Pour commencer une série de messages au sujet des rues de la paroisse, j’ai choisi la plus au nord : Hermine. En réalité, on sait que ce n’est qu’un court segment de la rue Hermine qui délimite Notre-Dame de Grâce (voir http://ndgquebec.blogspot.com/2007/05/plan-des-rues.html).
J’ai vérifié que cette rue croise le boulevard Charest et se prolonge de l’autre côté, jusqu’à la rue Saint-Joseph est. Je n’aurais pas dû en être étonné car, pendant longtemps, Saint-Joseph et Saint-Vallier ont été les artères principales de Saint-Roch et de Saint-Sauveur. Le boul. Charest n’était, avant élargissement, qu’une rue comme les autres, appelée Morin. J’ai cependant trouvé pittoresque que, dans son dernier segment qui rejoint Saint-Joseph, la rue Hermine soit actuellement constituée de deux voies séparées par un terre-plein ; c’est donc un petit boulevard, un peu comme Langelier !
J’en profite pour indiquer l’adresse d’un site internet merveilleux qui fournit l’historique de chacune des rues de la ville de Québec :
http://www.ville.quebec.qc.ca/fr/ma_ville/toponymie/denominations.shtml
Les informations concernant la rue Hermine m’ont conduit à une révélation surprenante sur le passé de Notre-Dame de Grâce.
D’abord le nom Hermine est en l’honneur de Hermine-Amaryllis Boisseau, qui a vécu de 1836 à 1907. Je n’ai pas trouvé de renseignements la concernant, sauf qu’elle était probablement parente avec Pierre Boisseau, qui a lui aussi donné son nom à une rue. Le site toponymique de la ville nous informe que Monsieur Boisseau, « qui tient une mercerie dans le Vieux-Québec, fait l'acquisition, en 1845, du domaine de Bas-Bijou délimité par les rues Bayard, Saint-Vallier Ouest, De Mazenod et par la falaise ». Ceci correspond en gros a la description de la paroisse Notre-Dame de Grâce ! On continue : « Au cours de la même année, il lotit sa propriété qui prendra le nom de Boisseauville. Longtemps le noyau urbain le plus important de l'actuel quartier Saint-Sauveur, Boisseauville est surnommé le « faubourg des tuyaux » à cause des nombreuses habitations dépourvues de cheminées de brique, mais possédant de simples tuyaux de tôle qui dépassent du toit. » Wow !
Pour revenir à Hermine, elle « apparaît pour la première fois sur une carte de 1858. Elle va alors de la rue Saint-Vallier à la rue Bayard. Sur une carte de 1875, on remarque que la rue Hermine est prolongée vers l'ouest jusqu'à l'actuelle rue Montmagny et que ce prolongement porte le nom de rue Saint-André. En 1890, cette rue Saint-André prend le nom de rue Hermine». Saint André réfère sans doute à l’apôtre André de l’Évangile.
En conclusion, ce petit bout de rue Hermine qui appartenait à NDG nous a amenés a découvrir que, dans l’ensemble, la paroisse Notre-Dame de Grâce se faisait autrefois appeler le DOMAINE DE BAS-BIJOU, ou BOISSEAUVILLE ou même le FAUBOURG DES TUYAUX. Autre information intéressante : à cette époque, le quartier Saint-Roch « a atteint la limite ouest de la ville. Les nouveaux arrivants s'installent désormais dans Saint-Sauveur, considéré comme la banlieue de Québec. » NDG était donc au cœur de cette banlieue de la ville !
Michel.