lundi 27 septembre 2010

Biographie du curé Lavergne par Maude Routier, partie 01 : Avant-propos

En 1998, une biographie du Curé Lavergne fut rédigée par Maude Routier sous le titre de "Édouard-Valmore Lavergne, 1879-1948, curé fondateur de Notre-Dame-de-Grâce. Esquisse biographique." Elle sera reproduite ici dans NDG-Québec en plusieurs sections, avec peu de modifications (entre parenthèses). J'espère que nos remerciements sincères pourront parvenir jusqu'à l'auteure. Voici d'abord l'avant-propos :

À (l'aube du) XXIe siècle, alors que les manifestations religieuses vivent principalement du souffle de nos aînés, que des bâtiments à caractère religieux sont parfois expédiés au tombeau ou, avec plus de chance, sont graduellement recyclés en condominium, garderie, bibliothèque ou salle de spectacles, les protecteurs du patrimoine religieux s'activent pour protéger les oeuvres architecturales et garder la mémoire des religieux et des paroissiens qui y sont venus assidûment. La paroisse Notre-Dame-de-Grâce est l'une des victimes du temps qui passe et qui emporte les constructions du passé: le premier juillet 1997, la paroisse Saint-Sauveur a ainsi récupéré les fidèles dont elle s'était départie il y a 73 ans. Pour préserver le souvenir de la vie paroissiale de Notre-Dame-de-Grâce, il est important d'en reconstituer l'histoire et d'en garder des images, particulièrement celles du curé-fondateur, l'abbé Édouard-Valmore Lavergne.


Une époque, une paroisse, un homme

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, le Québec vit en marge de la société moderne. Bien établie depuis plus de cinquante ans chez nos voisins du sud, la révolution industrielle éclôt au Québec en raison de l'affluence de capitaux anglais et états-uniens attirés par la main-d'oeuvre abondante et peu coûteuse. Elle vient modifier non seulement les perspectives traditionnelles de l'économie, mais aussi tout ce qui rythme la vie quotidienne des Canadiens français. La population du Québec s'urbanise: "rurale à 70 % en 1900, elle ne l'est plus qu'à 25% en 1940". Des tanneries, des brasseries, des raffineries, des briqueteries et plusieurs manufactures et usines s'ajoutent au paysage urbain déjà coloré par les forgerons, les boulangers et les marchands; les voies de communication modernes s'installent; la population ouvrière s'accroît très rapidement.

L'Église canadienne doit déterminer un nouveau plan d'action sociale pour retenir ses ouailles des quartiers urbains dans les structures sociales traditionnelles. On assiste à l'édification de nouvelles paroisses urbaines, à la multiplication des organisations pieuses et charitables, à l'accroissement du travail des curés, à la naissance des bulletins paroissiaux et de nouveaux journaux tels que L'Action Sociale.

En fait, le Québec devient le bastion idéal du catholicisme car il répond aux prémisses du commandement de Léon XIII (photo) ("s'orienter vers une action sociale catholique, qui tienne compte des conditions nouvelles de la révolution industrielle") alors que la révolution industrielle débute à peine. L'Église retient solidement ses fidèles dans ses rangs; elle manifeste sa présence le plus souvent possible. Les curés, piliers du pouvoir clérical, s'engagent dans toutes les facettes de la vie communautaire, consacrant ainsi le pouvoir spirituel et temporel de l'Église.

À Québec, la paroisse Saint-Sauveur occupe le devant de la scène. En effet, au début du 20e siècle, sa population augmente considérablement, imposant un morcellement; les élites cléricales craignent les problèmes qui pourraient découler de l'urbanisation. Naît ainsi la paroisse Notre-Dame-de-Grâce, au coeur de laquelle un personnage se distingue bientôt: l'abbé Édouard-Valmore Lavergne qui a oeuvré avec acharnement à l'établissement de la cité catholique idéale.

Le présent document s'attarde à cet homme, figure de "sa" paroisse; il retrace, à travers les différentes étapes de sa vie, l'empreinte qu'il a laissée dans la ville de Québec tout entière. 0n découvre successivement son origine, ses études et ses premières expériences de travail. L'exposé de sa période journalistique permet de cerner sa pensée et de saisir le contexte idéologique auquel il se référait quand il est devenu curé de Notre-Dame-de-Grâce. Suit l'histoire de l'édification de la paroisse et de la vie paroissiale; enfin, nous laisserons la parole à l'homme de combat.

Maude Routier.

(l'illustration montre une photo du buste du curé Lavergne, qui existe encore.)
Michel.

mercredi 22 septembre 2010

Une 3e école à NDG : l'école Saint-Tarcisius

Le 6 septembre 1927 devait ouvrir une nouvelle école à Notre-Dame-de-Grâce. S'ajoutant au Collège et au Couvent, l'école St-Tarcisius était située au numéro 182 rue de Mazenod (ancien numéro). Le but de cette école était de préparer, spécialement pour le Séminaire, les enfants ou les jeunes gens qui avaient l'intention de faire des études classiques. Ce fut probablement une étape vers l'établissement de l'École Supérieure qui allait survenir quatre ans plus tard. Les vicaires de la paroisse en étaient les professeurs.

La Bonne Nouvelle écrivait :
"Il nous aurait été agréable d'accéder à toutes les demandes d'admission qui nous ont été faites; mais le peu de temps que nous aurons à disposer à l'enseignement ne nous permet pas de faire plus d'une classe. Si, l'an prochain, les circonstances le permettent, nous serons heureux d'admettre à cette école les enfants que nous avons dû refuser cette année. Aux parents qui désirent cet avantage pour leurs enfants l'an prochain, nous recommandons fortement de voir à ce que l'année qui commence soit, pour eux, une année de travail sérieux et constant."
Elle indiquait aussi l'horaire des élèves, entre 7:00 et au-delà de 21:00 :

Sainte messe
Étude des matières de la classe de français.
Classe de Français
Récréation
Étude à l'école
Brouillon des devoirs de français
Sortie
Étude des matières enseignées par l'abbé Lévesque.
Classe d'anglais (lundi et mercredi) ou d'arithmétique (mardi et vendredi)
Récréation
Étude à l'école
Brouillon des devoirs d'anglais ou d'arithmétique
Sortie
Prière à l'Église
Étude des leçons à réciter le lendemain.
Repos.

Suivaient les règlements de l'école :

"Deux congés seront accordés chaque semaine: le jeudi p.m. et le samedi p.m.
Le jeudi matin, l'abbé Bourbeau fera une classe de catéchisme.
Une fois le mois, le samedi matin, classe de politesse et de leçons de choses.
Le silence est de rigueur à la classe.
Les élèves devront arriver en temps pour la classe.
Les absences devront être motivées par la maladie seulement.
Chaque semaine, un bulletin sera donné aux élèves et devra être signé par leurs parents.
L'application au travail devra se soutenir toute l'année durant sous peine de renvoi.
La mauvaise conduite dans la classe ou à l'extérieur sera aussi une cause d'exclusion.
Tout dommage causé aux meubles de la classe ou aux appartements devra être payé.
La contribution devra être payée au commencement de chaque mois; elle est fixée à $2.00.
Les élèves dont les parents ne pourraient pas payer cette somme devront s'entendre avec le Directeur.
Tous les livres, cahiers et papier devront être achetés à la classe auprès des librairies."
Michel.
(L'illustration est celle de Saint Tarcisius, du 3e siècle.)

mardi 14 septembre 2010

Une excursion à la rentrée de 1927

Une excursion en septembre 1927 marquait la rentrée pour quelques comités de NDG. La Bonne Nouvelle du 24 septembre en faisait la description, qui illustre à quoi pouvaient ressembler les loisirs à cette époque :

"Le Comité Paroissial, sous la direction de son dévoué président, Georges Parent, a fait dimanche dernier son excursion annuelle, récompense bien méritée par son dévouement et accordée par M. le Curé qui apprécie fort leurs oeuvres. Avec la bienveillante permission des révérends Pères Saint-Vincent-de-Paul, une quarantaine d'hommes se dirigeaient, après une messe matinale, vers le château Notre-Dame des Bois.
Les chantres de la Chorale Notre-Dame de Grâce allaient les rejoindre après la grand'messe. Au dîner, pris sous 1es sapins odorants (...), Alphonse Pouliot et Moïse Fradet firent bien le service. Le repas champêtre à peine terminé, pendant que les uns partaient pour la pêche, d'autres en excursion, d'autres s'embarquaient en limousine pour le Lac Beauport; d'autres se rangeaient aux tables improvisées pour le jeu de cartes; le plus grand nombre, divisés en deux équipes, se préparaient à se livrer bataille à la balle au camp.

Les lanceurs Tibi et Fradet juraient de se disputer chaudement la partie, et chacun était sûr de l'emporter sur l'autre. Pendant les trois quarts de la joute, les chances furent égales des deux côtés; les joueurs et les lanceurs rivalisaient d'agileté et d'adresse. Enfin l'animation redouble, tandis que l'inquiétude se manifeste dans le club Fradet; ses balles deviennent fausses; ce lanceur qui se croyait invincible, faiblit, contrairement à Tibi qui semble redoubler de force, grâce à l'entraînement d'une marche de six milles prise involontairement pour se rendre au château. L'avantage passa du côté de ce dernier, c'était la victoire.

Résultat général: bonne humeur chez tous.
Pêche: une truite - capturée par M. Lefebvre.
Excursion: découverte de quelques glands.
Balle au camp: victoire des Tibi contre les Fradet.

Remerciements sincères à Messieurs Boivin, Gagnon, Blouin et à la Maison Légaré qui nous ont fourni gratuitement les voitures."

(La photo du Centre de plein air Le Saisonnier et Notre-Dame-des-Bois en est une actuelle. Pour la photo de Moïse Fradet, merci à sa famille.)
Michel.

mardi 7 septembre 2010

Titulaires de l'École Supérieure de NDG

Voici la liste des titulaires des classes de 10e (jusqu'en 1957-58), 11e et 12e, de l'École Supérieure de Notre-Dame-de-Grâce, dans les années disponibles déjà traitées, à quelques ans près.

Frère René (12e année, entre autres 1947-48)
Frère Gervais (12e année, entre autres 1947-48)
Frère Bénilde (entre autres 1947-52, 12e année en 1949-52)
Frère André (entre autres 1947-48)
Frère Arthur (entre autres 1947-48)
Frère Louis (Louis-Jacques Bellemare)(entre autres 1947-55, 12e année en 1952-55) photo du haut
Frère Patrice (Arthur Trottier) (entre autres 1947-56)
Frère Wilbrod (Rosaire Simard) 1948-50
Frère Barthélémy (Roger Lemay) 12e année, 1949-50
Frère Raoul (Oscar Cyr) 1949-64
Frère Gaston 1952-54
Frère Anselme 1952-53
Monsieur R. Turcot 1953-54
Bernard Lachance 1954-60
Frère Octave (Cyr) 1954-64
Frère Gustave 12e année, 1955-64 (photo du bas)
Frère Marc 1955-62
Lucien Plante 1960-61
Maurice Mercier 1951-62
Jean Blanchet 1961-62
Alexandre Prévost 1962-64
Denis Lemelin 1962-63
Jules-A. Morin 1962-63
Henri Morin 1963-64
Fidèle Lévesque 1963-64

N.B. Il y a eu des 8e et 9e années jusqu'en 1954-55, en plus du cours primaire comprenant la 1e année, (jusqu'en 1963-64), la 2e année (jusqu'en 1968-69) et la 3e année, etc..., la 7e année (jusqu'en 197???).

Michel.