dimanche 20 octobre 2013

Historique de la Caisse Populaire Notre-Dame-de-Grâce.

Un document datant de 1948 permet de faire l'historique des débuts de la Caisse de NDG. Un étudiant à l'École de Commerce de l'Université Laval, Yves Gagnon,  présentait un mémoire pour l'obtention de la Maîtrise en sciences commerciales. Il l'intitulait "Monographie de la Caisse populaire de Notre-Dame-de-Grâce". En voici des extraits.

La paroisse la plus ouvrière de la ville de Québec, Notre-Dame-de-Grâce, avait grand besoin d'une Caisse à ses débuts en 1924. L'activité en 1948 était de plus en plus grande autour de celle qu'on y avait installée, depuis de nombreuses années.

Dès le début de leur existence, le clergé a beaucoup fait pour les "Caisses Populaires". Il en fut de même à Notre-Dame-de-Grâce où la Caisse prit naissance grâce aux encouragements et aux efforts du Curé Édouard-V. Lavergne. Le fondateur de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce forma très tôt le dessein de fonder une Caisse Populaire. Aussi moins d'un an après sa nomination, soit le 1er septembre 1925, avait lieu, rue De Mazenod, la première assemblée générale dans la Chapelle de l'école des Soeurs Saint-François-d'Assise qui servait alors temporairement d'église paroissiale. On avait enlevé le Saint Sacrement pour la circonstance. L'Abbé Philibert Grondin, propagandiste et auteur du Catéchisme des Caisses, fonda ce jour-là la Caisse Populaire de Notre-Dame-de-Grâce. Une quarantaine de personnes s'engagèrent à souscrire au moins une part sociale mais, de ce nombre, une douzaine seulement tinrent promesse.

Durant plusieurs années, soit de 1928 à 1941, la Caisse logea dans un local fourni gratuitement par le Curé dans le presbytère de l'église. Depuis la naissance de la Caisse, la fabrique y déposait chaque semaine le fruit de la quête paroissiale, ce qui alimenta la Caisse dans les premiers temps et lui permit de vivre. La Caisse à ses débuts eut à souffrir, comme d'ailleurs toutes les organisations financières, de l'hostilité d'entreprises concurrentes. Elle eut même à surmonter une autre difficulté. La paroisse Notre-Dame-de-Grâce, récemment fondée, était un démembrement de la paroisse de Saint-Sauveur où existait déjà une Caisse. Lorsque l'on fonda Notre-Dame-de-Grâce, bon nombre de sociétaires de Saint-Sauveur demeuraient dans la nouvelle paroisse et ne voulaient pas, pour tout l'or du monde, changer de Caisse. Le temps seul eut raison de cette difficulté.

La première année, le premier gérant, Charles-Antonio Larose (photo) fut choisi dès la première assemblée. À l'origine de la Caisse, la taxe d'entrée était de quinze cents, il fallait avoir été membre six mois pour pouvoir emprunter et le capital-social possédé par chaque sociétaire était limité à 100 parts. Pour cette première année des activités, l'année sociale allait du 1er septembre 1925 au 30 novembre 1926.

La deuxième année, grâce à la générosité de monsieur Wilfrid Charest, manufacturier de biscuits, la Caisse ouvrit ses portes deux fois la semaine, les lundis et vendredis soirs, dans le bureau de celui-ci. L'année suivante, la Caisse déménagea dans la crypte de l'église, rue Colbert, où elle eut un bureau jusqu'en mai 1947, alors qu'elle entra dans son local définitif, coin Franklin et De Mazenod.

Considérons l'évolution du nombre de sociétaires de la Caisse au cours des années :

1926        28
1927        92
1931        195
1932        179
1942        668
1948        1573

Il y avait peu de sociétaires en 1926: 28 seulement. Ce nombre augmenta cependant considérablement l'année suivante car il monta de 328.5%. En 1931, nous constatons une augmentation de 112% sur 1927. Il y eut en 1932 une baisse légère de 8.2% sur l'année précédente; c'est la période de la crise: les gens préfèrent garder leur argent plutôt que de le prêter. Par la suite, il y eut augmentation constante et, en 1942, nous constatons une augmentation de 273.2% sur 1932. Cette augmentation se maintint à peu près constante, puisqu'en 1948 elle était de 137% plus élevée qu'en 1942.

C'est de 1928 à 1932 que l'existence de la Caisse fut assurée grâce à l'encouragement de ses sociétaires. Un boni de 5 1/2 % sur le capital-social et un intérêt de 4% sur les épargnes furent versés jusqu'en 1932, lors de la fédération des Unions.

En 1940, il fut décidé qu'un sociétaire pourrait faire un emprunt trois mois après son entrée à la Caisse. Au cours de cette même année, les retraits sur l'épargne se sont faits nombreux, car nous sommes au début de la guerre et les gens craignent que le gouvernement ne fasse la conscription des richesses.

L'année 1942 voit le chiffre d'affaires de la Caisse augmenter considérablement ; on assiste à la fondation d'une Caisse scolaire.

En 1944, Charles-Antonio Larose, gérant, donne sa démission pour cause de santé ; il demeure pourtant assistant-gérant et Jean-Marie Côté le remplace comme gérant.

La Caisse Populaire de Notre-Dame-de-Grâce fait l'acquisition en 1945  d'une propriété située à l'angle des rues De Mazenod et Franklin.

1946 voit la fondation de la Caisse de Noël ainsi que la démission de Charles-Antonio Larose comme directeur. On commence cette même année la construction d'un nouvel édifice de la Caisse (photo).

En 1947 le gérant, Jean-Marie Côté, donne sa démission et son frère Roland Côté,
inspecteur des Caisses Populaires, le remplace le 1er mai. À partir du 2 juillet, la Caisse ouvrait le jour.

Pour compléter cet historique d'Yves Gagnon, voici qui furent les principaux gérants de la Caisse populaire:

Antonio Larose
Jean-Marie Côté
Roland Côté 
Vincent Lachance
Jean-Hercule Dubé
Claude Bussières
Michel Latour

Pour donner une idée de la composition des comités de la Caisse, voici comment ils étaient constitués en 1949 :

Conseil d'administration :
président: J.-Raoul Matte
vice-président: Alphonse Sylvain
secrétaire-gérant: Roland Côté
directeurs: Jean-Marie Côté, Roméo Fortier, Gérard Gamache, Georges Parent, Raymond Savard, Joseph Villeneuve

Commission de crédit :
président: Lucien Clément
membres: Edmond Castonguay, Jean Leclerc

Conseil de surveillance :
président: Arsène Vaillancourt
membres: Arthur Pichette, Lionel Roberge

Après la fermeture de l'église en 1997, ce fut celle de la Caisse en 1999, qui était devenue un centre de service suite à la fusion avec la Caisse de la paroisse Saint-Joseph. À cette dernière, le directeur général était Gilles Sanfaçon. Enfin d'autres fusions conduisirent à l'établissement de l'actuelle Caisse populaire du Centre-Ville de Québec.

Michel.

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