dimanche 18 novembre 2012

Le curé Lavergne injustement accusé de propagande électorale.


À une élection le 19 février 1934, l'avocat Joseph-Ernest Grégoire (photo de gauche) succédait à Henri-Edgar Lavigueur comme maire de Québec. Il défaisait le candidat Oscar Drouin (photo de droite). Le curé Lavergne et d'autres prêtres furent accusés par le journal L'Événement ("l'organe des trusts") de propagande en faveur de M. Grégoire.

Les accusateurs du curé Lavergne faisaient référence à un prône prononcé la veille. Il mit dans la Bonne Nouvelle la transcription de cette déclaration. On n'y trouvait aucune personne nommée. Voici la conclusion de son prône :
"Demain quand vous voterez, avant de tracer en face du candidat de votre choix la croix (...), posez-vous cette question:

-Si j'allais mourir cette nuit, serais-je bien content de mon vote? Voilà pour la conscience.

Pour le bon sens:
-Si j'avais à choisir l'un de ces hommes pour l'administration de mes biens personnels, auquel donnerais-je ma confiance ? Traitez donc de la même façon les affaires de la ville qui, en définitive, sont les vôtres puisque c'est vous qui finirez par payer."
Dans la Bonne Nouvelle, à la suite du scrutin, il ne se cacha pas d'avoir favorisé un candidat ouvrier à la fonction d'échevin :
"Dans la lutte, il n'y avait qu'un ouvrier authentique. Pendant vingt ans il a voué sa vie au service des ouvriers et, pour leur rester fidèle, il a refusé d'avantageuses positions; c'est M. Pierre Beaulé (photo) ancien président de la Confédération des Syndicats Catholiques. Candidat dans un quartier totalement ouvrier, il y a été battu par un médecin qui, jadis échevin, avait voté pour augmenter le taux des billets de tramways de cinq cents à sept cents."
Le curé Lavergne semblait satisfait de l'élection de J.-Ernest Grégoire:
"conséquence pratique d'une lutte électorale chaudement disputée, à laquelle le nouveau maire avait imposé par son exemple une allure d'honnêteté, un ton de courtoisie inaccoutumés, ce qui, à part ses autres éminentes qualités, contribua à lui assurer une majorité de deux mille voix sur ses cinq concurrents. Victoire qui, va sans dire, dérange certaines combinaisons savamment ourdies dans l'ombre par le sanhédrin des écumeurs du peuple. (...) Ses débuts ont été fort heureux. Au jour de son intronisation, il a prononcé un discours-programme qui est une bonne partie de ce que je rêve pour les ouvriers depuis que je suis curé parmi eux.

"L'heure est grave et difficile", disait le nouveau maire. "Il importe de faire trêve à la politique et à l'esprit de clan. Je veux avoir confiance en l'avenir, nous regarderons les difficultés bien en face, et nous saurons les vaincre si nous savons unir nos esprits et nos cœurs pour une action énergique et courageuse. Nous chercherons à réaliser une entente cordiale entre les diverses classes de la société. (...) Et nous avons la ferme conviction que dénoncer et combattre directement le socialisme et le communisme sans supprimer les abus nombreux et plus ou moins conscients du capitalisme, c'est perdre son temps, c'est même provoquer le peuple, c'est aggraver une situation déjà tendue."

L'homme, le chef, qui a prononcé de telles paroles mérite la confiance de toutes les classes de la société."
Michel.

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