jeudi 23 juin 2011

La Saint-Jean et la fête du Sacré Coeur de 1930

Au début de 1930, on prévoyait déjà que l'un des point culminants de l'année serait la fête de la Saint-Jean-Baptiste.

1930 était le cinquantième anniversaire du chant national "Ô Canada" et le 50e aussi du grand réveil patriotique de 1880 qui donna lieu à de grandes manifestations. Il y avait d'autre part 25 ans que la Société Saint-Jean-Baptiste de Saint-Sauveur avait reconnu officiellement le Carillon Sacré Coeur (photo) comme étendard des Canadiens-Français.
Les personnes intéressées à participer à cette fête devaient s'inscrire à l'avance auprès d'Albert Maheux ou de Fernando Giroux.

La section NDG de la Société Saint-Jean-Baptiste organisa trois chars allégoriques pour le procession du 24 juin, qui partit à 8h30 hres du marché Saint-Pierre pour se rendre à Saint François-d'Assise :

le 1er : "Nos chants canadiens" par la petite Maîtrise sous la direction du Frère Anselme ;
le 2e : "Notre Dame du Canada", par la chorale du Couvent sous la direction des Soeurs de Saint-François-d'Assise (pour voir la photo déjà publiée d'un char de N.-D. du Canada, cliquer ici);
le 3e : "La cabane à sucre", par le Cercle Dramatique N.-D.-de-Grâce.

Deux jours plus tard, le 26 juin 1930, c'était la fête du Sacré Coeur. Depuis plus de vingt ans, Saint-Sauveur s'appliquait à célébrer cette fête. Cette année-là de 1930, après trois ans de pourparlers plus ou moins actifs, les cinq paroisses du côté sud du Boulevard Charest, qui gardaient chacune jusque là un caractère personnel, s'unirent dans une grandiose procession. Elle partit de l'église du Sacré-Coeur et s'en alla finir à Saint-Malo, en passant sur le territoire des trois autres paroisses (Saint-Sauveur, Saint-Joseph et Notre-Dame-de-Grâce). À Saint-Malo, un vaste reposoir fut dressé sur la façade de l'église.Chaque participant devait cheminer avec un cierge allumé.

Michel.
(La photo du reposoir de l'église NDG de 1956 provient probablement de Roland Lamonde qui en aurait aussi écrit la légende. Monsieur Lalonde était le concepteur des reposoirs à Notre-Dame-de-Grâce.)

mercredi 15 juin 2011

La crise économique de 1929 fait créer une nouvelle association.

Je ne veux pas quitter 1929 sans dire un mot ou deux sur la crise économique qui frappait le monde entier. À NDG, il n'est pas surprenant d'assister à la création d'un nouveau comité, l'Association des Dames Compatissantes.
Elle a pour but de venir en aide aux jeunes mères qui souffrent de la pauvreté, au moment critique de la maternité. Cette association exerçait ses activités dans Saint-Sauveur et Notre-Dame-de-Grâce. Le Père Normand, oblat, mettait à son service son zèle et son savoir-faire. À la première assemblée annuelle qui a eu lieu le 16 octobre 1929, Mme O.N. Shink, secrétaire, a fait connaître le bilan de l'année.

La Bonne nouvelle écrivait :
"Il révèle des trésors de charité et de merveilleuses industries. On se demande comment ces dames sans ressources assurées peuvent arriver à de pareils résultats. Qu'on en juge! Au cours de l'année 1928-1929 à venir jusqu'à date, ces dames ont secouru 34 familles, distribué 1190 vêtements fabriqués à l'ouvroir, elles ont payé en soins médicaux, épiceries, lingeries, etc. $270. Ceci ne représente pas tout ce qui a été fait. Des marchands ont envoyé directement aux familles des secours que Dieu seul connaît, dont on ne trouve aucune trace dans les livres."
Lors de la guignolée de décembre 1929, l'organisateur dans la paroisse, Louis Plamondon, annonça que cette quête avait rapporté $84.42. Cependant il avait aussi obtenu du bureau central un chèque de $250. qui fut divisé entre le secrétariat des familles, les Dames compatissantes et la Conférence Saint-Vincent-de-Paul, "trois organisations de charité qui, sans réclame et sans tapage, rendent à nos pauvres de très grands services" (la Bonne nouvelle).

Michel
(La photo montre des "dames compatissantes" (pietose donne) en Italie.)

jeudi 9 juin 2011

Le Cercle dramatique de 1929 en réorganisation.



À l'automne de 1929, le Cercle dramatique de NDG connaissait un nouveau départ. La nouvelle organisation comportait Adélard Minguy (photo) à la présidence et Francis Boudreau (photo)(qui était associé au théâtre à NDG depuis 1924) à la direction. Elle accueillait de nouveaux acteurs et utilisait de nouveaux décors.

Comme premières pièces, le Cercle présenta en décembre 1929 :

la comédie "Lamadou détective amateur" de Louis Descombes (un poltron voulant faire le brave et demander secours à son domestique),

et le drame de 1895 "Le Signe de la Croix" (The Sign Of The Cross) de Wilson Barrett (la vie des premiers chrétiens et les luttes qu'ils ont eu à subir pour conserver leur foi ou recueillir la couronne du martyr). Trois ans après la performance du Cercle, cette pièce allait être transposée au cinéma, et ce film était régulièrement diffusé à la télévision jusque dans les années 60.Pour réserver une place à la salle paroissiale, le plan était déposé au magasin Langlais, 264 Arago (ancien numéro) où les billets étaient en vente.

Michel.

vendredi 3 juin 2011

Départ de l'abbé Deschênes, le nouveau vicaire Tanguay à la Messe des malades.

Dans notre historique chronologique, nous arrivons à la fin de 1929 et les changements se poursuivent.

Au début de septembre, l'abbé Guillaume Miville-Deschênes quittait NDG où il oeuvrait plus ou moins exclusivement, pour faire des études de perfectionnement à Rome. La paroisse l'honora lors une cérémonie pendant laquelle on lui remit une bourse rondelette.

C'est peut-être à ce moment que le vicaire Napoléon Tanguay entra en fonction. La première occasion où son nom fut mentionné dans La Bonne Nouvelle fut lors de la quatrième Messe des malades, soit celle du début d'octobre 1929. Il reçut les remerciements du curé Lavergne, en compagnie du vicaire Paul Bouillé et du Comité paroissial. Mgr Omer Plante célébra la messe et approcha chaque malade. Le curé écrivit entre autres :
"Cette année encore notre messe pour les infirmes a attiré une foule considérable. Un peu avant huit heures (20 h.), malades et infirmes ont été amenés à l'Église grâce à la générosité des maisons Moisan, Lépine et Bouchard qui avaient gracieusement fourni leurs ambulances (photo) et (de) quelques citoyens qui avaient mis leurs autos à notre disposition. Les uns reposent sur des lits. La pâleur des visages s'harmonise parfaitement avec la blancheur des couvertures. D'autres s'avancent sur des chaises roulantes auxquelles ils sont rivés pour ainsi dire depuis de longues années. Quelques-uns sont transportés sur les épaules d'un bon samaritain. Plusieurs déambulent à l'aide de béquilles et de cannes. Il en est enfin qui marchent sur leurs jambes, mais ils accusent une claudication prononcée. À 8 heures (20 h.), 132 malades sont là! Il y a des paralytiques, des aveugles, des boîteux, enfin des victimes de toutes les infirmités, venues de toutes les paroisses de la ville et des environs."
La consultation de nouveaux documents m'a fait réaliser qu'il y a eu, dans les messages sur les Messes des malades, des erreurs dans les dates. Par exemple, la première Messe eut lieu, non pas le 16 octobre 1928, mais plutôt le 21 mai 1928, dans la période où La Bonne Nouvelle fut interrompue temporairement. Les corrections sont maintenant effectuées dans ces messages.

Le nouveau vicaire Tanguay organisa aussi le "euchre" du 4 novembre 1929, conjointement avec les Enfants de Marie.

Michel.
(La photo date de 1930.)