dimanche 17 mars 2013

Décès en 1935 d'Armand Lavergne, cousin du curé.

L'avocat Armand Lavergne (photo),
ancien vice-président de la Chambre des Communes et ancien député de Montmagny, est décédé le 5 mars 1935 et a été inhumé à Arthabaska (Victoriaville) trois jours plus tard.

ÉLOGE FUNÈBRE :

Il était cousin du curé Édouard-V. Lavergne de Notre-Dame-de-Grâce (Québec), paroisse où fut célébré un éloge funèbre le 14 mars suivant. Cet hommage fut organisé par la section locale de la Société Saint-Jean-Baptiste. Elle avait adressé des invitations au Premier Ministre Taschereau, à tous les membres du Cabinet et au Chef de l'opposition Camilien Houde. Mais ils négligèrent d'accuser réception de l'invitation.

Une assistance nombreuse avait envahi l'église NDG pour rendre un dernier hommage au disparu. C'est l'abbé Pierre Gravel, vicaire à Saint-Alphonse de Thetford, qui officia, assisté des abbés Lactance Blais et Adrien Lanouette, vicaires à NDG. Durant la cérémonie, deux messes basses furent dites aux autels latéraux par les abbés A. Doyon et L.-P. Gravel.

Au chœur se trouvaient Mgr Omer Plante, accompagné des abbés Horace Gagnon, curé de Notre-Dame-du-Chemin, et Israël Laroche, curé de Saint-Joseph; Mgr Camille Roy, accompagné de l'abbé Oscar Genest et du père R. Pomerleau; le Curé Lavergne; le curé Louis-Adélard Gagnon de Jacques-Cartier, l'abbé E. Deblois, vicaire à Jacques-Cartier; Raoul Cloutier, directeur des terrains de jeux et le père Jacob, O.M.I.

Une chorale composée des meilleures chantres de la ville, sous la direction d'Antoine Montreuil, maître de chapelle à Limoilou, a exécuté la Messe de Pietro Yon et plusieurs motets de circonstance. Omer Létourneau accompagnait à l'orgue.

Aux premiers rangs dans la nef, on retrouvait entre autres le maire Joseph-Ernest Grégoire; Albert Sévigny; M. Marsan, des Artisans; J.-Arthur Gravel, président de la Société Saint-J.-Baptiste; John Allen, secr.-trés. de la Société Saint-J.-Baptiste de Saint-Sacrement; l'échevin Gosselin; Sylvio Proulx, de Saint-Sauveur; Alphonse-Martin Boucher, vice-prés. du Conseil central des Syndicats catholiques; Joseph Catara, secr. de la Société Saint-J.-Baptiste de Montréal; le Dr Philippe Richard, maire de Montmagny; le dentiste Philippe Hamel; Émile Gignac, de Sillery; Séraphin Vachon, de l'Action Nationale Libérale; Maurice Turgeon, secr. des Syndicats catholiques; Valère Marcoux, René Lemelin, Omer Létourneau, Wheeler Dupont, W. Dufresne et de nombreux artistes venus de toutes les parties de la ville.

Au moment du Libéra, le curé Lavergne, s'adressa à l'assistance pour honorer le "patriote toujours debout dans l'honneur par le désintéressement et la résistance invincible à toutes les compromissions."


CONFÉRENCE :

Wheeler Dupont (photo prise beaucoup plus tard), avocat et secrétaire général de la Société Saint-J.-Baptiste, donna à la salle paroissiale, le 31 mars suivant, une conférence sur Armand LaVergne. Cette conférence était sous les auspices de la Section NDG de la Société Saint-J.-Baptiste et sous la présidence du curé Édouard-V. Lavergne. Ce dernier fit la présentation de Monsieur Dupont. En voici quelques extraits :
"M. Dupont n'est pas parmi nous un inconnu. Déjà nous avons eu le plaisir de l'entendre dans une conférence sur Pie XI, le Pape du bonheur. Aussi c'est moins pour le présenter que je me lève que pour signaler la valeur et la portée de son attitude. Notre jeunesse vit des heures difficiles. Comme le reste du monde, elle est en proie à des crises douloureuses, angoissantes contre lesquelles quelques-uns luttent avec énergie, mais sans résultats très appréciables. Il leur manque à nos jeunes un chef autour duquel ils se réuniraient.

Voici le nom d'Armand LaVergne. En face des puissances d'argent et des puissances de la politique, lui qui n'a récolté, sur sa route pavée de renoncements qui brisaient son cœur, aucun titre, ni sonores, ni sonnants, lui le député honni des hypocrites et des Judas, lui l'homme loyal trahi, abandonné au milieu du combat, il se dresse. Vous, M. Dupont, c'est dans le sillage d'Armand LaVergne que vous avez décidé d'orienter votre carrière. Vous méritez nos félicitations. Avec vous, la flamme d'idéal allumée par nos pères en ce pays, brouillée par la Confédération de 1867, que nos politiciens ont travaillé à éteindre, nous la voyons se rallumer. Elle va briller d'un éclat nouveau, alimenté par les sacrifices d'un LaVergne et des autres, vos compagnons, vos imitateurs. D'autres jeunes se lèvent avec vous et appuieront vos attitudes. Je salue ici toute une pléiade de jeunes gens, les uns de l'A.C.J. (l'Action Catholique de la Jeunesse canadienne-française), de la J.O.C. (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) ou des "Jeunes Canada".

Et voici qu'un maire jeune encore, gloire de notre ville, espoir des réformes qui s'imposent, veut vous applaudir une autre fois après vous avoir applaudi dimanche dernier à Saint-Fidèle.
Sa présence nous réjouit et nous honore. J'exprime l'espoir qu'aux prochaines élections l'électorat le débarrassera de ce quintette échevinal qui ne semble pas avoir d'autre préoccupation que de l'empêcher d'accomplir son programme, qui paraît souffrir à en être malade de voir à l'Hôtel de ville un honnête homme. Et je salue ses lieutenants de l'extérieur comme le Docteur Hamel, l'ardent apôtre de notre libération économique par la guerre au trust de l'électricité, et ses lieutenants de l'intérieur comme l'échevin Trépanier.

Je vous offre à vous, M. Dupont, à vous les jeunes, à vous M. le Maire, non pas mon prestige - vous savez qu'on me traite de fou - mais ma bonne vo1onté, l'appui de toutes mes énergies et de mes paroissiens."
Maître Wheeler Dupont analysa alors, de sa voix chaude et sympathique, et dans un style plein de relief, l'œuvre politique et sociale d'Armand LaVergne.

C'est l'abbé Pierre Gravel (photo) qui remercia Monsieur Dupont. Il remarqua d'abord avec quel accent de sincérité M. Dupont avait parlé. "II vient de nous exprimer ce que pense la jeunesse d'aujourd'hui", dit-il. Puis, tout en se défendant de faire l'oraison funèbre d'Armand LaVergne, il fit quelques réflexions très intéressantes sur la vie du grand patriote :
"LaVergne n'est pas mort riche. Il a fait ce que Louis Veuillot appelait un acte d'honnêteté impopulaire. Mais il est mort dans l'honneur. LaVergne a eu tous les honneurs, jusqu'à celui de ne pas voir accourir à ses funérailles des gens qui officiellement auraient dû y être, jusqu'à celui d'avoir été bafoué et sali dans sa tombe par des écrivains mercenaires et vils. Et son œuvre n'est pas terminée. Toute une jeunesse se lève sur son tombeau."


Le programme musical fut confié à Antoine Montreuil, violoniste bien connu alors du public de Québec, qui exécuta quelques pièces modernes "déconcertantes". Il était accompagné au piano par Rachel Drouin. Maurice Mongrain se fit aussi entendre dans quelques pièces de chant, accompagné par Henri Royer.

Michel.
(source : La Bonne Nouvelle de 1935)

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