vendredi 27 juillet 2007

La rue Demers.

Comme second choix de rue, j’opte pour une autre qui est située au nord de la paroisse : la rue Demers. Amorçant son parcours au boulevard Langelier, elle croise la rue Hermine et traverse le boulevard Charest comme cette dernière. On pourrait penser que cette petite section de rue du côté nord de Charest est plutôt le prolongement de la rue Signaï, car elle est située vis-à-vis de cette rue ; mais à cause de sa direction oblique, j’imagine qu’il était plus logique de lui garder le nom de Demers. Lorsqu’elle rejoint la rue Bagot dans Saint-Sauveur, Demers est prolongée par une ruelle à laquelle on a quand même attribué un nom. Au lieu de garder la dénomination de Demers, elle fut baptisée Sainte-Félixine vers 1891 ! Les toponymistes de Québec ne savent pas à qui réfère ce nom de Félixine ; ils émettent l’hypothèse que ce serait la forme féminisée de la rue Saint-Félix (aujourd'hui Monseigneur-Cazeau) dans Notre-Dame de Grâce qui termine son court parcours à la rue Demers. Ceci me laisse supposer que ces deux petits bouts de rue de Demers, entre Hermine (dans NDG) et Bagot (dans St-Sauveur) ont pu déjà s’appeler St-Félix ; la ruelle Ste-Félixine serait alors le prolongement naturel de St-Félix (au lieu de Demers, ou même de Signaï) !
Pour revenir à la rue Demers, j’ai trouvé deux origines différentes de ce nom de famille. La plus simple réfère à Monsieur L.-J. Demers, ancien échevin de la ville de Québec vers 1890. Mais comme le nom de la rue serait apparu vers 1858, il vaut peut-être mieux trouver une autre explication !
Les experts en toponymie de Québec optent plutôt pour l'abbé Jérôme Demers (1774-1853). Je vous laisse aller apprendre les détails de sa biographie :
Pour résumer, il « œuvre au Séminaire de Québec, de son ordination à sa mort » comme enseignant et supérieur (voir la photo qui en montre l'aile de la procure et le pavillon Jérôme-Demers, source : http://www.mcq.org, site du Musée de la Civilisation.) Il fut l’ « auteur du tout premier manuel de philosophie publié au Québec. (…) Architecte lui-même, il réalise les plans du Séminaire de Nicolet et de la cathédrale de Saint-Boniface, au Manitoba. ». Ce qui crée une incertitude pour cette explication, c’est que son prénom a servi à désigner la rue Jérôme dans la paroisse Jacques-Cartier ! Est-ce plausible que deux rues assez rapprochées tirent l’origine de leur nom du même individu ? Je vous laisse juger.
Quelle rue sera mon prochain casse-tête ?
Michel.