo), avec son travail d'animation liturgique, n'a jamais laissé la paroisse, sa présence entretenant la possibilité du retour de la communauté. Il est vrai aussi que sœur Marie-Berthe elle-même a toujours nourri secrètement cet espoir. En juillet 1975, des circonstances viennent en favoriser la réalisation. Alors que la maison Claire-d'Assise de Sillery change d'orientation et que sœur Marie-Thérèse Gagnon, supérieure provinciale, cherche un endroit où reloger les sœurs, sœur Marie-Berthe apprend de l'abbé (Gérard) Lefebvre (photo) que la Fabrique consentirait volontiers à louer les locaux adjacents au presbytère, locaux à peu près inoccupés, si ceux-ci répondaient aux besoins des religieuses.
L'information paraissant opportune, un groupe est formé sous la responsabilité de sœur Anita Beaulé. Dès septembre, chaque matin, quatre sœurs prennent la route les menant de Notre-Dame-de-Grâce à Sillery : sœur Anita, accompagnée de sœur Marie-Berthe et de sœur Rachel St-Firmin, pour le Centre intercommunautaire de formation doctrinale, et sœur Thérèse Lambert, pour le collège Jésus-Marie. Sœur Laurette Deslongchamps est la cuisinière attitrée de la maison et sœur Anna-Marie Hamel travaille bénévolement chez les pauvres, à Vanier.
En fin de semaine, monsieur le Curé se montre bien heureux de voir ses sœurs réunies pour la célébration dominicale et conversant ensuite avec parents et enfants à la porte de l'église. Il exprime sa satisfaction à sœur Marie-Thérèse Gagnon venue saluer la communauté: « C'est ma plus belle année vécue depuis longtemps! Heureuses êtes-vous, mes sœurs, d'accomplir un service d'Église apprécié ! »
Cette rubrique de l'abbé Gérard Lefebvre, curé, parue dans le bulletin paroissial de septembre 1975, prouve bien sa joie de revoir les sœurs à Notre-Dame-de-Grâce :
« Le retour des religieuses de Saint-François-d'Assise réjouira nos paroissiens qui n'ont pu oublier les 50 années de dévouement au service des jeunes de notre paroisse, alors que les sœurs animaient notre couvent, hélas fermé! Les religieuses logeant au presbytère ont des emplois diversifiés, au-delà de notre paroisse, mais nul doute qu'elles seront ouvertes aux problèmes de notre milieu, qu'elles auront un regard intéressé sur tout ce qui s'y passe, qu'elles participeront à la vie paroissiale. À cet égard, leur présence est une bénédiction providentielle et une aide précieuse qu'on ne pourrait refuser. »
Mais le bonheur de l'abbé Lefebvre sera de courte durée... Dans la nuit du 15 au 16 septembre 1977, un incendie se déclare.
(N.D.B. Nous avons relaté cette catastrophe dans un message précédent qu'on peut relire en cliquant ici.)
Devant cette épreuve, les gens se font proches et invitent les sœurs à leur table. Malgré ce courant de sympathie, le 17 au soir, les sinistrées doivent se réfugier à Charlesbourg. Peuvent-elles trouver sommeil en revoyant ces sombres images, en pensant à ce bon monsieur le Curé si décontenancé et aux marguilliers si malheureux qu'elles viennent de laisser? Mais le souvenir des paroissiens bien unis autour de leur pasteur leur donne néanmoins de s'endormir dans la paix en rêvant à leur retour. Un retour qui demeurera un rêve car, pas plus que la communauté ne peut s'engager à assurer une location à long terme, la fabrique ne peut assumer les frais considérables qu'occasionnerait la réparation du logement incendié. Par la force des événements, les Sœurs de Saint-François-d'Assise doivent donc, une fois de plus, se retirer de la chère paroisse Notre-Dame-de-Grâce.
(Cette fois-ci, une forme de retour s'effectuera en 1988 : à suivre dans la partie 2 ! )
Michel.
Sœur Marie-Berthe Gagnon (photo), avec son travail d'animation liturgique, n'a jamais laissé la paroisse, sa présence entretenant la possibilité du retour de la communauté. Il est vrai aussi que sœur Marie-Berthe elle-même a toujours nourri secrètement cet espoir. En juillet 1975, des circonstances viennent en favoriser la réalisation. Alors que la maison Claire-d'Assise de Sillery change d'orientation et que sœur Marie-Thérèse Gagnon, supérieure provinciale, cherche un endroit où reloger les sœurs, sœur Marie-Berthe apprend de l'abbé (Gérard) Lefebvre (photo) que la Fabrique consentirait volontiers à louer les locaux adjacents au presbytère, locaux à peu près inoccupés, si ceux-ci répondaient aux besoins des religieuses.
L'information paraissant opportune, un groupe est formé sous la responsabilité de sœur Anita Beaulé. Dès septembre, chaque matin, quatre sœurs prennent la route les menant de Notre-Dame-de-Grâce à Sillery : sœur Anita, accompagnée de sœur Marie-Berthe et de sœur Rachel St-Firmin, pour le Centre intercommunautaire de formation doctrinale, et sœur Thérèse Lambert, pour le collège Jésus-Marie. Sœur Laurette Deslongchamps est la cuisinière attitrée de la maison et sœur Anna-Marie Hamel travaille bénévolement chez les pauvres, à Vanier.En fin de semaine, monsieur le Curé se montre bien heureux de voir ses sœurs réunies pour la célébration dominicale et conversant ensuite avec parents et enfants à la porte de l'église. Il exprime sa satisfaction à sœur Marie-Thérèse Gagnon venue saluer la communauté: « C'est ma plus belle année vécue depuis longtemps! Heureuses êtes-vous, mes sœurs, d'accomplir un service d'Église apprécié ! »
Cette rubrique de l'abbé Gérard Lefebvre, curé, parue dans le bulletin paroissial de septembre 1975, prouve bien sa joie de revoir les sœurs à Notre-Dame-de-Grâce :
« Le retour des religieuses de Saint-François-d'Assise réjouira nos paroissiens qui n'ont pu oublier les 50 années de dévouement au service des jeunes de notre paroisse, alors que les sœurs animaient notre couvent, hélas fermé! Les religieuses logeant au presbytère ont des emplois diversifiés, au-delà de notre paroisse, mais nul doute qu'elles seront ouvertes aux problèmes de notre milieu, qu'elles auront un regard intéressé sur tout ce qui s'y passe, qu'elles participeront à la vie paroissiale. À cet égard, leur présence est une bénédiction providentielle et une aide précieuse qu'on ne pourrait refuser. »
Mais le bonheur de l'abbé Lefebvre sera de courte durée... Dans la nuit du 15 au 16 septembre 1977, un incendie se déclare.
(N.D.B. Nous avons relaté cette catastrophe dans un message précédent qu'on peut relire en cliquant ici.)
Devant cette épreuve, les gens se font proches et invitent les sœurs à leur table. Malgré ce courant de sympathie, le 17 au soir, les sinistrées doivent se réfugier à Charlesbourg. Peuvent-elles trouver sommeil en revoyant ces sombres images, en pensant à ce bon monsieur le Curé si décontenancé et aux marguilliers si malheureux qu'elles viennent de laisser? Mais le souvenir des paroissiens bien unis autour de leur pasteur leur donne néanmoins de s'endormir dans la paix en rêvant à leur retour. Un retour qui demeurera un rêve car, pas plus que la communauté ne peut s'engager à assurer une location à long terme, la fabrique ne peut assumer les frais considérables qu'occasionnerait la réparation du logement incendié. Par la force des événements, les Sœurs de Saint-François-d'Assise doivent donc, une fois de plus, se retirer de la chère paroisse Notre-Dame-de-Grâce.
(Cette fois-ci, une forme de retour s'effectuera en 1988 : à suivre dans la partie 2 ! )
Michel.
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