En plus de défendre ardemment la presse catholique, Édouard-Valmore Lavergne rédige plusieurs articles pour le compte de L'Action Catholique. L'éloquence et la virulence de son style caractérisent ses nombreux éditoriaux. Il n'a jamais peur des mots et défend la religion contre toutes attaques ou menaces, même les moindres.
(L'extrait suivant permet) de cerner la fougue avec laquelle il écrit ses articles:Extrait de l'article "Dollard des Ormeaux" publié dans l'Action Catholique le 7 mai 1921, p. 3.

"Dollard des Ormeaux!Son goût pour la rédaction le pousse à écrire un livre: "Sur les Remparts" illustré par Gérard Morisset, celui-là même qui dressera plus tard les plans de l'église Notre-Dame-de-Grâce; l'essai compte plus de trois cents pages. Nous en présentons ici un compte rendu puisqu'il reprend les idées que l'abbé Lavergne a défendues sans relâche sa vie durant. Cet essai se révèle un combat pour la presse catholique. L'argumentation s'articule en trois parties: 1) Les remparts, 2) Entre deux bastions et 3) La citadelle.
Pour nos hommes pratiques qui pèsent les questions au poids des millions, et s'enivrent de leur odeur, quel écervelé!
Pour nos professeurs de tous les abandons, de toutes les compromissions, et de toutes les concessions. qui s'en vont en répétant avec des airs de chiens battus: "Nous sommes la minorité!" Quel gaffeur!
Pour nos égoïstes de la petite vie tranquille sans secousse et sans souci dont toute l'existence tient en cette devise: "Chacun pour soi!" Quel maladroit!
Et on comprend que tous ils aient en horreur de voir surgir du passé, et se dresser devant les imaginations populaires ce héros de la résistance obstinée, jusqu'au bout."
Dans la première partie, qui compte 11 chapitres, l'abbé Lavergne discute des oeuvres de presse proprement dites recommandées par les Souverains Pontifes ainsi que de la garde attentive et constante qui est nécessaire pour repousser les attaques du mal. Il rappelle au départ les bases de la cité idéale et insiste sur les recommandations des divers pontifes au sujet de la presse catholique. Puis, il condamne la presse à scandale qui fait pénétrer dans les foyers l'impudicité, le vol, l'impiété, l'ivrognerie et l'extravagance des idées et des moeurs. Il explique comment la presse catholique sert l'Église et protège du mal. Il donne aussi les deux signes qui permettent de différencier les bons des mauvais journaux: le type de nouvelles et le type d'annonces. Il s'insurge contre le fait que les annonces jugées non conformes à la morale et à la religion apportent autant d'argent aux journaux jaunes, leur permettant une grande diffusion. Enfin, il insiste sur les ennemis à combattre.
Dans la deuxième partie, l'abbé Lavergne aborde le foyer familial et les oeuvres de jeunesse. En fait, il commence par affirmer qu'il faut prôner la presse catholique pour préserver la jeunesse de la criminalité et du mal. Il insiste aussi sur l'importance de l'encadrement familial, les forces que représentent la presse catholique et les retraites fermées. Il termine avec les problèmes qui découlent de l'urbanisation et nuisent à la famille.
Dans la troisième partie, il disserte sur les chefs de l'Église, sur leurs directives et sur les volontés de Dieu. Il démontre l'importance du Pape et du Vatican, particulièrement dans les conflits mondiaux, et celle des curés pour ce qui a trait à la piété des fidèles. Enfin, il évoque divers messages du pape et de Jésus-Christ, le roi, à propos de la presse catholique.
Même si son livre n'a pas vraiment de portée, il y voit une action pour la construction de la cité idéale. Par la suite, il continue d'écrire, mais pour un auditoire plus restreint géographiquement: la paroisse. En effet, pendant la période où il est curé, il dirige aussi la production de l'hebdomadaire "La Bonne Nouvelle" et rédige plusieurs articles pour ce même journal.Michel.
(La photo montre le bureau des nouvellistes de l'Action Catholique, vers 1925. La "Bonne Nouvelle" était, à la fin de quelques années du moins, reliée et publiée avec l'Almanach de l'Action Sociale Catholique.)