La paroisse de Notre-Dame de Grâce vivait la plus importante journée de sa relativement courte existence, ce 2 mai 1926.Mais ce dimanche-là, il y eut d'abord des messes à la Chapelle (rue Signai) à 5:30 hres, 6:45 hres et 9:15 hres, et pour les enfants à 8 hres.
La grand'messe à 10.30 hres dans l'église nouvelle constituait l'événement principal des célébrations. Juste avant, les différents comités se réunissaient vers 10 hres à ces endroits :
Dans l'église: Les Dames de la Sainte Famille.
Dans la rue Sauvageau : les enfants des écoles.
Dans la rue Franklin vers la rue Victoria : la Ligue du Sacré Coeur.
Dans la rue Franklin entre les rues Sauvageau et Signaï : les Enfants de Marie.
Dans la rue Signai entre Arago et Franklin : les Hommes de la Congrégation.
Dans la rue Franklin entre le Boulevard et Signai : les Tertiaires.
L'itinéraire de la procession, sous un ciel clair et un soleil chaud, comprenait Signaï (la Chapelle du Couvent), Châteauguay, Boulevard Langelier, Arago jusqu'à l'église.
L'ordre de la procession fut :
I. La croix. 2 acolytes.
II. Garçons des écoles. Filles des écoles.
III. Bannière des Enfants de Marie. Jeunes Filles.
IV. Dames de la Paroisse. Bannière de la Sainte Famille.
V. Bannière du Tiers-Ordre.
VI. Drapeau de la Ligue du Sacré Coeur. Jeunes gens.
VII. Bannière des Congréganistes. Hommes.
VIII. Les chantres. La statue de la Sainte Vierge.
Les paroissiens ont eu l'honneur d'être escortés par les Zouaves de la Compagnie de Québec. Une invitation leur avait été faite à pavoiser et à décorer leurs maisons.
L'église ne fut ouverte qu'après la bénédiction par Monseigneur J.-Alfred Langlois. La messe fut chantée par l'abbé Guillaume Miville-Deschênes, enfant de la paroisse.
Parmi ses remerciements, le curé Édouard-V. Lavergne allait plus tard en faire :Aux architectes, l'abbé Jean-Thomas Nadeau, et M. le notaire Gérard Morisset. "Tous les deux prétendaient que l'on peut construire une belle église sans y dépenser des sommes exorbitantes; il suffit d'employer le matériel avec économie et selon sa nature. Ni l'un ni l'autre n'ont des diplômes d'architecte. L'Association des Architectes s'est vengée de leur intervention en les forçant à débourser $25.00 sous forme d'amende. Ce qui ne les a pas empêchés de construire leur église et d'en faire une superbe démonstration de leurs thèses."
Au contremaître, Adélard Dion, qui était en charge des travaux depuis le 12 janvier, date à laquelle il avait fallu congédier l'entrepreneur. M. Dion a conduit les travaux avec célérité et a su obtenir de tous ses ouvriers leur plein rendement.
Aux Syndicats catholiques, des organisations "très combattues et très redoutées, maints entrepreneurs n'en veulent pas. Ils nous ont rendu de grands services. Les rapports avec les chefs et les ouvriers ont été excellents." (N.D.B. Sur cette photo des ouvriers, outre les prêtres, seul M. Eugène Larose a été identifié par les personnes à qui nous l'avons montrée.)
À toutes les dames et demoiselles, dont les doigts habiles ont confectionné des aubes, des surplis ou des nappes d'autels, des couvertures au prie-Dieu.Aux organisations : les jeunes gens et les jeunes filles dans l'organisation de soirées dramatiques qui ont acquis à la salle paroissiale une réputation enviable; hommes dans le Comité Paroissial ; dames toujours au poste pour les tâches ingrates et pénibles d'organiser des banquets, de vendre des cartes etc.; orchestre paroissial indispensable complément de toutes nos fêtes ; Société Saint Vincent qui a soin des pauvres.
Plus tard dans cette journée dominicale, à 16 h. eut lieu l'office ordinaire, le chant étant assuré par les novices des Frères de Saint Vincent de Paul. Le soir à 19 h., toute la paroisse était invitée aux Vêpres solennelles, agrémentées d'une procession au flambeau.
La paroisse NDG faisait, ce jour-là, un pas de géant en terme de maturité.
Michel.
(Aux prises avec un virus, non pas de grippe porcine mais plutôt informatique, je n'ai pu publier le présent message à temps pour le premier dimanche de mai).
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