dimanche 9 septembre 2007

Histoire de St-Sauveur et de NDG, partie 2 : de Boisseauville au morcellement des paroisses.

Dans la partie 1, nous avions interrompu la causerie de Denyse Légaré au moment où elle parlait du Domaine de Bas-Bijou du début des années 1800, limité par la falaise et les rues appelées aujourd’hui Saint-Vallier ouest, De Mazenod et Bayard, ce qui correspond en grosse partie à la future paroisse de Notre-Dame de Grâce. Voici la suite de son historique.
« Saint-Sauveur va connaître un développement accéléré au milieu du 19e siècle. En 1845, le faubourg Saint-Roch a atteint l’actuel boulevard Langelier. Le succès des chantiers navals, le commerce du bois et l’activité portuaire ont favorisé la croissance de la population. L’incendie du faubourg en 1845 va favoriser le développement de Saint-Sauveur. L’idée de construire à l’extérieur de la ville en séduit plusieurs. Pourquoi ? Parce qu’ils évitent des règlements municipaux en cours pour la prévention des incendies qui vont les obliger à construire en dur, éviter les maisons en bois, ainsi de suite. Et puis, peut-être que c’est non négligeable, ils ne sont pas assujettis aux taxes de la ville de Québec.
Les grands propriétaires vont en profiter pour lotir leur terre. Pierre Boisseau va créer Boisseauville (NDB : sur l’emplacement de Bas-Bijou. L'illustration montre la maison de Pierre Boisseau, sur la rue Boisseau). Les religieuses de l’Hôpital Général vont créer le faubourg Saint-Vallier. Les deux ensemble vont former ce qu’on va appeler le village de Saint-Sauveur. L’Hôtel-Dieu va également lotir sa propriété dans le prolongement des rues tracées pour Boisseauville, tandis que les Ursulines vont créer le village de Sainte-Angèle (NDB : une future paroisse s’appellera Sainte-Angèle de Saint-Malo) à l’ouest de la rue Montmagny sans poursuivre le tracé initial, de sorte que vous avez des rues à Saint-Sauveur comme Père-Grenier, comme la rue Boisseau qui ne vont pas au-delà de la rue Montmagny à cause de la découpe des parcelles par les Ursulines à ce moment-là. Tous les villages vont être réunis pour former la municipalité de « Banlieue Saint-Roch de Québec » en 1855. En 1872, c’est la municipalité de la « Paroisse Saint-Sauveur » qui obtient finalement sa charte municipale. Elle aura son hôtel de ville sept ans plus tard. Alors Saint-Sauveur, c’était une petite ville non loin de Québec.
Le 16 mai 1889, le malheur frappe la municipalité. Un incendie consume quelques 500 maisons, laissant 4000 à 5000 personnes sans abri. C’est le deuxième incendie qui affecte Saint-Sauveur depuis celui du 14 octobre 1866 ; celui-ci avait endommagé la première église du village. L’incendie relance le débat de l’annexion de Saint-Sauveur à Québec, qui sera entérinée par un référendum les 26 et 27 septembre en 1889. C’est la première fusion municipale de l’histoire de Québec. Les modalités de l’annexion c’est : procéder à l’installation d’un réseau de distribution d’eau pour vraiment combattre justement ces incendies dévastateurs, procéder au pavage des rues, établir un réseau de drainage, des trottoirs, faire des chaussées empierrées, avoir un poste de pompiers qui va être là contre les incendies, la police aussi, installer l’éclairage électrique dans les rues aussi. La rue Saint-Ours devient le boulevard Langelier et fait frontière entre le faubourg Saint-Roch et le quartier Saint-Sauveur. C’est une frontière qui est considérée comme un mur coupe-feu, parce que s’il y avait un incendie avec une déflagration, le feu ne passerait pas, soit de Saint-Sauveur à Saint-Roch, soit de Saint-Roch à Saint-Sauveur, à cause de la largeur du boulevard Langelier.
La population de Saint-Sauveur ira en s’accroissant pendant tout le 19e siècle. Les clochers vont se multiplier dans le quartier. On construit la première église de Saint-Sauveur en 1851; c’est alors une desserte de l’église Saint-Roch. La chapelle de la Congrégation des hommes, qui est aujourd’hui l’église Jacques-Cartier, est bâtie la même année par le même architecte, Michel Patry. Ensuite il y a l’église paroissiale après l’incendie qui est reconstruite et agrandie par l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy en 1866, et c’est l’année suivante que Saint-Sauveur va devenir paroisse. En 1879 on érige encore la Chapelle Notre-Dame de Lourdes à moins de 200 mètres de l’église paroissiale, entre les rues Hermine et Christophe-Colomb. On peut s’étonner aujourd’hui qu’il y ait des églises qui soient si rapprochées les unes des autres. Il faut penser qu’elles étaient très fréquentées et qu’il y avait de nombreuses communautés, associations de fidèles aussi : les Enfants de Marie, les Dames de Sainte-Famille et la Ligue du Sacré-Cœur qui avaient besoin de lieux de rassemblement pour écouter des sermons qui leur étaient plus spécialement destinés. Alors les églises ne fournissaient pas et on avait des chapelles pour différentes congrégations.
Au tournant du 20e siècle, la population atteint un point critique et c’est à regret que la paroisse-mère doit se résigner à morceler son territoire. En 1898, l’église Saint-Malo est construire pour servir ce secteur à l’ouest. Ensuite Sacré-Cœur de Jésus se détache en 1917, Notre-Dame de Grâce en 1924, puis Saint-Joseph en 1925. »
(une prochaine fois : la naissance de Notre-Dame de Grâce)
Remerciement à Denyse Légaré.
N.B. D’autres sites Internet faisaient un historique de St-Sauveur, mais ne sont plus disponibles, entre autres:
et le Comité des Citoyens et des Citoyennes du Quartier Saint-Sauveur (CCCSS)
http://www.cccqss.org/portrait/historique/por_historique_1.html

Michel.

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