Le collège de Notre-Dame-de-Grâce, nouvellement construit, accueillait les élèves depuis septembre 1931, mais ce n'est que le premier novembre que sa bénédiction eut lieu. En ce jour de la Toussaint, la cérémonie fut présidée par Mgr Omer Plante en présence de tous les écoliers et d'une foule de parents et d'amis venus pour en être témoin.Voici un résumé du compte-rendu que La Bonne Nouvelle en avait fait.
Après la récitation du "Veni Creator" au pied de l'autel de l'église paroissiale, l'évêque précédé des enfants de chœur et assisté du Curé et de l'abbé Létourneau se dirigea vers l'école et procéda immédiatement à la bénédiction. Pendant toute la durée des cérémonies liturgiques, l'orchestre interpréta la "Marche Romaine". (On peut écouter cette pièce de Charles Gounod ici.)
La partie religieuse terminée, la fête se continua par plusieurs discours entrecoupés de chants.
Mgr Plante était entouré de :
le Curé Lavergne, le Commandeur Joseph Picard, président de la Commission Scolaire,
Cyrille F. Delage, surintendant de l'Instruction Publique, le Commandeur Charles-Joseph Magnan, le Commandeur Chapleau, l'inspecteur L.-P. Goulet, ainsi que T. Verret, M. Bédard, le père Gravel, l'abbé Lactance Blais, l'abbé L. Létourneau, le Frère Nivard, le Frère Germain, le Frère Cléophas, l'échevin Noreau et plusieurs autres personnes.
D'abord la petite Maîtrise sous la direction du Frère Anselme, aidée de quelques chantres de la chorale paroissiale, chanta "Les Martyrs aux arènes", et J.-Moïse Fradet, maître de chapelle, rendit le chant "À jamais". Mlle Bernadette Lavergne, organiste de la paroisse, accompagnait au piano.
Puis le Curé remercie Mgr Plante. Il rappelle qu'il a peut-être manifesté un peu d'impatience devant la Commission Scolaire dont il n'admire pas moins la sagesse et la générosité. "M. le Président, ajoute-t-il, vous nous avez dit que nous ne perdrions rien pour attendre; vous avez bien rempli votre promesse, car notre école est belle et hygiénique." Il termine en invitant les parents à envoyer leurs enfants à l'école, puisqu'elle leur appartient.
Cyrille Delage succède au Curé. Il dit n'avoir pu résister à l'invitation du Frère Directeur et vouloir donner en même temps une appréciation et un témoignage mérité au Curé, fondateur d'une paroisse qui figure parmi les plus prospères de la ville. Après avoir rappelé quelques souvenirs personnels, il a évoqué le nom d'Arsène Parent. Il félicite les commissaires de leur sagesse dans l'accomplissement d'une tâche difficile et délicate, ainsi que les Frères pour le dévouement dont ils ont toujours fait preuve, et il invite les ouvriers à donner une bonne instruction à leurs enfants puisqu'on s'efforce de donner à chaque classe de la société les écoles qui lui conviennent.
Après le chant du "Cor" par Lucien Fortier, qui s'était fait remarqué au début par sa bonne diction dans une petite adresse lue au nom de ses compagnons, et le chant de "Carmen" par Gabriel Plante, Joseph Picard expose la situation financière de la Commission solaire afin de prévenir des jugements trop sévères, et prouve que la taxe est adéquate c'est-à-dire ni trop élevée ni trop basse.
L.-P. Goulet poursuit la série des discours en félicitant les Commissaires et les Frères et en demandant aux parents leur coopération par la surveillance de leurs enfants et le consentement à faire les sacrifices nécessaires pour les maintenir suffisamment longtemps.
C.-J. Magnan, invité à dire quelques mots, félicite les membres de la petite Maîtrise pour leur bon goût. Il fait observer que les Frères ne donnent pas seulement des rudiments de science mais enseignent aussi les beaux arts. Il les supplie aussi de faire leur possible pour que leurs enfants soient encouragés. Aucun succès de l'enfant ne doit laisser le père ou la mère indifférent.
Mgr Plante termine la série des discours en observant que les bénédictions d'école sont nombreuses chez nous. Il faut s'en réjouir, dit-il, car c'est une richesse qu'il faut conserver précieusement. L'école ne doit pas être un danger pour les enfants, mais un endroit où leur intelligence continue à se développer. Les écoles donnent une éducation qui complète l'éducation familiale.
À l'issue de la bénédiction, l'évêque retourna à l'église pour présider le Salut du Saint Sacrement qui clôturait la retraite des hommes.
Michel.