vendredi 11 octobre 2019

Un plan qui aurait défiguré NDG fut arrêté à temps.

Récemment sur Facebook, des photos d'un maquette montraient l'allure qu'aurait eu la ville de Québec et, en particulier, la paroisse Notre-Dame-de-Grâce, si un rapport d'urbanistes en 1968 s'était réalisé au complet. Dans le site Québec Urbain, Nicolas Roberge décrivait en 2010 en quoi consistait cette construction d'autoroutes, selon le rapport Vandry-Jobin qui fut commandé par le Ministère de la Voirie en 1968. Ces autoroutes furent construites en partie mais la révolution bétonnière, qui devait s'étendre sur une vingtaine d'années, fut arrêtée au milieu des années 70.

Voici l'image de la maquette montrant NDG de plus près.


L'autoroute de la Falaise était prévue pour remplacer le nord de la rue Arago. On voit à gauche que l'église NDG aurait été juste sur le bord de l'artère. Les maisons entre Arago et Franklin auraient donc été détruites et probablement aussi celles sur le côté nord de Franklin.

À droite, une autoroute des Laurentides était prévue. À NDG et Saint-Joseph, elle aurait occupé l'espace entre les rues Saint-Germain (ou Bigaouette) et Bayard et aurait probablement causé aussi la démolition des maisons du côté est de Bayard. Après avoir passé au-dessus de la rue Arago (autoroute de la Falaise), elle aurait survolé le parc de la grotte Notre-Dame-de-Lourdes, (presque au dessus de la Côte Aqueduc), et la côte Salaberry, pour aller rejoindre à la Haute-ville la rue Turnbull et la rue Lockwell.

Voici une autre image de la maquette, sous une perspective différente et d'éloignement moyen :



Horizontalement vers le milieu de la photo, on voit la monstrueuse autoroute "Arago", l'église NDG étant à droite.

Nicolas Roberge décrit ainsi l'autoroute de la Falaise :

"Une autoroute qui s’empruntait à partir de la terminaison de l’autoroute Dufferin dans St-Roch jusqu’à l’autoroute Duplessis entre le chemin des Quatre Bourgeois et le chemin Sainte-Foy.

La construction de cette autoroute avait été planifiée puisque des voies rapides provenant de l’autoroute Dufferin avaient été construites pour se terminer abruptement sur la rue du Pont près du cinéma Charest dans Saint-Roch. D’ailleurs, le plan de transport désigne l’actuelle autoroute Dufferin-Montmorency comme l’autoroute de la Falaise.

Cette autoroute devait traverser ensuite St-Roch sous terre au sud de la côte d’Abraham pour revenir à la surface et sur viaduc surélevé passé la rue Dorchester. Elle suivait la trajectoire de la rue Arago et la côte de la Pente douce derrière l’Hôpital Saint-Sacrement et derrière l’Hôpital Jeffrey-Hale. Elle déviait légèrement vers le nord passé l’avenue Saint-Sacrement pour rejoindre la rue Frank-Carrel. Elle revenait ensuite vers la haute-ville rendue à Sainte-Foy en traversant l’avenue Chapelaine près du cimetière Belmont. Elle se rendait ensuite au sud du chemin Quatre-Bourgeois sur le terrain du PEPS de l’Université Laval pour continuer à longer Quatre-Bourgeois jusqu’à l’autoroute Henri IV. Elle finit par dévier au sud pour finalement rejoindre le boulevard Duplessis direction nord.
Si cette autoroute avait été construite, elle aurait énormément changé le paysage urbain de Québec. Elle devait rejoindre le centre-ville de Québec à l’aéroport. Elle devait comprendre 3 voies dans chaque sens et on la désigne comme l’épine dorsale du réseau routier de Québec."

L'auteur explique aussi le parcours de l'autoroute Laurentienne (autoroute des Laurentides) :

"On projette de créer un embranchement à la hauteur du boulevard des Cèdres qui aurait traversé le terrain d’Hydro-Québec et aurait passé au sud de la rue Soumande à Vanier. Un tracé qui correspondait à l’emplacement actuel de la multitude de grandes surfaces telles que Toys R Us et Canadian Tire.

L’autoroute Laurentienne aurait traversé la rivière Saint-Charles près de l’Hôpital Sacré-Coeur près du magasin Latulippe pour suivre un tracé similaire à la rue Bigaouette dans Saint-Sauveur.

Les deux directions de l’autoroute se seraient séparées peu avant la falaise de la haute-ville en se dirigeant vers l’est pour se déverser dans les avenues Salaberry et Turnbull. Ces deux avenues auraient été converties en sens unique à 3 voies."

Voici un plan du réseau d'autoroutes qui était recommandé, avec un pont reliant Québec et Lévis :



Enfin Nicolas Roberge explique ce qui a mis un frein à la réalisation de ces constructions :

"Le changement de gouvernement en 1976 ralentit l’expansion du réseau routier. Le PQ avait inclus des promesses de nature environnementales dans son programme électoral. Aussi, les projections dans le rapport Vandry & Jobin étaient basées sur le fait que les femmes restaient à la maison et s’occupaient des enfants. Toutefois, les femmes baby-boomers ont rejoint massivement le marché du travail dans les années 60 et 70. Le taux de natalité a chuté et l’accroissement de la population a ralenti."

Personnellement les quatre logements où j'ai demeuré et où je demeure encore auraient été fauchés !

On réalise difficilement la situation cauchemardesque dans laquelle la paroisse NDG se serait retrouvée, envahie par des autoroutes qui auraient entre autres empêché le passage aux piétons voulant monter à la Haute-Ville.

Faisons un retour rassurant en 2019 !

Michel.

(merci au site Québec Urbain pour l'article de Nicolas Roberge :
https://www.quebecurbain.qc.ca/2010/08/30/le-reseau-demesure-dautoroutes-inachevees-de-quebec )