mardi 19 octobre 2010

Biographie du curé Lavergne par Maude Routier, partie 04 : l'érection de la paroisse

En 1998, une biographie du Curé Lavergne fut rédigée par Maude Routier sous le titre de "Édouard-Valmore Lavergne, 1879-1948, curé fondateur de Notre-Dame-de-Grâce. Esquisse biographique." Elle sera reproduite ici dans NDG-Québec en plusieurs sections, avec peu de modifications (entre parenthèses). J'espère que nos remerciements sincères pourront parvenir jusqu'à l'auteure. Voici le chapitre "L'érection de la paroisse" :

Le surplus démographique de la paroisse Saint-Sauveur et les problèmes engendrés par l'urbanisation conduisent à son morcellement et à l'érection de la nouvelle paroisse de Notre-Dame-de-Grâce que le cardinal Bégin crée le 9 octobre 1924. La cure est offerte à l'abbé Lavergne qui l'accepte avec optimisme. "Choisi par notre vénéré cardinal pour fonder cette paroisse, je ne lui marchanderai pas mon dévouement". Le premier vicaire est l'abbé Jules Lockwell et le deuxième, l'abbé (Arthur) Ferland. Les marguilliers sont élus le 25 janvier 1925: Stanislas Gagnon, Alphonse Paquet, Théodule Roberge, Wilfrid Charest, Marcel Rochette, Alfred Pichette et Alfred Larose.

N'ayant encore ni église, ni logis à leur disposition, les prêtres sont accueillis chez Wilfrid Charest où ils restent jusqu'à l'achat de la maison voisine du couvent et la location de celle de Napoléon Robitaille. Ils y établissent les bureaux de la fabrique, tandis que les premières activités paroissiales, les 24 et 25 novembre 1924, trouvent logis dans la manufacture des Charest. En guise de remerciement, l'abbé Lavergne leur remet un portrait du Cardinal Bégin accompagné d'une bénédiction manuscrite.

En attendant la construction de l'église, la Commission Scolaire prête la grande salle du Couvent de l'Immaculée-Conception (photo) qui peut accueillir jusqu'à 450 personnes pour les offices religieux. C'est donc dans cette salle que le 1er novembre 1924 se célèbrent les premiers offices religieux de la nouvelle paroisse.

Dès le mois de novembre 1924, le curé Lavergne, assisté de jeunes gens et d'hommes de la paroisse, aménage la salle paroissiale dans une ancienne brasserie. Le 9 décembre, les Enfants de Marie y organisent une vente aux enchères. Le 11 janvier 1925, la salle paroissiale est bénite par le Cardinal Bégin.

Le 14 décembre 1924, grâce aux démarches du curé Lavergne, la chapelle reçoit de la Maison Émile Morissette une cloche qui est bénite par Mgr J.-A. Langlois, auxiliaire de Québec. En janvier 1925, la paroisse est déjà munie d'un orchestre dirigé par Albert Langlois et peut présenter sa première soirée dramatique avec les pièces "Le poignard" et "Un gendre pour deux beaux-pères".

Par ailleurs, l'organisation Saint-Vincent-de-Paul commence ses activités en janvier 1925 et, le 21 août, Charles-A. Larose fonde la Caisse Populaire, avec l'appui constant du curé Lavergne. La vie paroissiale commence à être bien organisée.

Pendant ce temps, on examine les ressources et les actions à entreprendre pour la construction d'une église. Dès le mois de mai, on commence l'érection sur le terrain acquis de Georges-E. Amyot, industriel en vue du Québec, pour un montant de 25 000 $, terrain qui était déjà occupé par une brasserie, la Fox Head. Les plans et devis avaient été préalablement dressés par des amis notaires du curé, notamment Gérard Morisset, architecte et historien d'art, et Jean-Thomas Nadeau. Le contrat est adjugé à un entrepreneur de Beauport, François Paradis. (La nature des travaux: construction d'une église au lot 468 sur cadastre Saint-Sauveur. Le contrat stipulait aussi que "Tous les travaux nécessaires pour le complet achèvement de cette construction devront être terminés au plus tard le 4 avril 1926.")

La pierre angulaire de l'église est taillée et offerte par Théodule Roberge; elle est bénite par le Cardinal Bégin le 21 janvier 1925. Déjà le 25 avril 1926, l'église est la scène d'une célébration eucharistique et, le 2 mai, Mgr Alfred Langlois la bénit. Le curé Lavergne en est très fier.
"Une autre église s'est construite sans accident et sans injustice. Dieu en soit béni! Un trône est bâti dans cette église sur lequel se dresse rayonnante la Vierge Marie notre patronne. Nous mettons sous vigilante protection nos intérêts matériels et surnaturels. Un tabernacle nouveau existe où vivra caché sous les apparences du pain, le Roi de Gloire qui est l'ami des humbles et des pauvres, le Sacré-Coeur de Jésus."
Puis se succèdent les bénédictions de la statue de la Vierge, des cinq cloches achetées à la fonderie Wauty, du carillon et du grand crucifix (on avait choisi de placer la statue en haut de l'ancienne rue Sauvageau, parce qu'elle avait été la gardienne et la protectrice des ouvriers durant la construction de l'église). En 1928, le curé Lavergne ramène d'Europe de magnifiques ornements dorés pour l'église. Grâce au travail appliqué et ordonné du curé Lavergne et de ses acolytes, l'église Notre-Dame-de-Grâce est construite rapidement et la paroisse est en mesure d'édifier son patrimoine religieux. Il est à noter que l'abbé Lavergne fait aussi construire derrière l'église la grotte Notre-Dame-de-Lourdes qui est bénite le 15 août 1929 par Mgr Omer Plante.

En outre, le curé Lavergne organise divers services pour la population ouvrière de sa paroisse. Des cours de couture, d'hygiène générale de la maison, d'aménagement et d'ameublement de la maison, des cours sur la vie familiale et paroissiale, des cours de musique et de théâtre sont ainsi dispensés gratuitement aux paroissiens.

La vie paroissiale se tisse donc autour des actions et des volontés de l'abbé Lavergne. Le présent document n'est certes pas exhaustif, s'attardant plutôt aux réalisations d'envergure de la paroisse et de l'abbé Lavergne; on peut trouver la description d'autres événements dans les divers documents sur Notre-Dame-de-Grâce. (À suivre)

Michel.
(Photos du curé Lavergne devant la porte de l'église et devant la grotte qu'il a fait toutes deux construire. Il est accompagné par des ouvriers qui ont bâti l'église (1926) et, dans l'autre cas, par des scouts et des membres de la Garde paroissiale (1934).)

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