dimanche 26 août 2007

Histoire de St-Sauveur et de NDG, partie 1 : le Bas-Bijou.

Depuis plusieurs semaines, je me demandais comment aborder l’histoire du secteur qui nous intéresse : l’ignorer ou la détailler ? Mais dans un document vidéo filmé lors de l’exposition sur l’église de NDG tenue au centre Édouard-Lavergne le 2 décembre 2001, une historienne de l’art Denyse Légaré expose un tel historique. J’ai pensé en faire la transcription écrite, qui servira de document pour amorcer l’histoire de NDG. Je vais me contenter d'ajouter des « Notes Du Bloggeur » (NDB) à l’occasion. Alors première partie : le Bas-Bijou. Voici comment Denyse Légaré commençait cette chronologie.
« Saint-Sauveur a pris naissance bien avant d’être ainsi nommé. Québec ne s’est pas construite au 17e siècle sur les hauteurs du Cap Diamant et à Place Royale uniquement. Très tôt les basses terres ont été conservées, mises en réserve pour des terres communales. Les premiers arrivés, c’est les missionnaires Récollets en 1615 qui se sont installées là où on trouve aujourd’hui l’Hôpital Général. Ils ont fait construire leur maison immédiatement et une chapelle qu’ils ont dédiée à Notre-Dame des Anges (NDB : une paroisse particulière au territoire de l’Hôpital Général fut créée, sans doute la plus petite de la ville : la paroisse Notre-Dame des Anges). À cette époque, Champlain se propose même d’installer sur ces terres la ville institutionnelle. Si ce projet avait été réalisé, Québec se serait appelé Ludovica, et qui sait où serait construit le château Frontenac!
En 1653, l’Hôtel-Dieu accorde une concession à Jean Lesueur qui prolonge les terres qu’il possède sur le coteau Sainte-Geneviève jusqu’à la rivière. Les limites est et ouest de la terre de cette concession-là correspondent aujourd’hui aux rues Durocher et Montmagny. Jean Lesueur (NDB : 1598-1668) est le premier prêtre séculier à venir en Nouvelle-France. On l’appelait Monsieur de Saint-Sauveur, parce qu’en France il était le curé de Saint-Sauveur de Thury-Harcourt (NDB : une commune) en Normandie, ce nom s’est par la suite étendu à toutes les terres qu’il possédait en basse-ville. (NDB : l'édifice précipal de cette commune de Thury-Harcourt est le château dont on voit la façade sur l'illustration jointe.)
En 1692, Monseigneur de Saint-Vallier propose aux Récollets, qui entre-temps avaient quitté Québec, étaient revenus et s’étaient installés dans la haute-ville, non loin du château Saint-Louis, d’acheter leur ancien couvent pour y fonder son Hôpital Général. L’hôpital est confié aux Sœurs Augustines qui se consacrent aux soins des pauvres, des vieillards et des invalides. Peu à peu, il y a d’autres bâtiments qui vont se construire autour de cet îlot-là, dont le moulin à vent pour moudre le blé, le moulin qu’on trouve toujours en place sur le boulevard Langelier. L’Hôpital Général constitue ainsi le premier noyau d’occupation des terres de la basse-ville dès le 17e siècle. Alors Saint-Sauveur, c’est aussi la naissance de la ville de Québec, ça n’appartient pas essentiellement à Place Royale.
Le temps passe. Au début du 19e siècle, le quartier que nous connaissons aujourd’hui est partagé entre quatre grands propriétaires terriens. Il y a l’ancien fief des Récollets, qui est devenu propriété des religieuses de l’Hôpital Général depuis 1693, qui est contenu entre la falaise et la rivière, et entre les rues Caron et De Mazenod. Il y a le domaine de Bas-Bijou, qui va de la falaise jusqu’à la rue Saint-Vallier et, d’est en ouest, est partagé entre la rue De Mazenod et la rue Bayard ; ça va être le futur Boisseauville. Il y a une bande de terre plus à l’ouest qui est comprise entre les rues Montmagny et Lafayette, qui appartient aux Ursulines. Et tout le reste de ce qui est le quartier Saint-Sauveur aujourd’hui, dans le prolongement des rues De Mazenod et Montmagny entre la rivière Saint-Charles et la rue Saint-Vallier, et entre Bayard et Montmagny jusqu’à la falaise, appartient encore à l’Hôtel-Dieu.
À Bas-Bijou on trouve quelques bâtiments de ferme. La partie habitée se situerait aujourd’hui aux environs de la rue Des Oblats. Le reste du domaine est reconnu pour ses marécages, à cause des eaux de la falaise qui inondent régulièrement les basses terres. Saint-Sauveur ne s’est pas encore urbanisé. Parmi les chemins praticables, on connaît le chemin de Lorette qui débouche sur le pont Scott : c’est la rue Saint-Vallier ; la rue Saint-Ours qui va devenir le boulevard Langelier, qui conduit à l’hôpital ; la côte Sauvageau, le seul lien direct dans cette partie-ci de la ville entre la basse et la haute-ville, et la rue Bayard qui marque la limite du domaine de Bas-Bijou. (à suivre)
Remerciement à Denyse Légaré.
N.B. D’autres sites Internet faisaient un historique de St-Sauveur, mais ne sont plus disponibles, entre autres:
et le Comité des Citoyens et des Citoyennes du Quartier Saint-Sauveur (CCCSS)
http://www.cccqss.org/portrait/historique/por_historique_1.html

2 commentaires:

  1. Bravo. Je me régale à chaque fois que je passe sur votre site.

    Je compte passer quelques jours de vacances à Québec en octobre, visiter de nombreux amis, etc. mais je me réserve un avant-midi en solitaire pour explorer le secteur, avec un calpin remplis de détails "piqué" - je l'avoue - sur votre site. Alors faut pas appeler la police si vous voyer un "mourialais" arpenter le secteur un matin d'octobre ;-)

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  2. Bob,

    Réciproquement j'aime bien la ville de Montréal, pour des raisons tout autres. Quand j'avais davantage qu'aujourd'hui l'occasion de sortir de Québec, j'allais faire mon séjour irrésistible annuel de quelques jours dans votre ville. J'étais émerveillé par tout ce qu'on y trouvait, à une époque où Internet n'existait à peu près pas. Mais je trouverais la ville trop grande pour y demeurer.

    Michel.

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