Un autre sujet traité par le journal "Le Carillon" qui concerne NDG est celui d'un hypothétique fantôme qui effrayait cette paroisse de même que celle de Saint-Joseph pendant les années 1930. Pour les gens qui n'ont pas eu l'occasion de lire les articles en question, les voici reproduits ici. Le premier était dans l'édition de mai 2010, qui n'est plus disponible..
http://www.cccqss.org/spip.php?rubrique21
"Notre quartier regorge de tout un tas d'histoires les plus incroyables les unes que les autres. Autant de récits fascinants que de gens dans le quartier. Mais là, franchement, une histoire de fantôme... Étant d'un naturel sceptique quant aux interventions de l'au-delà, manifestations surnaturelles et contacts avec les extra-terrestres, j'aborde toujours ces choses avec méfiance. Je me dis toujours qu'un quelconque abuseur de naïveté se cache derrière pour en tirer certain bénéfice monétaire. Mais cette fois-ci, c'est différent. J'en ai le scepticisme un peu ébranlé. C'est en fouillant dans de vieux documents que je suis tombé sur ce récit. Un homme, né en 1919 et probablement décédé aujourd'hui, avait raconté cette histoire en 1993 à quelqu'un qui a tout enregistré et retranscrit. C'est ce que je vais raconter aujourd'hui.
Voici les faits. Ça s'est passé dans les années 1930. À plusieurs reprises et pendant un certain temps, un fantôme est apparu dans le cap de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce. Le spectre se manifestait toujours de la même manière. Ceux qui habitaient près du cap entendaient des bruits à leurs fenêtres, comme une sorte de cliquetis. Les habitants, se demandant ce qui se passait, ouvraient les rideaux et... Qu'est-ce qui apparaissait dans le cap? Le fantôme de Saint-Sauveur. Plusieurs témoins, dignes de foi, attestèrent la véracité des manifestations. L'histoire ainsi que la peur qu'elle entraînait se répandirent comme une traînée de poudre à la manière d'une vraie épidémie qui étendit sa contagion aux paroisses voisines. La frayeur et l'épouvante s'étaient emparées de Saint-Sauveur. Beaucoup de gens ne sortaient même plus le soir par peur du fantôme. Cet état de panique força le curé à intervenir en multipliant les prières afin de chasser l'être maléfique. Selon des témoins, les apparitions ont duré assez longtemps (il n'y a pas plus de précisions) et se sont arrêtées sans que personne ne sache pourquoi. Cependant, tous s'entendent à dire que la peur a duré beaucoup plus longtemps que les apparitions.
Un peu plus tard, des rumeurs coururent à l'effet que ce serait des jeunes de Saint-Sauveur ou de Saint-Malo qui auraient tout mis en scène avec un drap, un cintre et une corde à linge pour promener le "fantôme". Les bruits de cliquetis précédant les apparitions auraient été causés par de simples cailloux lancés dans les fenêtres. Vrai fantôme ou jeunes farceurs? Personne ne peut répondre. Bien que ces événements se soient produits il y a plus de 80 ans, nous invitons ceux qui en auraient été témoins ou qui pourraient apporter des précisions à bien vouloir écrire au journal."
Dans l'édition qui a suivi, soit celle de novembre 2010, une lectrice a répondu à l'invitation de Frédérick Carrier en témoignant de l'expérience vécue par son père. On trouve ce courrier du lecteur sur internet au même endroit (qui n'est plus disponible.):
http://www.cccqss.org/spip.php?rubrique21
Par Diane Malouin.
"En lisant votre article sur le fantôme dans le Carillon, j'ai souri. Je n'ai pas été témoin de ce fait, mais mon défunt père l'a été. Il a vécu toute sa vie dans le quartier Saint-Sauveur: il serait centenaire aujourd'hui. Ses dires corroborent le récit qu'en a fait l'homme dont vous parlez dans votre article et en ajoutent. Je les partage avec vous.
Quand j'étais enfant, mon père m'a raconté cette histoire d'un fantôme dans le cap à Saint-Sauveur. À cette époque, c'était la tradition pour nous, les enfants, de se déguiser le soir du "Mardi gras" et de déambuler dans les rues de la paroisse Saint-Joseph, voisine de celle de Notre-Dame-de-Grâce. Je lisais alors dans ses yeux que bien des souvenirs surgissaient de sa mémoire. C'est à ce moment qu'il en profitait pour me parler, entre autres, de ce fameux fantôme qui a tant dérangé: il le faisait en souriant, pour ne pas m'effrayer.
Selon lui, le phénomène se produisait également dans la paroisse Saint-Joseph, dans le cap près de l'escalier des Franciscains (photo). À sa manière, il parlait lui aussi de peur, de frayeur, d'épouvante et de contagion dans les paroisses avoisinantes: c'était la panique pour certains. Le soir, on n'osait plus utiliser cet escalier, sauf de rares braves (il me confie qu'il était du nombre). La population était très affectée et dérangée par cet événement qui dura un certain temps dans le cap. Puis tout s'arrêta soudainement, mais la peur persistait malgré tout... Il me précisa que toute cette mise en scène (drap, corde à linge improvisée, cailloux...) était l'oeuvre de plaisantins. Par discrétion, je pense, il n'a jamais élaboré, ou si peu, sur qui ils étaient, quand et comment ils ont été démasqués et par qui, et qu'elles ont été les conséquences pour eux.
Mon père n'a jamais mentionné l'époque où tout cela s'est déroulé; mais il est fort possible que ce soit dans les années 1930, puisque j'ai cru comprendre de ses dires qu'il était un jeune adulte à cette époque. De plus, il y a longtemps, l'une des ses soeurs m'a confirmé l'existence de cet événement.
Selon moi, l'effet d'entraînement dans la population a été influencé par un autre événement survenu jadis, lequel alimenta les croyances: le déménagement du cimetière situé près du coteau Sainte-Geneviève, entre les rues Victoria et Bayard. (...) Qui dit déplacement des morts dit fantômes dérangés. De plus, dans les années 1930, la présence certaine dans la population d'aînés ayant vécu ou entendu parler de ce déménagement historique n'est pas étrangère à cet effet d'entraînement. À noter qu'en se référant à l'histoire du quartier Saint-Sauveur, on le déménagea, en 1854, près du pont Scott (l'actuel cimetière Saint-Sauveur), et, dans les années 1920, la rue Bayard devient la limite territoriale entre les paroisses de Notre-Dame-de-Grâce et de Saint-Joseph. Quant aux années 1930, tous les éléments étaient en place pour les représentations du faux fantôme dans le grand théâtre qu'offrait le cap bordant le coteau Sainte-Geneviève...
Voilà ce que je sais de l'histoire du fantôme de Saint-Sauveur grâce à la mémoire de mon défunt père..."
Merci à la famille Fradet. Merci au CCQSS (Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur) pour ces textes de son journal "Le Carillon" et remerciement général à Étienne Grandmont.
http://www.cccqss.org
Michel
http://www.cccqss.org/spip.php?rubrique21
Le fantôme de Saint-Sauveur
par Frédéric Carrier
par Frédéric Carrier
"Notre quartier regorge de tout un tas d'histoires les plus incroyables les unes que les autres. Autant de récits fascinants que de gens dans le quartier. Mais là, franchement, une histoire de fantôme... Étant d'un naturel sceptique quant aux interventions de l'au-delà, manifestations surnaturelles et contacts avec les extra-terrestres, j'aborde toujours ces choses avec méfiance. Je me dis toujours qu'un quelconque abuseur de naïveté se cache derrière pour en tirer certain bénéfice monétaire. Mais cette fois-ci, c'est différent. J'en ai le scepticisme un peu ébranlé. C'est en fouillant dans de vieux documents que je suis tombé sur ce récit. Un homme, né en 1919 et probablement décédé aujourd'hui, avait raconté cette histoire en 1993 à quelqu'un qui a tout enregistré et retranscrit. C'est ce que je vais raconter aujourd'hui.
Voici les faits. Ça s'est passé dans les années 1930. À plusieurs reprises et pendant un certain temps, un fantôme est apparu dans le cap de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce. Le spectre se manifestait toujours de la même manière. Ceux qui habitaient près du cap entendaient des bruits à leurs fenêtres, comme une sorte de cliquetis. Les habitants, se demandant ce qui se passait, ouvraient les rideaux et... Qu'est-ce qui apparaissait dans le cap? Le fantôme de Saint-Sauveur. Plusieurs témoins, dignes de foi, attestèrent la véracité des manifestations. L'histoire ainsi que la peur qu'elle entraînait se répandirent comme une traînée de poudre à la manière d'une vraie épidémie qui étendit sa contagion aux paroisses voisines. La frayeur et l'épouvante s'étaient emparées de Saint-Sauveur. Beaucoup de gens ne sortaient même plus le soir par peur du fantôme. Cet état de panique força le curé à intervenir en multipliant les prières afin de chasser l'être maléfique. Selon des témoins, les apparitions ont duré assez longtemps (il n'y a pas plus de précisions) et se sont arrêtées sans que personne ne sache pourquoi. Cependant, tous s'entendent à dire que la peur a duré beaucoup plus longtemps que les apparitions.Un peu plus tard, des rumeurs coururent à l'effet que ce serait des jeunes de Saint-Sauveur ou de Saint-Malo qui auraient tout mis en scène avec un drap, un cintre et une corde à linge pour promener le "fantôme". Les bruits de cliquetis précédant les apparitions auraient été causés par de simples cailloux lancés dans les fenêtres. Vrai fantôme ou jeunes farceurs? Personne ne peut répondre. Bien que ces événements se soient produits il y a plus de 80 ans, nous invitons ceux qui en auraient été témoins ou qui pourraient apporter des précisions à bien vouloir écrire au journal."
Dans l'édition qui a suivi, soit celle de novembre 2010, une lectrice a répondu à l'invitation de Frédérick Carrier en témoignant de l'expérience vécue par son père. On trouve ce courrier du lecteur sur internet au même endroit (qui n'est plus disponible.):
http://www.cccqss.org/spip.php?rubrique21
Par Diane Malouin.
"En lisant votre article sur le fantôme dans le Carillon, j'ai souri. Je n'ai pas été témoin de ce fait, mais mon défunt père l'a été. Il a vécu toute sa vie dans le quartier Saint-Sauveur: il serait centenaire aujourd'hui. Ses dires corroborent le récit qu'en a fait l'homme dont vous parlez dans votre article et en ajoutent. Je les partage avec vous.
Quand j'étais enfant, mon père m'a raconté cette histoire d'un fantôme dans le cap à Saint-Sauveur. À cette époque, c'était la tradition pour nous, les enfants, de se déguiser le soir du "Mardi gras" et de déambuler dans les rues de la paroisse Saint-Joseph, voisine de celle de Notre-Dame-de-Grâce. Je lisais alors dans ses yeux que bien des souvenirs surgissaient de sa mémoire. C'est à ce moment qu'il en profitait pour me parler, entre autres, de ce fameux fantôme qui a tant dérangé: il le faisait en souriant, pour ne pas m'effrayer.Selon lui, le phénomène se produisait également dans la paroisse Saint-Joseph, dans le cap près de l'escalier des Franciscains (photo). À sa manière, il parlait lui aussi de peur, de frayeur, d'épouvante et de contagion dans les paroisses avoisinantes: c'était la panique pour certains. Le soir, on n'osait plus utiliser cet escalier, sauf de rares braves (il me confie qu'il était du nombre). La population était très affectée et dérangée par cet événement qui dura un certain temps dans le cap. Puis tout s'arrêta soudainement, mais la peur persistait malgré tout... Il me précisa que toute cette mise en scène (drap, corde à linge improvisée, cailloux...) était l'oeuvre de plaisantins. Par discrétion, je pense, il n'a jamais élaboré, ou si peu, sur qui ils étaient, quand et comment ils ont été démasqués et par qui, et qu'elles ont été les conséquences pour eux.
Mon père n'a jamais mentionné l'époque où tout cela s'est déroulé; mais il est fort possible que ce soit dans les années 1930, puisque j'ai cru comprendre de ses dires qu'il était un jeune adulte à cette époque. De plus, il y a longtemps, l'une des ses soeurs m'a confirmé l'existence de cet événement.
Selon moi, l'effet d'entraînement dans la population a été influencé par un autre événement survenu jadis, lequel alimenta les croyances: le déménagement du cimetière situé près du coteau Sainte-Geneviève, entre les rues Victoria et Bayard. (...) Qui dit déplacement des morts dit fantômes dérangés. De plus, dans les années 1930, la présence certaine dans la population d'aînés ayant vécu ou entendu parler de ce déménagement historique n'est pas étrangère à cet effet d'entraînement. À noter qu'en se référant à l'histoire du quartier Saint-Sauveur, on le déménagea, en 1854, près du pont Scott (l'actuel cimetière Saint-Sauveur), et, dans les années 1920, la rue Bayard devient la limite territoriale entre les paroisses de Notre-Dame-de-Grâce et de Saint-Joseph. Quant aux années 1930, tous les éléments étaient en place pour les représentations du faux fantôme dans le grand théâtre qu'offrait le cap bordant le coteau Sainte-Geneviève...
Voilà ce que je sais de l'histoire du fantôme de Saint-Sauveur grâce à la mémoire de mon défunt père..."
Merci à la famille Fradet. Merci au CCQSS (Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur) pour ces textes de son journal "Le Carillon" et remerciement général à Étienne Grandmont.
http://www.cccqss.org
Michel
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