dimanche 24 février 2013

Le 10e anniversaire de NDG (dernière partie) : Les autres discours

Nous terminons la description de la célébration du 10e anniversaire de NDG, le 4 novembre 1934, par les autres discours qui ont été prononcés lors du banquet.

L'abbé Jules Lockwell, qui fut le premier vicaire à N.-D. de Grâce, se fit le porte-parole des paroissiens de N.-D. de Grâce et celui de tous les membres du clergé de ce diocèse pour louer la vigueur apostolique du curé de la paroisse. "Je considère comme un grand honneur, dit-il, d'avoir été à l'école du Curé Lavergne." Et il ajouta: "Je souhaiterais que le diocèse de Québec eût dix autres prêtres comme M. Lavergne. Votre bon esprit, paroissiens de N.-D. de Grâce, a fait de votre paroisse un véritable oasis de foi, de courage, de travail, de charité, de justice et d'obéissance." Et se tournant vers M. Grégoire : "Nulle part ailleurs, M. le Maire, vous ne trouverez de meilleurs citoyens qu'à N.-Dame de Grâce."

Le docteur Philippe Hamel (voir le dessin), que le Curé avait présenté comme un champion des droits du peuple, un apôtre du bien commun et le pionnier de la lutte contre le trust de l'électricité, loua aussi le curé Lavergne. "C'est un coeur d'or, dit-il, un coeur d'apôtre. Vous connaissez sa grande charité et vous savez que c'est un courageux." Il dérida l'auditoire par de très amusantes histoires.

L'échevin Morin parla aussi dans le même sens ("le plus dévoué des pasteurs", dit-il) et il se dit heureux de constater combien parfaite est l'organisation de la paroisse de Notre-Dame de Grâce.

Le Père Choquette, représentant la paroisse de Saint-Sauveur, mère de la paroisse de Notre-Dame de Grâce, dit que la mère est fière de sa fille.

L'échevin Trépanier  fit, lui aussi, un peu d'histoire. Il décrivit ce que le quartier était avant la fondation de cette paroisse et ce qu'il est aujourd'hui, montrant le grand changement qui s'est opéré. "Par son organisation actuelle, dit-il, la sagesse Notre-Dame de Grâce parait beaucoup plus vieille que son âge."

Avant de clore la réunion, le curé Édouard-V. Lavergne reprit la parole pour attirer l'attention de son auditoire sur l'enquête qui allait commencer au Québec sur la question de l'électricité. "Si vous voulez être bien renseignés, lisez "L'Action Catholique." Et il rappela la mémoire des marguilliers disparus: Alfred Larose, Alphonse Paquet, Amédée Lapointe et Marcel Rochette. "Pour ces chers disparus ouvriers de la première heure et vos chers défunts, puisque nous sommes dans le mois des morts, nous allons dire trois Ave Maria."

Michel.
(Merci à Jean-Thomas Perron de l'Action catholique et à la Bonne Nouvelle, en 1934.)

samedi 16 février 2013

Yvan Gignac a été décoré de la médaille du jubilé de diamant de la reine

Le président de la Corporation des Loisirs de Notre-Dame-de-Grâce, Yvan Gignac, a reçu l'une des 30 médailles remises à des résident-e-s de la circonscription fédérale de Québec, médailles frappées à l'occasion du 60e anniversaire du couronnement de la reine Élizabeth II.

La députée de la circonscription, Annick Papillon, a procédé à cette remise, déclarant :
«C’est pour moi une occasion unique de rendre hommage à des femmes et des hommes qui, par leur talent, leurs valeurs, leur grande générosité et leur solidarité, ont contribué à notre société. Ces personnes sont des modèles inspirants et je tenais à le souligner et à les remercier pour leur apport exceptionnel à notre collectivité.»
Elle a tenu à souligner le travail de gens qui œuvrent dans des secteurs d’activité très variés comme les arts, la littérature, le bénévolat pour des causes humanitaires, le sauvetage maritime, l’histoire et le patrimoine de la ville de Québec, l’avancement des femmes, la recherche scientifique, l’entreprenariat, le sport, le service militaire, les relations interculturelles, sans oublier le rayonnement de Québec sur la scène internationale.

Toutes nos félicitations à Yvan partageant cet honneur, qui rejaillit sur NDG, avec des personnalités aussi prestigieuses que, par exemple, Daniel Gélinas, Jean Soulard, André-Philippe Côté, Michel Pigeon et Yvon Bussières !

Les informations sont tirées de l'article d'Isabelle Le Maléfan paru dans le Québec Express du 15 février et sur le site internet du journal :
http://www.lequebecexpress.com/Societe/2013-02-11/article-3174700/Annick-Papillon-a-procede-a-la-remise-des-medailles-du-jubile-de-diamant-de-la-reine qui n'est plus disponible.

Michel.

samedi 9 février 2013

Le 10e anniversaire de NDG (partie 5) : Le discours du maire Grégoire.

Un autre discours substantiel, au 10e anniversaire de NDG, fut celui du maire Joseph-Ernest Grégoire. Les articles dans la Bonne Nouvelle et dans l'Action catholique de la fin de 1934 permettent d'en connaître les grandes lignes.

Le maire Grégoire, qui était accompagné de son épouse, arriva au milieu de la soirée ; il avait été retenu dans sa paroisse par une réunion analogue. Il fut longuement applaudi et le curé Lavergne le présenta à l'auditoire comme l'ami du peuple, l'ami des ouvriers, l'ami des pauvres. Et pour appuyer cette triple désignation, l'abbé Lavergne donna lecture d'une partie du programme économique et social de M. Grégoire et d'un extrait de l'Encyclique "Quadragesimo Anno".

M. Grégoire se dit heureux de revenir à Notre-Dame de Grâce. Il félicita le curé et les paroissiens pour la situation enviable dans laquelle se trouve leur paroisse, en ces temps difficiles qu'ils traversaient.
"Vous faites honneur à toutes vos obligations et vous trouvez le moyen d'éteindre votre dette, dit M. Grégoire. Ce n'est pas facile d'éteindre une dette, par le temps qui court". Et, se tournant vers M. Lavergne, il dit: "J'aurais presque envie de vous inviter, avec vos marguilliers, à venir passer quelque temps à l'Hôtel-de-Ville !

Nous assistons ce soir, continua le Maire, à une belle fête de famille. Ce n'est pas d'aujourd'hui que les Canadiens-Français se groupent autour de leurs prêtres. C'est pour cela que nous avons survécu. Après la cession de la Nouvelle-France à l'Angleterre, le clergé fut le seul appui de la population et c'est autour du clocher que se reforma la vie canadienne. C'est par le clergé que notre peuple a pu conserver sa langue, ses traditions et sa foi. Continuez d'agir de la sorte et que tous nous fassions de même."
Après de nouvelles félicitations au curé et paroissiens de NDG, le Maire Grégoire aborda un autre sujet, qui avait été annoncé par l'abbé Lavergne quelques minutes auparavant, la question économique et sociale. Le Maire ne fit qu'énoncer certaines idées déjà connues, mais pas assez. Il se déclara, en conformité avec l'Encyclique "Quadragesimo anno", pour une meilleure répartition des richesses.
"Nos richesses naturelles, dit-il, nous ont été données par la Providence pour le bien de tout le monde, non pas seulement pour l'avantage de quelques-uns. Nos chutes d'eau, par exemple, devraient fournir à la population éclairage, chauffage et pouvoir à un prix accessible à tous. Actuellement, ce n'est pas ce qui se produit. On manque de charbon en bien des foyers et pourtant le charbon ne manque pas. Il y en a tellement que, dans les mines, on chôme parce qu'on ne peut pas vendre toute la production de ces mines. Et c'est la même chose pour le blé. L'on s'obstine à tenir les prix élevés pour s'assurer de gros dividendes, tandis que la main-d'œuvre chôme ou ne reçoit que des salaires de crève-faim.

De nos jours, les puissants, les grandes compagnies contrôlent tout. Les trusts achètent même les consciences. Lorsque viennent les élections, les puissants délient les cordons de leurs bourses, pour en faire sortir un peu d'argent. Mais c'est parce qu'ils savent bien que, après cette élection, et jusqu'à la prochaine, ils pourront en faire rentrer dix fois plus qu'il en est sorti. J'espère que l'on finira par comprendre ces choses. Des élections vont venir ; alors on vous trouvera du travail. En attendant, vous n'en avez pas.

Lorsque le Pape parlait d'un partage plus équitable des richesses, il parlait pour tous les peuples de la terre. La situation actuelle n'a pas toujours existé. Le temps n'est pas encore très loin où l'on voyait des ouvriers propriétaires de leurs logis et des cultivateurs ayant des terres non hypothéquées. En ces dernières années surtout, notre pays a été inondé de gens qui ont râflé toutes les économies en vendant des obligations qui ne valaient pas le papier sur lequel elles étaient imprimées. C'est ce mauvais capitalisme que nous dénonçons ; c'est contre lui que nous luttons et que nous lutterons sans cesse. Il faut à tout prix que cesse le pillage du domaine national au profit de quelques-uns.L'accaparement de tous les biens par des millionnaires qui tiennent l'argent immobile, n'en jouissent que pour leur bien-être, ne peut pas durer. Rien ne le légitime. Qu'ont-ils besoin d'avoir tant d'argent, quand autour d'eux sévit la misère ?
Et le Maire continua en faisant allusion à la situation actuelle de la ville.
"Les circonstances sont difficiles, dit-il. Il nous faut combattre un régime qui a la vie dure. Mais je crois que nous en viendrons à bout. De plus en plus il y a des hommes qui suiventde près ce qui se passe, et c'est ce qu'il faut. Il ne faut pas avoir peur de regarder ce qui se passe à l'Hôtel-de-Ville. Si on fait bien, approuvez-nous ; si on fait mal, blâmez qui de droit. Des hommes courageux, dit encore M. Grégoire, il en faut. Qu'ils restent debout et "les autres" reculeront."
Le Maire fit ici un bel éloge du Dr Philippe Hamel, un de ces hommes, trop peu nombreux, qui se dépensent sans compter pour améliorer la situation de vie de leurs compatriotes, qui font preuve d'une grande générosité.
"Par ce qui a été dit précédemment, ajouta M. Grégoire en terminant, je constate que la paroisse de Notre-Dame de Grâce donne un bel exemple de générosité. Je voudrais que les autres paroisses fussent au courant de tout ce que vous faites ici. Nous le leur dirons un jour."
(bientôt, le reste des discours)
Michel.

dimanche 3 février 2013

Le 10e anniversaire de NDG (partie 4) : Le discours du curé Lavergne.

 
 

Après la lecture des lettres reçues, le Curé Lavergne a prononcé la partie principale de son discours. Nous n'avons pas le texte intégral mais, en rassemblant les rapports rédigés dans la Bonne Nouvelle et dans l'Action catholique de la fin de 1934, nous pouvons avoir une bonne idée de son contenu :

Le Curé a souligné que l'union la plus complète régnait. Chacun a mis l'épaule à la roue, tout le monde a fait sa quote-part, et ce, tous les jours de l'année. C'est ce qui a permis la réalisation de l'oeuvre qui a été accomplie. Et pour donner une preuve de cette collaboration de tous, en une paroisse où les moyens de la plupart furent toujours modestes, et souvent moins, le curé a donné aussi quelques chiffres pour les recettes en 10 ans :

56,783$ location des places de banc (il n'y avait pas de vente annuelle)
2,110$ mariages, baptêmes et cloches
6,961$ grand'messes
19,487$ sépultures, services anniversaires
28,246$ quêtes hebdomadaires à l'église
18,233$ luminaires
54,114$ salle paroissiale, dons
94,882$ la part de Dieu (faite à domicile par les Enfants de Marie)
13,735$ divers

175,000$ emprunts faits

Parlant des dépenses en 10 ans, il ajouta ces chiffres :

48,031$ salaires
9,952$ cierges, hosties, vin de messe (232,000 communions en 1933)
19,582$ chauffage et éclairage
10,684$ assurances et taxes d'eau
18,666$ frais d'entretien
12,288$ grandes réparations
185,707 constructions
12,142$ ornements, vases sacrés
5,877$ cloches, orgue
7,784$ divers

82,864$ intérêts sur les emprunts

196,072$ dette initiale
47,122$ remboursement
donc:
147,950$ dette actuelle
"Si les paroissiens ne sont pas riches, la paroisse est à l'aise; elle fait face à toutes ses obligations. Les œuvres paroissiales, contrairement aux paroissiens, n'ont pas souffert de la crise, grâce à la générosité de tous."
Il eut des paroles spéciales de remerciements à l'adresse des personnes et groupements paroissiaux qui ont préparé et rendu possible cette démonstration: le comité paroissial, la section locale de la Société Saint-Jean-Baptiste, les Dames de la Sainte-Famille, les Enfants de Marie, les vicaires de N.-D. de Grâce, Bouillé, Blais et Lanouette et l'abbé Guillaume Deschênes, qui secondaient leur curé.

Le curé remercia aussi toutes les personnes qui, au cours des dix années, ont contribué d'une façon ou d'une autre à l'organisation paroissiale, collaborant ainsi au succès que l'on constatait.

Il remercia aussi toutes les personnes qui avaient répondu à son invitation et celles qui, ayant été invitées, ont écrit pour s'excuser de ne pouvoir accepter et offrant au Curé et aux paroissiens de N.-D.-de-Grâce leurs félicitations et leurs meilleurs vœux, ajoutant le nom du père Eugène Guérin, curé de Saint-Sauveur, qui s'est fait représenter par le Père Choquette.

En terminant, l'abbé Lavergne rendit grâce à Dieu pour tout ce qui a été fait depuis dix ans :
"Tout n'est pas fini. Il nous faut maintenant accentuer le mouvement, celui de la piété surtout. C'est votre piété qui continuera à maintenir cet esprit de foi, cette générosité, cette collaboration dont sont nées les œuvres, qui font votre joie et l'admiration de vos amis."
(à venir, les autres discours)
Michel