En mars 1935, un groupe de jeune gens de Notre-Dame-de-Grâce venait de se former, sous la direction de leur aumônier le Curé Lavergne. Affiliés à la Société Saint-Vincent-de-Paul de la paroisse, ils allaient avoir pour mission de soulager les pauvres, de visiter les personnes âgées, les malades, les "déshérités de la fortune", donnant à tous un bon conseil, un mot d'encouragement. Ils étaient sous le patronage de
Notre Dame de Liesse. Ils avaient comme président Gabriel Plante et comme trésorier Josaphat Plante.

Le soin des pauvres ne serait qu'un service dans une plus vaste Organisation connue sous le nom de
J.O.C. (la Jeunesse Ouvrière Catholique). La section de Notre-Dame-de-Grâce était la première section de jeunes gens établie à Québec. Elle comprenait vingt membres. Seul le Cercle d'étude fonctionnait ; il travaille à la formation des militants.
La conférence, bien que naissante, était déjà au travail. Ses membres secouraient depuis sa fondation sept familles de personnes âgées que la Conférence des hommes leur avait confiées. Le président et le trésorier visitèrent toutes les familles de la conférence afin de les connaître. Ils reçurent dans les familles des marques de reconnaissance. Elles étaient très contentes de voir des jeunes gens s'occuper d'eux.
Le secrétaire J.-S. Ouellet fit dans
La Bonne Nouvelle le rapport des activités de la
conférence N.-D.-de-Liesse qui eut sa première réunion officielle le 1er ou le 8 mars 1935. Les invités étaient J.-C.(ou J.-G.) Magnan, président général des conférences Saint-Vincent-de-Paul, W. Cantin, président du Conseil particulier de Saint-Sauveur, et Ernest Giroux, président de la Conférence paroissiale. Le Curé et messieurs Magnan et Giroux adressèrent la parole. Chaque vendredi soir, après la séance de la Conférence, il y avait la réunion de la J.O.C.
La J.O.C., parfois appelée la J.O.C.M. (Jeunesse Ouvrière Catholique Masculine) et la
J.O.C.F. (La Jeunesse Ouvrière Catholique Féminine) étaient toutes deux des sociétés de jeunes travailleurs et ouvrières nées de besoins divers. La J. O. C. (F.) groupait déjà des centaines de milliers de jeunes travailleurs en tous les pays catholiques comme: Belgique, France, Hollande, Suisse, Espagne, Canada, Colombie. Entre eux ils se formaient, ils s'entraînaient, ils se soutenaient. Ensemble ils organisaient des services d'assistance et de protection mutuelle. Ils publiaient leurs journaux qu'ils répandaient à des milliers d'exemplaires.
Leurs
buts étaient :
- Sauver jeunes gens et jeunes filles obligés de travailler en dehors du foyer pour gagner leur vie.
- Leur assurer, en coopération avec les syndicats ouvriers, de meilleures conditions de travail, au point de vue salaire, hygiène physique et morale.
- Poursuivre dans tous les milieux ouvriers des enquêtes qui les mettront plus en mesure d'aider; en s'appuyant sur des situations de faits.
- Enfin, mieux s'instruire de leur religion pour l'aimer mieux, la pratiquer mieux.
Ce qu'il y avait de significatif dans ces groupements était que la mission n'était pas confiée à des éducateurs ou réformateurs venant du dehors, mais qu'elle était remplie directement par les jeunes travailleurs.
La J.O.C.F. avait un petit comité qui se rassemblait chaque mercredi à un petit local au 12 rue Colbert (ancien numéro). Chaque lundi soir le local était ouvert à toutes et une petite soirée récréative était toujours organisée (par exemple: chants, musique, parties de cartes, patin à roulettes, etc.). Lucia Villeneuve, la présidente, invitait les jeunes ouvrières à se joindre à elles.
Les membres de la J.O.C. firent dans la paroisse une première
enquête mensuelle, organisée par l'A.C.J.C. (l'Action Catholique de la Jeunesse Canadienne-française) afin de savoir la situation exacte des jeunes gens dans la province. L'enquête est une méthode pratique à la portée des jeunes ouvriers.
Les Jocistes assistèrent à une conférence à la salle des promotions de l'Université Laval. L'A.C.J.C. y donna le rapport de l'enquête sur les jeunes ouvriers. Le résultat de cette enquête montrait la situation déplorable où sont la plupart des jeunes gens. Le Ministre du travail, Charles-Joseph Arcand, qui parla ensuite, ne put dire ce qu'il ferait pour répondre aux demandes des jeunes et soulager leur angoisse.
La J.O.C. allait s'occuper de conduire des enquêtes sur d'autres questions.
Par décision de l'Archevêque de Québec, le
Père R. Pomerleau, O.M.I., fut nommé aumônier-directeur de la J.O.C. diocésaine, laquelle ferait partie de la fédération diocésaine des œuvres de jeunesse. Le Père Pomerleau prononça une conférence à NDG le 24 mai durant laquelle il précisa que le Père Joseph Cardyn, fondateur de la J.O.C., lança son mouvement en 1924 après 10 ans d'étude.
Un Congrès était annoncé pour le 14 juillet 1935 à Montréal. Un chant du Congrès avait été composé, dont le refrain était :
"Debout, la jeunesse ouvrière,
Réajustons insignes et bérêts,
Bien groupés autour de nos bannières,
Debout! C'est le Congrès."
À venir: des nouvelles de ce Congrès.
Michel.