samedi 3 septembre 2011

Un nouveau collège pour la rentrée des classes de 1931

En cette période de rentrée des classes, je me suis intéressé à celle qui eut lieu il y a 80 ans
au Collège NDG. Les demandes répétées d'une nouvelle école année après année pour remplacer l'édifice construit en 1916 devenu inadéquat avaient fini par porter fruit. La nouvelle construction de la rue Durocher fut commencée en 1930.

Au début de 1931, la Bonne Nouvelle décrivit le contexte dans lequel les ouvriers eurent à oeuvrer :
"On sait que, lorsque fut décidée la construction de l'école de Notre-Dame de Grâce, Son Éminence Le Cardinal Rouleau, par l'intermédiaire de Mgr Laberge, curé de St-Jean-Baptiste, demanda que la préférence fût assurée aux membres des Syndicats Catholiques. La Commission Scolaire refusa de se rendre à cette demande, mais elle imposa aux entrepreneurs les salaires stipulés par les Syndicats Catholiques.

Par un sous-contrat M. Amédée Latulippe obtient les travaux de maçonnerie. Il était stipulé que les journaliers auraient 40 sous de l'heure. Rien n'avait été fixé pour les heures supplémentaires. Les ouvriers d'ordinaire pour ces heures et pour le travail de nuit reçoivent temps et demi. Or, des ouvriers se sont plaints qu'ils avaient travaillé des vingt heures consécutives et même plus et que, loin de recevoir temps et demi, ils n'ont pas même reçu le salaire de 40 sous de l'heure tel que stipulé, l'entrepreneur Amédée Latulippe ne leur donnant que 35 sous.

Bien qu'ils ne fussent pas des syndicats, qu'ils n'aient pas trouvé utile de s'y affilier, ces ouvriers ont compris alors qu'ils avaient besoin de quelqu'un qui réclamât pour eux. En leur nom, charitablement les Syndicats Catholiques sont intervenus. La Commission Scolaire Catholique, qui avait refusé les services des Syndicats et avait repoussé la demande du Cardinal Rouleau, a répondu: "Que les ouvriers présentent des plaintes assermentées. Et nous y verrons". Quinze ont porté plainte par l'intermédiaire des Syndicats. La Commission Scolaire a alors décidé de retenir le montant réclamé sur les prochains estimés à être payés à l'entrepreneur Latulippe. Les choses en sont là."
Au mois de mai 1931, les travaux furent affectés par une triste nouvelle. Le Frère Benoît (Philémon Roy), qui avait orchestré l'établissement du nouveau collège, décéda le 11 mai, frappé soudainement par une hémorrhagie cérébrale.

Le lendemain soir, ses restes furent transportés de l'école Saint-Sauveur au presbytère NDG. Le cortège se mit en marche au son des cloches de l'église de St-Sauveur. Le deuil était conduit par les parents du défunt, suivis du Frère Laurent, directeur de l'école Saint-Sauveur, des professeurs de cette communauté-sœur, frères Maristes, de l'Instruction Chrétienne, du Sacré-Cœur, etc. Les paroissiens de Saint-Sauveur ayant à leur tête leur curé, le père Magnan, se firent un devoir d'y assister. Après les prières du mois de Marie, le curé Lavergne rappela brièvement les vertus éminentes du Frère Benoît.

Des funérailles imposantes ont eu lieu le matin du 13 mai. La levée du corps fut faite par le Père Magnan. Le curé Lavergne a chanté le service assisté comme diacre par le père
Loubier, cousin du défunt, et par l'abbé Henri Boulet, comme sous-diacre. Au chœur on remarquait plusieurs pères Oblats dont les pères Jacob, Laberge, Normand, Berlinguette; le père LeDoré eudiste, le père Gagnon des Pères du Sacré-Cœur, le père Lockwell de la communauté des Frères de Saint-Vincent de Paul, le Père Plamondon du Patronage Laval, l'abbé Adolphe Laberge curé de la paroisse des Bienheureux Martyrs, l'abbé Israël Laroche curé de Saint-Joseph, les abbés Lévesque de Notre-Dame du Chemin, Fournier de Saint-Fidèle, Ferland de Saint-Roch, Létourneau et Bouillé de Notre-Dame de Grâce, Matte de Saint-Joseph. Le chorale des hommes et des jeunes gens de NDG exécuta un programme de chant, de concert avec la Maîtrise.

L'inhumation eut lieu au cimetière de la communauté, à Sainte-Foy.

La rentrée des classes en septembre 1931 se fit donc dans une "École Supérieure" neuve. Les 400 élèves étaient répartis en douze classes instruites par cinq professeurs religieux et sept laïques, sous la direction du frère Cléophas (Ivanoé Martin).

(À venir, la bénédiction du nouvel édifice.)

Michel.