Grâce à Louis-Marie Côté, l'archiviste des Frères des Écoles Chrétiennes, tous les "Flambeaux" (les albums souvenirs annuels du Collège NDG) sont maintenant récupérés, de 1941-42 à 1964-65. Les messages déjà publiés concernant le personnel enseignant pourront donc être complétés et agrémentés de plus de photos. Ce sera pour de prochains billets.D'abord, nous pouvons avoir une idée plus précise sur l'histoire du Collège. En résumé, à la fondation de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce, en novembre 1924, l'école Sainte-Marguerite-Marie (au coin des rues Durocher et Arago), construite en 1916, était dirigée par des religieuses. Dès l'année scolaire 1926-27, la direction est prise par les Frères des Écoles Chrétiennes, avec à leur tête le Frère Orbanius (Georges Savoie). En 1931, un nouvel édifice est construit et il devient aussi le lieu d'une École supérieure, dont les premiers directeurs furent le Frère Benoît (Philémon Roy) et le Frère Cléophas (Ivanoé Martin).
En 1940-41, le Collège fait graduer, semble-t-il, ses premiers finissants de 12e année, sous la direction du Frère Antoine (Gérard Morel). C'est l'année suivante, avec en tête le Frère Arnould (Euchariste-Alphonse Raîche), qu'est publié le premier numéro du "Flambeau". À la première page après la couverture (voir l'image) figurait le poème de Victor Hugo "Chaque enfant qu'on enseigne", que voici :
Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne
Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allés à l'école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d'une croix.
C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime.
L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme.
Où rampe la raison, l'honnêteté périt.
Dieu, le premier auteur de tout ce qu'on écrit,
A mis, sur cette terre où les hommes sont ivres,
Les ailes des esprits dans les pages des livres.
Tout homme ouvrant un livre y trouve une aile, et peut
Planer là-haut où l'âme en liberté se meut.
L'école est sanctuaire autant que la chapelle.
L'alphabet que l'enfant avec le doigt épelle
Contient sous chaque lettre une vertu: le coeur
S'éclaire doucement à cette humble lueur.
Donc au petit enfant donnez le petit livre.
Marchez la lampe en main pour qu'il puisse vous suivre.
La nuit produit l'erreur et l'erreur l'attentat.
Faute d'enseignement, on jette dans l'état
Des hommes animaux, têtes inachevées,
Tristes instincts qui vont les prunelles crevées,
Aveugles effrayants, au regard sépulcral,
Qui marchent à tâtons dans le monde moral.
Allumons les esprits, c'est notre loi première,
Et du suif le plus vil faisons notre lumière.
L'intelligence veut être ouverte ici-bas;
Le germe a droit d'éclore; et qui ne pense pas
Ne vit pas. Ces voleurs avaient le droit de vivre.
Songeons-y bien, l'école en or change le cuivre.
Tandis que l'ignorance en plomb transforme l'or!...
Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allés à l'école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d'une croix.
C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime.
L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme.
Où rampe la raison, l'honnêteté périt.
Dieu, le premier auteur de tout ce qu'on écrit,
A mis, sur cette terre où les hommes sont ivres,
Les ailes des esprits dans les pages des livres.
Tout homme ouvrant un livre y trouve une aile, et peut
Planer là-haut où l'âme en liberté se meut.
L'école est sanctuaire autant que la chapelle.
L'alphabet que l'enfant avec le doigt épelle
Contient sous chaque lettre une vertu: le coeur
S'éclaire doucement à cette humble lueur.
Donc au petit enfant donnez le petit livre.
Marchez la lampe en main pour qu'il puisse vous suivre.
La nuit produit l'erreur et l'erreur l'attentat.
Faute d'enseignement, on jette dans l'état
Des hommes animaux, têtes inachevées,
Tristes instincts qui vont les prunelles crevées,
Aveugles effrayants, au regard sépulcral,
Qui marchent à tâtons dans le monde moral.
Allumons les esprits, c'est notre loi première,
Et du suif le plus vil faisons notre lumière.
L'intelligence veut être ouverte ici-bas;
Le germe a droit d'éclore; et qui ne pense pas
Ne vit pas. Ces voleurs avaient le droit de vivre.
Songeons-y bien, l'école en or change le cuivre.
Tandis que l'ignorance en plomb transforme l'or!...
Michel.