jeudi 28 juillet 2011

C'est complet du côté des "Flambeaux" !

Grâce à Louis-Marie Côté, l'archiviste des Frères des Écoles Chrétiennes, tous les "Flambeaux" (les albums souvenirs annuels du Collège NDG) sont maintenant récupérés, de 1941-42 à 1964-65. Les messages déjà publiés concernant le personnel enseignant pourront donc être complétés et agrémentés de plus de photos. Ce sera pour de prochains billets.

D'abord, nous pouvons avoir une idée plus précise sur l'histoire du Collège. En résumé, à la fondation de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce, en novembre 1924, l'école Sainte-Marguerite-Marie (au coin des rues Durocher et Arago), construite en 1916, était dirigée par des religieuses. Dès l'année scolaire 1926-27, la direction est prise par les Frères des Écoles Chrétiennes, avec à leur tête le Frère Orbanius (Georges Savoie). En 1931, un nouvel édifice est construit et il devient aussi le lieu d'une École supérieure, dont les premiers directeurs furent le Frère Benoît (Philémon Roy) et le Frère Cléophas (Ivanoé Martin).

En 1940-41, le Collège fait graduer, semble-t-il, ses premiers finissants de 12e année, sous la direction du Frère Antoine (Gérard Morel). C'est l'année suivante, avec en tête le Frère Arnould (Euchariste-Alphonse Raîche), qu'est publié le premier numéro du "Flambeau". À la première page après la couverture (voir l'image) figurait le poème de Victor Hugo "Chaque enfant qu'on enseigne", que voici :

Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne
Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allés à l'école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d'une croix.
C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime.
L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme.
Où rampe la raison, l'honnêteté périt.
Dieu, le premier auteur de tout ce qu'on écrit,
A mis, sur cette terre où les hommes sont ivres,
Les ailes des esprits dans les pages des livres.
Tout homme ouvrant un livre y trouve une aile, et peut
Planer là-haut où l'âme en liberté se meut.
L'école est sanctuaire autant que la chapelle.
L'alphabet que l'enfant avec le doigt épelle
Contient sous chaque lettre une vertu: le coeur
S'éclaire doucement à cette humble lueur.
Donc au petit enfant donnez le petit livre.
Marchez la lampe en main pour qu'il puisse vous suivre.
La nuit produit l'erreur et l'erreur l'attentat.
Faute d'enseignement, on jette dans l'état
Des hommes animaux, têtes inachevées,
Tristes instincts qui vont les prunelles crevées,
Aveugles effrayants, au regard sépulcral,
Qui marchent à tâtons dans le monde moral.
Allumons les esprits, c'est notre loi première,
Et du suif le plus vil faisons notre lumière.
L'intelligence veut être ouverte ici-bas;
Le germe a droit d'éclore; et qui ne pense pas
Ne vit pas. Ces voleurs avaient le droit de vivre.
Songeons-y bien, l'école en or change le cuivre.
Tandis que l'ignorance en plomb transforme l'or!...

Michel.

vendredi 22 juillet 2011

La 6e Fête des malades encore plus grandiose.

La 5e Messe des malades, celle du 31 mai 1930, fut célébrée par Mgr Omer Plante, auxiliaire de Québec. Près de 200 malades en ont bénéficié, dont 12 dans des lits. Plusieurs furent transportés gratuitement par les ambulances Lépine, Moisan, Bouchard et Jalbert.

Il en fut de même lors de la 6e Fête des malades (comme on l'appelait maintenant), qui fut encore plus grandiose. Ce 14 octobre 1930, plusieurs automobilistes participèrent aussi au transport des malades :
Messieurs L. Leclerc, A. Larose, A. Minguy, L. Royer, A. Pagé, J. Drolet, J. Villeneuve, H. Blouin, L. Rodrigue, A. Boivin, N.? Dubuc, N. Roberge, H. Latouche, A. Deslauriers.

Le Dr. Jobin de l'Hôtel-Dieu de Québec et les garde-malades de l'Hôpital du Saint-Sacrement ( Gardes Sirois, Bouillon, Simard, Lachance, Cantin et Dubé) furent aussi remerciés dans La Bonne Nouvelle.Le quotidien L'Action Catholique écrivit ce qui suit :
"Ce matin, plus de deux cents malades, 205 exactement, occupaient des places d'honneur en l'église paroissiale; plusieurs d'entre eux s'allongeaient dans leurs lits tout blancs et tout propres, comme endimanchés, comme réhabilités aussi par les soins de la plus sublime charité; d'autres, ou contorsionnés, ou boîteux, ou paralytiques, ou simplement livides, complétaient la gamme de la souffrance. La nature, dirait-on, apporte presque autant de caprice à déformer qu'à former. S'il y a l'infirmité des visages dissemblables, il y a aussi la diversité, une sorte de hiérarchie dans les infirmités et les difformités, qui prennent les formes les plus disparates, qui s'attaquent à tous les âges et qui accablent les moindres parties de l'être humain. Et, comme chacun avait l'air bon, pieux, associé quasiment à la Divine Souffrance... D'ailleurs, l'on prie si bien en cette église si attrayante, si simple et si belle de lignes, si reposante vraiment, si franchement éclairée de Notre-Dame de Grâce. Ce matin, des drapeaux du Sacré Coeur et du Pape ainsi qu'un luminaire aux tons vifs lui donnaient grand air, à cette Maison de Dieu.

La messe solennelle commença à huit heures. M. l'abbé Alfred Côté, chapelain des travailleurs catholiques, remplaçait à l'autel Monseigneur Robert Lagueux, curé à St-Roch, dont nous annoncions hier la maladie subite: une angine.
Dans le choeur, il y avait le R. Père Burns, C.SS.R., MM. les abbés Verret, de St-Ubald, Ferland, de St-Roch, Beaulieu, Côté et autres.

Deux personnes, guéries d'une façon qui paraît extraordinaire, occupaient des prie-Dieu, au premier plan. C'est le Frère Anselme qui dirigeait la petite maîtrise et Mlle Lavergne qui touchait les orgues. Chaque malade fut communié à sa place et touché par le pied de l'Ostensoir. Jésus retournait donc aux infirmes, comme jadis sur les routes de la Galilée. L'assistance était considérable; elle débordait même les murs pour encombrer portes et avenues.

M. l'abbé Édouard-V. Lavergne, curé de la paroisse, bénit les malades selon le Rituel; puis il annonça la fondation d'une Archiconfrérie des malades; il attend de Rome les documents qu'il faut. Dans une prenante allocution de circonstance, il remercia tous les automobilistes qui avaient aidé au succès de la fête, particulièrement les maisons Moisan, Lépine, Jalbert et Bouchard, propriétaires d'ambulances (voir la photo déjà publiée ici). Il recommanda aux prières la santé de Mgr Lagueux; puis, il exalta les mérites et la valeur spirituelle de la souffrance."
L'Archiconfrérie "Notre Dame des Malades" fut établie officiellement le 25 novembre 1930 à NDG par une lettre du cardinal Raymond-Marie Rouleau, au nom du Siège Apostolique. Aux malades désireux de faire partie de l'association, il était simplement demandé d'envoyer ses nom, prénoms et adresse au "Secrétariat des Malades". En retour de cette inscription, il était remis aux malades un diplôme d'admission. La même chose pour les personnes en santé. "La Bonne Nouvelle" était envoyée à tous les membres hors de la paroisse N.-D.-de-Grâce, chaque fois qu'elle contenait quelques renseignements au sujet de l'Archiconfrérie. À tous les membres, il était remis insigne et diplômes au jour de leur aggrégation.

Tous les mercredis de l'année, à 7 h., il était célébré une messe pour tous les malades et infirmes. Tous les mercredis à 19 h 30, il était célébré un office spécial. On y faisait à haute voix la recommandation des malades pour lesquels les fidèles avaient réclamé les prières de l'association.

Le tout était absolument gratuit. Pour subvenir aux frais, le secrétariat s'en remettait aux offrandes volontaires des malades eux-mêmes ou de leurs proches et amis.

Michel.

samedi 16 juillet 2011

Les solistes de la Maîtrise de NDG sur disques

Finalement, vous pouvez écouter des extraits des deux disques enregistrés par des solistes de la Maîtrise de Notre-Dame-de-Grâce.

Pour consulter les informations déjà fournies concernant ces disques 78 tours, veuillez cliquer ici.
Sur le document sonore, qui permet d'écouter Lucien Fortier, Fernand Plante et Charles-Henri Cantin, on peut entendre successivement :

La brise du soir (de 1930),
La nuit en mer (de 1930) par Lucien Fortier (photo),
Sous l'ormeau (de 1931) et
L'ange et l'âme (de 1931).

Il suffit de cliquer sur le lien qui suit :
http://www.4shared.com/audio/xqWJXSnc/Matrise_de_NDG__solistes__-_me.html

Michel.
(La photo de Lucien Fortier est parue dans une Bonne Nouvelle de décembre 1931. Merci à
Bibliothèque et Archives nationales du Québec et au Centre d'archives de Québec.)


Lien

jeudi 7 juillet 2011

Julien Daoust à NDG

La première mention que j'ai trouvée dans La Bonne Nouvelle du comédien Julien Daoust est pour la présentation par sa troupe de deux soirées dramatiques à la Salle paroissiale de Notre-Dame-de-Grâce les 3 et 4 février 1930. C'était pour la pièce "Le calvaire d'une mère".

Comme il a été mentionné avant Fred Ratté, il convient de présenter sa biographie, en utilisant celle assez courte qu'on trouve dans Wikipédia français :
"Julien Daoust, né le 19 juillet 1866 et mort à Montréal le 8 décembre 1943, est un comédien, metteur en scène, dramaturge et directeur de troupe de théâtre québécois.

Julien Daoust fut le fondateur du Théâtre National de Montréal en 1900 et le premier créateur d'un théâtre permanent au Québec. Le Théâtre National est le premier théâtre professionnel francophone du Canada. Ses ambitions ont été celles d'un visionnaire, mais il arrivait trop tôt puisque son théâtre connu de graves problèmes financiers rapidement.

Plusieurs des pièces de théâtres qu'il a écrites (La Passion, Le Triomphe de la Croix, Le Chemin des larmes ou La Conscience d'un prêtre) ont connu un très grand succès.

Avant même Gratien Gélinas, Julien Daoust est le seul dramaturge canadien-français à avoir été aussi souvent joué et avoir connu autant de succès.

Le 20 mars 1903 a lieu la présentation du drame religieux Le triomphe de la croix, son oeuvre la plus jouée.

Julien Daoust a été excommunié par l'église catholique à la fin des années 1920, pour son concubinage avec la comédienne Ella Duval alors qu'il était encore marié avec une autre comédienne, très populaire à l'époque, Bella Ouellette. Ella Duval et Julien Daoust ont eu sept enfants ensemble.

Le 27 mars 1969, le ministre des affaires culturelles du Québec dévoilait une plaque commémorative à Montréal en hommage à Julien Daoust, dans l'entrée de ce qui avait été le Théâtre National, fondé par Daoust en 1900. Ce geste coïncidait avec la remise, par la famille, des manuscrits et archives Daoust à la Bibliothèque nationale du Québec."
Sur le site des bibliothèques de l'université du Nouveau-Brunswick, Jean-Cléo Godin fait allusion au travail de Daoust hors de Montréal :
"Et au lieu de l'installation dans un lieu permanent au coeur même de l'activité théâtrale montréalaise, on constate que Daoust passe constamment d'un théâtre à l'autre (...) et d'une ville à l'autre puisqu'on le retrouve tantôt à Québec, tantôt à Montréal, tantôt en tournée américaine."
Michel.
(La photo provient de la Bibliothèque Nationale du Québec, probablement dans la pièce La conscience d'un prêtre.)

vendredi 1 juillet 2011

La paroisse NDG en concert à la radio.

La paroisse de Notre-Dame-de-Grâce donna un concert à la station de radio CHRC le 19 ou le 20 janvier 1930, pour annoncer sa vente de charité qui allait avoir lieu du 20 au 24.

Voici le programme de ce spectacle qui dura une heure :

1. Orchestre paroissial

2. Légende, de Isaac Albeniz (piano par Bernadette Lavergne)

3. Enfants, voici la nuit (par la Maîtrise)

4. Priez, aimez, chantez, de Louis Gregh (par J.-Moïse Fradette, de la Chorale)

5. Orchestre

6. Le mât en mer (par la Maîtrise)

7. Les Fauvettes (par la Maîtrise)

8. Sous l'ormeau (duo par Lucien Fortier et Fernand Plante de la Maîtrise)

9. Montez toujours, de Hermas Lalande et Albert Larrieu (par J-Moïse Fradette)

10. Le Moulin (par la Maîtrise)

11. Les Croix de bois

La Bonne Nouvelle publia ensuite des lettres d'auditeurs qui décrivaient leurs réactions à ce concert radiodiffusé. En voici un exemple :

"Au Cher Frère Anselme,
École N.-D. de Grâce, Québec.

La populaire et jeune paroisse Notre-Dame-de-Grâce a donné hier soir, au poste CHRC, un concert des plus intéressant. Vraiment, pour les auditeurs, c'est réelle jouissance d'entendre tant et de si belles et bonnes choses.

Magnifique le discours de votre éloquent Curé. Il fit bien connaître le bel esprit de famille et de dévouement qui anime tous ses paroissiens. Mais, cher Frère, le mérite ne lui en revient-il pas en grande partie, et ne pourrait-on pas dire à son sujet: "Tel père, tels enfants"? Un prêtre de mes amis, qui était aux écoutes, me confiait la remarque suivante: "À Notre-Dame de Grâce, disait-il, il y a de la vie; les gens sont enthousiastes; quand il y a une organisation paroissiale, tout le monde y est. Aussi, est-ce une paroisse des plus prospère de la ville". L'observation est religieuse, certes, et je la crois fort méritée.

Tout nous a grandement intéressés au programme d'hier soir, en particulier les différentes pièces qu'exécuta, avec un brio remarquable, la si renommée Petite Maîtrise N.-D.-de-Grâce, que vous dirigez avec une compétence et un dévouement dignes de tous éloges. Soyez donc félicité, cher Frère Anselme, pour ce beau travail que vous faites pour la gloire de Dieu. Continuez ainsi avec vos chers petits chantres, et félicitez-les de ma part pour leurs louables succès.

Je vous remercie en particulier, cher Frère Anselme, pour avoir repris, sur demande spéciale des auditeurs, l'intéressante et si jolie chansonnette "Sous l'ormeau". Pour ne vous rien cacher, je vous dirai que cet auditeur qui a demandé ce rappel n'est autre que moi. En effet, j'ai appelé au téléphone votre digne Curé, l'ai félicité de son heureuse initiative et lui ai demandé ce rappel. Ne m'en voulez pas, cher Frère. Mais, je vous le répète, ce morceau a particulièrement été goûté ici. Vous avez actuellement des voix d'alto comme rarement on en rencontre. Encore une fois, cher Frère, toutes mes sincères félicitations. Au plaisir de vous entendre de nouveau.

Bien vôtre.
Frère Laurent."