vendredi 22 juillet 2011

La 6e Fête des malades encore plus grandiose.

La 5e Messe des malades, celle du 31 mai 1930, fut célébrée par Mgr Omer Plante, auxiliaire de Québec. Près de 200 malades en ont bénéficié, dont 12 dans des lits. Plusieurs furent transportés gratuitement par les ambulances Lépine, Moisan, Bouchard et Jalbert.

Il en fut de même lors de la 6e Fête des malades (comme on l'appelait maintenant), qui fut encore plus grandiose. Ce 14 octobre 1930, plusieurs automobilistes participèrent aussi au transport des malades :
Messieurs L. Leclerc, A. Larose, A. Minguy, L. Royer, A. Pagé, J. Drolet, J. Villeneuve, H. Blouin, L. Rodrigue, A. Boivin, N.? Dubuc, N. Roberge, H. Latouche, A. Deslauriers.

Le Dr. Jobin de l'Hôtel-Dieu de Québec et les garde-malades de l'Hôpital du Saint-Sacrement ( Gardes Sirois, Bouillon, Simard, Lachance, Cantin et Dubé) furent aussi remerciés dans La Bonne Nouvelle.Le quotidien L'Action Catholique écrivit ce qui suit :
"Ce matin, plus de deux cents malades, 205 exactement, occupaient des places d'honneur en l'église paroissiale; plusieurs d'entre eux s'allongeaient dans leurs lits tout blancs et tout propres, comme endimanchés, comme réhabilités aussi par les soins de la plus sublime charité; d'autres, ou contorsionnés, ou boîteux, ou paralytiques, ou simplement livides, complétaient la gamme de la souffrance. La nature, dirait-on, apporte presque autant de caprice à déformer qu'à former. S'il y a l'infirmité des visages dissemblables, il y a aussi la diversité, une sorte de hiérarchie dans les infirmités et les difformités, qui prennent les formes les plus disparates, qui s'attaquent à tous les âges et qui accablent les moindres parties de l'être humain. Et, comme chacun avait l'air bon, pieux, associé quasiment à la Divine Souffrance... D'ailleurs, l'on prie si bien en cette église si attrayante, si simple et si belle de lignes, si reposante vraiment, si franchement éclairée de Notre-Dame de Grâce. Ce matin, des drapeaux du Sacré Coeur et du Pape ainsi qu'un luminaire aux tons vifs lui donnaient grand air, à cette Maison de Dieu.

La messe solennelle commença à huit heures. M. l'abbé Alfred Côté, chapelain des travailleurs catholiques, remplaçait à l'autel Monseigneur Robert Lagueux, curé à St-Roch, dont nous annoncions hier la maladie subite: une angine.
Dans le choeur, il y avait le R. Père Burns, C.SS.R., MM. les abbés Verret, de St-Ubald, Ferland, de St-Roch, Beaulieu, Côté et autres.

Deux personnes, guéries d'une façon qui paraît extraordinaire, occupaient des prie-Dieu, au premier plan. C'est le Frère Anselme qui dirigeait la petite maîtrise et Mlle Lavergne qui touchait les orgues. Chaque malade fut communié à sa place et touché par le pied de l'Ostensoir. Jésus retournait donc aux infirmes, comme jadis sur les routes de la Galilée. L'assistance était considérable; elle débordait même les murs pour encombrer portes et avenues.

M. l'abbé Édouard-V. Lavergne, curé de la paroisse, bénit les malades selon le Rituel; puis il annonça la fondation d'une Archiconfrérie des malades; il attend de Rome les documents qu'il faut. Dans une prenante allocution de circonstance, il remercia tous les automobilistes qui avaient aidé au succès de la fête, particulièrement les maisons Moisan, Lépine, Jalbert et Bouchard, propriétaires d'ambulances (voir la photo déjà publiée ici). Il recommanda aux prières la santé de Mgr Lagueux; puis, il exalta les mérites et la valeur spirituelle de la souffrance."
L'Archiconfrérie "Notre Dame des Malades" fut établie officiellement le 25 novembre 1930 à NDG par une lettre du cardinal Raymond-Marie Rouleau, au nom du Siège Apostolique. Aux malades désireux de faire partie de l'association, il était simplement demandé d'envoyer ses nom, prénoms et adresse au "Secrétariat des Malades". En retour de cette inscription, il était remis aux malades un diplôme d'admission. La même chose pour les personnes en santé. "La Bonne Nouvelle" était envoyée à tous les membres hors de la paroisse N.-D.-de-Grâce, chaque fois qu'elle contenait quelques renseignements au sujet de l'Archiconfrérie. À tous les membres, il était remis insigne et diplômes au jour de leur aggrégation.

Tous les mercredis de l'année, à 7 h., il était célébré une messe pour tous les malades et infirmes. Tous les mercredis à 19 h 30, il était célébré un office spécial. On y faisait à haute voix la recommandation des malades pour lesquels les fidèles avaient réclamé les prières de l'association.

Le tout était absolument gratuit. Pour subvenir aux frais, le secrétariat s'en remettait aux offrandes volontaires des malades eux-mêmes ou de leurs proches et amis.

Michel.