vendredi 4 novembre 2016

NDG menait une campagne de souscription pour l'église, en 1996.

Les craintes de disparitions ou de regroupements de paroisses, exprimées en 1995, commencèrent à se matérialiser en 1996. Lise Fournier, du Soleil, faisait le point en novembre 1996. Sur les 300 presbytères du diocèse de Québec, une centaine étaient déjà vendus. Au moins trois églises avaient changé de vocation : St. Patrick's, Saint-Fidèle et Notre-Dame-dela-Paix. Quant à l'église Saint-Coeur-de-Marie, elle venait d'être mise en vente. L'auteur mentionnait ensuite deux églises dont les jours étaient comptés : Notre-Dame-du-Chemin et Notre-Dame-de-Grâce.

Le père François Boissonneault, responsable de l'administration du diocèse de Québec, affirmait que les conseils de fabrique en sont rendus à couper les agents de pastorale et à compter sur des sacristains bénévoles. Le regroupement et la fusion de paroisses est une question à laquelle les communautés sont confrontés, disait-il. Le quartier Limoilou illustrait cette problématique, avec 11 lieux de culte. D'ici 1997, les conseils de fabrique voulaient ramener le nombre de paroisses à trois tout en conservant plusieurs lieux de culte.

Il en était de même dans la basse-ville de Québec qui comptait neuf églises, dont NDG qui devait assurer son fonctionnement en comptant sur la générosité d'à peine 200 paroissiens. Le père Boissonneault ajoutait que la fabrique n'arrivait même plus à payer le chauffage, d'où une fermeture presque inévitable qui ne saurait tarder.

De son côté, Luc Noppen, historien-architecte, proposait le parrainage de paroisses riches avec les plus pauvres du diocèse. Selon lui, trop de conseils de fabrique étaient livrés à eux-mêmes, certains dépourvus au point de n'avoir personne pour remplir les demandes de subvention afin de restaurer leur temple. Il soulevait le cas patent de la paroisse NDG, où l'église était menacée de fermeture parce que les paroissiens sans ressources n'arrivaient pas à trouver une somme de 50000$. Il signalait que, pourtant, quand il s'agissait de l'église Saint-Jean-Baptiste à la haute-ville, tout le monde se mobilisait et on organisait des campagnes de souscription même si les montants en jeu étaient de l'ordre du million de dollars.

Malgré cela, une campagne de souscription fut tout de même menée pour restaurer l'église Notre-Dame-de-Grâce, d'un objectif de 50000$, comme l'illustre la photo suivante :





À mots à peine couverts, M. Noppen déplorait qu'aucun édifice de la basse-ville ne soit classé monument historique. Pourtant l'église NDG, disait-il, est un trésor architectural unique au Québec, un monument qui est intimement lié à l'histoire du quartier car construit sur le terrain d'une ancienne brasserie. C'est un modèle du renouveau de l'art sacré. Les Américains que j'y emmène, disait-il, s'exclament en découvrant ce joyau de l'architecture ; mais de cela, qui s'en soucie ? Un congrès du patrimoine religieux réunissant plusieurs continents était prévu à Québec pour juin 1997.

Luc Noppen croyait que, depuis la création en 1995 par Québec du Fonds du patrimoine religieux, d'une enveloppe de 35 millions de dollars étalée sur cinq ans, destiné à la restauration des temples, les entrepreneurs et architectes dépassaient les bornes pour certaines estimations de travaux. Ceci mettait les conseils de fabrique au pied du mur.

Par ailleurs, il y avait le Programme d'infrastructure que Québec avait mis en place en 1995. Sur 130 projets de restauration, une centaine de fabriques s'étaient prévalues du programme, mais plusieurs autres avaient dû y renoncer, les paroisses ne pouvant assumer leur part de 50% de la facture.

On espérait encore qu'une mobilisation en 1997 pourrait éviter, au moment ultime, la fermeture de l'église et de la paroisse NDG...

Michel.